WINGS · CHANSONS SUR SCÈNE · SINGLE 1980
Coming Up : Glasgow, 17 décembre 1979, la version live des Wings et le single de 1980
Une chanson solo métamorphosée sur scène : bande de Glasgow, musiciens, enregistrement, mixages, singles britanniques et américains, rééditions et autres performances de 1979.
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Chanson : Paul McCartney. Live : Wings, Glasgow Apollo, 17 décembre 1979. Publication : 11 avril 1980 au Royaume-Uni, avec une sortie américaine distincte. Attention : ne pas confondre avec la seconde version publique captée au concert pour le Cambodge le 29 décembre 1979.
1. Une chanson de Paul enregistrée par les Wings avant sa publication
Coming Up se trouve à la jonction de deux histoires. Dans les studios domestiques de McCartney, elle naît comme une pièce solo fondée sur un son synthétique, une rythmique répétitive et une production jouant sur la déformation de la voix. Pourtant, plusieurs mois avant sa sortie officielle, la chanson est essayée sur scène avec la dernière formation des Wings. L’existence de ce double parcours empêche de la classer sans nuance parmi les enregistrements exclusivement solo ou exclusivement collectifs.
L’évolution des crédits discographiques reflète cette dualité. Le morceau écrit et produit par McCartney circule dans une version solo, tandis que la prise publique et certaines éditions désignent explicitement Wings. La distinction doit être conservée dans les rubriques « composition », « enregistrement », « version » et « publication ».
2. Le retour des Wings sur scène en novembre 1979
Le British Tour s’ouvre à Liverpool le 23 novembre 1979. Paul, Linda et Denny Laine sont désormais accompagnés de Laurence Juber à la guitare et Steve Holley à la batterie, et de quatre souffleurs : Howie Casey, Tony Dorsey, Steve Howard et Thaddeus Richard. Cet orchestre offre à Coming Up une intensité et un grain sonore bien distincts de ceux de la maquette domestique.
Dans les concerts de novembre et décembre, Coming Up est une nouveauté. Le public l’entend sans les habitudes créées par les passages radio ultérieurs. Cette situation rare permet de découvrir une chanson alors encore inédite commercialement et d’en observer le potentiel immédiat : une ligne de basse obstinée, un refrain court et répétitif, une économie de moyens pourtant efficace devant une grande salle.
3. Les deux soirs du Glasgow Apollo
Les concerts du 16 et du 17 décembre 1979 se déroulent au Glasgow Apollo. Le 17 est le dernier concert régulier de la tournée britannique ; ce n’est cependant pas la dernière prestation publique du groupe, qui reviendra le 29 décembre pour le concert caritatif en faveur du Cambodge.
La prise de Coming Up publiée en 1980 provient précisément du 17 décembre. Il ne faut donc pas lui attribuer le 16 par simple proximité ou recopie. Le concert entier a été enregistré professionnellement, puis a fait l’objet de travaux de mixage au début de 1980. Une source qui dit « Glasgow 1979 » reste moins précise qu’une identification du soir et de la prise réellement utilisée.
4. La basse et l’énergie rythmique de la version live
La différence la plus immédiatement perceptible entre les deux versions de Coming Up réside dans l’énergie collective. Le son de studio est comprimé et volontiers étrange ; la version en concert présente une basse très en avant, un mouvement de batterie plus ouvert et des réponses instrumentales qui accentuent la danse. Paul tient le chant principal avec une immédiateté que la bande solo masque en partie derrière les traitements de voix.
Les cuivres et les guitares ajoutent une spatialisation sonore différente. Là où les overdubs de la maquette domestique étaient un assemblage, les Wings jouent devant le public dans une continuité physique. C’est une illustration remarquable du pouvoir de réarrangement d’un même thème avec des moyens presque opposés.
5. Du concert à la bande : montage et mixage
Le fait qu’une version soit « live » ne signifie pas qu’elle ait été transférée telle quelle sans aucune intervention. Après la tournée, le concert de Glasgow est examiné et mixé, notamment avec l’ingénieur Geoff Emerick. Les souvenirs de musiciens et la documentation des éditions ultérieures font état de plusieurs périodes de travail entre janvier et avril 1980.
Pour identifier les états de la prise, il convient de distinguer la durée de la performance enregistrée, le montage destiné au 45 tours et les restaurations ou nouvelles éditions. Les éditions différentes peuvent comporter des écarts de minutage sans que l’on ait affaire à deux concerts distincts.
6. 11 avril 1980 : le single britannique Parlophone R 6035
Au Royaume-Uni, Coming Up est publié en 45 tours le 11 avril 1980, sous la référence Parlophone R 6035. La version studio de Paul est mise en avant ; le disque contient également la performance live des Wings à Glasgow et l’instrumental Lunch Box / Odd Sox, remontant au contexte de Venus and Mars.
Cette configuration est une curiosité pour les discographies trop schématiques. Le single associe ainsi une nouveauté solo, une interprétation publique de Wings et un instrumental d’archives lié à une session antérieure. L’objet matériel se comprend comme un petit dossier discographique traversant plusieurs années plutôt que comme une simple paire face A / face B.
7. Columbia 1-11263 : l’Amérique choisit le concert
La commercialisation américaine intervient dans la foulée, notamment sous la référence Columbia 1-11263. Les programmateurs de radio et le public américain donnent une impulsion particulière à la version en concert. Alors que Paul avait pensé promouvoir sa version solo, c’est la performance des Wings qui devient le visage majeur du titre outre-Atlantique.
Coming Up atteint la première place du Billboard Hot 100 au cours de l’été 1980, avec la version live au cœur de son succès radiophonique. L’histoire est paradoxale : une composition du prochain album solo McCartney II devient un grand succès américain grâce au groupe dont la tournée de 1979 constituait la dernière campagne de concerts.
8. Les variantes du 45 tours et la pièce Lunch Box / Odd Sox
Le collectionneur doit lire l’étiquette du disque plutôt que présumer du contenu à partir du seul titre Coming Up. Suivant le pays et le support, le morceau mis en avant peut être le studio ou le live. Les présentations de la face B varient et le texte du macaron peut regrouper deux titres. Le couplage avec Lunch Box / Odd Sox constitue un élément décisif d’identification.
L’instrumental Lunch Box / Odd Sox n’est pas le produit des concerts de 1979. Son histoire antérieure éclaire la manière dont McCartney réutilisait les bandes de son catalogue. Il importe donc d’identifier séparément les crédits et dates de la chanson principale, de la prise publique et de l’instrumental d’accompagnement.
9. Un 45 tours promotionnel particulier autour de McCartney II
Aux États-Unis, la préférence pour la version live conduit également à l’utilisation de supports promotionnels spécifiques, dont un disque uniface diffusé avec certains exemplaires de McCartney II. Ces objets ne doivent pas être pris pour la version régulière du single britannique ou pour une édition autonome d’un album live.
L’identification d’un exemplaire exige un examen du label, du contenu véritable de la face gravée, de la présence d’une face vierge et de la provenance de l’album associé. Le terme « promo » ne suffit pas : une copie promotionnelle comporte ses propres mentions matérielles et peut faire l’objet de rééditions ou de contrefaçons.
10. La version complète réapparue dans les archives
La prise de Glasgow diffusée sur le 45 tours a été montée pour le format radio. Lors de la réédition de McCartney II dans la collection Archive en 2011, une version plus développée du live a été mise à disposition, avec des éléments non présents sur le 45 tours d’époque.
Un archiviste doit noter ces différences d’édition sans confondre la nouvelle publication avec un nouvel enregistrement. Il s’agit de restaurer ou d’étendre une prise ancienne, non de faire jouer de nouveau les Wings en 2011.
11. Le piège du Concerts for the People of Kampuchea
La soirée du 29 décembre 1979 au Hammersmith Odeon fournit une autre prestation de Coming Up, distincte de la prise de Glasgow. Des morceaux de ce concert ont été repris sur l’album caritatif Concerts for the People of Kampuchea, paru en 1981. On y retrouve le groupe dans un environnement de concert collectif très particulier.
Deux enregistrements peuvent donc porter la mention Coming Up (Live) sans provenir de la même ville, de la même date ou de la même édition. Les catalogues qui ne donnent qu’une durée et le mot « live » omettent une information cruciale pour reconstituer l’histoire du groupe.
12. La postérité : un succès solo porté par un collectif
1981 : quelle nomination pour la version Live at Glasgow ?
La Recording Academy retient Coming Up (Live at Glasgow) parmi les candidats de 1981 à la meilleure prestation vocale rock masculine. Il importe de lire les mots de cette catégorie : le prix ne juge pas une performance d’ensemble dans une catégorie de groupes, mais une prestation vocale associée à Paul McCartney. On ne peut donc pas ajouter cette nomination au total officiel de la fiche d’artiste « Paul McCartney and Wings », même si la prise est indissociable des instruments du groupe.
La distinction rejoint cependant toute l’histoire de la bande. Sur scène, Coming Up est une chanson encore inédite dans sa forme studio commerciale ; à la sortie du 45 tours, elle cohabite avec la version personnelle de McCartney ; au moment des récompenses, la candidature est liée à l’interprétation scénique. Ce parcours oblige à distinguer la date de captation (17 décembre 1979), la publication discographique (1980) et la date de la cérémonie (1981).
Cette chronologie des distinctions est développée dans le dossier des Grammy Awards des Wings et de leurs collaborateurs ; elle complète les tableaux de presse et les matrices des éditions UK et US sans les remplacer.
La réussite américaine de Coming Up n’invalide pas le caractère personnel du travail sur McCartney II. Elle montre plutôt la fertilité d’une composition capable d’exister sous deux formes fortes : un objet pop de studio fabriqué presque seul et une interprétation avec une grande formation instrumentale.
L’histoire de Coming Up rappelle ainsi que les Wings continuent d’exister musicalement à travers les bandes qu’ils ont laissées après leurs derniers concerts. Le succès du single en 1980 transforme rétrospectivement la soirée du 17 décembre 1979 en moment décisif de la discographie de Paul et de son groupe.
Glasgow le 17 décembre : une version live distincte de la production de McCartney II
La prestation de Coming Up à l’Apollo de Glasgow le 17 décembre 1979 représente un véritable enregistrement des Wings, avec Laurence Juber et Steve Holley aux côtés de Paul, Linda et Denny Laine. Elle ne doit pas être assimilée à la version de studio de McCartney II, construite essentiellement dans le cadre du travail solo de Paul McCartney. Lorsque ces deux versions sont réunies sur un single de 1980, la présence du nom de McCartney sur la pochette ne change pas l’identité de la bande live : celle-ci appartient à un concert précis du dernier quintette Wings, avec son propre arrangement et son propre public. Le catalogue doit donc distinguer l’œuvre, la prise de studio et la captation du 17 décembre.
Les trois jours de Glasgow ne sont pas trois prises de la même chanson
La période comprend deux représentations des Wings à l’Apollo, les 16 et 17 décembre. La confusion entre ces dates a des conséquences directes pour les archives de Coming Up, car la version connue du single est rattachée au second soir. Une photographie du groupe à l’Apollo sans date certaine ne prouve pas qu’elle illustre la prise publiée ; un enregistrement étiqueté simplement « Glasgow 1979 » peut nécessiter une écoute comparative pour trancher. Le concert du 17 possède également ses propres interventions parlées et ses réactions du public, qui ne doivent pas être reconstituées à partir du lendemain ou d’un montage télévisé. La précision de provenance constitue ici une nécessité discographique, pas une simple annotation de collectionneur.
Le marché américain et la réception d’une version live
La présence de la performance des Wings sur le single de Coming Up crée une situation inhabituelle : un titre lié à un album solo circule aussi dans une interprétation d’un groupe qui ne donnera plus de concerts après décembre 1979. Les radios et les acheteurs peuvent ainsi connaître la composition par deux arrangements très différents. La carrière américaine de la version live doit être distinguée de celle du studio et des autres marchés commerciaux, sans affirmer qu’un même montage de 45 tours a été publié de manière identique partout. Le revers et les éventuelles versions promotionnelles demandent un inventaire de support indépendant de la setlist de Glasgow.
Parcours des documents
Wings British Tour 1979 · 16 décembre à Glasgow · 17 décembre à Glasgow · Compilations et enregistrements live.












