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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Sessions 1971–1972
Ringo Starr et Peter Frampton : The Lodger et Alright sur Wind of Change
Deux sessions de batterie précisément identifiées, avec Billy Preston, Klaus Voormann et Jim Price : les crédits, les arrangements et le contexte du premier album solo de Frampton.
1972 : Peter Frampton invite Ringo Starr sur Wind of Change
L’album Wind of Change, publié par Peter Frampton en 1972 chez A&M Records, appartient à un moment charnière de l’histoire du guitariste. Après ses activités au sein de The Herd puis de Humble Pie, Frampton affirme une identité personnelle qui ne correspond pas encore à la célébrité gigantesque acquise quelques années plus tard avec Frampton Comes Alive!. Ce premier album sous son nom, construit autour de chansons qu’il a majoritairement écrites, révèle un réseau de musiciens londoniens très large. Ringo Starr y figure comme batteur invité, mais seulement sur deux plages précisément identifiées : « The Lodger » et « Alright ».
Cette précision est indispensable pour interpréter les listes de personnel. Le programme comprend également Mike Kellie, lui aussi batteur, ainsi que des parties de percussion et des interventions instrumentales de Frampton. Réduire l’album à une rencontre entre deux anciennes gloires du rock ferait perdre sa véritable particularité : l’enregistrement d’un disque personnel dont l’équipe change d’une chanson à l’autre. L’étude de Ringo doit partir des deux masters qui lui sont attribués, puis replacer ces contributions dans le projet musical d’ensemble.
Frampton après Humble Pie : reprendre le contrôle du répertoire
Peter Frampton aborde ces séances avec une expérience déjà substantielle. Au sein de Humble Pie, il a côtoyé Steve Marriott et participé à l’émergence d’un hard rock mêlé de blues et de soul. Son travail solo donne davantage de place à sa propre voix, aux chansons acoustiques et à ses goûts d’arrangeur. Le choix de Ringo, de Billy Preston et de Klaus Voormann sur quelques pistes correspond à cette ouverture : plutôt qu’un groupe permanent, il utilise plusieurs associations de musiciens selon les besoins du morceau.
L’album est enregistré principalement au début des années 1970, et les données de sessions de MusicBrainz situent les prises concernées entre octobre 1971 et avril 1972 aux studios Olympic à Londres. Ce créneau ne doit pas être converti en une date précise de batterie pour Ringo : il s’agit d’une plage chronologique des enregistrements du titre, non d’une feuille individuelle donnant son heure d’arrivée et le numéro de sa prise. Les références des éditions A&M permettent d’établir la publication de 1972, qui constitue un événement distinct de ces séances.
« The Lodger » : l’une des deux prestations documentées
« The Lodger » occupe la huitième place de l’album, au début de la seconde face du programme original. Le catalogue MusicBrainz donne Ringo Starr à la batterie, Peter Frampton au chant et à la guitare, Frank Carillo à la guitare, Andy Bown à la basse et Jim Price aux cuivres. Chris Kimsey y est identifié comme ingénieur et producteur associé, tandis que Frampton assure la production. La distribution de cette chanson, avec sa combinaison de guitares et de cuivres, diffère sensiblement de l’autre plage à laquelle Ringo participe.
Le morceau dure environ cinq minutes quarante-cinq dans les relevés courants. Cette durée n’est pas une preuve de version différente lorsqu’un autre disque affiche quelques secondes de moins : les anciens transferts analogiques, les débuts ou fins de pistes et les arrondis de catalogues peuvent expliquer de légers écarts. Pour une sessionographie, l’identification du master précède celle du minutage. Tant qu’une prise alternative de « The Lodger » n’est pas identifiée comme telle, les manifestations CD et vinyle doivent renvoyer au même enregistrement de référence.
Les instruments de The Lodger : une batterie au sein d’un arrangement dense
La présence de Jim Price aux cuivres donne à cette chanson une couleur particulière. Dans un arrangement qui réunit des guitares et des interventions de cuivres, les attaques rythmiques proviennent de plusieurs sources. La batterie de Ringo contribue à l’assise générale, mais elle n’est pas le seul élément à produire les accents et les mouvements. On peut entendre comment le chant de Frampton est porté par une structure où les guitares, la basse et les cuivres se répondent.
Une étude d’écoute doit toutefois distinguer description et attribution. Ni le relevé MusicBrainz ni les crédits de l’album ne permettent d’isoler chaque roulement et d’expliquer qui a proposé telle transition. Ringo est attesté comme batteur de la chanson ; cela ne fait pas de lui son auteur, son arrangeur principal ou son producteur. La fidélité à cette distribution est plus utile que les affirmations impressionnistes selon lesquelles il aurait « inventé le groove » pendant une séance dont nous ne possédons pas le déroulement.
« Alright » : Ringo et les musiciens du cercle Beatles
L’autre prestation, « Alright », termine la seconde face du disque. Cette fois, les crédits réunissent Frampton au chant et à la guitare, Frank Carillo à la guitare rythmique, Klaus Voormann à la basse, Billy Preston au piano et à l’orgue, et Ringo Starr à la batterie. Andy Bown et Carillo figurent également parmi les participants aux percussions ou aux chœurs. Il s’agit donc d’une configuration beaucoup plus proche, par les noms, de l’univers des enregistrements des anciens Beatles.
Cette proximité ne doit pas être interprétée comme une séance de réunion de groupe. Frampton demeure l’artiste principal et l’auteur de la chanson. Voormann, Preston et Ringo sont des musiciens familiers de plusieurs disques solo de John Lennon et George Harrison ; ils interviennent ici au service d’un autre répertoire. Le fait qu’ils se connaissent bien peut éclairer la constitution de l’équipe, mais les sources ne décrivent pas précisément les échanges qui se sont produits en studio.
Billy Preston, Klaus Voormann et Ringo : trois fonctions qui se complètent
Le trio mérite une attention spécifique. Billy Preston assure les claviers ; son expérience du gospel, de la soul et du rock donne un registre expressif particulièrement large à l’orgue et au piano. Klaus Voormann tient la basse, instrument dont l’interaction avec la batterie crée la fondation du morceau. Ringo joue les fûts, mais une partie des petites percussions est attribuée à d’autres instrumentistes. La distribution permet donc de décrire plusieurs fonctions clairement séparées.
Ces rencontres illustrent l’activité des musiciens à l’époque : leur notoriété dans l’entourage des Beatles ne les empêche pas de participer à des œuvres dont la publication principale revient à un artiste plus jeune. Le phénomène importe pour une histoire culturelle du rock, puisqu’il révèle une communauté de studio qui circule entre les maisons de disques et les générations. Ce réseau est plus vaste qu’un simple cercle d’amitiés privées.
The Lodger et Alright : pourquoi les deux fiches ne sont pas interchangeables
Une même ligne de crédits « Ringo Starr, drums » ne doit pas conduire à écrire deux notices identiques. « The Lodger » se distingue par les cuivres de Jim Price et la basse d’Andy Bown ; « Alright » par la basse de Klaus Voormann et les claviers de Billy Preston. Frampton reste le principal chanteur et guitariste des deux titres, tandis que Chris Kimsey et l’équipe A&M participent à la fabrication des masters.
Le personnel de l’album comprend aussi Mike Kellie à la batterie sur d’autres chansons, ainsi que Frampton lui-même derrière différents instruments selon les pistes. Il serait donc erroné d’inscrire Ringo sur « Fig Tree Bay », « Jumpin’ Jack Flash » ou la chanson-titre à partir d’un crédit global. L’exhaustivité d’une sessionographie ne se mesure pas au nombre de chansons attribuées à un musicien, mais à la précision de celles auxquelles il a réellement contribué.
L’enregistrement aux studios Olympic : ce que l’on peut dire
MusicBrainz associe « The Lodger » et « Alright » aux Olympic Studios de Barnes, dans l’agglomération londonienne. Ces salles, très fréquentées par les musiciens britanniques de l’époque, fournissent un cadre plausible pour un projet associant Frampton à des instrumentistes de différents groupes. Le crédit de Chris Kimsey à l’ingénierie apporte une information technique supplémentaire, sans autoriser la description détaillée du placement des micros, de la console ou des opérations de mixage.
Les périodes indiquées par les bases discographiques doivent être interprétées avec leur degré de précision. « Entre octobre 1971 et avril 1972 » ne se transforme pas en « Ringo a enregistré le 3 février » sans preuve. Une future découverte de fiche de bande pourra resserrer cette datation. Jusqu’à ce moment, une notice rigoureuse conserve le studio et la période tout en signalant qu’une date exacte de prise n’est pas établie.
1972 : un album précoce dans la discographie personnelle de Frampton
Aujourd’hui, la mémoire publique de Frampton est souvent dominée par le disque live de 1976 et les succès qui l’ont accompagné. Wind of Change appartient pourtant à un chapitre plus intéressant pour comprendre les rencontres de studio du début des années 1970. Son programme mélange compositions nouvelles, recours à différents instrumentistes et reprise de « Jumpin’ Jack Flash », écrite par Jagger et Richards. Les collaborations avec Ringo interviennent dans un projet encore exploratoire, qui permet à Frampton de définir son expression personnelle.
La présence de Ringo n’est pas la seule raison d’étudier l’album. La distribution des musiciens et la place des arrangements expliquent comment un guitariste connu au sein d’un groupe commence à construire son catalogue individuel. Pour Yellow-Sub, cette séance ajoute une pièce à l’histoire des carrières croisées après 1970 : les anciens Beatles ne participent pas uniquement aux disques de leurs compagnons, mais prennent part à ceux d’artistes qui vont écrire la suite de l’histoire du rock.
Auteurs, producteurs et intervenants : trois statuts distincts
Les deux titres sont attribués à Peter Frampton comme compositeur. Ringo intervient comme batteur ; sa présence sur les bandes n’en fait pas un coauteur de la musique ni du texte. Les crédits de production identifient Frampton, avec Chris Kimsey à l’ingénierie et comme producteur associé selon les éditions. Il serait donc incorrect de présenter le disque comme une production de Ringo ou de lui attribuer un rôle de direction artistique simplement parce qu’il joue avec des amis de longue date.
La distinction s’étend aux éditeurs de musique et aux sociétés de disques. A&M assure la publication, mais le label ne modifie pas le personnel du studio. Des pressages canadiens, britanniques, américains ou japonais peuvent porter différentes références commerciales sans créer de nouvelles performances. Ces éléments doivent être conservés dans les notices de support, non dans les fiches d’interprétation.
La batterie, l’écoute et le travail collectif
Comparer « The Lodger » et « Alright » permet d’observer la souplesse demandée au batteur invité. Les formes, les autres instruments et la place de la voix ne sont pas les mêmes. Ringo s’insère dans deux ensembles dont la composition change, ce qui exige d’écouter son jeu dans sa relation à la basse et aux claviers, plutôt qu’à la lumière de ses seules prestations au sein des Beatles. La continuité de sa carrière se découvre autant dans cette capacité d’adaptation que dans les traits familiers de son style.
On peut reconnaître une qualité de placement ou de retenue dans son accompagnement sans prouver que telle frappe a été suggérée par Frampton ou choisie lors du mixage. L’analyse musicale gagne à s’appuyer sur les partitions et les pistes séparées lorsqu’elles existent ; en leur absence, elle doit formuler ce qui est audible sans transformer une impression en événement historique.
Vers deux fiches de session complètes
Le catalogue doit consacrer à « The Lodger » une notice mentionnant Peter Frampton comme artiste principal, Ringo à la batterie, Andy Bown à la basse, Frank Carillo à la guitare, Jim Price aux cuivres et Chris Kimsey aux tâches de production et d’ingénierie. « Alright » recevra une autre notice, avec Voormann à la basse, Preston aux claviers et Ringo à la batterie. Les deux fiches conserveront le lieu de prise indiqué par MusicBrainz et la période documentaire, sans supposer un jour précis non confirmé.
Les renvois vers la grande étude des collaborations rock des années 1970 et la sessionographie chronologique permettront aux visiteurs de naviguer entre le contexte historique, les personnes et les enregistrements. L’album Wind of Change demeurera identifié comme une œuvre de Peter Frampton, même si la participation de Ringo en constitue une importante curiosité pour les amateurs des Beatles.
Photographie d’ambiance Yellow-Sub.net, sans attribution à une séance de Peter Frampton.
Contrôle complémentaire des crédits : les archives discographiques A&M répertorient Ringo Starr parmi les batteurs invités de Wind of Change. La distribution piste par piste le situe sur The Lodger et Alright, à la différence des autres chansons interprétées notamment par Mike Kellie ou Peter Frampton. Sur Alright, Klaus Voormann est à la basse et Billy Preston aux claviers. La liste globale des musiciens d’un album n’autorise pas à attribuer à Ringo l’ensemble de ses titres. Références : archives A&M ; AllMusic, crédits de l’album.
1977 : une deuxième participation chez Peter Frampton
Cinq ans après Wind of Change, Ringo apparaît également aux crédits de I’m in You (A&M, 1977). La chanson « Tried to Love » est associée à sa batterie dans une critique d’AllMusic, mais d’autres relevés mentionnent des batteurs différents. La nouvelle fiche conserve cette divergence documentaire. Lire l’enquête sur « Tried to Love » et les crédits de 1977.












