Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Sessions 1976
Ringo Starr et Manhattan Transfer : Zindy Lou et S.O.S. en 1976
Deux chansons de Coming Out, deux batteries avec Jim Keltner et deux formations de studio distinctes : toutes les participations de Ringo au groupe vocal.
Coming Out : Ringo Starr derrière un groupe de voix
Publié en 1976 chez Atlantic, Coming Out appartient à l’une des périodes les plus inventives du Manhattan Transfer. Le groupe réunit Tim Hauser, Janis Siegel, Alan Paul et Laurel Massé, quatre interprètes qui bâtissent leur identité sur les harmonies et les arrangements vocaux. À la différence d’un groupe rock traditionnel, les instrumentistes de studio peuvent varier très largement d’une chanson à l’autre. Ringo Starr apparaît à la batterie sur « Zindy Lou » et « S.O.S. », chaque fois aux côtés de Jim Keltner.
La présence de Ringo devient ainsi une donnée instrumentale au sein d’un projet dirigé par les voix. Elle ne doit pas être considérée comme une prise de contrôle de l’arrangement par un ancien Beatle. Le disque est produit par Richard Perry et repose sur plusieurs sections rythmiques, notamment celles de Roy Markowitz, Jim Gordon, Rick Shlosser ou David Kemper selon les titres. Notre étude distingue les deux chansons réellement créditées à Ringo plutôt que de lui attribuer l’ensemble de l’album.
La production de Richard Perry : un réseau de musiciens très étendu
Richard Perry a déjà travaillé avec Ringo sur plusieurs disques personnels ainsi qu’avec de nombreux interprètes américains. Sa production de Coming Out réunit des musiciens de jazz, de soul et de rock qui se connaissent parfois depuis plusieurs années. Le choix d’une équipe différente selon les chansons permet au groupe de varier les couleurs de son répertoire sans perdre l’unité vocale qui constitue sa signature.
Le disque paraît en 1976, mais les notices de publication indiquent des enregistrements entrepris avant sa commercialisation. Une chronologie complète devra distinguer les jours de studio, les séances de chœurs et la date du LP original. En attendant, il est plus fiable d’indiquer la période et les interprètes par chanson que d’inventer la réunion complète de la formation au cours d’une seule après-midi.
« Zindy Lou » : les crédits du master
« Zindy Lou » figure en deuxième position sur la face A du LP. La chanson est attribuée à Johnny Moore et Eddie Smith. Les documents de presse discographique et les programmes détaillés du vinyle donnent Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries, Dr. John au piano, Andy Muson à la basse, Ira Newborn à la guitare et Doug Thongren aux percussions. Les arrangements vocaux sont associés à Tim Hauser et Janis Siegel.
Le personnel révèle une section rythmique assez différente de celle des autres chansons du disque. Dr. John apporte son langage de piano lié à la musique de New Orleans, et Doug Thongren possède un crédit de percussions qui ne doit pas être confondu avec les deux batteries. La voix du Manhattan Transfer conserve cependant le rôle principal. La chanson doit être décrite comme une prestation collective, pas comme une jam session de batteurs.
Deux batteurs pour Zindy Lou : ce que cela signifie
La présence de Ringo et Keltner sur une même plage n’indique pas comment leurs parties sont réparties. Ils peuvent avoir enregistré ensemble, séparément ou avoir fourni des éléments retenus à différents stades de la production. Le livret de l’album suffit à établir deux crédits de batterie, mais pas à donner la transcription individuelle des fills et des changements de pulsation.
Pour Yellow-Sub, cette limite est importante. Les biographies peuvent être tentées de reconnaître l’un ou l’autre batteur à l’oreille et de transformer cette impression en fait historique. Une étude de session peut discuter les qualités musicales de l’accompagnement sans attribuer chaque note à un artiste tant que la documentation n’est pas assez précise.
« S.O.S. » : une seconde intervention au personnel différent
« S.O.S. » se trouve sur la seconde face du disque, après « Poinciana ». Les crédits individualisés indiquent de nouveau Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie, mais cette fois Clarence McDonald joue du piano, Andy Muson tient la basse, Ira Newborn la guitare et Jackie Kelso intervient comme soliste au saxophone ténor. Les arrangements vocaux sont attribués à Tim Hauser et Janis Siegel.
La chanson est associée aux auteurs Gerry Shury et Phillip Swern. Le nom de Dr. John, important sur « Zindy Lou », ne doit pas être transféré à cette seconde plage. La différence paraît modeste si l’on regarde uniquement le crédit de Ringo, mais elle est essentielle pour une encyclopédie qui cherche à reconstruire la réalité instrumentale du disque.
L’importance de Clarence McDonald et Jackie Kelso
Sur « S.O.S. », Clarence McDonald et Jackie Kelso représentent une autre couleur du travail de studio. Le piano et le saxophone ténor peuvent apporter des interventions décisives dans les transitions et les réponses aux voix. La batterie de Ringo doit être entendue dans ce cadre instrumental, avec la basse d’Andy Muson et le second batteur Jim Keltner.
La distinction des instruments aide aussi à éviter les attributions erronées de percussions : une accentuation peut venir d’un saxophone, d’un clavier ou des voix elles-mêmes. Dans une formation conçue autour d’un groupe vocal, le rythme ne réside pas uniquement dans les fûts. L’arrangement met plusieurs sources sonores au service d’une progression commune.
Les quatre chanteurs : le véritable centre de l’enregistrement
Tim Hauser, Janis Siegel, Alan Paul et Laurel Massé constituent le Manhattan Transfer de l’époque. Leur apport ne se réduit pas à un refrain superposé sur un groupe rock. Le travail vocal définit la forme de nombreuses chansons, parfois en rappelant les styles américains plus anciens, parfois en adoptant une esthétique de pop et de jazz contemporain. Les musiciens de studio s’adaptent à ce langage.
Ringo intervient donc en accompagnateur, même si sa célébrité est considérable. Ce renversement de perspective est au cœur du dossier : un ancien membre des Beatles peut apparaître dans le livret d’un disque et jouer une partie essentielle sans devenir le centre du projet. Respecter l’artiste principal et ses arrangements rend justice au travail de toutes les personnes présentes.
L’album comporte d’autres batteurs : ne pas étendre le crédit de Ringo
Le programme de Coming Out mentionne plusieurs musiciens à la batterie. Roy Markowitz joue notamment sur « Don’t Let Go » ; Jim Gordon apparaît sur « Chanson d’Amour » et « Popsicle Toes » ; David Kemper, Rick Shlosser et Jim Nelson figurent sur d’autres pistes. Ces informations interdisent d’identifier Ringo comme batteur permanent du Manhattan Transfer.
Cette erreur résulte parfois des bases qui recopient les invités de l’album sur chacune des chansons. Le catalogue du site doit conserver des liaisons individuelles : deux chansons avec Ringo, d’autres avec leurs propres interprètes, toutes regroupées sous l’album commercial de 1976. Le même raisonnement s’applique à Playing Possum de Carly Simon, autre réalisation de Richard Perry.
Des chansons publiées en 1976, sans datation artificielle
Les discographies généralistes associent le disque à 1976, tandis que d’autres notices parlent d’enregistrements ayant débuté précédemment. Rien dans les sources conservées ici ne justifie d’assigner à Ringo une date de séance précise pour « Zindy Lou » ou « S.O.S. ». L’encyclopédie indiquera donc l’année de première publication et une période de travail à préciser.
Une telle réserve ne remet pas en cause les crédits des deux chansons. Il s’agit de deux types d’information : le personnel d’une plage et la date d’une prise. Le premier peut être solidement établi sans que le second soit encore connu avec la même précision. Lors de la relecture documentaire finale, les livrets de réédition et les relevés de bande pourront compléter la chronologie.
Les éditions Atlantic et les compilations du groupe
Coming Out existe en LP et dans plusieurs publications ultérieures. Le programme original comporte onze titres, répartis sur deux faces. Les anthologies du Manhattan Transfer peuvent reprendre « Zindy Lou » ou « S.O.S. » sans qu’il s’agisse de nouveaux enregistrements de Ringo. La distinction entre master, compilation et nouveau mixage doit être conservée dans les fiches de supports.
Pour les collectionneurs, les différences de références, de pays, de durée ou de mastering seront documentées séparément. Un même titre transféré sur CD conserve les musiciens qui ont enregistré la bande ancienne. L’apparition de son nom sur une édition des années 1990 ou 2000 ne suffit donc pas à créer une session de Ringo à cette date.
Une rencontre avec la pop vocale américaine
Les deux chansons révèlent une dimension de la carrière de Ringo moins visible que ses sessions avec des guitaristes célèbres. Il participe à un groupe qui construit ses œuvres autour de l’écriture vocale et qui emprunte au jazz, à la soul et à la tradition populaire américaine. Son rôle rythmique ne repose pas sur le prestige de son identité, mais sur sa capacité à servir une esthétique autre que celle du rock des Beatles.
La présence de Jim Keltner à ses côtés renforce la continuité avec plusieurs projets contemporains. Les deux hommes ont travaillé ensemble sur différents disques des années 1970, mais chaque rencontre possède ses propres musiciens et son propre artiste principal. On ne peut pas substituer une « équipe Ringo-Keltner » abstraite aux crédits réels de « Zindy Lou » et de « S.O.S. ».
Les données à reporter dans la sessionographie
La notice « Zindy Lou » devra identifier les auteurs Johnny Moore et Eddie Smith, la section rythmique Ringo Starr et Jim Keltner, Dr. John au piano, Andy Muson à la basse, Ira Newborn à la guitare et Doug Thongren aux percussions. La notice « S.O.S. » comportera Gerry Shury et Phillip Swern comme auteurs, Ringo et Keltner à la batterie, Clarence McDonald au piano et Jackie Kelso au saxophone ténor.
Les deux enregistrements renverront à la synthèse des collaborations peu connues de 1975 à 1979 et à la chronologie générale. Ils ne doivent être ni fusionnés avec les autres chansons de Coming Out, ni ajoutés une seconde fois lors des rééditions du même master.
Pourquoi ces deux titres méritent leur place dans le dossier
La valeur des sessions du Manhattan Transfer tient à leur caractère précis et à leur position dans la carrière de Ringo. Le batteur rejoint un ensemble vocal américain au moment où il poursuit ses albums personnels et participe à des productions de styles différents. Le résultat n’est pas une anecdote de vedettes : il témoigne d’une activité professionnelle constante.
En donnant au visiteur le nom des chansons, les auteurs, les instruments, les autres batteurs et les informations de première publication, Yellow-Sub transforme une mention de discographie en une étude exploitable. Cette rigueur préparera la phase finale de vérification générale des sources, sans empêcher dès à présent la lecture d’un dossier complet et cohérent.
Photographie d’ambiance Yellow-Sub.net, sans attribution aux séances de Coming Out.












