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Yellow-Sub.net · Sessions 1977–1978 · Chrysalis
Ringo Starr et Lonnie Donegan : deux chansons sur Puttin’ on the Style
« Have a Drink on Me » et « Ham ‘n’ Eggs » : le retour de Ringo aux racines du skiffle, deux batteries vérifiées et les pressages d’un album produit par Adam Faith.
Un maître du skiffle fait appel à la génération qu’il a inspirée
Lorsque Lonnie Donegan entreprend de réenregistrer une partie de son répertoire sur Puttin’ on the Style, il ne s’agit pas d’un simple disque nostalgique. Le chanteur britannique a joué un rôle considérable dans l’émergence du skiffle et dans la découverte de la musique américaine par de jeunes musiciens britanniques, dont les futurs Beatles. Vingt ans après ses premiers succès, Donegan invite une génération devenue mondialement connue à accompagner ses chansons.
Ringo Starr figure parmi les invités, aux côtés de Brian May, Elton John, Rory Gallagher, Ron Wood, Nicky Hopkins, Peter Banks, Leo Sayer et d’autres personnalités. Une liste aussi prestigieuse pourrait suggérer une immense formation assemblée autour du chanteur pour l’intégralité du disque. Les crédits originaux et ceux des rééditions expliquent une situation différente : chaque plage possède son propre personnel, et Ringo intervient précisément sur les morceaux A2 et A3, « Have a Drink on Me » et « Ham ‘n’ Eggs ».
Une production d’Adam Faith, diffusée en 1978
Le disque est produit par Adam Faith, figure importante de la pop britannique de la fin des années 1950 et du début des années 1960. Une enquête de Music Week datée du 28 janvier 1978 annonce l’album et décrit explicitement son projet : permettre à des musiciens de la génération rock de rendre hommage à celui qui avait contribué à leur donner envie de jouer.
Le LP britannique paraît sur Chrysalis sous la référence CHR 1158, avec une mise en vente située autour du 17 février 1978 dans les catalogues de collectionneurs. Les archives officielles des classements britanniques enregistrent une première présence de l’album le 25 février 1978, avec un meilleur rang de 51. La date de classement n’est pas nécessairement celle du premier jour de vente, mais elle confirme l’existence commerciale de l’édition à ce moment.
Une édition américaine paraît chez United Artists sous la référence UA-LA827-H. D’autres pressages européens utilisent des numérotations propres à leur territoire. La sessionographie de Ringo doit conserver ces variantes comme des éditions du même projet, et non multiplier les participations sous chaque numéro de catalogue.
« Have a Drink on Me » : Ringo et un ensemble de studio précis
Le deuxième morceau du disque, « Have a Drink on Me », est arrangé par Lonnie Donegan à partir d’un répertoire associé à Lead Belly. La documentation de l’édition augmentée de 2010 attribue la batterie à Ringo Starr, la basse à Dave Wintour, le piano à Pete Wingfield et une guitare acoustique et slide à Peter Jameson. Albert Lee tient la guitare solo, tandis que le Southern California Community Choir est également mentionné aux chœurs sur cette plage.
Cette distribution montre la manière dont le skiffle d’origine est réinterprété avec des couleurs instrumentales de la country, du rock et du gospel. Il ne faut toutefois pas confondre les fonctions des participants : la présence d’une chorale ne fait pas de Ringo un choriste ; sa contribution identifiée est instrumentale. Le détail de sa partie rythmique demande, comme toujours, une écoute critique plutôt qu’une attribution au jugé de chaque roulement.
Sur le vinyle original, il s’agit de la plage A2. La même œuvre apparaît dans d’autres enregistrements historiques de Donegan : les différentes dates de publication concernent des masters distincts, et seul celui produit pour Puttin’ on the Style est crédité ici à Ringo.
« Ham ‘n’ Eggs » : la seconde batterie de Ringo sur le LP
« Ham ‘n’ Eggs », troisième piste du disque, complète la paire de chansons confiées à Ringo. Le personnel repris dans la documentation de 2010 donne de nouveau Ringo Starr à la batterie, Dave Wintour à la basse, Pete Wingfield au piano et Peter Jameson à la guitare acoustique et slide. Peter Banks est crédité à la guitare et Leo Sayer à l’harmonica. La composition est indiquée comme traditionnelle, arrangée par Lonnie Donegan.
Ces deux séances successives sur la première face offrent une rare occasion de comparer le jeu de Ringo dans des chansons de skiffle réenregistrées plusieurs années après leur première popularité. Elles ne prouvent cependant pas qu’elles ont été enregistrées le même jour : un ordre de pressage n’est pas un calendrier de studio. Les sources ouvertes donnent la formation par titre mais pas la date exacte de chacune des prises.
Il serait pareillement inexact de présenter Peter Banks, Rory Gallagher, Brian May et Ron Wood comme quatre guitaristes de « Ham ‘n’ Eggs » sous prétexte qu’ils figurent sur le LP. Le relevé individuel identifie Peter Banks sur cette chanson, tandis que les trois autres participent à différentes plages de l’album.
Les huit autres chansons : éviter une extension artificielle des crédits
Le vinyle original contient dix titres. Henry Spinetti tient la batterie sur « Rock Island Line », « Drop Down Baby » et « Lost John » ; Bruce Gary joue sur « I Wanna Go Home », Frank Gibson sur « Diggin’ My Potatoes », Jim Keltner sur « Nobody’s Child » et « Frankie and Johnny », tandis que Colin Fairley apparaît sur « Puttin’ on the Style ». Ringo, lui, figure sur les deux morceaux intermédiaires de la face A.
Cette liste n’a rien d’un détail accessoire. Dans les bases qui retiennent seulement le personnel général du disque, chaque batteur peut paraître associé à tous les titres. Or la documentation détaillée montre au contraire une succession de formations. Les huit autres chansons ne doivent donc pas hériter du nom de Ringo dans l’inventaire de ses prestations de studio.
« Nobody’s Child », notamment, constitue un piège fréquent : le morceau implique Jim Keltner, Klaus Voormann, Nicky Hopkins, Ron Wood et le Southern California Community Choir selon les relevés. Sa présence sur un album auquel participe Ringo ne doit pas conduire à attribuer la batterie de cette chanson à Ringo, contrairement aux titres A2 et A3.
Air London, Cherokee, Larrabee et Trident : un album enregistré en plusieurs lieux
Les notices techniques de la réédition indiquent plusieurs studios : Air London, Cherokee Studios, Larrabee Studios et Trident Studios. Les ingénieurs Marc Piscitelli et Joe Robb figurent parmi les collaborateurs techniques, avec des assistants et des responsables des différentes étapes de fabrication. La production générale revient à Adam Faith ; des opérations de mixage sont répertoriées à Air London et la gravure originale dans les installations d’Allen Zentz.
Ces informations confirment que l’album est un assemblage de sessions, et non une représentation collective enregistrée en une soirée. Il serait prématuré de choisir l’un de ces quatre studios pour la batterie de Ringo sur A2 ou A3 sans une feuille de piste spécifique. La géographie du projet doit être présentée au niveau de l’album tant qu’une source plus précise n’identifie pas les prises individuelles.
Pourquoi cette collaboration est significative dans la biographie de Ringo
Le retour de Ringo au répertoire de Lonnie Donegan possède une portée symbolique forte. Les chansons de skiffle et de rock ‘n’ roll américain ont nourri les années d’apprentissage des musiciens de Liverpool. En venant enregistrer auprès de Donegan, Ringo rejoint ainsi l’un des artistes qui avaient aidé à construire le langage musical de la génération des Beatles.
Le projet montre aussi la capacité de Ringo à participer à des œuvres modestes commercialement mais précieuses historiquement. Ici, il n’est ni chanteur principal ni producteur, encore moins membre d’un groupe né autour du disque : il met son jeu de batterie au service de deux morceaux de répertoire. La valeur de cette participation tient autant à son ancrage culturel qu’à la précision des crédits disponibles.
L’édition augmentée de 2010 et son apport documentaire
Une édition CD augmentée publiée par UMG/Sanctuary en 2010, sous la référence 2746348, a rendu les enregistrements plus accessibles en reprenant le programme original et en ajoutant des titres supplémentaires. Sa documentation technique récapitule les instrumentistes par numéro de piste, la production d’Adam Faith et les principaux studios concernés.
Ce livret rétrospectif est particulièrement précieux pour établir les deux prestations de Ringo : il donne explicitement drums (2, 3). Il faut conserver les numéros de l’album original en tête de la fiche, vérifier le programme du CD lorsque des bonus sont ajoutés et distinguer le remastering numérique d’une nouvelle séance. Une réédition de 2010 ne constitue pas une participation nouvelle de Ringo en 2010.
Il reste possible que certaines sources plus anciennes donnent une autre date de commercialisation, notamment 1977. La presse professionnelle de janvier 1978 et les classements de février 1978 établissent cependant un ancrage public solide pour la sortie britannique de référence.
Fiche de référence : deux morceaux, pas un disque entier
Artiste principal : Lonnie Donegan. Album : Puttin’ on the Style. Production : Adam Faith. Première édition britannique : Chrysalis CHR 1158, 1978. Édition américaine : United Artists UA-LA827-H. Ringo Starr : batterie sur « Have a Drink on Me » (A2) et « Ham ‘n’ Eggs » (A3). Autres instrumentistes des deux titres : Dave Wintour, Pete Wingfield et Peter Jameson ; Albert Lee sur A2, Peter Banks et Leo Sayer sur A3 selon le relevé des plages.
Autres morceaux : batteries attribuées à d’autres musiciens ; ne pas recopier le crédit Ringo sur tout le LP. Édition documentaire utile : CD UMG/Sanctuary 2746348 (2010), personnel par titre. Points encore ouverts : date et studio exacts des deux prises de Ringo, comparaison des matrices et des variantes nationales, éventuelles modifications de mixage dans les rééditions.
Sources primaires, contemporaines et discographiques
Relevé du livret de l’édition UMG/Sanctuary de 2010, personnel et studios ; Official Charts Company, classement et référence Chrysalis ; 45cat, pressage britannique CHR 1158 et programme du LP ; AllMusic, invités et éditions. L’article de Music Week du 28 janvier 1978 fournit le contexte contemporain du projet.












