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Yellow-Sub.net · Sessionographie rock · 1978–1979
Ringo Starr et Ian McLagan : « Hold On » sur Troublemaker
Une batterie enregistrée pour l’ancien claviériste des Faces, un livret officiel enfin précis et un piège discographique autour de deux chansons homonymes.
Ringo Starr, Ian McLagan et un disque au croisement des Faces et des Stones
À la fin des années 1970, Ian McLagan s’apprête à publier son premier album sous son propre nom. Ancien claviériste des Small Faces puis des Faces, il a développé un style où le piano électrique Wurlitzer, l’orgue Hammond et le sens du swing tiennent une place aussi importante que la guitare. Troublemaker réunit le personnel de ses projets récents avec plusieurs invités liés aux Rolling Stones et au monde des anciens Beatles. Ringo Starr apparaît parmi eux, mais à une place très précise : la batterie du morceau « Hold On ».
La nuance est importante car les crédits généraux des albums de rock des années 1970 réunissent volontiers tous les noms sur une même ligne. Une notice qui mentionne « Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie » sans préciser le titre peut donner l’impression que les deux se partagent indistinctement le disque. Or la documentation publiée par le site officiel d’Ian McLagan tranche la question : Ringo joue sur la neuvième plage ; Keltner assure huit autres titres ; Zigaboo Modeliste intervient sur la troisième. Cette granularité suffit à transformer un simple crédit de discographie en véritable fiche de session.
« Hold On » : le morceau confirmé par le site officiel d’Ian McLagan
« Hold On » est la neuvième chanson de Troublemaker, placée juste avant « Mystifies Me ». Sa durée publiée est d’environ trois minutes et quarante-trois secondes. La liste officielle des musiciens de Here Comes Trouble, qui reprend les dix pistes originales du disque, donne explicitement Ringo Starr — drums (9). Elle attribue Geoff Workman — accordion (9) sur le même morceau. La basse figure dans le groupe de plages 4 à 10 crédité à Paul Stallworth, tandis que Johnny Lee Schell joue de la guitare sur les plages 4 à 10. Ian McLagan tient les claviers et le chant principal.
Il ne faut pas aller plus loin que le document : cette distribution ne livre ni une date exacte de prise ni un relevé des instruments enregistrés sur chaque piste de la bande multipiste. Elle permet cependant d’affirmer la batterie de Ringo sur le master publié et de distinguer les rôles de Workman, Stallworth et Schell. Pour un dossier de référence, cette précision est préférable à une reconstitution romanesque d’une réunion en studio.
Le titre est crédité à Ian McLagan comme auteur. Cela exclut de présenter Ringo comme compositeur de « Hold On » sous prétexte qu’il y participe. Les différentes contributions — composition, chant, claviers, guitare, basse, batterie, accordéon et production — doivent conserver leurs champs propres.
Une équipe de studio qui change presque à chaque chanson
Le LP commence avec « La De Da » et « Headlines », où Jim Keltner joue de la batterie. Sur « Truly », la troisième plage, Zigaboo Modeliste remplace Keltner et se retrouve dans une formation exceptionnelle avec Stanley Clarke à la basse, Keith Richards et Ronnie Wood aux guitares et Bobby Keys au saxophone. Les plages 4 à 8 reviennent pour l’essentiel à Keltner, puis « Hold On » introduit Ringo ; « Mystifies Me », reprise d’une chanson de Ronnie Wood, est de nouveau créditée à Keltner.
On distingue donc trois configurations, et non un seul supergroupe : la section centrale du disque avec Keltner, l’équipe particulière de « Truly » et le morceau avec Ringo. Le fait que Wood, Richards, Modeliste et Ringo soient tous mentionnés sur la pochette ne signifie pas qu’ils aient enregistré ensemble. Il serait également inexact de faire participer Ringo à la version longue de « Truly » ajoutée plus tard à une compilation : elle relève de la même famille de séances que la troisième plage, dont le batteur est Modeliste.
Cette alternance éclaire l’organisation pratique d’un album de studio. Chaque musicien entre au service d’un titre ou d’un arrangement ; les périodes d’enregistrement peuvent se chevaucher, mais il n’est pas nécessaire que tout le personnel se trouve dans la même pièce. McLagan reste le centre musical et l’artiste principal des dix morceaux.
De « Troublemaker » à « Here Comes Trouble » : l’importance du support
Troublemaker est l’album original publié sur Mercury, traditionnellement daté de 1979. Les listes discographiques détaillées le situent dans une période de séances 1978–1979, entre Cherokee Recording Studios à Hollywood et Shangri-La à Malibu. Des catalogues distinguent les disponibilités selon les pays et signalent un pressage britannique au début de 1980 : il faut donc toujours associer la date retenue à l’édition précise. Dans la sessionographie de Ringo, « 1979 » désigne d’abord le disque, pas le jour certain où il a posé ses parties de batterie.
En 2005, le label Maniac publie Here Comes Trouble, qui reprend l’intégralité du programme initial et lui ajoute sept plages issues d’autres projets. Les dix premières pistes sont celles de Troublemaker ; les titres 11 à 14 sont tirés du maxi Last Chance to Dance de 1985 ; la quinzième provient d’un hommage aux Who enregistré en 1992 ; la seizième présente « Truly » dans un montage plus long ; la dix-septième correspond à une prise inédite d’un projet de 1999.
Cette édition permet de découvrir plusieurs étapes de la carrière de McLagan, mais elle ne doit pas faire croire que Ringo joue sur tout le programme de dix-sept morceaux. La numérotation est déterminante : dans ce CD, la neuvième piste reste « Hold On ». Elle conserve le même statut de chanson enregistrée pour le disque de la fin des années 1970, à ne pas confondre avec les sessions ultérieures ajoutées en supplément.
Geoff Workman : accordéon et production
Le nom de Geoff Workman peut prêter à confusion car il remplit deux fonctions très différentes. Les informations de production du LP original le désignent comme producteur et ingénieur de la plupart des chansons, à l’exception notable de « Truly » dirigé par McLagan. La distribution des musiciens mentionne en plus son accordéon sur la neuvième plage. Ce crédit instrumental aide à particulariser « Hold On » : l’accordéon n’est pas un bruit de fond anonyme, mais la contribution nominative du producteur.
Le travail de Geoff Workman rappelle combien la période est traversée par des compétences multiples. Un ingénieur peut participer directement à une performance ; un pianiste comme McLagan peut produire une autre piste ; un batteur comme Ringo peut être invité sur une seule chanson. La base encyclopédique doit permettre de rechercher séparément la personne, sa fonction et le morceau sur lequel elle l’exerce.
« Hold On » dans l’histoire des collaborations de Ringo
À la fin des années 1970, Ringo apparaît sur plusieurs productions américaines éloignées des grandes sessions collectives de 1970 à 1974. Il joue notamment pour Lonnie Donegan, artiste qu’il cite parmi les modèles du skiffle britannique, et se retrouve sur des disques issus de l’entourage des Faces. Sa participation à Ian McLagan présente un intérêt supplémentaire : elle prend place chez un musicien dont l’identité avait marqué l’histoire du rock britannique avant même la séparation des Beatles.
L’apport de Ringo ne se résume pas à sa notoriété. L’enregistrement de « Hold On » démontre qu’un artiste du premier plan pouvait être sollicité comme musicien de studio sur un titre d’un autre auteur, sans que son nom devienne le centre de la promotion. L’histoire de l’après-Beatles se reconstruit aussi à travers ces interventions peu visibles, parfois faciles à manquer dans les grandes biographies, mais solidement repérables dans les crédits officiels.
La confusion avec « Hold On » de John Lennon : deux œuvres différentes
Le titre « Hold On » pose une difficulté de recherche particulièrement intéressante. John Lennon a publié une chanson homonyme sur John Lennon/Plastic Ono Band en 1970, avec Ringo Starr à la batterie. Neuf ans plus tard, Ian McLagan compose et interprète son propre « Hold On », également avec Ringo. Il ne s’agit ni d’une reprise ni d’une nouvelle version du titre de Lennon : ce sont deux œuvres distinctes, placées dans des discographies différentes.
Dans un système de maillage interne ou dans une base de connaissances musicale, l’intitulé d’une chanson ne suffit donc pas à identifier le bon enregistrement. Il faut le couple artiste–œuvre, puis l’album, la date et le personnel. Sans ces critères, un outil de liens automatiques peut relier deux pages sous prétexte d’un titre commun et induire en erreur le lecteur. C’est un cas concret où la structuration documentaire favorise autant le travail éditorial que la compréhension des moteurs de recherche.
Le livret officiel comme niveau de preuve
La source la plus utile pour cette participation est le site officiel d’Ian McLagan, qui met à disposition une liste de personnel organisée par instrument et par numéro de piste. Il s’agit d’une documentation issue de l’artiste lui-même et liée à la publication Here Comes Trouble. Elle permet d’attribuer Ringo à « Hold On » avec une confiance sensiblement supérieure à celle d’une base ne mentionnant que « Ringo Starr — drums » au niveau général de l’album.
Les autres informations sont de nature différente. AllMusic donne la liste générale des collaborateurs et le cadre de l’album. Les notices de pressage renseignent le label Mercury et les références nationales. Certaines chronologies de studios évoquent 1978 ou 1979, mais la date exacte de la prise de batterie de Ringo demeure à documenter. L’encyclopédie ne devrait pas fabriquer une séance datée au jour près à partir de la seule année inscrite sur la pochette.
Fiche discographique : la participation attestée
Artiste principal : Ian McLagan. Œuvre : « Hold On » (composition Ian McLagan, à ne pas confondre avec Lennon). Album original : Troublemaker, Mercury, 1979 selon les discographies générales. Enregistrement : période 1978–1979, studio et jour précis de la prise de Ringo non établis. Ringo Starr : batterie, plage 9 sur dix. Autres crédits : Ian McLagan (voix/claviers), Johnny Lee Schell (guitare), Paul Stallworth (basse), Geoff Workman (accordéon et production). Réédition : Here Comes Trouble, Maniac Records, 2005, même titre en piste 9.
Ce qui n’est pas affirmé : Ringo ne joue pas sur « Truly » (batterie Zigaboo Modeliste), ni sur tous les morceaux où intervient Jim Keltner. Aucun document consulté ici ne permet de dater sa prise à une journée donnée ; aucune contribution vocale ou de composition n’est attribuée sur le master de McLagan.
Le chapitre Troublemaker (1979), les dix chansons et leurs trois batteurs regroupe désormais les crédits détaillés du LP Mercury et les éditions de Here Comes Trouble.
Sources et références
Ian McLagan, site officiel : programme complet et personnel de Here Comes Trouble ; AllMusic, Troublemaker : édition, critique et personnel ; documentation des éditions Mercury de 1979 et Maniac Records de 2005. Le personnel piste par piste publié par l’artiste prime ici sur les simples listes de collaborateurs au niveau de l’album.












