Lennon a traité une vingtaine de chansons des Beatles de déchets — mais il a aussi déclaré préférer l’album blanc à tous les autres. Inventaire complet, verdict par verdict, source par source.
En bref — Au mois d’août 1963, les Beatles tiennent six soirs d’affilée l’affiche du Gaumont de Bournemouth. George Harrison, cloué au lit par un médecin dans une chambre du Palace Court Hotel, prend une guitare et écrit une chanson pour voir s’il en est capable. Elle s’appellera Don’t Bother Me. Trois semaines plus tard, […]
On a pris l’habitude de raconter les Beatles comme une machine à n°1, surtout en Amérique, où leurs disques semblaient occuper le Billboard comme un territoire conquis. Justement : rien n’est plus instructif que les rares semaines où la mécanique ne s’aligne pas parfaitement. Non pas des “ratés”, plutôt des révélateurs. Car les quatre albums concernés — Introducing… The Beatles, Something New, Yellow Submarine et Hey Jude — ne manquent pas le sommet par désamour du public. Ils se heurtent à autre chose : une guerre de labels au cœur de janvier 1964, un film qui impose sa bande originale, un White Album trop massif pour bouger, puis une compilation qui arrive au moment où l’époque change de décor. En suivant ces quatre trajectoires “bloquées” à la deuxième place, on voit apparaître les coulisses : calendriers, contrats, pressages, stratégies, et cette façon très américaine de transformer la pop en scoreboard. Autopsier ces non-n°1, c’est comprendre comment la Beatlemania déborde, se chevauche, se cannibalise parfois — et pourquoi, chez eux, la deuxième place ressemble encore à une victoire.
Treize mois de studio, quatre studios, deux versions jetées, une chanson coécrite et produite par George Harrison sans être crédité — et le 45 tours qui, en 1971, a battu ceux des trois autres ex-Beatles.
Une chanson que McCartney avait honte d’avoir écrite, un chanteur de dix-huit ans rebaptisé par Epstein, trois tournées avec les Beatles, trente mille dollars de promotion — et rien. L’histoire complète du seul échec de NEMS.
Le 4 novembre 1963, au Royal Variety Performance, John Lennon demande aux places chères de faire tinter leurs bijoux. Le déroulé exact, la version bien plus crue prévue en répétition, la peur d’Epstein et six erreurs à corriger.
Écrite au début de 1969, « Run of the Mill » ferme le premier disque d’All Things Must Pass. Harrison y a nommé son destinataire. Genèse, contexte d’Apple, anatomie musicale, séances de 1970 et cinq erreurs à corriger.
Le 16 août 1964, à Blackpool, les futurs Who entendent depuis leur loge ce que le public ne peut pas entendre : les Beatles ne chantent pas leurs paroles. Enquête sur une anecdote vraie et presque toujours mal racontée.
À 90 ans, Hunter Davies, unique biographe officiellement autorisé des Beatles dans les années 1960, livre une confidence pour le moins troublante : il pense que Yoko Ono aurait été « d’abord amoureuse de Paul » McCartney, avant sa relation avec John Lennon. Une affirmation impossible à considérer comme un fait établi, mais qui prend une dimension particulière lorsqu’on se rappelle que Yoko avait effectivement rencontré Paul avant John. Retour sur une chronologie méconnue et sur ce que Davies sait peut-être encore des relations au sein du cercle Beatles.
Le 9 septembre 1971 paraissait « Imagine ». Ce que l’histoire a oublié : l’album a été tourné en même temps qu’il était enregistré. Enquête sur le long métrage réalisé et monté par John Lennon et Yoko Ono — tournage jour par jour, équipe, segments, mutilations vidéo et restauration.












