WINGS · CONCERTOGRAPHIE · 1979
La setlist des Wings en 1979 : chansons, derniers concerts et formation musicale
Étude critique du répertoire de la dernière tournée britannique, avec vingt-deux titres à rechercher selon les dates, arrangements, instrumentation, archives de Glasgow et inventaire des concerts individuels.
Attention : les vingt-deux titres ci-dessous forment un répertoire de référence avec variantes, et non une setlist invariable attribuable à tous les concerts.
Répertoire de référence et variantes : vingt-deux titres
- 01 Got to Get You into My Life
- 02 Getting Closer
- 03 Every Night
- 04 Again and Again and Again
- 05 I’ve Had Enough
- 06 No Words
- 07 Cook of the House
- 08 Old Siam, Sir
- 09 Maybe I’m Amazed
- 10 The Fool on the Hill
- 11 Let It Be
- 12 Hot as Sun
- 13 Spin It On
- 14 Twenty Flight Rock
- 15 Go Now
- 16 Arrow Through Me
- 17 Wonderful Christmastime
- 18 Coming Up
- 19 Goodnight Tonight
- 20 Yesterday
- 21 Mull of Kintyre
- 22 Band on the Run
1. 1979 : la dernière incarnation du groupe
La dernière formation des Wings est très différente du quintette de 1973 et de la grande formation de 1976. La production de Back to the Egg a favorisé les attaques plus franches, un nouvel usage des claviers et des arrangements de guitare moins ostensiblement virtuoses. À la fin de novembre 1979, le retour sur les scènes du Royaume-Uni veut démontrer que cette mutation n’est pas seulement une aventure de studio. Les titres anciens côtoient donc plusieurs chansons du nouvel album, des reprises historiques et des compositions solo encore inconnues des concerts des Wings.
Il faut distinguer la tournée britannique proprement dite, commencée à Liverpool le 23 novembre et achevée à Glasgow le 17 décembre, de la soirée caritative du 29 décembre au Hammersmith Odeon. La seconde prolonge l’histoire du groupe mais obéit à un autre objectif et accueille la séquence Rockestra. La confusion fréquente entre ces deux cadres fausse les totaux de spectacles, les noms des invités et certaines setlists reconstituées.
2. Les cinq Wings et les quatre cuivres
Paul McCartney reste la voix majeure, passant de la basse à la guitare ou au piano suivant le programme. Linda McCartney associe claviers et harmonies vocales, mais assume aussi un moment vocal central avec Cook of the House. Denny Laine joue des guitares et chante plusieurs titres : ses propres compositions ne sont pas reléguées au second plan. Laurence Juber développe les lignes de guitare principale, donnant aux derniers Wings une palette plus précise et souple. Steve Holley adapte la batterie aux différentes esthétiques, de la poussée presque punk de Spin It On au rythme relâché d’Arrow Through Me.
Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard et Thaddeus Richard composent la section de cuivres. Leur rôle ne se limite pas à illustrer Got to Get You into My Life : ils servent aussi de ponctuation rythmique et de contrepoint harmonique, assurant une continuité avec les arrangements déjà expérimentés pendant la tournée 1975–1976. Une nomenclature de tournée ne permet toutefois pas d’attribuer automatiquement tel solo à tel cuivre sur chaque bande.
3. Une ouverture qui affirme toute l’histoire de McCartney
Ouvrir par Got to Get You into My Life revient à rappeler le passé des Beatles à un moment où McCartney doit aussi défendre un album récent. Les cuivres fournissent un lien immédiat entre le souvenir de Revolver et le son de scène de 1979. Getting Closer prend le relais comme déclaration du présent : guitares mordantes, accélérations, énergie plus sèche. Every Night, composition de 1970, introduit un troisième temps historique, celui de McCartney seul avant que Wings n’existe.
Cette suite montre que la tournée n’est pas simplement un concert de promotion. Paul recompose son répertoire personnel autour des possibilités instrumentales du quintette. Les chansons sont donc à étudier non seulement d’après leur date de sortie mais selon l’effet de voisinage créé sur scène.
4. La contribution de Denny Laine : auteur, co-compositeur et chanteur
Again and Again and Again est un des moments où le travail d’auteur de Denny Laine s’impose le plus naturellement dans le programme tardif. La composition alterne tension et relâchement sans adopter la structure habituelle d’un refrain immédiatement répété. No Words, collaboration entre Laine et McCartney issue de Band on the Run, rappelle que leur dialogue d’auteurs court sur presque toute la carrière du groupe.
Go Now est une pièce particulièrement révélatrice : Denny y renoue avec son ancien passé de chanteur des Moody Blues. Il s’agit d’une identité scénique indépendante de Paul, point capital pour une histoire des Wings qui ne réduise pas le groupe au seul parcours du compositeur principal.
5. Linda au centre du spectacle
Avec Cook of the House, Linda McCartney tient un rôle de chanteuse principale. Le numéro apporte humour, contraste et chaleur domestique au cœur d’un programme dominé par des chansons de Paul. C’est aussi l’une des traces les plus nettes de la volonté originelle de Wings : fonctionner comme un collectif dans lequel plusieurs membres disposent d’une expression propre.
L’écoute des concerts confirme par ailleurs qu’une partie de la personnalité des arrangements réside dans la place des claviers et des harmonies. Il serait toutefois imprudent de créditer un instrument particulier uniquement sur la base d’un visuel promotionnel : chaque chanson a son dispositif, et les images ne permettent pas toujours de reconstituer le son.
6. Les trois pôles de Back to the Egg
Old Siam, Sir apporte une agressivité presque théâtrale ; Spin It On resserre l’écriture dans un rock bref et urgent ; Getting Closer choisit le riff et la relance mélodique. Avec I’ve Had Enough, le programme incorpore également une décharge venue de London Town. Ces morceaux démontrent que le groupe est pleinement conscient des mutations du rock à la fin des années 1970, sans devenir pour autant un groupe punk ou new wave.
Arrow Through Me offre l’autre versant de cette modernisation : l’instrumentation électrique et le grain de clavier créent une atmosphère proche de la soul. La coexistence de ces climats est l’une des grandes réussites dramaturgiques de la tournée et justifie une étude spécifique des choix de tempo, de tonalité et d’enchaînement.
7. Le piano et les chansons anciennes
Maybe I’m Amazed, enregistrée initialement par Paul en 1970, devient avec Wings un grand numéro vocal capable de relancer la salle après plusieurs titres de groupe. The Fool on the Hill invite à une autre forme de souvenir des Beatles, plus intimiste et narrative. Hot as Sun, composition précoce finalement publiée sur McCartney, fonctionne comme une véritable pièce d’archive remise en circulation devant un public qui n’en connaissait souvent que la version de studio.
Twenty Flight Rock renvoie directement à la découverte du rock américain par le jeune McCartney. Dans certains relevés, Let It Be ou Yesterday apparaissent aussi. Il faut les traiter comme des titres attestés suivant les soirées et non comme des garanties absolues sur chacune des étapes de novembre et décembre.
8. Coming Up : l’enregistrement de Glasgow
Coming Up est un cas unique de la fin des Wings : avant sa commercialisation en 1980, la chanson prend sa place au sein des concerts de décembre 1979. Le 17 décembre, au Glasgow Apollo, une interprétation publique est enregistrée ; la version en concert sera retenue sur le single de 1980. Le succès du morceau aux États-Unis, porté notamment par cette version live, transforme un souvenir précis de Glasgow en disque majeur de la discographie McCartney.
L’enregistrement de Glasgow ne doit pas être confondu avec la version de studio de McCartney II, construite dans une logique beaucoup plus individuelle. Le contraste entre ces deux incarnations montre combien Wings était capable d’apporter de la puissance collective à une composition conçue hors de ses sessions classiques.
9. Une tournée prise dans la saison des fêtes
Wonderful Christmastime n’a évidemment pas en décembre 1979 le statut de vieux standard de Noël qu’on lui attribue aujourd’hui. C’est une chanson très récente, portée par ses synthétiseurs et immédiatement reconnaissable à son atmosphère festive. Son inclusion révèle la souplesse du spectacle : passer du rock très sec à un titre radiophonique de saison sans rompre le fil narratif.
Mull of Kintyre tient un autre rôle communautaire. La chanson peut devenir un immense chant collectif, particulièrement chargé de sens au cours de l’étape écossaise. La question des cornemuses et des invités locaux ne peut être résolue par simple généralisation : il faut examiner les documents de chaque ville.
10. Le dernier chapitre : Glasgow, Londres et Rockestra
Les concerts du 16 et du 17 décembre au Glasgow Apollo sont des documents primordiaux. Celui du 17 occupe une place particulière dans l’histoire discographique de Coming Up. Mais Wings ne disparaît pas le lendemain : le groupe apparaît encore le 29 décembre au Hammersmith Odeon, lors des Concerts for the People of Kampuchea. La présence de Rockestra élargit alors le personnel au-delà des seuls musiciens réguliers.
Il serait donc inexact de présenter le concert caritatif comme une soirée standard de la tournée britannique ou, à l’inverse, d’affirmer que Glasgow est la dernière représentation publique des Wings. La chronologie rigoureuse doit distinguer le dernier concert du circuit régulier et la dernière prestation scénique publique du groupe.
11. Méthode de reconstitution des setlists
Une liste-type constitue une aide à la lecture et non une preuve documentaire pour chaque date. Certains disques pirates suppriment les échanges avec le public, les rappels ou des chansons complètes ; les setlists copiées à partir d’un concert deviennent ensuite des modèles attribués à toute la tournée. La méthode correcte est de séparer titres attestés par l’écoute, programme habituel et chansons possibles mais non vérifiées.
Les fiches individuelles accessibles ci-dessous conservent la priorité. Pour la discographie live, il faut croiser les crédits des éditions officielles et les bandes sources ; pour la composition du groupe, il faut distinguer les membres permanents, les musiciens additionnels et les invités d’un seul soir.
Le programme de 1979 : identifier les vingt-deux entrées sans effacer les fragments
Les études de setlists des Wings pendant le British Tour de 1979 doivent distinguer le nombre de chansons intégrales, les courts extraits, les faux départs et les titres réunis en medley. Les premiers concerts de Liverpool, puis les étapes de Manchester et d’Écosse, présentent une large ossature commune, mais leur documentation varie fortement selon les bandes et témoignages. Le fait qu’une chanson figure dans le programme type ne suffit pas à établir qu’elle a été exécutée à chaque date. Il faut classer les preuves : prise sonore continue, reportage ou compte rendu local, souvenir de spectateur et reconstitution secondaire. Cette gradation permet de ne pas fabriquer des variantes pour individualiser artificiellement les fiches, mais aussi de conserver les véritables changements lorsqu’ils sont attestés.
Les reprises de l’époque Beatles et des années 1950 : rendre les crédits aux auteurs
Got to Get You into My Life, The Fool on the Hill, Yesterday et Let It Be appartiennent au patrimoine des Beatles, mais les Wings les réinterprètent avec les musiciens de 1979. À leurs côtés, Twenty Flight Rock et Go Now rappellent d’autres traditions de rock et de rhythm and blues. Une analyse du répertoire doit dissocier l’auteur de la composition, l’artiste associé à sa première publication et le chanteur qui l’interprète sur scène. Les passages plus anciens servent de contrastes avec les chansons de Back to the Egg sans constituer une reconstitution de la Beatlemania.
Coming Up et Glasgow : un enregistrement de concert qui devient face de single
La captation de Coming Up du 17 décembre 1979 est retenue pour une publication de 1980, ce qui donne au British Tour une postérité discographique distincte de la simple mémoire des spectacles. La chanson possède alors deux vies sonores : la version solo de studio, liée à McCartney II, et la performance des Wings dans une grande salle de Glasgow. Le passage du concert au 45 tours ne modifie pas la date de la prise ni le personnel entendu. Une fiche de chanson complète doit permettre de circuler entre ces versions sans en confondre les crédits.
Hammersmith : la dernière soirée ajoute Rockestra sans créer une tournée supplémentaire
Le concert du 29 décembre 1979 relève de l’opération caritative pour le Kampuchéa et marque la dernière prestation publique des Wings. Les morceaux du quintette doivent rester séparés du final collectif de Rockestra, dont le personnel est beaucoup plus large. Le programme peut contenir des reprises, des fragments et des recommencements qui affectent le nombre de lignes dans les listes de collection. Une setlist encyclopédique doit les qualifier explicitement plutôt que les convertir en nouvelles chansons complètes ou les supprimer. Cette distinction permet de conserver l’originalité de la soirée sans trahir le décompte des représentations de la tournée britannique.
Fiches individuelles : concerts de novembre et décembre 1979
Chaque fiche permet de retrouver les informations de la soirée, les chansons documentées, les musiciens et la salle.
- Wings : Glasgow — Apollo — 17 décembre 1979 — concert et setlist
- Wings à Birmingham le 12 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Brighton le 2 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Édimbourg le 15 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Glasgow le 16 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Liverpool le 23 novembre 1979 : concert et archives
- Wings à Liverpool le 24 novembre 1979 : concert et archives
- Wings à Liverpool le 25 novembre 1979 : concert et archives
- Wings à Liverpool le 26 novembre 1979 : concert et archives
- Wings à Londres le 10 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Londres le 29 décembre 1979 : dernier concert, setlist et Rockestra
- Wings à Londres le 3 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Londres le 5 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Londres le 7 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Londres le 8 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Londres le 9 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Manchester le 28 novembre 1979 : concert et archives
- Wings à Manchester le 29 novembre 1979 : concert et archives
- Wings à Newcastle le 14 décembre 1979 : concert et archives
- Wings à Southampton le 1 décembre 1979 : concert et archives
Note historique : la tournée britannique de 1979 et le concert caritatif du 29 décembre doivent être étudiés séparément.












