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Yellow-Sub.net · Ringo 1973 · Crédits et éditions

Step Lightly : Ringo, Steve Cropper, Nicky Hopkins et ses claquettes enregistrées

Une composition de Starr, un studio de Los Angeles en 1973, des claquettes devenues un crédit officiel et une nouvelle version de 2012.

Une chanson composée par Ringo lui-même

« Step Lightly », septième chanson du LP « Ringo » de 1973, est la seule œuvre de son programme principal dont l’écriture est exclusivement attribuée à Richard Starkey. Cette singularité a du poids dans un album comportant des chansons offertes par Lennon, Harrison et McCartney ainsi que des collaborations d’écriture avec Vini Poncia. La prestation permet d’étudier Ringo sans effacer son entourage, car son choix artistique repose précisément sur un groupe de musiciens familiers du rock, du blues et des studios américains. La voix de Ringo s’insère dans une petite scène de cabaret, dont l’arrangement traite la chanson comme un numéro de revue.

9 mars 1973 : la première séance

Le master original est commencé le 9 mars 1973 à Sunset Sound Recorders à Los Angeles, sous la production de Richard Perry et avec Bill Schnee à l’ingénierie. Des overdubs suivent le 10 juillet à Producers Workshop. La différence de quatre mois entre ces deux dates rappelle que la chanson finale résulte de plusieurs phases de construction. La documentation ne permet pas d’attribuer chaque instrument au jour de la prise de base ou au jour de l’overdub. Le dossier conserve les deux journées et réserve une éventuelle chronologie instrument par instrument aux feuilles de bande ou à un témoignage d’ingénieur plus détaillé.

Steve Cropper et Jimmy Calvert aux guitares

L’accompagnement réunit Steve Cropper et Jimmy Calvert à la guitare. Cropper est une figure importante de la soul américaine et de l’univers Stax, une association qui enrichit l’horizon musical du disque de Ringo. Il ne s’agit pas de lui attribuer la composition ni la production du titre, mais sa guitare est une contribution instrumentale identifiable. Calvert complète ce travail de cordes. La présence des deux guitaristes illustre le goût de Perry pour des formations réunissant des musiciens d’horizons distincts, assemblés pour la couleur propre de chaque chanson plutôt que comme groupe fixe.

Nicky Hopkins, le piano électrique

Nicky Hopkins tient le piano électrique sur « Step Lightly ». Son parcours d’accompagnateur du rock britannique, des Rolling Stones aux sessions de studio de multiples artistes, ajoute une dimension historique à sa présence. Ce clavier contribue au langage intime, presque de revue, de la chanson. Hopkins apparaît sur d’autres titres de l’album, mais ses différentes contributions ne doivent pas être importées sans contrôle. Le crédit doit être lié à « Step Lightly » et au type de clavier effectivement mentionné ; il serait trompeur d’écrire simplement « Billy Preston, piano » par contamination avec la chanson précédente « Oh My My ».

Klaus Voormann et les clarinettes de Tom Scott

Klaus Voormann est à la basse et Tom Scott intervient aux clarinettes ou à leur arrangement selon le détail des crédits. Cette couleur de bois distingue fortement « Step Lightly » des sections de cuivres soul de plusieurs titres voisins. Elle rappelle l’esthétique du vaudeville et des petites formations de spectacle. La participation de Voormann conserve une continuité entre les enregistrements du LP, mais l’instrumentation générale n’est pas celle de « I’m the Greatest » ou de « Have You Seen My Baby ». La diversité des orchestrations est l’un des traits fondamentaux du projet de Richard Perry.

Les claquettes : un overdub de Richard Starkey

Ringo apporte un véritable numéro de claquettes. Les notes de l’album font référence aux « pieds dansants » de Richard Starkey, et le producteur Richard Perry a raconté une session tardive où le batteur est arrivé avec des chaussures de tap dance avant d’enregistrer cette contribution inattendue. Le son est perceptible dans la partie médiane de l’enregistrement. Il ne s’agit pas simplement d’une anecdote filmée ou d’une plaisanterie sur la pochette : les claquettes appartiennent à la piste sonore publiée. Leur crédit mérite donc une entrée « percussion corporelle / tap dancing », distincte de la batterie et des percussions ordinaires.

L’ingénieur Bill Schnee et l’enregistrement de la danse

Bill Schnee a conservé un souvenir précis de la séance de claquettes, qu’il décrit comme l’un des moments les plus divertissants des sessions de « Ringo ». Le commentaire apporte une preuve de travail sonore : l’artiste a enregistré la danse comme un overdub. Cela ne permet pas, à lui seul, de fixer la date de l’événement si la feuille de session n’est pas disponible. La documentation indique que ces claquettes pourraient avoir été ajoutées à Apple Studios à une date non établie ; il faut donc laisser cette hypothèse ouverte. Une encyclopédie sérieuse sait conserver un fait certain, l’overdub, sans inventer une journée certaine pour celui-ci.

Face B de Oh My My en 1974

« Step Lightly » est choisie comme face B du single américain « Oh My My » publié en février 1974. Les deux chansons appartiennent au même album mais n’ont ni les mêmes auteurs ni les mêmes équipes de studio. Sur « Oh My My », Ringo et Vini Poncia coécrivent, Billy Preston joue et les chœurs de Martha Reeves et Merry Clayton contribuent au caractère soul. Sur « Step Lightly », la signature appartient à Ringo seul et la couleur vient de Cropper, Hopkins, Scott et des claquettes. Le couplage commercial est une donnée de pressage, pas une raison de fusionner les crédits.

2011–2012 : réenregistrement, pas remasterisation

Ringo réenregistre « Step Lightly » pour l’album « Ringo 2012 », préparé en 2011 et publié au début de 2012. Le personnel change : Ringo assure le chant, la batterie, les percussions et une guitare ; Don Was est à la basse, Bruce Sugar aux claviers et Benmont Tench au piano selon la répartition documentaire publiée. Ce master est une performance nouvelle, séparée par près de quarante ans de la version de 1973. Il ne faut pas l’assimiler à une simple remasterisation, ni attribuer à Steve Cropper ou à Nicky Hopkins leur jeu sur ce disque de 2012.

Une œuvre, deux performances et plusieurs éditions

Le bon schéma discographique distingue une œuvre signée Starkey, un master de 1973, un master réenregistré en 2011 pour l’album de 2012, ainsi que les nombreuses éditions physiques et numériques de ces deux performances. Les 45 tours qui réemploient la bande de 1973 ne représentent pas de nouvelles séances. Un réenregistrement complet, en revanche, justifie une seconde fiche de prise. Le cas montre l’intérêt d’un catalogue capable de conserver les mêmes paroles et le même auteur en associant des équipes instrumentales très différentes selon les décennies.

Sources historiques

Apple Records, pochette « Ringo » et crédits de « Step Lightly » ; The Beatles Bible, notice « Step Lightly », séances des 9 mars et 10 juillet 1973, liste instrumentale et version de 2012 ; Richard Perry, souvenirs cités par le Los Angeles Times en mars 1974 ; Bill Schnee, ouvrage « Chairman at the Board » ; album « Ringo 2012 » et ses crédits ; MusicBrainz, identification des deux performances. La date exacte de l’overdub des claquettes reste signalée comme incertaine.