Bannière du dossier sur les collaborations musicales de Ringo Starr

← Collaborations 2000–2026

Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Liam Lynch · 2003

Liam Lynch et Ringo Starr : deux batteries pour Fake Songs, Cuz You Do et Try Me (2003)

Deux prestations souvent réduites à un seul titre : le catalogue et les livrets donnent Cuz You Do en piste 5 et Try Me en piste 16, avec Bruce Sugar aux crédits techniques.

Fake Songs : une œuvre de détournements et de caricatures musicales

En 2003, le musicien et vidéaste américain Liam Lynch publie Fake Songs, un album qui joue avec les conventions stylistiques de la pop et du rock. Lynch s’est fait connaître avec « United States of Whatever », chanson liée à son univers télévisuel et à ses créations vidéo. Le disque n’est pas un hommage classique aux Beatles, mais un ensemble de courtes pièces qui détournent les codes de plusieurs genres musicaux.

Une présence surprenante se cache dans son personnel : Ringo Starr enregistre deux parties de batterie, pour « Cuz You Do » et « Try Me ». Leur emplacement respectif est précisé dans les listings du CD de 2003, en cinquième et seizième positions. Le fait est corroboré par plusieurs descriptions des éditions physiques et par les plateformes où les deux morceaux sont directement associés au nom de Ringo.

L’intérêt historique dépasse la curiosité de voir un ancien Beatle rejoindre un humoriste musical. Il révèle une autre dimension de Ringo comme musicien de studio : son jeu peut être sollicité sur une œuvre où la référence stylistique, l’humour et la variété de registres occupent le premier plan.

Cuz You Do : la chanson mise en avant par la critique

La cinquième plage de Fake Songs, « Cuz You Do », dure environ deux minutes vingt-deux secondes. Le critique d’AllMusic relève la participation de Ringo à la batterie et décrit la chanson comme une petite pièce pop aux échos de la musique britannique des années 1960. Le Guardian, dans une chronique contemporaine du 13 juin 2003, mentionne également sa prestation.

Le morceau appartient au répertoire original de Liam Lynch, qui en assure les fonctions de compositeur et de réalisateur principal. La présence de Ringo n’en fait pas une nouvelle composition de Lennon ou McCartney, ni une prise de studio des Beatles restée inédite. L’effet de familiarité stylistique relève des intentions esthétiques de Lynch.

La convergence de critiques contemporaines permet de dater la circulation du disque et de confirmer le rôle de Ringo, mais elle ne raconte pas les circonstances précises de la prise. Le lieu exact, l’équipement et le jour de la batterie ne sont pas donnés par ces textes.

Try Me : l’autre participation souvent oubliée

« Try Me » apparaît en seizième position du programme de 2003 et dure environ deux minutes dix secondes. Le livret de l’édition CD+DVD répertoriée par Musik-Sammler signale expressément les pistes 5 et 16 avec Ringo Starr à la batterie. Les plateformes contemporaines créditent également les deux morceaux comme collaborations Lynch–Starr.

Cette précision corrige les discographies qui ne citent que « Cuz You Do », probablement parce que ce morceau était le plus commenté dans la presse. Il faut pourtant conserver « Try Me » comme deuxième titre, avec sa propre référence et son propre statut de master.

Les notices des albums antérieurs de Lynch signalent l’existence de versions plus anciennes des deux chansons. Le degré exact de réenregistrement doit être établi en comparant les références et les masters : la présence de Ringo sur la version 2003 ne signifie pas automatiquement qu’il figure sur les enregistrements antérieurs.

L’étrange chronologie des éditions et des plateformes

Fake Songs a circulé sous plusieurs formes, dont des éditions préparatoires indépendantes et le CD international publié en 2003 par S-Curve. Les catalogues numériques peuvent afficher une date de publication antérieure pour l’album ou certaines chansons, reflétant des fichiers ou variantes historiques de Lynch.

Il serait donc imprudent de dater la batterie de Ringo à partir de la date générique affichée par une seule plateforme. L’objet confirmé est la version du programme de 2003 qui crédite Ringo sur les pistes 5 et 16. Pour les versions antérieures, une comparaison de masters ou de livrets originaux serait nécessaire.

Les différentes références matérielles recensées par AllMusic incluent notamment le CD S-Curve 83743 et une édition japonaise Virgin/Toshiba VJCP-68553. La version CD+DVD de distribution européenne bénéficie également d’un descriptif détaillé. Il s’agit d’éditions à documenter, non de nouvelles séances à inventer.

Bruce Sugar : un lien technique mais pas une date de séance

Dans les crédits généraux de l’album, Bruce Sugar figure comme ingénieur du son, aux côtés notamment de Brian Hardin pour le mixage. Le rapprochement avec Ringo est pertinent, Sugar ayant accompagné de nombreuses sessions de l’ancien Beatle.

La mention d’un ingénieur dans les crédits généraux n’autorise toutefois pas à certifier que Sugar a capté lui-même chacune des deux batteries de Ringo. Pour l’affirmer, il faudrait consulter les crédits individuels de pistes, des feuilles de studio ou un témoignage spécifique.

La séparation entre personnel général de disque et personnel par enregistrement constitue un principe méthodologique essentiel. Elle évite que chaque instrument de l’album soit attribué au collaborateur le plus connu.

Jack Black : un autre invité, sur une autre chanson

Fake Songs accueille aussi Jack Black sur « Rock and Roll Whore », dixième morceau. Cet autre invité contribue à la tonalité ludique de l’album, mais ne se retrouve pas dans les deux crédits établis de Ringo.

Une présentation résumant le disque à une « collaboration Ringo Starr et Jack Black » induirait le lecteur en erreur, car aucune source examinée ne décrit une séance commune des deux sur « Cuz You Do » ou « Try Me ». Le projet les réunit dans un même programme éditorial, non nécessairement dans une même chanson.

Ce cas démontre comment les catalogues des années 2000 mélangent parfois les invités dans une liste globale. Les études détaillées doivent reconstituer la distribution exacte, morceau par morceau.

Place dans la carrière de Ringo et autres rapprochements

Liam Lynch appartient à une génération passée par la culture de la vidéo, du sketch et de l’enregistrement domestique. Ringo, lui, avait déjà traversé de nombreux projets de pop légère, de cinéma et d’humour musical depuis les années 1970. Leur rencontre est donc moins incongrue qu’elle pourrait paraître à première vue.

Elle confirme surtout une dimension peu étudiée : Ringo ne travaille pas uniquement avec les musiciens des Beatles ou les héros du rock classique. Il accepte également d’apparaître sur des projets contemporains atypiques, parfois difficiles à classer dans les discographies ordinaires.

La bonne manière de les documenter consiste à ne pas surinterpréter leur esthétique. Le fait solide est une batterie sur deux pièces courtes de Liam Lynch ; ce n’est pas une implication générale dans la réalisation de toutes les chansons du disque.

Fiche de session et bibliographie

Artiste principal : Liam Lynch. Album : Fake Songs, S-Curve, édition internationale 2003. Ringo Starr : batterie sur « Cuz You Do » (piste 5) et « Try Me » (piste 16). Auteur et artiste principal : Liam Lynch. Personnel technique général : Bruce Sugar (ingénierie) et Brian Hardin (mixage), sans attribution de jour individuel.

Éditions : CD américain et européen, CD+DVD, variante japonaise ; les références et les dates devront être rattachées à chaque pressage. Prudence chronologique : les éditions antérieures contenant des titres homonymes ne doivent pas recevoir automatiquement le crédit de Ringo, faute de comparaison des enregistrements.

Deux chansons, donc deux lignes de sessionographie, mais pas une batterie sur l’ensemble de l’album. Cet ajustement suffit à faire apparaître une collaboration authentique et souvent sous-documentée.

Illustration d’ambiance issue du dossier Yellow-Sub.net : elle ne constitue pas un document de la séance.

Ringo Starr : image d'ambiance pour le chapitre coauteur et Ring O' Records

Sources et documents de référence

  1. AllMusic, chronique de Fake Songs, crédits de Ringo et détails des éditions.
  2. Musik-Sammler, fiche du CD+DVD : batterie de Ringo sur les pistes 5 et 16.
  3. The Guardian, critique contemporaine du 13 juin 2003.
  4. Spotify, listing de l’album et titres associés à Ringo.
  5. Discogs, détail du personnel par piste sur l’édition 2003.