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Yellow-Sub.net · Enquête discographique · 1987

Ringo Starr sur Cloud Nine : les batteries de George Harrison, piste par piste

Entre Jim Keltner, Ray Cooper et Ringo : une enquête documentée qui confronte le livret original, MusicBrainz et les déclarations de George Harrison.

1987 : George Harrison retourne au studio avec Jeff Lynne

Cloud Nine, publié en novembre 1987 sur Dark Horse, marque le retour de George Harrison à un projet d’album original après plusieurs années consacrées notamment à HandMade Films. La production est partagée avec Jeff Lynne, dont l’expérience au sein d’Electric Light Orchestra influe sur les arrangements et le travail multipiste. Ringo Starr figure parmi les musiciens invités, avec Jim Keltner et Ray Cooper. Cette réunion ne signifie pourtant pas que les trois hommes tiennent conjointement la batterie sur les onze morceaux.

Le présent relevé distingue trois sources de nature différente : le livret du CD de 1987, qui réunit les interprètes à l’échelle de l’album sans toujours répartir les instruments par chanson ; la base participative MusicBrainz, qui donne certains crédits par enregistrement ; et les propos de George Harrison lui-même dans un entretien publié par Creem en 1988. C’est la comparaison de ces trois niveaux qui permet de produire une sessionographie sérieuse.

Un témoignage essentiel : George dit que Ringo joue sur environ quatre chansons

Interrogé en 1988 sur les musiciens de Cloud Nine, George Harrison indique que Ringo et Jim Keltner sont à la batterie, avec Ray Cooper sur l’un des morceaux ; il précise que Ringo joue sur environ quatre titres. Cette déclaration constitue un témoignage direct du créateur et producteur de l’album. Elle est plus riche que la simple liste du livret, mais n’énumère pas ces quatre chansons.

Ce détail interdit une conclusion trop hâtive. MusicBrainz identifie explicitement Ringo sur « Cloud 9 » et « When We Was Fab », mais ces deux attributions individuelles ne doivent pas être présentées comme une liste exhaustive et certaine. Selon le souvenir de Harrison, d’autres prises peuvent comporter sa batterie. Une véritable enquête piste par piste devrait confronter les feuilles de studio de FPSHOT, les bandes originales et les travaux de sessionographes afin de repérer ces contributions supplémentaires.

George précise aussi, dans le même entretien, que « When We Was Fab » a été pensé dès le début avec une figure rythmique évoquant le jeu de Ringo. Ce n’est donc pas un musicien que l’on aurait ajouté au hasard après la composition : son style faisait partie de l’idée même du morceau. Le témoignage ne révèle cependant pas les dates quotidiennes de ses enregistrements.

« Cloud 9 » : un crédit piste par piste à examiner

La première plage, « Cloud 9 », est une composition de George Harrison. Le relevé MusicBrainz de l’édition CD européenne Dark Horse 925 643-2 donne Ringo Starr à la batterie, Jeff Lynne à la basse, Eric Clapton et Harrison aux guitares électriques, et Jim Horn au saxophone baryton. Elton John joue du piano électrique selon les notes rétrospectives et le témoignage de Harrison. Il s’agit d’un crédit individualisé utile, absent de la présentation générale du livret de 1987.

Cette attribution doit être présentée pour ce qu’elle est : une donnée structurée issue d’une base communautaire, non une reproduction photographique d’une feuille de studio. La biographie critique de la chanson et certaines notices alternatives créditent cependant Jim Keltner à la batterie sur ce titre. La contradiction n’est pas levée par la présence du nom de Ringo dans le personnel général du disque. Il faut donc conserver « Ringo indiqué sur la piste 1 dans MusicBrainz ; personnel contesté dans d’autres notices » jusqu’à l’examen des archives primaires.

Le premier morceau du LP constitue ainsi un exemple instructif de hiérarchisation des sources : la fiche par plage est plus précise qu’un crédit d’album, mais une fiche participative peut être erronée. L’encyclopédie doit présenter ses incertitudes, sans masquer les sources discordantes.

« When We Was Fab » : le crédit incontestable

Sixième titre du disque, « When We Was Fab » est écrit par George Harrison et Jeff Lynne et enregistré à FPSHOT, le studio de Friar Park à Henley-on-Thames, au cours des sessions de janvier à août 1987. Il revient sur l’époque des Beatles avec une écriture psychédélique, des allusions sonores aux années 1960 et une construction accumulant instruments et effets. Dans ce cas précis, les sources convergent : Ringo Starr joue de la batterie et participe aux voix.

Le personnel identifiable associe George Harrison aux guitares et au sitar, Jeff Lynne à la basse et à différents instruments, Ray Cooper aux percussions, Bobby Kok au violoncelle et Ringo à la batterie. La présence de Gary Wright au piano est donnée par la chronique détaillée de The Beatles Bible et confirmée directement par George Harrison dans l’entretien de 1988. MusicBrainz indique pourtant Elton John sur cette plage. La déclaration du producteur constitue ici un élément décisif qui invite à rectifier ou au moins à signaler le crédit participatif.

Cette divergence sur le pianiste n’altère pas le crédit principal qui nous occupe : la batterie de Ringo est confirmée par Harrison et plusieurs relevés indépendants. L’image du batteur s’intègre à la conception initiale de « When We Was Fab » ; la sortie du single en 1988 en fera un moment particulièrement visible de ces retrouvailles musicales.

« This Is Love » et « Got My Mind Set on You » : Jim Keltner identifié

Deux autres chansons du programme permettent de contrôler négativement l’attribution de Ringo. Sur « This Is Love », cinquième plage, MusicBrainz crédite Jim Keltner à la batterie, Jeff Lynne aux claviers et aux guitares et Harrison à la guitare. Sur « Got My Mind Set on You », on retrouve Jim Keltner à la batterie, Gary Wright au piano et Jim Horn au saxophone ténor. Ce dernier titre est une reprise d’une composition de Rudy Clark, et non une œuvre écrite par George Harrison.

Il serait incorrect d’ajouter Ringo comme deuxième batteur de ces deux morceaux au seul motif qu’il figure dans le personnel du LP. L’inverse serait également trop catégorique : une base ne donnant qu’un batteur ne prouve pas nécessairement l’absence de tout ajout rythmique ultérieur. Le niveau de preuve actuellement accessible justifie de retenir Keltner comme batteur identifié, Ringo n’étant pas crédité individuellement sur ces deux pistes dans le relevé consulté.

La situation de « Got My Mind Set on You » est importante parce qu’il s’agit du succès commercial le plus connu de l’album. Une discographie qui attribuerait sa batterie à Ringo créerait une erreur susceptible d’être propagée par de nombreux sites. La prudence est donc particulièrement nécessaire.

Les autres morceaux : données insuffisantes, pas absences démontrées

Le programme de onze titres comprend également « That’s What It Takes », « Fish on the Sand », « Just for Today », « Devil’s Radio », « Someplace Else », « Wreck of the Hesperus » et « Breath Away from Heaven ». Les notices participatives attribuent la batterie de « That’s What It Takes » à Ray Cooper. Elles documentent certains instruments et les producteurs des autres pistes, mais ne fournissent pas dans tous les cas une répartition complète de la batterie.

Le souvenir de George Harrison, qui parlait d’environ quatre chansons avec Ringo, crée donc un chantier de recherche très concret : identifier les deux éventuelles autres interventions au-delà de « When We Was Fab » et de la piste titre proposée par MusicBrainz. Il ne faut ni inventer ces chansons ni conclure que les pistes dépourvues de crédit individuel excluent forcément Ringo.

Quelques listes secondaires associent Ringo aux chœurs de « Devil’s Radio », alors que les autres présentations ne reproduisent pas systématiquement cette attribution. C’est une piste de travail, non un crédit vocal confirmé au même niveau que celui de « When We Was Fab ». Cette nuance doit rester dans les fiches.

FPSHOT : les séances et la production partagée

Les travaux commencent au début de janvier 1987 dans le studio privé de Harrison, FPSHOT, et se poursuivent jusqu’à l’été. La production associe Harrison et Jeff Lynne, avec Richard Dodd et John Etchells à l’ingénierie selon les sources de détail. L’album mêle batteries acoustiques, guitares de rock, textures de synthétiseurs et timbres plus inattendus comme le sitar, le violoncelle ou les instruments à cordes pincées.

L’entretien de Harrison apporte un éclairage sur la manière d’enregistrer. Les chansons sont reprises à plusieurs étapes de leur élaboration, certaines parties ajoutées après l’installation de la base rythmique. Une date générale telle que « 5 janvier–août 1987 » n’est donc pas le jour d’enregistrement de la batterie de Ringo sur chaque morceau. Une sessionographie doit faire figurer une plage chronologique assortie du degré de précision documentaire.

La présence de Jeff Lynne ne transforme pas davantage le projet en album d’Electric Light Orchestra. Harrison reste auteur et interprète principal, et les collaborateurs se répartissent des fonctions précises. Les rencontres ultérieures conduisant aux Traveling Wilburys constituent un autre projet, avec sa propre chronologie.

Le disque original, les éditions et les bonus de 2004

Le LP de 1987 comporte onze chansons, réparties en six plages sur la première face et cinq sur la seconde. Les éditions britanniques portent notamment la référence Dark Horse WX 123 et les américaines 25643-1 ; le CD européen est catalogué 925 643-2. La date de parution britannique du 2 novembre 1987 est confirmée dans les chronologies Beatles et les références de pressage.

En 2004, le catalogue Dark Horse est réédité et Cloud Nine bénéficie de titres supplémentaires. « Shanghai Surprise » et « Zig Zag » proviennent des projets musicaux liés au film de 1986 ; une version prolongée de « Got My Mind Set on You » figure sur certaines éditions numériques. Ces bonus ne doivent pas être ajoutés à la liste des onze titres originaux de 1987, et la présence du nom de Ringo sur le disque principal ne prouve pas son intervention sur ces enregistrements additionnels.

Le single « When We Was Fab » du 25 janvier 1988 reprend un master déjà publié en 1987. Son apparition dans la discographie des singles ne constitue pas une nouvelle séance de batterie. Les deux événements — enregistrement de 1987 et sortie du 45-tours en 1988 — doivent être liés à une seule fiche de performance.

Une lecture historique : l’amitié sans reconstruction des Beatles

Les retrouvailles Harrison–Starr dans Cloud Nine sont souvent racontées comme un retour aux années des Beatles. Le climat de « When We Was Fab » encourage ce rapprochement et les deux artistes l’assument avec humour. Mais leur collaboration ne signifie pas une reformation du groupe, ni une participation de Paul McCartney au disque : George Harrison distingue lui-même ces projets dans un entretien contemporain.

La valeur de cet épisode tient précisément à l’autonomie des carrières. Harrison décide d’enregistrer un nouvel album, invite des amis et fait travailler Ringo en tant que batteur, tandis que Lynne participe à la production. L’évocation musicale des Beatles devient un thème de chanson plutôt que le prétexte à attribuer fictivement de nouvelles sessions aux quatre anciens membres.

Une approche encyclopédique peut raconter à la fois ce contexte culturel et les crédits matériels du disque, mais elle doit toujours faire passer la preuve de séance avant les raccourcis biographiques.

Bilan des crédits et programme de recherche

Album : George Harrison, Cloud Nine, Dark Horse, 1987. Enregistrement : FPSHOT, janvier–août 1987, dates de prise précises à établir. George Harrison et Jeff Lynne : coproduction. Ringo confirmé : batterie et voix sur « When We Was Fab » (A6), par témoignage direct de Harrison et sources concordantes. Ringo signalé par MusicBrainz : batterie sur « Cloud 9 » (A1), crédit contredit par certains autres relevés. Autres prestations : Harrison parle d’environ quatre pistes avec Ringo, sans les nommer toutes.

Crédits de batterie distincts : Jim Keltner sur « This Is Love » et « Got My Mind Set on You », Ray Cooper sur « That’s What It Takes », selon MusicBrainz. Autre divergence documentée : Gary Wright au piano de « When We Was Fab » selon Harrison et Beatles Bible, mais Elton John selon MusicBrainz. Prochain contrôle : livret 2004, dossiers FPSHOT et feuilles de bande pour les autres titres.

Le single de 1988 : étude complémentaire

La session de 1987 et la commercialisation du 45-tours en 1988 sont deux événements distincts. L’étude dédiée à « When We Was Fab » examine les éditions Dark Horse, la pochette de Klaus Voormann et le film promotionnel de Godley & Creme.

Sources et pièces de contrôle

George Harrison, discographie officielle de Cloud Nine ; Reproduction du livret original Dark Horse 25643-2 ; MusicBrainz, édition 1987 et crédits individuels ; George Harrison, entretien Creem de 1988, reproduction du témoignage sur les batteurs et Gary Wright ; Beatles Bible, personnel et chronologie de When We Was Fab. Les sources participatives ont été distinguées des témoignages directs.

Consulter la sessionographie · Les collaborations de Ringo avec Harrison