Yellow-Sub.net · Étude historique · Tournée 1995
Sommaire
Ringo Starr et le All-Starr Band en 1995 : cinquante dates, du Japon à Seattle, et huit annulations
En 1995, Ringo Starr présente sa troisième formation All-Starr, réunissant Randy Bachman, Mark Farner, Billy Preston, Felix Cavaliere, John Entwistle, Mark Rivera et Zak Starkey. Cette enquête en 30 sections restitue les 50 journées de concert du calendrier de référence, des 11 étapes japonaises aux dernières soirées de Seattle les 22 et 23 août. Elle relie les 61 fiches datées publiées, sépare les doubles séances, recense 8 annulations et expose les sources, les invités et les variantes de répertoire.
Sommaire de l’étude — 30 sections
- 1. 1995, la troisième aventure All-Starr : une histoire de groupe avant une tournée de nostalgie
- 2. Cinquante dates, soixante et une archives : pourquoi les comptes demandent des précautions
- 3. Huit musiciens sur scène : la distribution du troisième All-Starr Band
- 4. Ringo Starr : chanteur, batteur et hôte d’une soirée collective
- 5. Zak Starkey : une seconde batterie, une filiation et une rencontre avec les Who
- 6. John Entwistle : la basse des Who et les chansons qu’il a signées
- 7. Billy Preston : un compagnon des Beatles qui retrouve la soul en pleine lumière
- 8. Felix Cavaliere : les Rascals entrent dans la fête
- 9. Randy Bachman : The Guess Who, BTO et les refrains du continent américain
- 10. Mark Farner : Grand Funk Railroad, un chanteur de stade et une célèbre reprise
- 11. Mark Rivera : saxophone, percussions et coutures invisibles du spectacle
- 12. Clarence Clemons, Nils Lofgren et Joe Walsh : les absents de l’affiche définitive
- 13. Un concert en mosaïque : comment les voix se succèdent sans casser le rythme
- 14. Qui a écrit quoi ? Les Beatles, les Who, les Rascals et les reprises cachées
- 15. Les répétitions et les chansons fantômes : ce qu’une affiche ne prouve pas
- 16. Morioka, Sendai, Niigata : les trois premiers soirs au Japon
- 17. Nagoya, Urayasu, Budokan et Hamamatsu : onze dates, puis un disque en 1997
- 18. Saint-Louis, Milwaukee, Bloomington et Ravinia : l’Amérique commence par les fêtes d’été
- 19. Merrillville, 8 juillet : deux représentations annoncées, une set-list à ne pas dupliquer
- 20. Cleveland, Pine Knob, Acme et Radio City : quatre identités de salle
- 21. Wolf Trap, Holmdel et Boston : les invités du 17 au 19 juillet
- 22. Atlantic City, 21–23 juillet : quatre séances en trois jours
- 23. De Warwick à North Tonawanda : la dernière semaine de juillet et une autre double annonce
- 24. Août, de Pittsburgh à Dallas : douze jours de route et trois concerts texans
- 25. Mesa et San Diego, 15–16 août : avant les deux soirées de Los Angeles
- 26. Los Angeles, 18 et 19 août : Slash, Joe Walsh, Stevie Nicks et la critique
- 27. Concord, puis Seattle les 22 et 23 août : la dernière chanson de l’itinéraire joué
- 28. Après Seattle : huit annulations et deux histoires distinctes
- 29. Les soixante et une fiches datées : concerts, doubles séances et annulations
- 30. Sources historiques, sept enquêtes associées et bilan de 1995
1. 1995, la troisième aventure All-Starr : une histoire de groupe avant une tournée de nostalgie
Au milieu des années 1990, Ringo Starr aurait pu se contenter du statut assez confortable d’ancien Beatle, invité permanent des anniversaires et des classements historiques. Il préfère retourner sur la route. Après les formations de 1989 et de 1992, le troisième All-Starr Band débute au Japon le 14 juin 1995 et traverse ensuite les États-Unis jusqu’au 23 août. La formule est déjà familière : un orchestre de musiciens célèbres dans lequel chaque partenaire chante quelques titres de son propre passé, tandis que Ringo assure la continuité musicale. Pourtant, l’édition 1995 modifie sensiblement la couleur de l’ensemble.
Les Who entrent dans le spectacle avec John Entwistle ; le rock de stade américain arrive avec Randy Bachman et Mark Farner ; le rhythm and blues mélodique des Rascals retrouve Felix Cavaliere. Billy Preston conserve le lien avec la soul, le gospel et le milieu des Beatles, alors que Zak Starkey installe une deuxième batterie. Mark Rivera agit comme un musicien de liaison capable de changer d’instrument ou de couleur d’un morceau à l’autre. Ringo ne présente pas simplement ses collègues au micro : il joue avec eux et se soumet à la même discipline d’orchestre.
Un article publié en juin 1995 par le Roanoke Times lui prête une règle énoncée avec humour : les All-Starrs doivent avoir obtenu au moins un succès au cours du siècle. La plaisanterie dit beaucoup de l’idée initiale. Chaque membre apporte au public une mémoire collective ; le spectacle est construit pour permettre aux autres de la raviver. Derrière cette apparente facilité se cache un travail d’arrangement, une rotation des chanteurs et une négociation permanente entre les identités musicales. C’est ce fonctionnement, plus que le seul inventaire des tubes, qui donne à cette troisième formation sa personnalité.
2. Cinquante dates, soixante et une archives : pourquoi les comptes demandent des précautions
Les chiffres les plus cités pour 1995 parlent de cinquante dates entre le 14 juin et le 23 août, conformément au calendrier de The Beatles Bible. Ce chiffre désigne cinquante journées de concert dans la chronologie de référence : onze au Japon et trente-neuf aux États-Unis. Il ne suffit pourtant pas à résumer toute la documentation. Yellow-Sub.net rassemble désormais soixante et une fiches datées, après la réintégration du 11 juillet, qui manquait dans notre index local. Quarante-neuf fiches ordinaires déjà présentes et cette nouvelle date forment le calendrier de base de cinquante jours.
À ces cinquante lignes s’ajoutent trois fiches de seconde représentation le même jour : Merrillville, le 8 juillet ; Atlantic City, le 22 ; North Tonawanda, le 29. La seconde soirée d’Atlantic City dispose d’un programme individualisé ; pour les deux autres, la double programmation est documentée, mais les chansons jouées à chaque horaire ne le sont pas avec la même sûreté. On doit donc distinguer le nombre de jours, celui des séances annoncées et le nombre de spectacles dont le déroulement est connu. Une journée comportant deux séances n’est pas deux jours de tournée.
Enfin, huit fiches concernent des annulations, du 25 août au 3 septembre. Les quatre dernières, annoncées au MGM Grand de Las Vegas, avaient été supprimées pour un autre motif que les quatre étapes abandonnées après Seattle. Elles n’entrent pas dans les cinquante dates de la tournée accomplie. La présente étude réunit ces soixante et une fiches à son terme, avec une colonne de statut. Ce registre préfère reconnaître les degrés de certitude : les souvenirs de fans comme les affiches anciennes gagnent à être classés, et non additionnés à l’aveugle.
3. Huit musiciens sur scène : la distribution du troisième All-Starr Band
La composition régulière du groupe est étonnamment riche. Aux côtés de Ringo Starr figurent Randy Bachman à la guitare, Mark Farner à la guitare et à l’harmonica, Billy Preston aux claviers, Felix Cavaliere à l’orgue et aux claviers, John Entwistle à la basse, Mark Rivera au saxophone et aux percussions, et Zak Starkey à la batterie. La plupart sont aussi chanteurs : les harmonies et les voix principales passent d’un artiste à l’autre, sans qu’il soit nécessaire de changer complètement la formation de scène.
Cette distribution repose sur deux batteries, deux guitares, une basse, deux postes de claviers et un multi-instrumentiste. Elle est donc différente de la configuration d’un petit groupe de rock à quatre membres. Lorsque Entwistle prend le devant de la scène sur Boris the Spider, c’est le même groupe qui accompagne ensuite la soul de Preston, puis les harmonies des Rascals. Rivera permet de franchir ces passages en changeant de timbre, tandis que les deux batteurs doivent ménager de l’espace aux voix. La diversité n’est pas un slogan publicitaire ; elle pose des problèmes musicaux très concrets.
Les biographies des musiciens éclairent aussi le public visé. L’auditeur des Beatles reconnaît Ringo et Preston ; celui des Who découvre Entwistle face au fils de Ringo ; les amateurs de Grand Funk Railroad et de Bachman–Turner Overdrive retrouvent d’immenses refrains de la radio nord-américaine. Le spectateur qui vient pour les Rascals se trouve invité à écouter un morceau des Who. L’All-Starr Band agit comme un carrefour où chaque génération de fans possède au moins une porte d’entrée.
4. Ringo Starr : chanteur, batteur et hôte d’une soirée collective
Sur scène, Ringo conserve le rôle de celui qui a tout rendu possible. Il ouvre ou relance le spectacle avec des chansons personnelles comme Don’t Go Where the Road Don’t Go, It Don’t Come Easy et Photograph. Les Beatles restent présents avec I Wanna Be Your Man, Boys, Yellow Submarine ou With a Little Help from My Friends. L’essentiel est cependant la manière dont ces titres sont placés : entre les interventions des autres chanteurs, ils servent de points de rassemblement à un programme très composite.
L’humour de Ringo aide à faire tenir cette formule. Sa présence de maître de cérémonie n’efface ni la valeur des invités ni la distance entre leurs styles. Dans un entretien repris par le Roanoke Times en juin, il explique, en substance, qu’il peut descendre à l’avant de la scène pour chanter avec le public, puis retourner jouer au sein du groupe. Cette liberté était difficile à imaginer pendant la période des Beatles : la forte identification du quartet aux quatre visages empêchait une pareille succession de chanteurs associés à d’autres groupes.
La batterie reste sa place naturelle. Quand un collègue prend le chant, Ringo réintègre le travail rythmique et devient un membre d’orchestre parmi les autres. Ce changement de position est fondamental : il rappelle au public que son apport historique aux Beatles ne se résume pas à la sympathie du personnage. En 1995, il choisit de ne pas jouer seul ses tubes mais de les confronter aux morceaux qui ont accompagné les mêmes décennies. Le All-Starr Band n’est donc pas une simple collection de solos : c’est aussi la mise en scène d’un batteur qui aime appartenir à un groupe.
5. Zak Starkey : une seconde batterie, une filiation et une rencontre avec les Who
La présence de Zak Starkey donne à l’édition 1995 une dimension presque romanesque, mais il faut la traiter comme un fait musical avant d’en faire une anecdote familiale. Ringo partage la scène avec son fils, déjà membre de la formation précédente en 1992. Deux batteries exigent une coordination précise : il n’est pas question de doubler chaque coup par plaisir de démonstration. Les rôles peuvent se distribuer entre assise rythmique, accentuation, déplacements de cymbales et soutien à des arrangements issus d’époques différentes.
Cette configuration prend un relief particulier avec John Entwistle. Le bassiste des Who, présent dans le groupe de 1995, appartient à une histoire de la batterie dominée par le style spectaculaire de Keith Moon. Zak connaît intimement cet héritage musical, mais l’engagement de 1995 n’est pas encore sa carrière ultérieure avec les Who. Il serait trompeur d’écrire que la tournée All-Starr est une réunion des Who sous un autre nom. Elle rapproche, le temps de quelques chansons, un musicien de leur formation classique et un jeune batteur dont le parcours les rejoindra plus directement.
Un compte rendu du Los Angeles Times consacré au Greek Theatre met d’ailleurs en valeur l’énergie de Zak derrière Entwistle, notamment sur My Wife. Le regard critique est instructif : la parenté célèbre peut attirer le journaliste, mais c’est bien le jeu de batterie qu’il observe. La troisième formation permet ainsi une lecture double, à hauteur de scène et à hauteur de généalogie du rock, sans confondre le nom Starkey avec une garantie artistique automatique.
6. John Entwistle : la basse des Who et les chansons qu’il a signées
John Entwistle n’est pas seulement un invité décoratif venu rappeler l’âge d’or des Who. Son rôle de bassiste reste central dans l’architecture du groupe : il doit soutenir les chansons de soul, les refrains de Grand Funk et les hits de Ringo, tout en conservant une place pour sa propre voix. Ses deux contributions les plus identifiables au répertoire sont Boris the Spider et My Wife, toutes deux associées aux Who et écrites par Entwistle. Ces titres ont une identité distincte de celle des grandes compositions de Pete Townshend.
Boris the Spider apporte un humour sombre et un climat presque grotesque ; My Wife combine une ligne de basse ferme à une narration mordante. Les entendre interprétés par leur auteur avec Ringo et Zak aux batteries est un déplacement intéressant : des œuvres conçues pour un certain équilibre instrumental retrouvent une autre formation, où les claviers et les guitares sont beaucoup plus nombreux. La bonne question n’est pas de savoir si le spectacle recrée exactement le son des Who ; il serait plus juste de demander ce qu’il en retient et ce qu’il modifie.
Les archives consacrées aux concerts d’Entwistle fournissent parfois des indications sur la tournée de 1995, mais elles peuvent reproduire un programme-type sans le documenter chanson par chanson pour chaque date. Le chercheur doit alors revenir au concert précis. Cette prudence est d’autant plus nécessaire dans les salles ayant accueilli deux représentations le même jour. Notre enquête sur Zak Starkey et John Entwistle explore ce dialogue entre deux histoires familiales et musicales.
7. Billy Preston : un compagnon des Beatles qui retrouve la soul en pleine lumière
Avec Billy Preston, la troisième formation bénéficie d’un artiste qui appartient aussi à l’histoire même des Beatles. Ses interventions de clavier à la fin des années 1960, puis sa propre carrière, l’ont placé à un carrefour exceptionnel entre rock, soul, gospel et funk. Mais le All-Starr Band de 1995 ne le réduit pas au rôle flatteur d’« ancien cinquième Beatle ». Il est chanteur et soliste, responsable de moments entiers du spectacle.
Nothing from Nothing et Will It Go Round in Circles replacent sa voix au centre de l’attention. Ces chansons ne sont pas de simples pièces d’accompagnement pour faire briller les guitares : leurs rythmes demandent une autre assise, une sensation de rebond et une relation très directe entre clavier et batterie. Le duo Ringo-Zak, les guitares et la basse d’Entwistle doivent s’adapter à cette énergie. Preston apporte donc à la soirée une respiration qui évite l’enchaînement monotone des seuls refrains rock.
Sa présence établit une continuité avec la première All-Starr Band de 1989 tout en changeant de contexte. Il ne joue plus aux côtés des mêmes collègues, et le rapport entre claviers et guitares est différent. La présence simultanée de Felix Cavaliere enrichit encore le spectre harmonique. On entend dans cet équilibre l’une des forces du projet Starr : les artistes connus comme musiciens de soutien peuvent soudain apparaître dans toute leur ampleur de créateurs populaires. Une étude complémentaire leur est consacrée.
8. Felix Cavaliere : les Rascals entrent dans la fête
Felix Cavaliere, chanteur, organiste et figure centrale des Rascals, élargit considérablement le répertoire de 1995. Ses chansons les plus connues portent la couleur d’une pop-soul américaine où l’orgue a autant d’importance que la guitare. Groovin’, People Got to Be Free et Good Lovin’ transportent les spectateurs vers un autre versant des années 1960 : une musique dansante, héritière du rhythm and blues, mais capable de toucher un très large public.
L’attribution des chansons demande toutefois de la précision. Groovin’ et People Got to Be Free ont été écrites par Felix Cavaliere et Eddie Brigati ; ce ne sont pas des compositions que l’on doit créditer au seul premier. Good Lovin’ possède une histoire antérieure au succès des Young Rascals. Le fait que Cavaliere en ait donné une interprétation célèbre ne fait pas disparaître les auteurs ni les premiers enregistrements. Le All-Starr Band, par son principe même, oblige à distinguer l’artiste sur scène du compositeur de l’œuvre.
À Atlantic City, le 22 juillet, cette dimension devient particulièrement visible. Les deux représentations disposent de programmes distincts dans les relevés conservés : là où une version fait apparaître My Girl, l’autre retient Apples, Peaches, Pumpkin Pie. Un seul changement de titre suffit à rappeler qu’une set-list n’est pas une fiche d’identité de groupe. Les chansons de Cavaliere remplissent une fonction souple et peuvent varier selon les circonstances. La soul et le gospel de Preston trouvent en lui un allié, sans que les deux hommes jouent exactement le même langage.
9. Randy Bachman : The Guess Who, BTO et les refrains du continent américain
À la guitare, Randy Bachman représente deux parcours majeurs du rock nord-américain. Son passage chez The Guess Who, puis la fondation de Bachman–Turner Overdrive, lui ont donné une double réputation : celle d’un musicien capable d’écrire des chansons mémorables et celle d’un artisan des riffs efficaces. Dans le programme de Ringo, No Sugar Tonight renvoie à The Guess Who, tandis que You Ain’t Seen Nothing Yet et Takin’ Care of Business rappellent les grands succès de BTO.
Ces chansons fonctionnent différemment des numéros de Billy Preston. Elles reposent sur une mécanique de guitare, des refrains collectifs et des accents qui sollicitent directement le public. Le danger d’un spectacle construit sur les « grands tubes » serait de tomber dans la simple démonstration nostalgique. Bachman dispose néanmoins d’un avantage : il chante ses propres morceaux dans un orchestre où l’assise rythmique réunit Entwistle, Ringo et Zak. Le matériau familier devient un terrain collectif.
Le compte rendu du Los Angeles Times sur les représentations du Greek Theatre note que Takin’ Care of Business a produit l’une des réactions immédiates du public. Il ne s’agit pas de mesurer objectivement l’importance de la chanson à partir de quelques applaudissements, mais d’observer ce que raconte le témoignage : pour certains spectateurs, l’ancien Beatle n’est pas le seul point d’attraction. Cette circulation des vedettes était l’idée même de l’All-Starr Band, et Bachman la réalise avec une franchise presque désarmante.
10. Mark Farner : Grand Funk Railroad, un chanteur de stade et une célèbre reprise
Mark Farner apporte une énergie différente de celle de Bachman, bien que les deux hommes puissent être rangés trop vite dans le même tiroir du rock américain des années 1970. Avec Grand Funk Railroad, Farner a été l’un des visages d’un rock ample, physique, tourné vers les grandes salles. I’m Your Captain (Closer to Home) constitue un de ses moments emblématiques, tandis que Some Kind of Wonderful et The Loco-Motion rappellent deux chansons popularisées par son groupe.
L’archéologie musicale impose ici une mise au point. The Loco-Motion a été écrite par Gerry Goffin et Carole King et popularisée dès 1962 par Little Eva. Grand Funk en réalise un succès une douzaine d’années plus tard. De la même manière, Some Kind of Wonderful possède une existence antérieure à la version de Grand Funk, liée aux Soul Brothers Six et à John Ellison. Le chanteur Farner en est l’interprète célèbre, non le seul auteur de ces histoires.
Dans le All-Starr Band, sa voix peut contraster vivement avec la douceur de Cavaliere, le grain de Ringo et la manière de chanter très ancrée dans le funk de Preston. Cette diversité contribue à faire de 1995 une année de découverte pour les jeunes spectateurs qui connaissent parfois les refrains sans connaître les groupes d’origine. Elle demande aussi au journaliste de résister aux raccourcis : le répertoire d’un artiste ne se confond ni avec son catalogue de compositions ni avec sa discographie de groupe.
11. Mark Rivera : saxophone, percussions et coutures invisibles du spectacle
La célébrité de Mark Rivera est moins directement liée à des tubes chantés en son nom que celle des autres membres de la formation. C’est précisément ce qui rend son rôle essentiel. Saxophone, percussions, tambourin, cloche, guitare et interventions vocales lui permettent d’assurer les transitions entre des chansons très différentes. Dans une formation réunissant deux batteurs, deux guitares et plusieurs voix principales, la cohésion peut dépendre d’un accent rythmique, d’une ligne de cuivre ou d’un chœur bien placé.
Rivera a travaillé avec de grands artistes de la scène américaine, notamment dans l’entourage musical de Billy Joel. Son expérience de musicien de groupe répond au projet de Ringo : chaque vedette qui prend le micro a besoin de partenaires capables de laisser sa chanson respirer. Un show de ce type ne fonctionne pas si chacun cherche, à chaque minute, à réaffirmer sa propre identité. La mise en valeur de huit trajectoires exige paradoxalement beaucoup de discrétion instrumentale.
La lecture des répartitions par chanson conservées dans le dossier de 1995 montre cette souplesse. Rivera ne joue pas nécessairement le même instrument sur tous les titres ; sa palette complète l’orgue de Cavaliere, les claviers de Preston et les guitares de Bachman et Farner. Le considérer comme un « huitième nom » ajouté au bas d’une affiche serait donc une erreur d’analyse. Il participe directement à la possibilité de faire tenir ensemble les Who, les Rascals, Grand Funk, les Beatles et les chansons solo de Ringo, sans transformer chaque changement de chanteur en réinstallation complète du plateau.
12. Clarence Clemons, Nils Lofgren et Joe Walsh : les absents de l’affiche définitive
La composition d’un All-Starr Band est aussi l’histoire des musiciens qui ont été annoncés, approchés ou envisagés, mais qui n’ont pas rejoint la formation régulière. Les archives préparatoires de 1995 évoquent notamment Clarence Clemons et Nils Lofgren, déjà associés à la première période All-Starr. Un calendrier diffusé à l’époque lie leur absence aux mouvements du E Street Band. Pourtant, un entretien de Ringo, daté du 25 mai et repris dans le dossier, donne des explications qui ne se superposent pas parfaitement à cette formule simplifiée. Il faut conserver les deux états du récit sans transformer une hypothèse de disponibilité en certitude.
Joe Walsh fait également partie des grands noms absents du noyau permanent. Il est engagé dans les activités des Eagles et ne réintègre pas durablement cette formation. Sa présence ponctuelle à Los Angeles, en août, appartient à une autre catégorie : celle d’un invité, non d’un titulaire. D’autres noms, tels Nick Lowe, Timothy B. Schmit, Peter Frampton ou Alvin Lee, apparaissent dans les récits de préparation et les annonces. Le chercheur doit examiner leur statut au moment exact où la source a été publiée.
L’exemple de Nils Lofgren résume bien la difficulté. Il n’est pas membre régulier du groupe de huit, mais il figure dans les premières parties de certains concerts et intervient au rappel à Wolf Trap, le 17 juillet. Une base qui ne connaîtrait que deux catégories, « membre » et « absent », serait incapable de décrire sa participation réelle. Nous conservons donc des niveaux distincts : titulaire, musicien pressenti, première partie et invité ponctuel. Le temps passé sur scène et la fonction tenue importent plus que le prestige d’un nom.
13. Un concert en mosaïque : comment les voix se succèdent sans casser le rythme
Le programme-type de 1995 comporte une vingtaine de chansons, parfois davantage, selon les soirées et les sources. Il commence volontiers par Ringo avec Don’t Go Where the Road Don’t Go, I Wanna Be Your Man et It Don’t Come Easy, puis laisse se succéder des contributions de Farner, Preston, Bachman, Cavaliere et Entwistle. Les titres des Beatles et de la carrière solo de Ringo reviennent ensuite ponctuer le parcours. Le rappel tend à ramener tout le groupe autour de No No Song et de With a Little Help from My Friends.
Cette construction est moins désordonnée qu’elle n’en a l’air sur le papier. Il existe des contrastes calculés entre le rock de guitare, les parties d’orgue et la soul, et de petits retours à des chansons familières qui empêchent le spectacle de se diviser en cinq mini-récitals. Les musiciens demeurent visibles lorsque le chanteur principal change. Le public comprend alors, intuitivement, que l’objet de la soirée n’est pas une compétition de vedettes mais une manière de donner à chaque histoire musicale une scène commune.
Les listes conservées montrent pourtant de véritables variantes. Back Off Boogaloo, par exemple, figure dans le répertoire annoncé mais se trouve rapidement écartée selon certains relevés. Les concerts à deux séances peuvent comporter des substitutions. Les festivals imposent parfois des contraintes de durée. C’est pourquoi nous distinguons, dans cette étude, le programme de référence d’une set-list de soirée vérifiée. Le premier aide à comprendre la formule ; la seconde permet seulement d’affirmer qu’une chanson donnée a été interprétée à telle date et dans telle salle.
14. Qui a écrit quoi ? Les Beatles, les Who, les Rascals et les reprises cachées
Pour l’historien de la musique, une tournée All-Starr est un terrain idéal pour corriger les fausses évidences. Yellow Submarine ou With a Little Help from My Friends évoquent la voix de Ringo, mais leurs crédits d’écriture sont ceux de Lennon–McCartney. Photograph appartient, elle, au tandem Ringo Starr–George Harrison. No No Song, succès de la carrière solo de Ringo, est une chanson de Hoyt Axton et David Jackson. L’artiste qui chante un titre sur scène n’en est pas nécessairement l’auteur, même lorsqu’il en possède la version la plus connue.
La même distinction vaut pour ses invités. John Entwistle a composé Boris the Spider et My Wife ; Randy Bachman est l’auteur de plusieurs des grands titres qu’il interprète ; Felix Cavaliere a écrit des succès avec Eddie Brigati. The Loco-Motion vient de Goffin et King, et Some Kind of Wonderful remonte à une période antérieure à l’enregistrement de Grand Funk Railroad. Quant à Good Lovin’, son histoire ne commence pas avec les Rascals. Cette distinction n’enlève rien au talent des interprètes ; elle redonne simplement une place aux auteurs souvent invisibles derrière les refrains.
Un dossier sérieux doit donc tenir au moins quatre colonnes conceptuelles : composition, premier enregistrement ou origine, version rendue populaire et interprète du All-Starr Band en 1995. Sans cela, on transforme une anthologie de l’histoire du rock en un inventaire trompeur de prétendues compositions personnelles. Pour les fans, il y a là un plaisir supplémentaire : chaque morceau devient le début d’une enquête qui peut mener des Beatles aux Soul Brothers Six, de la pop du début des années 1960 au rock de stade.
15. Les répétitions et les chansons fantômes : ce qu’une affiche ne prouve pas
Le travail préparatoire de 1995 révèle un groupe encore en mouvement avant le départ pour le Japon. Les annonces de musiciens ne correspondent pas toutes à l’équipe finalement installée sur scène. Des projets de chansons circulent également : Octopus’s Garden, Weight of the World, I’m the Greatest, American Woman, Twist and Shout, A Beautiful Morning ou Outa-Space sont mentionnés dans les documents rassemblés par le dossier, sans que cela établisse leur exécution régulière pendant les concerts.
Le cas de Clarence Clemons illustre particulièrement bien la fragilité des programmes préparatoires. Des titres associés à Bruce Springsteen, comme Pink Cadillac ou Glory Days, auraient pu rejoindre l’ensemble si le saxophoniste avait finalement fait partie de la tournée. Il n’en est rien dans la formation régulière. Cette différence entre une intention de répétition et une chanson réellement entendue dans la salle doit être maintenue, même lorsque la publicité ancienne paraît extrêmement précise.
Un collectionneur peut posséder un tee-shirt ou une affiche imprimée des semaines avant le premier concert : l’objet est authentique, mais son contenu annonce l’état du projet à sa date de fabrication. Une édition postérieure peut à son tour réécrire l’histoire en présentant une set-list simplifiée. Entre ces deux documents, il faut le concert lui-même, avec ses contraintes et ses changements. Le dossier examine ces « chansons fantômes » parce qu’elles éclairent les options artistiques de Ringo ; il ne les ajoute jamais au calendrier des titres joués sans témoignage propre à une représentation.
16. Morioka, Sendai, Niigata : les trois premiers soirs au Japon
La tournée commence le 14 juin 1995 à Morioka, à l’Iwate Kenmin Kaikan. Le groupe enchaîne avec le Sendai Sun Plaza, le 15 juin, puis le Niigata Terusa Hall, le 16. Trois soirs et trois villes : pour une formation de huit musiciens à forte personnalité, c’est un démarrage exigeant. Les premières dates permettent de mettre à l’épreuve un programme conçu en répétition, de vérifier les transitions entre chanteurs et de voir comment le public réagit à des chansons issues de traditions très différentes.
Le Japon n’est pas une surprise dans la carrière de Ringo. La première All-Starr Band de 1989 y avait déjà joué, et l’ancien Beatle y bénéficie d’une reconnaissance ancienne. En revanche, le public de 1995 découvre une équipe entièrement renouvelée depuis la première tournée. John Entwistle apporte le souvenir des Who, mais aussi son statut de musicien singulier ; Bachman et Farner portent un rock américain qui n’occupe pas nécessairement la même place dans les habitudes d’écoute japonaises. Billy Preston et Cavaliere proposent une autre manière d’aborder les décennies 1960 et 1970.
Les fiches de Morioka, Sendai et Niigata ne doivent pas être fondues en une « première japonaise » indifférenciée. Elles précisent des lieux et des dates distincts. Les particularités locales — déroulement, durée, réactions, objets disponibles — ne peuvent être affirmées qu’à partir de sources localisées. Pour une étude consacrée à la tournée dans son ensemble, l’essentiel est de rappeler que l’aventure de 1995 commence en Asie, et que ses onze premières journées de concert s’y déroulent avant tout passage aux États-Unis.
D’Osaka à Hiroshima : cinq jours pour mesurer le poids des chansons
Le 18 juin, Ringo retrouve l’Osaka Castle Hall, déjà inscrit dans l’histoire de ses tournées All-Starr. Les jours suivants mènent le groupe à Kurashiki le 19 et Hiroshima le 20. Le calendrier ne permet pas, à lui seul, de raconter l’acoustique des salles ou la manière dont une chanson a été accueillie. Il révèle néanmoins une progression rapide dans laquelle la cohésion du collectif devient primordiale : les changements de ville sont fréquents, et le répertoire ne peut être reconstruit chaque après-midi.
Cette première séquence permet aussi de mesurer l’intérêt de la distribution de 1995. Sur une même scène, le public peut rencontrer Boris the Spider, chanson profondément attachée à John Entwistle, et The Loco-Motion, déjà passée de Little Eva à Grand Funk Railroad avant de rejoindre le concert de Ringo. Le son du All-Starr Band fait circuler des œuvres au-delà de leur cadre d’origine. C’est la raison pour laquelle une présentation limitée au mot « nostalgie » serait insuffisante : il existe des modifications de timbres, de rythmes et d’arrangements à observer.
Les répertoires se renforcent mutuellement. Les succès des Beatles donnent un horizon immédiatement reconnaissable à l’ensemble ; ceux des Rascals, de BTO et de Grand Funk en étendent les frontières. L’auditeur venu pour une seule vedette se découvre parfois une affinité pour un autre musicien. Cette logique n’efface pas la hiérarchie de l’affiche : Ringo demeure le nom principal. Elle explique pourquoi la tournée japonaise de 1995 mérite une enquête autonome, consacrée aux onze dates plutôt qu’à la seule captation commerciale du Budokan.
17. Nagoya, Urayasu, Budokan et Hamamatsu : onze dates, puis un disque en 1997
Après Hiroshima, le parcours se poursuit le 22 juin à Nagoya, puis le 24 juin à Urayasu, au Tokyo Bay NK Hall. Viennent ensuite les deux soirées du Nippon Budokan, les 26 et 27 juin, et la conclusion japonaise du 28 juin à Hamamatsu. Le total de cette partie de la tournée est ainsi de onze journées de spectacle. Les deux dates du Budokan doivent toujours être répertoriées séparément : le même bâtiment peut accueillir des programmes semblables, mais aussi des différences d’ordre et des captations qui ne concernent pas la même soirée.
Un événement discographique prolonge cette séquence : Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1 paraît en 1997, à partir d’un enregistrement lié au Budokan, généralement identifié au 27 juin 1995. Il ne s’agit donc pas d’un album nouveau enregistré en studio pendant la période 1997–1998. C’est une publication tardive d’un témoignage scénique antérieur. Le disque permet d’entendre la formation en action, mais le choix des pistes, la durée disponible et les décisions éditoriales ne sauraient servir à reconstituer tous les concerts du Japon.
Le titre Volume 1 peut aussi induire un lecteur en erreur. Il constitue l’intitulé de l’édition et ne prouve pas, à lui seul, l’existence d’un second volume officiel présentant l’intégralité des chansons manquantes. Dans le dossier, la date de captation, la date du concert et la date de sortie commerciale sont donc des champs distincts. Notre étude des onze concerts japonais revient sur ces étapes et sur les limites de la discographie disponible.
Le Japon n’est pas un prologue anecdotique à l’Amérique
Les récits européens de la tournée 1995 commencent souvent par la partie américaine, plus riche en apparitions d’invités célèbres et en articles de presse accessibles en anglais. Ce choix de perspective produit une illusion : les onze dates japonaises deviennent une longue répétition avant les « vrais » concerts du mois de juillet. Or la tournée démarre officiellement à Morioka, devant des spectateurs japonais, et traverse ensuite neuf autres villes ou étapes avant de quitter l’archipel. Pour les musiciens comme pour les publics concernés, ces soirs-là constituent une campagne à part entière.
Le Japon possède d’ailleurs une mémoire particulière des Beatles et des groupes britanniques. Le Budokan en est l’un des symboles depuis les concerts des Beatles en 1966, mais le concert de Ringo en 1995 ne doit pas être présenté comme un retour du quartet : il ne réunit pas John, Paul et George, et les conditions artistiques ont changé. Ce que l’ancien Beatle y ramène, c’est son goût pour un groupe vivant, formé avec des compagnons dont les carrières dépassent largement l’histoire des Fab Four.
Le 27 juin est devenu une date repère en raison de la publication de la captation. Cela ne rend ni le 26 juin ni les étapes moins connues de Kurashiki ou de Hamamatsu secondaires. La hiérarchie des documents survivants — CD publié ici, simple avis de concert là — ne reflète pas la valeur réelle de chaque soirée. Le travail du dossier consiste précisément à restituer les onze lignes du calendrier, puis à signaler les endroits où l’information musicale reste insuffisante. Ce respect des traces modestes fait parfois plus pour l’histoire du rock qu’une légende répétée cent fois.
18. Saint-Louis, Milwaukee, Bloomington et Ravinia : l’Amérique commence par les fêtes d’été
Le 2 juillet 1995, après le Japon, la troisième formation réapparaît à Saint-Louis, au pied de la Gateway Arch, dans le cadre d’une manifestation estivale. Le 3 juillet, elle est au Summerfest de Milwaukee. Le 4 juillet, jour de fête nationale américaine, elle se produit au Mall of America de Bloomington, avant le Ravinia Festival de Highland Park le 5. Cette séquence rassemble quatre modes de concert presque opposés à la série japonaise de salles fermées.
Les archives contemporaines qualifient de gratuits certains engagements, notamment ceux de Saint-Louis et de Bloomington. Il serait pourtant dangereux de déduire de la gratuité une fréquentation précise ou un programme abrégé sans autre preuve. Les festivals, les fêtes de ville et les grands rassemblements ont des contraintes d’horaires, de sonorisation et de public que ne partage pas nécessairement une soirée dans un théâtre. Le All-Starr Band s’y prête toutefois particulièrement bien : chaque succession de titres familiers permet aux spectateurs occasionnels d’entrer dans la soirée sans connaître tous les albums.
La fête nationale du 4 juillet ajoute à Bloomington une dimension de rassemblement populaire. Les chansons de Ringo côtoient alors des refrains qui ont rythmé plusieurs générations d’Américains. Un orchestre réunissant les Who, les Rascals, Grand Funk et BTO sous la même enseigne pouvait fonctionner comme une radio vivante, mais sa réussite dépendait de l’énergie donnée à ces vieux tubes. En 1995, le principe est testé devant des contextes très différents : c’est une marque de souplesse qui restera l’une des forces de la formule All-Starr dans les décennies suivantes.
19. Merrillville, 8 juillet : deux représentations annoncées, une set-list à ne pas dupliquer
Le 8 juillet 1995, le groupe fait étape au Star Plaza Theatre de Merrillville, dans l’Indiana. Le calendrier d’époque diffusé par rec.music.beatles porte explicitement la mention de deux spectacles. D’autres inventaires de tournée évoquent également cette double programmation. Nous avons donc conservé deux fiches pour la même journée, car il serait tout aussi faux d’effacer la seconde séance d’un tableau historique que de lui attribuer les titres de la première sans examen.
Le problème est celui de la preuve musicale. Un relevé d’environ vingt et une chansons est associé à Merrillville et permet de voir ce que pouvait être le spectacle de 1995, avec Boris the Spider, My Wife, Groovin’ et les titres de Ringo. Il ne sépare cependant pas nécessairement les deux horaires. Si l’on recopie cette liste sur les deux fiches, on fabrique la fausse impression de posséder deux enregistrements ou deux documents indépendants. Rien n’est plus tentant que de combler une lacune par symétrie ; rien n’est moins satisfaisant pour un chercheur.
La solution retenue par Yellow-Sub.net est une entrée principale liée à la soirée et une seconde représentation explicitement signalée comme annoncée et insuffisamment documentée dans son déroulement. La différence entre « annoncée » et « annulée » est capitale. La double séance n’a pas été supprimée du registre, mais son programme n’est pas traité comme établi. Cette discipline vaut aussi pour North Tonawanda, le 29 juillet, où une source contemporaine signale deux représentations sans permettre de répartir sans ambiguïté tous les titres entre elles.
20. Cleveland, Pine Knob, Acme et Radio City : quatre identités de salle
Après Merrillville, la troisième formation joue le 9 juillet au Nautica Stage de Cleveland, le 10 juillet à Pine Knob, dans la région de Detroit, et le 11 juillet dans la région d’Acme–Traverse City. Elle rejoint ensuite le Radio City Music Hall de New York, le 13 juillet. Ce trajet traverse plusieurs mondes scéniques : lieu de plein air, grand amphithéâtre, étape régionale désignée de manière variable et salle new-yorkaise mondialement connue. La formation est stable ; les conditions de documentation ne le sont pas.
La date du 11 juillet méritait d’être rétablie. Elle figure dans la liste des cinquante dates de The Beatles Bible, sous l’étiquette « National Cherry Festival, Traverse City », tandis qu’un calendrier contemporain situe une First of America Stage à Acme et qu’un autre inventaire parle du Grand Traverse Resort. La proximité des localités explique peut-être ces variantes, mais ne suffit pas à désigner définitivement la scène. La nouvelle fiche publiée présente ce recoupement et ne prétend pas posséder une set-list que les sources consultées ne donnent pas.
À New York, le 13 juillet, les archives mentionnent la présence de Max Weinberg au rappel. Son passage derrière la batterie ajoute temporairement un autre nom du monde de Bruce Springsteen au spectacle, sans modifier la composition titulaire. Chaque invité de ce type doit être rattaché à sa date : si l’on écrit seulement « Max Weinberg a joué avec Ringo en 1995 », on perd l’information essentielle qui permet de retrouver un document ou de distinguer des souvenirs de plusieurs concerts.
21. Wolf Trap, Holmdel et Boston : les invités du 17 au 19 juillet
Du 17 au 19 juillet, le parcours se concentre sur la côte Est. Le 17 juillet, Ringo et ses partenaires sont à Wolf Trap, à Vienna en Virginie. Le 18, ils rejoignent le Garden State Arts Center de Holmdel, dans le New Jersey. Le 19, ils jouent au Harbor Lights Pavilion de Boston. Ces trois soirées ont chacune une particularité et ne doivent pas être confondues dans les listes d’invités.
Nils Lofgren, dont le nom avait circulé parmi les membres potentiels avant la tournée, intervient lors du rappel à Wolf Trap. Max Weinberg est signalé à Holmdel, après son passage dans le contexte de Radio City. À Boston, c’est Steven Tyler, chanteur d’Aerosmith, qui est documenté à la batterie pour le rappel. Aucune de ces interventions ne fait de Lofgren, Weinberg ou Tyler des membres permanents de la formation de 1995. Ce sont des présences ponctuelles, d’autant plus intéressantes qu’elles relient plusieurs scènes majeures du rock américain.
Wolf Trap a également donné lieu à des observations de presse qui complètent les souvenirs de spectateurs. Une critique ne constitue pas une set-list totale, mais elle peut éclairer les attentes, la réception des voix et le sens donné à cette réunion de stars. Dans un tel spectacle, l’équilibre entre la vedette principale et ses collègues n’est jamais définitivement acquis : il se négocie chaque soir devant le public. Le calendrier précise la scène, la presse peut en restituer l’atmosphère, et les sources discographiques aident à identifier les titres. La fiabilité vient du croisement de ces pièces, pas d’un document unique.
22. Atlantic City, 21–23 juillet : quatre séances en trois jours
Le Circus Maximus Theater de Caesars à Atlantic City accueille le All-Starr Band le 21 juillet, puis deux représentations le 22, avant une autre date le 23. Trois journées et quatre séances identifiées : le calendrier ordinaire à une ligne par date civile ne suffit plus. L’étude complémentaire publiée sur Yellow-Sub.net examine précisément cet épisode, qui combine une forte continuité de programme et une différence significative dans les chansons confiées à Felix Cavaliere.
Les deux programmes du 22 juillet sont proches, mais la première représentation comporte My Girl à un endroit où la seconde propose Apples, Peaches, Pumpkin Pie. La distinction ne concerne pas le nom des huit titulaires : elle porte sur l’exécution musicale. Elle oblige à créer deux fiches, à conserver l’ordre de chaque programme et à s’interdire de compléter la liste d’une séance avec une chanson attestée seulement dans l’autre. Le titre Apples, Peaches, Pumpkin Pie possède par ailleurs une histoire propre, qu’il ne faut pas réattribuer automatiquement à Cavaliere.
Ce dossier montre aussi les limites des chiffres souvent répétés pour la tournée. La chronologie de The Beatles Bible compte cinquante dates calendaires, une par jour de concert. Le 22 juillet fournit pourtant au moins un cas où une journée est composée de deux séances documentées. Il serait donc plus précis de parler de cinquante journées inscrites au parcours de référence que d’affirmer, sans nuance, qu’il n’y a eu exactement cinquante prestations. La reconstitution des deux spectacles d’Atlantic City expose les deux programmes et leur différence.
23. De Warwick à North Tonawanda : la dernière semaine de juillet et une autre double annonce
La tournée poursuit sa route par le Warwick Musical Theatre, le 25 juillet, l’Oakdale Theatre de Wallingford, le 27, puis le Starlite Music Theatre de Latham, le 28. Le 29 juillet, elle arrive au Melody Music Fair de North Tonawanda, dans l’État de New York, avant de rejoindre Cincinnati, le 31. Cette succession de salles dessine un parcours resserré à travers le Nord-Est des États-Unis, avec des étapes qui ne figurent pas toujours dans les grandes histoires généralistes de Ringo.
North Tonawanda pose une question voisine de celle de Merrillville. Un calendrier contemporain signale deux spectacles le 29 juillet, mais les éléments disponibles ne permettent pas de répartir sans hésitation le programme conservé entre la première et la seconde séance. Une deuxième fiche a donc été créée, en précisant son statut de représentation supplémentaire annoncée. La démarche peut sembler minutieuse pour une date de tournée parmi tant d’autres. Elle préserve pourtant la différence entre le nombre de billets mis en vente, celui des spectacles réalisés et l’existence de documents musicaux attribuables à un horaire précis.
Cette fin de juillet illustre également un changement d’échelle par rapport aux premiers festivals américains. De la grande fête extérieure à des théâtres plus intimes, la formation conserve ses huit musiciens et l’idée d’un répertoire partagé. Les spectateurs venus écouter Ringo peuvent y découvrir le chant d’Entwistle ou de Cavaliere dans un contexte très différent des salles où ces artistes ont bâti leur réputation. L’intérêt de l’All-Starr Band tient en partie à cette circulation : une chanson née dans une autre histoire de groupe devient, pour une soirée, un élément d’un nouvel ensemble.
24. Août, de Pittsburgh à Dallas : douze jours de route et trois concerts texans
Le 1er août, le All-Starr Band est à Pittsburgh. Le mois se poursuit en Floride avec Orlando, le 3, puis Sunrise les 4 et 5, deux concerts dans la même salle à des dates distinctes. Le 7 août, le groupe joue à Chastain Park, Atlanta, avant Louisville le 8 et Huntsville le 9. Le parcours mène ensuite au Texas, où trois étapes s’enchaînent : Houston le 11 août, San Antonio le 12 et Dallas le 13.
Les fiches de Huntsville et de San Antonio conservent des programmes particulièrement détaillés, d’environ vingt-quatre numéros. Ce niveau de précision est précieux parce qu’il montre le groupe en fonctionnement, mais il ne doit pas se transformer en modèle obligatoire pour toute la tournée. Une chanson présente le 12 août ne peut être automatiquement attribuée au 11 ou au 13. Les variantes d’ordre et les ajouts ponctuels ne sont pas des anomalies ; ils font partie de la vie d’un orchestre qui joue tous les deux ou trois jours.
Dans cette période, les premières parties sont aussi un élément d’histoire, sans se confondre avec l’effectif principal. Les archives distinguent Jack Tempchin et Nils Lofgren selon les séquences de tournée. Une première partie peut rejoindre occasionnellement un rappel, mais ce n’est pas une raison pour l’inscrire dans la formation de base. Le Texas révèle particulièrement bien la robustesse du projet de Ringo : dans trois villes et trois contextes, les mêmes musiciens passent d’une identité à l’autre, du rock de guitare de Bachman à la soul de Preston, sans renoncer à l’unité de scène.
25. Mesa et San Diego, 15–16 août : avant les deux soirées de Los Angeles
Après Dallas, le groupe se produit le 15 août au Mesa Amphitheatre, dans la région de Phoenix, puis le 16 août à Humphrey’s by the Bay, San Diego. Ces dates préparent la séquence californienne finale. Le parcours touche alors des salles de plein air où l’on peut s’attendre à rencontrer aussi bien les amateurs de Ringo que ceux de ses partenaires. Pour un spectateur qui n’aurait connu que les grands 45-tours des Beatles, entendre My Wife ou No Sugar Tonight avec l’ancien batteur du groupe peut rester une découverte surprenante.
Les programmes publiés de cette partie de la tournée conservent des variations parfois modestes mais utiles. La présence de tel titre dans une fiche de Mesa ne constitue pas la preuve qu’il a été répété sans changement le lendemain à San Diego. C’est d’ailleurs à l’approche de la fin du parcours américain que les souvenirs de spectateurs, les articles de presse et les apparitions d’invités tendent à se multiplier. Le risque est de laisser ces soirées très documentées absorber l’attention au détriment d’étapes moins célèbres.
Le séjour à San Diego a une autre importance pour la chronologie de fin août : une nouvelle date annoncée à Humphrey’s pour le 28 août figurera parmi les spectacles finalement annulés après Seattle. La soirée du 16, elle, appartient au calendrier réalisé. Le même nom de salle apparaît donc dans deux contextes absolument différents. Sans ce type de vigilance, une base peut accidentellement compter un concert annulé comme un retour joué dans un lieu déjà fréquenté, et produire une fausse série de représentations.
26. Los Angeles, 18 et 19 août : Slash, Joe Walsh, Stevie Nicks et la critique
Les 18 et 19 août 1995, le All-Starr Band prend possession du Greek Theatre de Los Angeles. La scène possède une valeur symbolique particulière dans l’histoire des All-Starrs depuis les premiers concerts de 1989. Cette fois, la troisième formation bénéficie d’invités de premier plan : Slash, de Guns N’ Roses, et Joe Walsh, ancien partenaire de Ringo, sont documentés le 18 août ; Stevie Nicks et Joe Walsh apparaissent dans le contexte de la soirée du 19. Walsh apporte notamment Rocky Mountain Way au programme de cette seconde soirée, tandis que Slash est associé à No No Song et Nicks au final With a Little Help from My Friends.
Il convient de ne pas faire de ces présences un groupe de tournée élargi permanent. Ringo est entouré de ses huit musiciens réguliers, et les vedettes de Los Angeles se joignent à certaines chansons. Les noms sont suffisamment connus pour être ajoutés sans précaution à n’importe quel récit, mais leur intérêt historique tient au contraire à leur attribution à une date et à un titre. L’étude consacrée au 18 août précise le rôle de chacun.
Le Los Angeles Times publie le 21 août une critique signée Steve Hochman. Elle n’est pas unanimement flatteuse : le journaliste trouve la formule trop prévisible par endroits, salue la voix de Felix Cavaliere et le jeu de Zak Starkey, et se montre plus sévère envers d’autres prestations. Ce regard contemporain doit être conservé, même s’il bouscule le confort d’un récit célébrant Ringo. Une tournée historique ne se mesure pas seulement à l’affection des fans ; la réception critique fait partie de son contexte.
27. Concord, puis Seattle les 22 et 23 août : la dernière chanson de l’itinéraire joué
Le 20 août, la troisième formation joue au Concord Pavilion, en Californie, avant de rejoindre Seattle pour deux soirées consécutives, les 22 et 23 août, sur les quais de Pier 62/63. Le décor diffère des salles japonaises et du prestige new-yorkais du Radio City Music Hall : un événement d’été, au bord de l’eau, pour un orchestre désormais rodé après deux mois de tournée. Ce sont les dernières dates effectivement répertoriées dans le calendrier du groupe pour 1995.
À Seattle, le 23 août, le musicien Ken Stringfellow, lié aux Posies et à Big Star, apparaît lors du final With a Little Help from My Friends. Cette apparition est documentée dans les notices du concert et les témoignages qui lui sont associés. Elle illustre le pouvoir d’attraction particulier du All-Starr Band : les invités viennent de générations musicales différentes, non seulement du cercle proche des Beatles. Stringfellow n’est toutefois pas ajouté au personnel de la tournée ni à la soirée du 22 sans source propre.
La fin du parcours n’avait pas été programmée ainsi. Des étapes étaient encore annoncées après Seattle, et les quatre premières seront abandonnées à cause d’une maladie dans la famille de Ringo. Cela transforme rétrospectivement le 23 août en point final du groupe sur scène cette année-là. Le sentiment de clôture que l’on pourrait attribuer à cette soirée n’était pas forcément celui des musiciens au moment du rappel. L’historien connaît la suite ; les artistes, lorsqu’ils jouent, ne la connaissent pas toujours. Ce simple décalage mérite d’être respecté.
28. Après Seattle : huit annulations et deux histoires distinctes
Le calendrier publié à l’époque conserve huit dates annulées. La première série porte sur Reno, le 25 août, Monterey, le 26, Santa Barbara, le 27 et San Diego, le 28. Une dépêche de l’Associated Press, reproduite dans les archives de la tournée, rapporte que Ringo Starr est retourné en Angleterre en raison d’une maladie touchant un membre de sa famille. Son attachée de presse Elizabeth Freund confirme les annulations sans identifier la personne ni dévoiler la nature de la maladie. La prudence journalistique consiste précisément à ne pas remplir ce silence avec une supposition.
La seconde série concerne le MGM Grand de Las Vegas, du 31 août au 3 septembre. Le calendrier d’époque signale qu’elle avait été annulée auparavant, à la suite d’un différend avec la direction de l’établissement. Les huit dates sont bien supprimées, mais elles ne partagent pas toutes le même motif ni la même chronologie de décision. Les fusionner sous une unique annonce de « fin de tournée pour raison familiale » effacerait un détail pourtant attesté par la source contemporaine.
Enfin, le document ancien évoque des projets en Amérique du Sud, notamment São Paulo, Rio de Janeiro, Buenos Aires et Santiago. Les mentions sont explicitement présentées comme provisoires. Elles témoignent d’ambitions de diffusion, pas de représentations jouées. Notre tableau final garde donc ses huit annulations avec une colonne de statut et traite les projets sud-américains comme des hypothèses de tournée, distinctes du parcours de cinquante journées de concert inscrit dans la chronologie de référence. La différence est essentielle : un billet imprimé ne fait pas un concert ; une intention de voyage ne devient pas un souvenir de scène.
29. Les soixante et une fiches datées : concerts, doubles séances et annulations
Ce relevé reprend toutes les soixante et une fiches datées publiées dans le dossier, dans l’ordre chronologique. Les cinquante journées de concert du calendrier de référence ne se confondent pas avec le nombre exact de séances : trois entrées complémentaires recensent des représentations supplémentaires, dont celle du 22 juillet possède un programme distinct. Les huit annulations demeurent visibles, sans être attribuées à des concerts joués. Les différentes désignations de lieux appartiennent aux archives qu’elles accompagnent.
Japon — du 14 au 28 juin (11 dates)
| Date | Ville et scène annoncée ou donnée | Statut documentaire | Archive |
|---|---|---|---|
| 14 juin 1995 | Iwate Kenmin Kaikan, Morioka, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 15 juin 1995 | Sendai Sun Plaza, Sendai, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 16 juin 1995 | Niigata Terusa Hall, Niigata, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 18 juin 1995 | Osaka Castle Hall, Osaka, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 19 juin 1995 | Kurashiki Shimin Kaikan, Kurashiki, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 20 juin 1995 | Hiroshima Kosei Nenkin Kaikan, Hiroshima, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 22 juin 1995 | Nagoya Century Hall, Nagoya, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 24 juin 1995 | Tokyo Bay NK Hall, Urayasu, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 26 juin 1995 | Nippon Budokan Hall, Tokyo, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 27 juin 1995 | Nippon Budokan Hall, Tokyo, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
| 28 juin 1995 | Hamamatsu Kyoiku Bunka Kaikan, Hamamatsu, Japon | Date du parcours de référence | Fiche |
États-Unis — juillet (concerts et séances supplémentaires)
| Date | Ville et scène annoncée ou donnée | Statut documentaire | Archive |
|---|---|---|---|
| 2 juillet 1995 | Jefferson National Expansion Memorial, Saint-Louis, Missouri, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 3 juillet 1995 | Milwaukee Summerfest, Milwaukee, Wisconsin, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 4 juillet 1995 | Mall of America, Bloomington, Minnesota, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 5 juillet 1995 | Ravinia Festival, Highland Park, Illinois, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 8 juillet 1995 | Star Plaza Theatre, Merrillville, Indiana, États-Unis — première représentation | Date du parcours de référence | Fiche |
| 8 juillet 1995 | Star Plaza Theatre, Merrillville — deuxième représentation annoncée | Deuxième séance annoncée ; programme non individualisé | Fiche |
| 9 juillet 1995 | Nautica Stage, Cleveland, Ohio, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 10 juillet 1995 | Pine Knob Theatre, Clarkston, Michigan, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 11 juillet 1995 | Acme et Traverse City, Michigan : l’étape oubliée du troisième All-Starr Band | Étape documentée ; lieu exact et chansons à préciser | Fiche |
| 13 juillet 1995 | Radio City Music Hall, New York, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 14 juillet 1995 | Bud Light Amphitheatre, Harveys Lake, Pennsylvanie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 15 juillet 1995 | Imperial Ballroom, Concord Hotel, Kiamesha Lake, État de New York, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 17 juillet 1995 | Wolf Trap Farm Park for the Performing Arts, Vienna, Virginie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 18 juillet 1995 | Garden State Arts Center, Holmdel, New Jersey, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 19 juillet 1995 | Harbor Lights Pavilion, Boston, Massachusetts, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 21 juillet 1995 | Caesars Palace, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 22 juillet 1995 | Caesars Palace, Atlantic City, New Jersey, États-Unis — première représentation | Date du parcours de référence | Fiche |
| 22 juillet 1995 | Caesars, Atlantic City — deuxième représentation | Deuxième séance du 22 juillet ; programme individualisé | Fiche |
| 23 juillet 1995 | Caesars Palace, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 25 juillet 1995 | Warwick Musical Theatre, Warwick, Rhode Island, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 27 juillet 1995 | Oakdale Theatre, Wallingford, Connecticut, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 28 juillet 1995 | Starlite Music Theatre, Latham, État de New York, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 29 juillet 1995 | Melody Music Fair, North Tonawanda, État de New York, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 29 juillet 1995 | Melody Music Fair, North Tonawanda, État de New York, États-Unis — autre représentation annoncée | Autre séance annoncée ; programme non individualisé | Fiche |
| 31 juillet 1995 | Riverbend Music Center, Cincinnati, Ohio, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
États-Unis — du 1er au 23 août (tournée jouée)
| Date | Ville et scène annoncée ou donnée | Statut documentaire | Archive |
|---|---|---|---|
| 1er août 1995 | I.C. Light Amphitheatre, Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 3 août 1995 | Centroplex Arena, Orlando, Floride, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 4 août 1995 | Sunrise Musical Theatre, Sunrise, Floride, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 5 août 1995 | Sunrise Musical Theatre, Sunrise, Floride, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 7 août 1995 | Chastain Park Amphitheatre, Atlanta, Géorgie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 8 août 1995 | Palace Theatre, Louisville, Kentucky, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 9 août 1995 | Von Braun Civic Center, Huntsville, Alabama, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 11 août 1995 | Arena Theatre, Houston, Texas, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 12 août 1995 | Sunken Garden, San Antonio, Texas, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 13 août 1995 | Starplex Amphitheatre, Dallas, Texas, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 15 août 1995 | Mesa Amphitheatre, Phoenix, Arizona, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 16 août 1995 | Humphrey’s by the Bay, San Diego, Californie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 18 août 1995 | Greek Theatre, Los Angeles, Californie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 19 août 1995 | Greek Theatre, Los Angeles, Californie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 20 août 1995 | Concord Pavilion, Concord, Californie, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 22 août 1995 | Pier 62/63, Seattle, État de Washington, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
| 23 août 1995 | Pier 62/63, Seattle, État de Washington, États-Unis | Date du parcours de référence | Fiche |
Dates annoncées puis annulées — du 25 août au 3 septembre
| Date | Ville et scène annoncée ou donnée | Statut documentaire | Archive |
|---|---|---|---|
| 25 août 1995 | Hilton Amphitheatre, Reno, Nevada, États-Unis — concert annulé | Annulé — retour familial en Angleterre | Fiche |
| 26 août 1995 | Monterey, Californie, États-Unis — concert annulé | Annulé — retour familial en Angleterre | Fiche |
| 27 août 1995 | Santa Barbara County Bowl, Santa Barbara, Californie, États-Unis — concert annulé | Annulé — retour familial en Angleterre | Fiche |
| 28 août 1995 | Humphrey’s, San Diego, Californie, États-Unis — concert annulé | Annulé — retour familial en Angleterre | Fiche |
| 31 août 1995 | MGM Grand, Las Vegas, Nevada, États-Unis — concert annulé | Annulé — série de Las Vegas déjà supprimée | Fiche |
| 1er septembre 1995 | MGM Grand, Las Vegas, Nevada, États-Unis — concert annulé | Annulé — série de Las Vegas déjà supprimée | Fiche |
| 2 septembre 1995 | MGM Grand, Las Vegas, Nevada, États-Unis — concert annulé | Annulé — série de Las Vegas déjà supprimée | Fiche |
| 3 septembre 1995 | MGM Grand, Las Vegas, Nevada, États-Unis — concert annulé | Annulé — série de Las Vegas déjà supprimée | Fiche |
Mode de lecture : les trois fiches supplémentaires du 8, du 22 et du 29 juillet ne sont pas assimilées à trois journées nouvelles. À Atlantic City, le 22 juillet, les deux programmes sont distingués. À Merrillville et North Tonawanda, les doubles séances annoncées restent qualifiées, faute d’une attribution complète des chansons à chacun des horaires. Le 11 juillet à Acme/Traverse City figure maintenant dans les cinquante dates de référence, sans set-list fabriquée.
Les propositions de concerts en Amérique du Sud qui apparaissent à la fin d’un calendrier ancien sont des projets provisoires ; elles ne sont pas ajoutées aux représentations de 1995.
30. Sources historiques, sept enquêtes associées et bilan de 1995
Les documents de 1995 invitent à travailler avec plusieurs niveaux de preuve. Les annonces et calendriers de l’époque établissent des projets et localisent des séances. Les témoignages de presse aident à comprendre la réception, sans garantir une liste intégrale de titres. Les programmes attribués à une représentation précise permettent la comparaison musicale. Les rééditions discographiques datent la diffusion d’un enregistrement, pas nécessairement son exécution. Pour les huit annulations, la dépêche Associated Press reproduite dans l’archive contemporaine est le point de contrôle primordial.
Sources et archives comparées
- Ringo Starr — biographie officielle. Contexte des trois premières formations All-Starr et confirmation du groupe de 1995, dont Zak Starkey, Entwistle, Preston, Cavaliere, Farner, Bachman et Rivera.
- Calendrier contemporain rec.music.beatles, 1995. Liste publiée à l’époque : salles, doubles séances annoncées, projets sud-américains et distinction entre les annulations de fin août et la série de Las Vegas. Reproduction d’une dépêche Associated Press.
- The Beatles Bible — Third All-Starr Band Tour (1995). Chronologie de référence de cinquante journées du 14 juin au 23 août ; titres du programme-type. À comparer aux fiches qui isolent certaines deuxièmes séances.
- Roanoke Times, 16 juin 1995. Propos contemporains de Ringo sur le critère de sélection de ses partenaires et sa manière d’alterner rôle de chanteur et place de batteur.
- Steve Hochman, Los Angeles Times, 21 août 1995. Compte rendu contemporain des soirées du Greek Theatre : réception critique contrastée, prestations de Cavaliere et Zak Starkey, mention des invités.
- The Who Live — archive du 13 juillet 1995. Registre lié à John Entwistle et à Radio City Music Hall ; les programmes-types indiqués dans cette archive ne sont pas attribués indistinctement à chaque concert.
- Concert Archives — calendrier de juillet 1995. Dénomination Grand Traverse Resort, Acme, pour le 11 juillet ; à recouper avec First of America Stage et Traverse City.
Les sept études complémentaires publiées
- 1995 : cinquante concerts, du Japon à l’Amérique du Nord, et les dates annulées
- Atlantic City, 22 juillet 1995 : deux concerts, un titre changé et l’énigme des setlists
- Billy Preston et Felix Cavaliere avec Ringo en 1995 : claviers, soul et gospel
- Japon, juin 1995 : Morioka, Osaka, Budokan — les onze premiers concerts du troisième All-Starr Band
- La troisième formation de 1995 : Zak Starkey face à John Entwistle, héritages des Who et des Beatles
- Los Angeles, 18 août 1995 : Slash et Joe Walsh, les invités du troisième All-Starr Band
- Randy Bachman et Mark Farner avec Ringo : les grands refrains du rock américain en 1995
La fiche nouvellement publiée du 11 juillet à Acme/Traverse City fait désormais partie de cet index. L’index de la tournée 1995 donne accès à tous les concerts, ainsi qu’aux enquêtes sur les préparatifs, les témoignages et les programmes détaillés. Le chapitre suivant reprend la quatrième formation en 1997–1998 autour de Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke et Mark Rivera.
Bilan : la troisième All-Starr Band restera une combinaison rare de huit talents et de six grandes traditions de chansons populaires. Elle est née au Japon, a poursuivi sa route à travers les États-Unis et s’est arrêtée après Seattle, dans des circonstances qu’il faut distinguer des annulations plus anciennes de Las Vegas. Sa valeur historique ne tient pas seulement aux cinquante dates d’un calendrier de référence, mais à la façon dont Ringo, Zak, Entwistle, Preston, Cavaliere, Bachman, Farner et Rivera ont créé un espace commun pour des musiques qui ne s’étaient jamais trouvées ainsi réunies.
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