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Yellow-Sub.net · 25 novembre 1976 · The Band · Bob Dylan · Levon Helm

Ringo Starr à The Last Waltz : I Shall Be Released, Jam #1 et Jam #2 (1976)

Une enquête piste par piste sur les trois performances de batterie de Ringo au concert d’adieu de The Band, les crédits de Levon Helm et les éditions de 1978 à 2023.

The Last Waltz : une soirée d’adieux devenue un document historique

Le 25 novembre 1976, jour de Thanksgiving aux États-Unis, The Band organise au Winterland Ballroom de San Francisco un concert d’adieu particulièrement ambitieux. Robbie Robertson, Rick Danko, Levon Helm, Richard Manuel et Garth Hudson invitent plusieurs des musiciens avec lesquels leur histoire s’est croisée, à commencer par Bob Dylan. Le réalisateur Martin Scorsese transforme la soirée en film de concert, sorti en 1978, tandis que les enregistrements alimentent une bande originale et plusieurs éditions augmentées. Cette double destinée cinématographique et discographique explique pourquoi une simple liste de « participants à The Last Waltz » ne suffit pas pour reconstituer ce que chaque invité a réellement joué.

Ringo Starr figure parmi les invités du final. Il n’intègre pas The Band et n’intervient pas sur les titres de chaque invité. Trois moments précis sont documentés à la batterie : la chanson collective « I Shall Be Released » et les deux improvisations intitulées « Jam #1 » et « Jam #2 » dans les éditions longues. La reconnaissance de ces trois pistes demande de confronter le déroulement de la soirée, le montage de Scorsese et le séquençage propre aux disques.

Le 25 novembre, puis la nuit du 26 : une précaution sur les dates

L’American Film Institute situe le concert à Thanksgiving, le 25 novembre 1976, dans la salle Winterland de San Francisco. Le programme a duré une grande partie de la soirée et s’est prolongé dans la nuit. Des chronologies peuvent donc rencontrer la date du 26 novembre lorsqu’elles décrivent la fin du spectacle. Pour la sessionographie, la date de référence retenue par les archives du film et les métadonnées piste par piste reste celle du 25 novembre. Elle ne signifie pas que toutes les chansons ont nécessairement été jouées avant minuit.

L’AFI indique aussi que le spectacle commençait vers 21 heures, après un dîner offert au public. Le dispositif associait sonorisation de concert et captation sur bandes multipistes, tandis que les caméras étaient réparties selon une préparation extrêmement détaillée. Dans un tel environnement, les plans montés ne sont pas automatiquement le relevé continu des changements d’instrumentistes sur scène.

« I Shall Be Released » : la présence de Ringo solidement attestée

Au moment du grand final, The Band et ses invités se réunissent autour de « I Shall Be Released », composition de Bob Dylan. Le relevé des crédits de la bande originale attribue à Ringo Starr une partie de batterie, avec Levon Helm, batteur et chanteur de The Band. Il ne faut donc pas décrire cette version comme une prestation soliste de Ringo : sa contribution s’inscrit dans un ensemble de musiciens et de voix, sous la conduite du groupe hôte.

Les catalogues détaillés identifient Bob Dylan et Richard Manuel comme principaux chanteurs. Ronnie Wood intervient à la guitare solo. Autour d’eux apparaissent différents invités aux chœurs, dont Neil Young, Joni Mitchell, Van Morrison et Eric Clapton. Cet inventaire explique la portée symbolique du titre : les artistes réunis viennent de parcours différents mais partagent la même chanson. Le rôle de Ringo demeure nettement instrumental ; son nom dans le générique collectif ne doit pas le transformer en chanteur soliste de ce final.

MusicBrainz précise la présence de Ringo à la batterie sur l’enregistrement daté du 25 novembre 1976. Les métadonnées proposées par Qobuz sur les éditions Warner mentionnent également Ringo au poste de batteur. Ce croisement entre une base discographique structurée et les crédits d’une distribution commerciale augmente la fiabilité de l’attribution, sans fournir le détail du mixage ni la répartition des coups entre les deux batteurs.

« Jam #1 » : un second document, au-delà du final chanté

Une fois la chanson collective achevée, des instrumentistes continuent à jouer. Le catalogue des éditions développées de The Last Waltz identifie une première improvisation nommée « Jam #1 ». Le relevé MusicBrainz donne à la batterie Ringo Starr et Levon Helm. Rick Danko y est crédité à la basse ; Garth Hudson joue de l’orgue et du synthétiseur, Dr. John du piano, Paul Butterfield de l’harmonica. Les guitares sont associées à Robbie Robertson, Eric Clapton, Ronnie Wood et Neil Young.

La désignation « Jam #1 » n’est pas un titre de composition comparable à « I Shall Be Released ». Il s’agit d’une étiquette discographique utilisée pour identifier un enregistrement instrumental collectif. Son existence prouve une performance supplémentaire de Ringo au-delà du final chanté. Elle ne permet toutefois pas d’attribuer à chaque intervenant un solo précis sans étude sonore et témoignages complémentaires. Les éditions modernes emploient parfois des durées légèrement différentes pour le même intitulé, selon les montages et les remastérisations.

« Jam #2 » : Carl Radle et Stephen Stills rejoignent la formation

La deuxième improvisation identifiée comme « Jam #2 » prolonge le mouvement avec une distribution différente. Les crédits MusicBrainz donnent Carl Radle à la basse, Levon Helm et Ringo Starr aux batteries, et nomment Eric Clapton, Stephen Stills, Ronnie Wood et Neil Young aux guitares. Dr. John et Garth Hudson se partagent les instruments à clavier, tandis que Paul Butterfield est à l’harmonica.

La distinction avec « Jam #1 » est importante : certains musiciens changent et l’ossature instrumentale n’est plus identique. Il ne suffit donc pas de fusionner les deux improvisations sous l’intitulé général « jam finale ». Dans l’index encyclopédique, elles méritent deux notices séparées, même si elles proviennent de la même soirée. Ringo est attesté comme batteur dans les deux ensembles ; les autres attributions sont à conserver piste par piste.

Cette improvisation figure sur le troisième disque des versions développées, après « I Shall Be Released » et « Jam #1 ». Les catalogues de plusieurs éditions peuvent donner des minutages distincts. Le rapprochement fiable passe alors par le nom du support, le numéro de disque et de plage, ainsi que le personnel mentionné, plutôt que par la seule durée d’un fichier diffusé en ligne.

1978 : l’album et le film ne racontent pas intégralement la même nuit

Le film de Martin Scorsese sort en 1978. L’American Film Institute rappelle que l’ouverture du film avec « Don’t Do It » correspond en réalité au dernier morceau joué au concert. Le montage ne respecte donc pas entièrement l’ordre chronologique du spectacle, et plusieurs performances ont été tournées ultérieurement en studio ou sur une scène de cinéma. Cette construction fait partie de l’écriture du film : The Last Waltz est une œuvre montée et produite, pas une captation documentaire brute de bout en bout.

Le triple album original de 1978 est lui aussi un choix éditorial. « I Shall Be Released » y constitue le repère principal pour la batterie de Ringo, tandis que les improvisations ont acquis une visibilité beaucoup plus nette avec les éditions enrichies. Une fiche qui ne consulterait que la liste des morceaux du triple LP manquerait donc une partie de la contribution effectivement enregistrée le 25 novembre 1976. Inversement, consulter uniquement le coffret long risquerait de faire oublier la façon dont le public de 1978 a découvert cette soirée.

2002 et 2016 : les improvisations deviennent des pistes consultables

Le coffret quatre CD publié en 2002, puis l’édition du quarantième anniversaire proposée par Rhino en 2016, donnent une place explicite aux deux improvisations. Le programme officiel Rhino de 2016 les situe sur le disque 3 : « I Shall Be Released » en plage 8, « Jam #1 » en plage 9 et « Jam #2 » en plage 10. Il ne s’agit pas de sessions tardives mais de la publication ou de la remise en circulation d’enregistrements du concert de 1976.

Cette précision est essentielle pour tout collectionneur qui cherche à compléter une discographie participative de Ringo. L’unité historique est la performance du 25 novembre 1976 ; l’unité bibliographique est le support qui la reproduit. Il faut pouvoir inscrire un même enregistrement dans plusieurs éditions sans lui attribuer une nouvelle date de studio.

Le dossier discographique de Rhino confirme l’organisation de l’édition anniversaire. D’autres bases, comme MusicBrainz, livrent les instrumentistes de chacune des plages. En réunissant ces deux niveaux, on passe d’une simple anecdote de concert à un relevé de session documenté.

2023 : la réédition vinyle de 45 ans reste une publication, non un nouveau concert

Le 6 octobre 2023, Rhino commercialise une nouvelle édition vinyle triple LP célébrant les quarante-cinq ans de la bande originale. Son séquençage officiel donne « I Shall Be Released » en sixième et dernière position de la première face du troisième LP. La même annonce ne place pas les deux improvisations « Jam #1 » et « Jam #2 » dans ce programme de trois disques.

L’absence des improvisations de cette édition particulière ne remet donc pas en cause leur existence et leur crédit sur les coffrets plus complets : elle révèle simplement des choix de publication différents. Pour éviter les erreurs dans la base de données, il convient d’indiquer séparément « édition de 2023 » et « programme complet de 2016 », au lieu de prétendre que chaque disque intitulé The Last Waltz contient exactement les mêmes pistes.

Le rôle de Levon Helm face à Ringo Starr : deux batteries, pas une substitution

Levon Helm est le batteur historique de The Band, mais aussi un chanteur majeur du groupe. Sur les improvisations créditées de The Last Waltz, il est mentionné aux côtés de Ringo Starr. On ne peut donc pas supposer que l’arrivée de l’ancien Beatle l’a chassé de son instrument. La présence simultanée de deux batteurs constitue un élément particulièrement intéressant pour l’histoire des rencontres rock de cette époque.

L’analyse instrumentale proprement dite appelle des précautions. Une distribution de personnel permet d’établir que deux batteries étaient présentes ; elle ne permet pas d’assigner sans preuve à chacun un roulement, une cymbale ou une intervention de caisse claire. Pour cela, il faudrait une transcription des bandes multipistes, la comparaison des panoramiques et des plans du film, ainsi que des témoignages de musiciens ou de techniciens. La rigueur archivistique consiste à reconnaître cette limite sans diminuer la valeur de la participation de Ringo.

Ringo, Bob Dylan et The Band : la rencontre de trois histoires

Ringo Starr connaît depuis longtemps les artistes américains que les Beatles admiraient. Bob Dylan incarne pour le groupe de Liverpool une figure décisive de la chanson moderne. The Band a pour sa part accompagné Dylan, puis développé ses propres albums et son style collectif. La soirée du Winterland réunit ainsi trois trajectoires qui avaient contribué à transformer la musique des années 1960.

Ce rapprochement a parfois conduit à des descriptions excessivement larges de la prestation de Ringo : « joue avec Dylan, Clapton, Morrison, Young et tous les autres ». La formule peut décrire le rassemblement scénique, mais elle ne doit pas se substituer à une attribution discographique. Les trois pistes identifiées permettent une formulation exacte : Ringo apparaît au poste de batteur sur « I Shall Be Released », « Jam #1 » et « Jam #2 » au sein des formations réunies pour l’événement. Les albums solo et titres individuels interprétés plus tôt par les invités ne sont pas des collaborations de Ringo simplement parce qu’il assistait à la fin du spectacle.

Trois notices à conserver dans la sessionographie

Première notice : 25 novembre 1976, The Band et invités, « I Shall Be Released », Winterland Ballroom, San Francisco. Instrument de Ringo : batterie. Principaux interprètes vocaux : Bob Dylan et Richard Manuel. Autre guitariste invité précisément crédité : Ronnie Wood. Première publication : bande originale The Last Waltz, 1978 ; nombreuses rééditions ultérieures.

Deuxième notice : 25 novembre 1976, « Jam #1 », Winterland Ballroom. Ringo Starr et Levon Helm, batteries ; Rick Danko, basse ; Robbie Robertson, Eric Clapton, Ronnie Wood et Neil Young, guitares ; Garth Hudson, claviers ; Dr. John, piano ; Paul Butterfield, harmonica. Identification moderne : coffrets quatre CD, disque 3, piste 9 dans l’édition Rhino 2016.

Troisième notice : 25 novembre 1976, « Jam #2 », Winterland Ballroom. Ringo Starr et Levon Helm, batteries ; Carl Radle, basse ; Eric Clapton, Stephen Stills, Ronnie Wood et Neil Young, guitares ; Garth Hudson et Dr. John, claviers ; Paul Butterfield, harmonica. Identification moderne : coffrets quatre CD, disque 3, piste 10 dans l’édition Rhino 2016.

La date reste celle de la soirée commencée à Thanksgiving, conformément à la documentation du concert. Les éditions de 1978, 2002, 2016 et 2023 sont à enregistrer comme supports distincts, sans compter quatre participations de Ringo à un concert unique.

Sources et méthode documentaire

American Film Institute, AFI Catalog, notice « The Last Waltz » (film de Martin Scorsese, 1978) : histoire du tournage, date du concert, montage et distinction des séquences de studio.

Rhino Entertainment, « Now Available: The Last Waltz » (édition du 40e anniversaire, 2016), programme intégral du coffret : disque 3, plages 8 à 10.

Rhino Entertainment, « The Last Waltz – 45th Anniversary » (communiqué du 6 octobre 2023) : programme du vinyle triple LP et statut de réédition anniversaire.

MusicBrainz, The Band, The Last Waltz, notice de l’édition détaillant « I Shall Be Released », « Jam #1 » et « Jam #2 », musiciens et date du 25 novembre 1976.

Qobuz, The Band, The Last Waltz et The Last Waltz (Deluxe Edition), crédits commerciaux détaillés de « I Shall Be Released ».

Méthode : croisement du film et de ses archives, des programmes fournis par l’éditeur des disques et des crédits par piste. Les détails de prises et de mixage non disponibles dans ces sources ne sont pas affirmés.

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