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Yellow-Sub.net · Collaborations musicales · 1974
Goodnight Vienna : Lennon au piano, Ringo et Jim Keltner aux batteries
6 août 1974 à Sunset Sound, reprise du 18 septembre, Clavinet de Preston et cuivres : les véritables crédits du morceau-titre.
Parcours par musicien : Billy Preston et Ringo Starr : piano, orgue, clavinet et piano électrique, 1973–1974. Cette étude transversale met en relation quatre enregistrements sans remplacer l’analyse de la présente chanson.
John Lennon offre une nouvelle chanson à Ringo
Le morceau qui ouvre l’album de Ringo Starr est écrit par John Lennon en 1974. Sa composition possède l’allure d’un numéro de rock spectaculaire, bien adaptée au personnage public du batteur. Lennon a préparé une maquette au Record Plant West de Los Angeles pendant la période où il produit Pussy Cats de Harry Nilsson ; une autre version de travail est liée aux archives de Walls and Bridges. Le titre, une expression britannique associée à la conclusion d’une situation, reprend aussi une formule apparue dans une œuvre cinématographique des années 1930. Le générique de l’enregistrement paru en novembre reste simple sur ce point : chanson de Lennon, interprétée par Starr, produite par Richard Perry.
Le 6 août 1974 : une nouvelle rencontre dans Sunset Sound
La séance a lieu le 6 août 1974 à Sunset Sound Recorders, Los Angeles. John Lennon et May Pang rejoignent Ringo ; Richard Perry assure la production et Bill Schnee prend le son. Ce soir-là, l’équipe travaille sur trois éléments : la chanson-titre, sa reprise finale et « Only You ». Les chronologies situent la session entre le début de soirée et le lendemain très tôt. Cette rencontre ne constitue pas une séance des Beatles reformés : George Harrison et Paul McCartney ne participent pas à ces trois masters. Elle représente plutôt la continuité d’une amitié et d’un dialogue artistique entre Lennon et l’ancien batteur du groupe.
Piano, décompte et présence audible de Lennon
Lennon est crédité au piano. Le disque conserve aussi son décompte introductif : cette intervention vocale très brève constitue l’une des particularités immédiatement reconnaissables de la plage. Elle est distincte du chant principal de Ringo et ne saurait être assimilée à une interprétation soliste de Lennon sur le LP. Richard Perry évoquera plus tard le caractère particulièrement vivant de ce moment, où le groupe démarre après le compte de Lennon. Dans une base de crédits, la mention du « count-in » appartient donc à Lennon ; celle du chant principal et de la batterie à Starr.
Deux batteries, une section rythmique étendue
Ringo et Jim Keltner sont tous deux crédités à la batterie. Klaus Voormann tient la basse, Jesse Ed Davis et Lon Van Eaton les guitares électriques. La superposition de deux parties de batterie appartient à l’esthétique de plusieurs productions des anciens Beatles dans les années 1970. Elle ne permet pas, à elle seule, d’identifier quel batteur a joué chaque coup de caisse claire ou quelles prises furent enregistrées en même temps. Le dossier retient donc deux prestations instrumentales nommées sur le master sans reconstituer arbitrairement le plan de pistes.
Billy Preston au Clavinet, Carl Fortina à l’accordéon
Billy Preston apporte le Clavinet, clavier au caractère percussif très différent du piano de Lennon. Carl Fortina intervient à l’accordéon. La présence de ce dernier élargit la palette de timbres dans un morceau construit comme un spectacle débridé. La documentation des sessions doit distinguer ces deux instruments : parler globalement de « claviers : John Lennon et Billy Preston » ne suffit pas à restituer le rôle de chacun. Lennon fournit le piano et le décompte, Preston le Clavinet, Fortina l’accordéon ; les trois participations ont une identité précise.
Cuivres et choristes : une production de revue
Les crédits donnent notamment Trevor Lawrence, Steve Madaio, Bobby Keys, Chuck Findley et Lew McCreary pour les cuivres. Des chœurs féminins apportent un supplément de puissance, avec Clydie King, Venetta Fields, Billie Barnum et Carlena Williams selon les recensements du personnel. La distribution peut présenter de petites variations de transcription selon l’édition du livret et les bases secondaires. Ces personnes ne doivent pas être dissimulées derrière une formule indéfinie comme « les amis de Ringo ». Leur présence permet d’identifier l’apport du rhythm and blues américain à une chanson composée par Lennon.
Le 18 septembre : des overdubs sans Lennon
La chanson reçoit des overdubs le 18 septembre 1974. Il s’agit d’une étape de finition postérieure à la séance initiale du 6 août. Le fait que Lennon ne participe pas à cette nouvelle journée oblige à distinguer sa prestation originale des interventions enregistrées plus tard par d’autres musiciens. La présence d’un son sur la version définitive ne suffit pas à établir que Lennon était encore dans le studio à cette date. C’est une nuance de chronologie essentielle lorsque l’on décrit les sessions de 1974 avec les anciens Beatles.
Une reprise finale et un 45 tours américain
La pièce reparaît dans le programme du LP comme Goodnight Vienna (Reprise), qui conclut l’album dans une logique de faux spectacle. En juin 1975, le thème principal est commercialisé aux États-Unis en 45 tours, associé à la reprise et à « Oo-Wee » selon le format du single. Les éditions du thème en ouverture, de sa reprise en conclusion et de l’assemblage utilisé en single doivent être recensées séparément au niveau des versions, tout en restant liées à l’œuvre écrite par Lennon. Le single ne prouve aucune nouvelle séance commune entre les deux anciens Beatles en 1975.
Maquettes Lennon et personnel de la version publique
Les archives de Lennon ont conservé des démonstrations qui éclairent la transmission de la chanson à Ringo. La maquette de l’auteur et le master avec la voix de Starr ne sont pas interchangeables. Les versions de travail peuvent avoir une instrumentation beaucoup plus simple et un autre chanteur. Lorsqu’une compilation Lennon publie une maquette, la fiche doit mentionner la source archivistique, sa publication ultérieure et le lien avec la commande musicale faite à Ringo. Une maquette n’est pas un extrait du master définitif par nature ; inversement, un titre identique ne permet pas de déduire que la section de cuivres, Preston ou Keltner participaient à la bande privée de l’auteur.
Sources et hiérarchie des preuves
Apple Records, générique du LP Goodnight Vienna, PCS 7168 / SW-3417 ; JohnLennon.com, discographie officielle des collaborations de 1974 et personnel de « Goodnight Vienna » ; The Beatles Bible, « (It’s All Down To) Goodnight Vienna » et journal du 6 août 1974 ; témoignage de Richard Perry reproduit dans The Record Producers ; Discographie des singles Apple 1975. Le personnel de la version achevée ne doit pas être attribué aux maquettes Lennon sans examen.












