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Yellow-Sub.net · Face B Apple · 1972–1973

Down and Out : Ringo, George Harrison et Gary Wright, de la séance à la face B de Photograph

Écriture Starkey, guitare slide de Harrison, piano de Wright et édition du single Apple de septembre 1973.

Une face B indispensable à l’histoire des collaborations de 1973

« Down and Out » n’appartient pas aux dix chansons de l’album « Ringo » tel qu’il paraît sur microsillon en novembre 1973. Pourtant, la chanson forme la face B du premier single « Photograph », commercialisé en septembre aux États-Unis puis en octobre au Royaume-Uni. Elle est signée Richard Starkey et bénéficie d’une contribution instrumentale de George Harrison à la guitare. Pour une encyclopédie des collaborations, l’ignorer sous prétexte qu’elle est absente du LP original reviendrait à confondre deux répertoires : le programme de l’album et les enregistrements contemporains de la carrière de Ringo. La face B constitue une œuvre et un master à part entière.

Une date d’origine distincte des séances de mars 1973

La documentation rapproche les premières prises de « Down and Out » des sessions de la fin de 1972 autour de « Photograph », dans le cadre du travail de George Harrison sur « Living in the Material World ». L’enregistrement reçoit ensuite des retouches liées à la production de Richard Perry entre mai et juillet 1973. Il serait donc abusif de donner le 9 mars 1973, jour des nouvelles séances de « Photograph », comme date certaine de toute la prestation entendue sur la face B. Le dossier signale l’attribution à une séance de 1972 comme plausible et documentée dans les chronologies, tout en laissant la date précise à confirmer à partir des bandes.

Richard Starkey, auteur et interprète principal

Contrairement à « Photograph », cosignée avec George Harrison, « Down and Out » est une chanson attribuée à Richard Starkey lui-même. Ringo assure le chant et la batterie. Le titre participe à sa volonté de développer ses propres compositions à côté des œuvres offertes par ses amis. Le fait que Harrison joue de la guitare ne suffit pas à lui donner un crédit d’auteur. L’identité de la chanson repose donc sur un contraste intéressant : une création de Ringo seul, enrichie par le jeu d’un autre ancien Beatle. Cela la distingue de « Six O’Clock » ou « I’m the Greatest », dont les auteurs sont d’autres musiciens que le chanteur.

George Harrison, guitares acoustique et électrique

Les crédits indiquent George Harrison aux guitares acoustique et électrique. La chanson comporte notamment un solo de guitare slide qui souligne le style instrumental développé par Harrison au début de sa carrière solo. Sa contribution est un fait de session, distinct de ses responsabilités de coauteur et de producteur sur d’autres titres liés à Ringo. Cette précision évite de lui attribuer toutes les fonctions sur « Down and Out ». L’association Starr–Harrison est particulièrement dense en 1972–1973, mais chaque chanson dispose de ses propres circonstances de fabrication et de sa propre relation de crédits.

Gary Wright au piano

Gary Wright est associé au piano, instrument dont la partie solo occupe une place importante dans la structure du morceau. Son parcours dans Spooky Tooth et comme musicien de studio le relie au réseau de George Harrison. Il ne doit pas être confondu avec Nicky Hopkins ou Billy Preston, lesquels apparaissent sur d’autres bandes du même cercle musical. Dans une sessionographie, donner « piano : Gary Wright » à « Down and Out » est plus utile que copier une liste de claviéristes présents sur l’album « Ringo ». Wright n’est pas ici crédité comme coauteur ni comme producteur de la chanson.

Klaus Voormann et la basse

Klaus Voormann assure la basse. Son rôle est récurrent dans la discographie des anciens Beatles et cette intervention le relie à l’une des faces B les plus importantes du début de la carrière solo de Ringo. La basse participe à l’assise du morceau, aux côtés de la batterie du chanteur. Le fait que Voormann se retrouve aussi dans la séance de « I’m the Greatest » ou sur des productions de John Lennon ne permet pas de considérer toutes ces bandes comme une même session. Chaque master possède un personnel, une date et un objet commercial particuliers.

Des cuivres ajoutés pendant les finitions

La liste des crédits de « Down and Out » signale une section de cuivres sans nommer avec certitude tous ses membres. Des additions de cuivres sont associées à la période de travail de Richard Perry aux États-Unis en 1973. C’est un cas exemplaire de limite documentaire : on peut décrire le rôle instrumental de la section, le producteur responsable de la version publiée et le fait que les retouches postdatent vraisemblablement la prise originale, mais on ne doit pas attribuer des noms précis à des musiciens non identifiés dans la source. La recherche future doit porter sur les contrats de studio ou les feuilles d’orchestre.

Photograph / Down and Out : le 45 tours américain

Le single « Photograph » couplé à « Down and Out » paraît le 24 septembre 1973 aux États-Unis sur Apple, sous la référence couramment cataloguée 1865. L’association de ces deux morceaux est commercialement logique, mais les histoires d’écriture diffèrent : « Photograph » est une œuvre Starkey–Harrison et « Down and Out » une œuvre Starkey. La face B possède ses propres crédits et une chronologie de studio probablement plus ancienne que celle du master de la face A produit en mars 1973. Il ne faut donc pas appliquer par défaut tous les overdubs de « Photograph » à « Down and Out ».

Le single britannique et les pressages internationaux

Au Royaume-Uni, le 45 tours sort le 19 octobre 1973 avec la référence Apple R 5992. Des éditions régionales disposent de leurs propres pochettes et numéros de catalogue, notamment au Japon. Une fiche complète de pressage doit relever le pays, le label, l’année, le numéro, la matrice et les particularités de l’étiquette. Toutefois, les changements de pochettes ou de numérotation ne représentent pas nécessairement de nouvelles performances. La version publiée reste la chanson de Ringo avec Harrison, Wright et Voormann, jusqu’à preuve d’un mix ou d’une prise distincte. Les variantes de support sont un second niveau documentaire.

1991 : Down and Out rejoint le programme CD de Ringo

Lors de la réédition de l’album « Ringo » sur CD en 1991, « Down and Out » est ajouté parmi les trois titres bonus, avec « It Don’t Come Easy » et « Early 1970 ». Un auditeur découvrant l’album sur CD peut ainsi croire qu’il appartenait à l’édition originale de 1973. L’encyclopédie doit empêcher ce déplacement rétroactif : « Down and Out » sort d’abord comme face B en 1973 ; elle est reprise ensuite sur le programme élargi du CD. Le CD est une édition postérieure d’un master antérieur, non une nouvelle séance de George Harrison et de Gary Wright.

Une pièce reliant 1972, 1973 et les rééditions de 1991

« Down and Out » sert de passerelle entre les premiers travaux Harrison–Ringo liés à « Photograph », le projet de production Richard Perry et la carrière commerciale des singles Apple. Cette transversalité en fait un objet très utile pour une encyclopédie : il faut pouvoir accéder à la chanson depuis le chapitre George Harrison, le chapitre des collaborations de 1973 et le catalogue des 45 tours. L’enregistrement appartient à l’histoire du studio, mais sa diffusion publique appartient d’abord au format single. Une navigation efficace conserve ces différentes portes d’entrée en laissant une seule fiche de master comme référence historique.

Sources et degré de certitude

Apple Records, 45 tours « Photograph / Down and Out », Apple 1865 (États-Unis) et R 5992 (Royaume-Uni), 1973 ; The Beatles Bible, notice « Down And Out » et histoire des premières bandes Harrison de 1972 ; The Beatles Bible, notice « Photograph » pour la distinction entre version de 1972 et master de mars 1973 ; LP « Ringo » et éditions CD Capitol/Parlophone de 1991 ; Discographie de Dave Connolly, relevé des singles Apple ; MusicBrainz, crédits de composition et d’interprètes. La date exacte d’une prise de 1972 et les noms des cuivres doivent encore être confirmés par la documentation primaire.