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Rewind Forward (2023) : les quatre chansons, Paul McCartney et Mike Campbell avec Ringo Starr

De la production britannique de Paul McCartney aux sessions de Mike Campbell : auteurs, instruments, personnels et supports du quatrième EP.

Quatrième EP : quatre chansons et quatre réseaux musicaux

Le 13 octobre 2023 paraît Rewind Forward, quatrième EP de cette série récente de Ringo Starr. Le disque compte quatre compositions nouvelles : « Shadows On The Wall », « Feeling The Sunlight », « Rewind Forward » et « Miss Jean ». Son intérêt pour une encyclopédie des collaborations réside dans une construction par pôles : les musiciens de Toto, Paul McCartney, le tandem Ringo–Bruce Sugar et l’entourage des Heartbreakers.

Les communiqués officiels du 13 octobre donnent les paroles de Ringo sur la genèse de chacune des quatre chansons. Il ne s’agit pas d’un album enregistré en formation stable. Trois morceaux sont réalisés autour du studio Roccabella West à Los Angeles ; les parties de Paul McCartney pour « Feeling The Sunlight » proviennent de son studio de Hog Hill Mill, au Royaume-Uni. Ce partage géographique devient essentiel pour comprendre le personnel d’enregistrement.

L’EP paraît en numérique, CD et vinyle 10 pouces à la même date de lancement. Le communiqué du 22 août avait aussi annoncé une édition cassette. Pour le collectionneur, l’existence des différents formats n’est qu’un point de départ : références territoriales, numéros de matrices et variations de pochette doivent être contrôlés séparément.

1. Shadows On The Wall — trois auteurs, et non deux

La communication présente d’abord la chanson comme un travail de Steve Lukather et Joseph Williams, les deux musiciens associés à Toto. La liste détaillée d’Universal Music Canada ajoute un troisième auteur : Ray Williams. Ce nom ne peut être écarté sous prétexte qu’il figure moins souvent dans les textes promotionnels, car le générique complet de l’œuvre porte les trois signatures.

Ringo Starr enregistre batterie, chant et percussions. Steve Lukather joue les guitares ; Weston Wilson la guitare acoustique ; Torrance Klein la basse ; Joseph Williams participe aux chœurs. Les ingénieurs nommés pour ce titre sont Bruce Sugar, Joseph Williams et Steve Maggiora. La répartition instrumentale ne ressemble donc pas à celle d’un groupe Toto réuni en studio, mais à une collaboration spécifique au service de Ringo.

Starr raconte avoir demandé à Lukather et Williams une chanson suffisamment construite pour lui permettre d’ajouter principalement ses propres prestations. Ce témoignage explique la méthode de travail sans identifier le lieu ni le minutage de chaque overdub. L’important est le passage d’une composition préparée par les collaborateurs à un master terminé par Starr.

Dans la sessionographie, il est utile de retenir l’existence d’un noyau produit en dehors de la batterie principale. En revanche, aucun document cité n’autorise à affirmer que Starr a participé à l’écriture : l’annonce officielle et le générique attribuent l’œuvre à Steve Lukather, Joseph Williams et Ray Williams.

2. Feeling The Sunlight — Paul McCartney compose, joue et produit

« Feeling The Sunlight » occupe une place à part dans les retrouvailles discographiques de Ringo Starr et Paul McCartney. Starr explique que leurs appels vidéo réguliers ont favorisé la naissance du morceau : il demande à Paul une chanson pour son nouvel EP, et celui-ci lui transmet une piste de travail quasiment complète. La composition est attribuée au seul Paul McCartney.

Le générique officiel confirme la multiplicité de ses fonctions : McCartney est producteur du morceau et joue basse, guitares, claviers et cithare ; il ajoute aussi des chœurs. Steve Dudas fournit une guitare acoustique et Bruce Sugar le piano. Ringo Starr réalise le chant principal, la batterie et les percussions. Les prises britanniques sont créditées au studio Hog Hill Mill, avec Steve Orchard et Bruce Sugar à l’ingénierie et Keith Smith à l’assistance.

Une anecdote rapportée par Ringo en 2023 éclaire la fabrication du master. McCartney avait initialement posé une partie de batterie sur la maquette. Ringo lui fait retirer cette batterie afin d’enregistrer la sienne. Le master commercial ne doit donc pas créditer Paul à la batterie ; sa partie préparatoire relève d’une étape de travail retirée du résultat publié.

Cette nuance explique mieux la relation des deux anciens Beatles que la formule vague « Paul joue de tous les instruments ». Il en joue plusieurs, compose et produit, mais la batterie définitive est celle de Ringo. La cithare est également à conserver comme instrument distinct, au lieu de la ramener à une mystérieuse « guitare supplémentaire ».

Le morceau démontre qu’une contribution de McCartney à un disque de Ringo peut dépasser l’invitation traditionnelle à la basse ou aux chœurs. Après les basses de « We’re On The Road Again » et « Show Me The Way » en 2017, puis « Grow Old With Me » en 2019 et les chœurs de « Here’s To The Nights » en 2020, il devient ici compositeur et producteur d’une chanson entière.

3. Rewind Forward — Ringo, Bruce Sugar, Joe Walsh et les Lennon

Le morceau-titre est signé Richard Starkey et Bruce Sugar. Le titre provient, selon Starr, d’une expression qu’il a lui-même lancée et qui lui a semblé suffisamment paradoxale pour devenir un refrain. Son commentaire associe l’idée de regarder le passé pour mieux avancer et une comparaison avec la naissance de l’expression « A Hard Day’s Night ».

La prise publiée crédite Ringo au chant, à la batterie et aux percussions, Joe Walsh à la guitare, Steve Dudas à une autre guitare, Matt Bissonette à la basse, Bruce Sugar aux claviers. Les chœurs sont enregistrés par Kip Lennon et Marky Lennon. Il ne faut pas confondre ces deux chanteurs avec John Lennon : ils ne sont pas ici les porte-parole ou les archives du Beatle disparu.

Bruce Sugar est à nouveau coauteur, en plus de ses activités d’enregistrement et de mixage dans le projet. Joe Walsh et Steve Dudas apportent leurs instruments sans figurer à l’écriture. Cette répartition doit être représentée par des relations séparées dans la base de données.

Le morceau apparaît aussi comme un exemple du style de communication de Ringo : une formule brève, apparemment étrange, lui sert de point de départ à une chanson. Cette origine ne dispense évidemment pas de retenir la copaternité de Sugar, dont le rôle de composition est pleinement attesté.

4. Miss Jean — Mike Campbell, Benmont Tench et le réseau Heartbreakers

Le quatrième titre est écrit par Mike Campbell, guitariste historique de Tom Petty and the Heartbreakers. Campbell joue les guitares et ajoute des chœurs. Benmont Tench tient le piano, Lance Morrison la basse ; Ringo chante et joue la batterie. Martin Pradler est l’ingénieur crédité spécifiquement pour cette chanson.

Ringo explique avoir auparavant travaillé avec Campbell sur un titre d’Ian Hunter et avoir contribué à un enregistrement lié à Tom Petty. Cela éclaire le contexte de confiance, sans faire de « Miss Jean » une prise des Heartbreakers. L’œuvre est signée Mike Campbell dans le générique détaillé publié par Universal Music Canada.

Le communiqué promotionnel mentionne également Ian Hunter parmi les relations associées à ce réseau musical. Pourtant le crédit d’écriture retenu pour la chanson elle-même est celui de Campbell. En l’absence de document de composition contraire, la notice ne transforme pas Hunter en coauteur du master.

Le piano de Benmont Tench constitue une véritable contribution à la prise publiée, contrairement aux nombreuses associations de noms qui entourent parfois les projets d’anciens Beatles. Son enregistrement apporte un lien musical audible et vérifiable avec l’histoire des Heartbreakers.

Les quatre compositions dans la sessionographie

Le programme offre un panorama particulièrement net des différentes échelles de coopération de Starr. « Shadows On The Wall » repose sur une chanson préparée par l’entourage de Toto ; « Feeling The Sunlight » est conçue et largement enregistrée par McCartney au Royaume-Uni ; « Rewind Forward » naît du travail d’écriture entre le chanteur et son collaborateur technique ; « Miss Jean » provient d’un auteur et guitariste des Heartbreakers.

Ces quatre histoires ne peuvent pas être fondues en une formule unique selon laquelle les invités « jouent sur l’EP ». Chaque chanson exige son arbre de crédits et, pour « Feeling The Sunlight », une sous-entrée géographique spécifique. Ringo conserve la production générale avec Bruce Sugar, mais la piste de McCartney porte une production particulière par Paul lui-même.

Le mastering est attribué à Chris Bellman chez Bernie Grundman Mastering. Le pressage britannique CD référencé sous UMe 558 6698 est documenté par des relevés discographiques, tandis que d’autres formats existent ; leur numérotation précise fera l’objet d’un relevé dédié. L’objectif est de séparer le master musical, son édition commerciale et ses variantes physiques.

Cette étude permet de relier de manière chronologique plusieurs fils déjà abordés sur Yellow-Sub.net : les collaborations avec McCartney depuis Vertical Man, les rencontres avec Joe Walsh, l’évolution du duo Starkey–Sugar et les participations de Ringo dans l’entourage de Tom Petty et Ian Hunter.

Étude spécialisée : Feeling The Sunlight

Lire l’enquête complète sur la composition et la production de Paul McCartney, les parties conservées au mixage, sa batterie de maquette retirée et le master joué par Ringo.

Sources et points encore ouverts

Source primaire : Universal Music Canada, 13 octobre 2023, communiqué avec crédits complets pour chaque piste, notamment trois auteurs sur « Shadows On The Wall » et Paul McCartney producteur de « Feeling The Sunlight » ; RingoStarr.com, communiqué du même jour ; The Beatles, annonce de l’EP ; JPGR, relevé du CD britannique UMe.

Les informations de personnel se rapportent aux masters publiés et non aux maquettes, sauf mention explicite du statut d’une prise préparatoire. Les numéros de matrice et dates exactes d’overdubs sont à compléter lorsque des exemplaires physiques ou des documents de studio contrôlables sont disponibles.