Yellow-Sub.net · Étude historique · Tournées 1997–1998
Sommaire
Ringo Starr et le All-Starr Band en 1997–1998 : de Seattle à Moscou, quarante-huit dates documentées
En 1997 et 1998, Ringo Starr réunit sa quatrième formation All-Starr autour de Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke et Mark Rivera. Cette enquête historique en 30 sections retrace 30 concerts américains en 1997, puis 18 engagements réellement tenus en Europe en 1998, dont une participation caritative à Wintershall, et distingue deux spectacles annulés. Les 50 fiches datées et 7 enquêtes complémentaires sont reliées à cette étude, des premiers accords de Seattle aux soirs de Moscou et Saint-Pétersbourg.
Sommaire de l’étude — 30 sections
- 1. 1997–1998 : une formation, deux tournées et un vrai changement de continent
- 2. Cinquante fiches, quarante-huit représentations : établir le registre
- 3. La quatrième formation : six musiciens, cinq héritages de scène
- 4. Ringo Starr : le maître de cérémonie qui redevient batteur
- 5. Peter Frampton : guitare, talk box et mémoire de Humble Pie
- 6. Jack Bruce : Cream, le clavier et une écriture au-delà des riffs
- 7. Gary Brooker : l’orgue et la voix de Procol Harum
- 8. Simon Kirke : une seconde batterie et les répertoires de Free et Bad Company
- 9. Mark Rivera et Scott Gordon : instruments de liaison et interventions limitées
- 10. Dave Mason : le projet d’un septième musicien qui n’aboutit pas
- 11. Le répertoire de 1997 : des tubes, mais pas les mêmes auteurs
- 12. La structure d’un concert long : les voix se succèdent autour de Ringo
- 13. Seattle, 28 avril 1997 : la première de la quatrième formation
- 14. 29 avril au 5 mai : de l’Oregon à la Californie, puis Phoenix
- 15. Denver, 7 mai : Ginger Baker et un écho singulier de Cream
- 16. 9 au 18 mai : Chicago, Missouri, Minnesota et l’arrivée en Floride
- 17. 20 au 25 mai : la Virginie et trois étapes texanes à distinguer
- 18. 28 mai au 7 juin : la dernière ligne droite et les invités du New Jersey
- 19. Pine Knob, 30 mai : le concert devient une VHS officielle en 1998
- 20. Entre 1997 et 1998 : Vertical Man, nouvelles chansons et répétitions londoniennes
- 21. 7 au 13 août 1998 : cinq premières escales européennes et cinq contextes différents
- 22. Differdange, 15 août 1998 : une date annoncée, pas un concert joué
- 23. Louvain, 16 août 1998 : la scène d’un festival impose une autre lecture
- 24. Lisbonne et Dublin, 18–20 août : l’Expo 98 puis la salle du Point
- 25. Londres, 21 et 22 août : une soirée réelle et une seconde annulée
- 26. Moscou et Saint-Pétersbourg, 25–26 août : la Russie dans l’itinéraire de Ringo
- 27. Du 28 août au 3 septembre : trois Monte-Carlo, puis Essen, Hambourg et Bonn
- 28. Wintershall, 5 septembre : un rendez-vous caritatif qui n’est pas un concert ordinaire
- 29. Calendrier documenté : les cinquante fiches de 1997 et 1998
- 30. Sources, enquêtes complémentaires et bilan de la quatrième formation
1. 1997–1998 : une formation, deux tournées et un vrai changement de continent
Pour comprendre le quatrième All-Starr Band de Ringo Starr, il faut commencer par refuser un raccourci : la tournée américaine du printemps 1997 et les concerts européens de l’été 1998 ne sont pas deux copies d’un même spectacle. L’équipe principale demeure remarquablement stable, mais les lieux, les durées, les morceaux et la place des chansons récentes changent. Les États-Unis de 1997 offrent le modèle de départ, avec des théâtres, des amphithéâtres et des casinos. L’Europe de 1998 impose une autre géographie, des festivals nordiques aux salles russes, en passant par l’exposition universelle de Lisbonne et les concerts de Monte-Carlo.
Cette continuité ne doit pas dissimuler la nouveauté. Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke et Mark Rivera entourent Ringo. Leur histoire collective traverse les Beatles, Cream, Procol Harum, Humble Pie, Free, Bad Company et le rock d’auteur de Frampton. On croirait lire l’index d’une encyclopédie de la musique britannique. Pourtant, les soirées ne ressemblent pas à une exposition de trophées : les musiciens jouent les chansons les uns des autres, avec une souplesse que l’affiche ne laisse pas deviner.
Le cœur de cette étude est donc double : retracer 30 concerts aux États-Unis en 1997, puis 18 représentations documentées en Europe en 1998, sans intégrer deux dates annulées au décompte. Les 50 fiches datées du dossier restent accessibles. Elles montrent qu’une annonce, un concert réduit, une répétition et un événement de bienfaisance appartiennent chacun à une catégorie documentaire distincte.
2. Cinquante fiches, quarante-huit représentations : établir le registre
Le registre de Yellow-Sub.net conserve 30 fiches de concerts pour 1997, du 28 avril à Seattle au 7 juin à Jones Beach. Pour 1998, il compte 20 fiches datées, du 7 août à Helsinki au 5 septembre à Wintershall. Deux d’entre elles ne correspondent pas à des spectacles joués : le 15 août au Centre Sportif de Differdange, au Luxembourg, et le 22 août au Shepherd’s Bush Empire de Londres. Le total des représentations retenues est donc de quarante-huit, en tenant compte de la date caritative de Wintershall dont la forme diffère des concerts commerciaux habituels.
Ces chiffres viennent d’un croisement entre les notices du site, les archives officielles de Jack Bruce et les témoignages contemporains. Le musicien distingue clairement les deux dates annulées dans son calendrier. Des divergences secondaires subsistent sur l’intitulé de certaines salles : sa liste résume par exemple l’étape luxembourgeoise à « Luxembourg City », alors que le dossier conserve une localisation plus précise à Differdange. La source donne une annulation certaine ; elle ne transforme pas la formulation de l’affiche en événement exécuté.
D’autres projets apparaissent sans date exacte : des concerts avaient été annoncés à Rio de Janeiro et São Paulo en juin 1997. Ils restent à documenter comme propositions non confirmées. On ne peut pas les additionner aux trente représentations américaines. L’objectif n’est pas de produire le plus gros chiffre, mais de rendre chaque événement vérifiable et d’offrir aux lecteurs des entrées de calendrier dont le statut demeure explicite.
3. La quatrième formation : six musiciens, cinq héritages de scène
La biographie officielle de Ringo identifie la formation comme son quatrième All-Starr Band. Elle réunit six membres permanents : Ringo Starr au chant et à la batterie ; Peter Frampton à la guitare, à la talk box et au chant ; Jack Bruce à la basse, aux claviers et au chant ; Gary Brooker aux claviers, à l’orgue et au chant ; Simon Kirke à la batterie et au chant ; et Mark Rivera au saxophone, à la guitare, aux claviers, aux percussions et aux chœurs. Le décompte inclut Ringo lui-même : les cinq noms qui l’accompagnent ne forment pas une équipe de six supplémentaires.
La distribution présente une cohérence inhabituelle. Bruce, Brooker, Frampton et Kirke sont à la fois interprètes de succès reconnaissables et accompagnateurs des autres. Mark Rivera assure le lien entre les timbres ; Ringo offre un cadre à cette circulation. Le « groupe de vedettes » est ainsi réellement un groupe, plutôt qu’une succession de solistes débarquant sur scène avec leurs propres musiciens.
L’équipe demeure en place de 1997 à 1998, ce qui n’interdit pas les exceptions. Des invités rejoignent des chansons particulières, Scott Gordon intervient à l’harmonica sur Love Me Do en 1998, et les projets de recrutement antérieurs ne doivent pas être confondus avec la distribution effective. Le chapitre distingue tous ces niveaux : membres permanents, invités ponctuels, musiciens associés à un seul événement et artistes envisagés mais absents.
4. Ringo Starr : le maître de cérémonie qui redevient batteur
Dans le All-Starr Band, Ringo conserve un avantage qu’aucun autre membre ne peut lui prendre : tout le monde vient d’abord pour entendre le batteur des Beatles. Mais le dispositif le plus intéressant est sa manière de partager cette attention. Il ouvre souvent les soirées avec It Don’t Come Easy et Act Naturally, puis laisse la voix de Brooker, Frampton, Bruce ou Kirke occuper l’avant-scène. Pendant ce temps, Ringo reprend sa place derrière un kit de batterie. La célébrité n’annule donc pas la fonction musicale.
Ses chansons dessinent une autobiographie sélective : Boys, Yellow Submarine, I Wanna Be Your Man et With a Little Help from My Friends rappellent la période Beatles ; Photograph, Back Off Boogaloo, I’m the Greatest ou No No Song renvoient à sa carrière solo. En 1998, La De Da, associée à l’album Vertical Man, introduit une dimension plus récente. Cette évolution permet de mesurer ce que Ringo souhaite présenter de lui-même, et pas seulement ce que les amateurs attendent de son passé.
L’apport de Simon Kirke à une seconde batterie est essentiel. Le public peut voir Ringo s’avancer, plaisanter et revenir jouer sans que la pulsation de l’orchestre en pâtisse. Au lieu de constituer une concession à la nostalgie, cette organisation affirme une idée simple : les chansons de plusieurs vies artistiques peuvent cohabiter lorsqu’un batteur sait rester au service du groupe.
5. Peter Frampton : guitare, talk box et mémoire de Humble Pie
Peter Frampton arrive dans l’univers All-Starr avec un parcours que l’on ne peut réduire à un seul album à succès. Les années The Herd et Humble Pie précèdent sa carrière solo et le rayonnement de Frampton Comes Alive!. Sur scène avec Ringo, Show Me the Way, Baby, I Love Your Way et Do You Feel Like We Do permettent de présenter plusieurs facettes de son écriture. La talk box ajoute une signature sonore particulièrement reconnaissable, mais il serait réducteur de confondre cette technique avec l’ensemble de sa contribution.
Frampton sert aussi de guitariste à Gary Brooker, Jack Bruce, Simon Kirke et Ringo. Dans les chansons de Cream, il retrouve une place laissée vide par Eric Clapton ; dans le répertoire des Beatles, il accompagne une voix qui les a enregistrées à l’époque. Le choc est plus profond qu’une démonstration de virtuosité : un musicien issu du rock britannique de la fin des années 1960 entre en conversation directe avec l’histoire de ce même rock.
Les programmes de la période laissent une place variable à des moments plus intimes de Frampton, parfois avec des passages acoustiques, tandis que ses grands titres électriques forment un axe régulier. Il faut toutefois séparer l’inventaire de toutes les chansons utilisées en 1997–1998 des listes de chaque concert. Un solo entendu lors d’une représentation longue ne figure pas nécessairement dans un festival où la durée est resserrée.
6. Jack Bruce : Cream, le clavier et une écriture au-delà des riffs
Quand Jack Bruce se présente devant le public de Ringo, il porte un pan entier de l’histoire de Cream : Sunshine of Your Love, White Room, I Feel Free. Leur retour sur scène ne reconstitue pas Cream. Les autres membres du trio ne sont pas présents en permanence et les arrangements doivent fonctionner avec deux batteries, Frampton à la guitare et Gary Brooker aux claviers. L’intérêt tient précisément à cette transposition plutôt qu’à une imitation de l’original.
Le chanteur-bassiste est aussi un compositeur qui s’est aventuré bien au-delà du blues-rock. Theme for an Imaginary Western et Rope Ladder to the Moon, proposées comme moments possibles dans le programme de 1998, renvoient à son album Songs for a Tailor de 1969 et au travail de Pete Brown. Le journal du 16 août 1998 les mentionne comme deux options parmi les passages solo en rotation. Ce document ne dit pas que les deux titres sont forcément joués à chaque représentation ; il montre l’organisation pensée par les musiciens pendant les répétitions.
Bruce peut aussi se déplacer de la basse au clavier ou à la guitare acoustique. Sa polyvalence est expressément mentionnée dans son propre journal, ce qui donne à ces crédits plus de poids qu’une simple déduction de discographie. La formation de Ringo lui offre une place d’interprète et d’accompagnateur, parfaitement compatible avec la puissance musicale qui l’a fait connaître trente ans auparavant.
7. Gary Brooker : l’orgue et la voix de Procol Harum
Gary Brooker apporte au All-Starr Band un registre immédiatement distinct des guitares de Frampton et du blues de Bruce. Son piano, son orgue et sa voix grave rappellent Procol Harum, sans que le groupe soit reconstitué. A Whiter Shade of Pale, Conquistador, A Salty Dog et Whisky Train font traverser au public plusieurs années de musique britannique. Il ne s’agit pas de quatre morceaux interchangeables : l’ampleur presque cérémonielle d’une ballade côtoie des formes plus directement rock.
Un sujet de crédits mérite d’être rappelé. Whisky Train, enregistrée par Procol Harum, est associée à l’écriture de Robin Trower et de Keith Reid, pas à une composition personnelle de Brooker. Ce dernier en est l’interprète au sein de la formation de Ringo, ce qui suffit à justifier sa présence dans le programme sans réécrire l’histoire de l’œuvre. De même, les autres chansons de Procol Harum demandent que l’on respecte la contribution des paroliers et des auteurs qui ne montent pas sur scène.
Brooker est l’un des liens de continuité essentiels de 1997 à 1998. Le journal de Jack Bruce le montre aussi comme un partenaire de répétitions et de voyage. Au-delà du prestige de son nom, il fournit des couleurs harmoniques qui permettent à la formation de conserver sa cohérence lorsque le concert passe d’un standard des Beatles à une chanson particulièrement exigeante de son répertoire.
8. Simon Kirke : une seconde batterie et les répertoires de Free et Bad Company
Simon Kirke représente deux histoires du rock britannique : Free et Bad Company. Il chante ou présente All Right Now et Shooting Star, chansons dont les caractères sont très différents. Le premier est un succès de rock direct, porté par un riff immédiatement reconnaissable ; le second raconte une trajectoire humaine plus sombre. Leur coexistence dans la même soirée révèle l’amplitude du répertoire que le All-Starr Band peut accueillir.
Kirke demeure avant tout batteur, ce qui change la place de Ringo dans l’orchestre. Les deux hommes peuvent assurer une section rythmique solide, tandis que Ringo s’éloigne du kit pour chanter. Pour un public venu en premier lieu rencontrer un Beatle, l’expérience est intéressante : le spectacle ne se contente pas de montrer Ringo dans son passé, il le fait participer à des chansons qu’il n’a pas enregistrées à l’origine.
La généalogie des œuvres mérite la même rigueur que pour les autres artistes. All Right Now appartient à la collaboration de Paul Rodgers et Andy Fraser ; sa présence au répertoire de Kirke ne fait pas de celui-ci l’unique auteur. Les chansons apportent donc une part de mémoire musicale collective qui dépasse l’individu au micro. Kirke contribue à la fois à leur interprétation et à la continuité de tout le concert.
9. Mark Rivera et Scott Gordon : instruments de liaison et interventions limitées
Dans cette formation, Mark Rivera peut passer du saxophone à la guitare, des claviers aux percussions et aux chœurs. Le journal de Jack Bruce du 16 août 1998 le présente explicitement comme directeur musical. Ce titre fait comprendre sa place réelle : il ne s’agit pas seulement d’ajouter des instruments à vent aux morceaux de Ringo, mais de rendre jouables par une même équipe les chansons de quatre grands répertoires différents.
Le saxophone peut renforcer le côté populaire d’un refrain ; les claviers ou la guitare acoustique étoffent les ballades ; les percussions assurent les changements de texture. Tous ces rôles ne sont pas observés à chaque seconde de chaque concert. Ils correspondent à la polyvalence documentée du musicien et doivent être précisés par les fiches et les captations lorsqu’on veut attribuer une intervention exacte à une date.
Scott Gordon constitue un cas différent. Il est associé à l’harmonica de Love Me Do lors de la partie européenne de 1998. Il ne figure pas parmi les six titulaires de 1997 et ne doit pas être présenté comme un septième membre permanent des deux années. L’information est utile pour les spécialistes de la sonorité de ce morceau des Beatles, mais son statut limité doit rester visible. L’archéologie musicale aime les petits détails : elle se doit précisément de ne pas les grossir jusqu’à changer la composition du groupe.
10. Dave Mason : le projet d’un septième musicien qui n’aboutit pas
Un nom revient parfois dans les documents préparatoires de 1997 : Dave Mason, ancien membre de Traffic et guitariste connu pour une carrière solo riche. Il avait été associé au projet de quatrième formation avant son départ. Des récits postérieurs, dont une interview autour de ses mémoires, reviennent sur des désaccords concernant l’organisation du voyage. Il serait pourtant imprudent de transformer une explication rétrospective en compte rendu exhaustif des négociations, dont tous les termes ne sont pas documentés.
Ce qui est certain, c’est que Mason ne fait pas partie des six musiciens qui montent sur scène à Seattle le 28 avril, puis sur le reste de la tournée. Les fonctions de guitare reviennent à Peter Frampton, tandis que Mark Rivera assure plusieurs instruments complémentaires. Faire figurer Mason dans la formation jouée de 1997 reviendrait à confondre une annonce avec un engagement exécuté — erreur que le dossier s’efforce de corriger pour les concerts comme pour les personnes.
La présence de Mason dans les avant-projets conserve malgré tout une valeur historique. Elle indique les possibilités explorées au moment de préparer un orchestre où chaque partenaire doit à la fois présenter ses chansons et accompagner celles des autres. Les équipes All-Starr changent souvent entre la première annonce et le plateau définitif. C’est pourquoi l’article distingue clairement les membres permanents, les invités et les musiciens qui n’ont pas réalisé la tournée.
11. Le répertoire de 1997 : des tubes, mais pas les mêmes auteurs
Une tournée du All-Starr Band fonctionne sur une ambiguïté assumée : le public reconnaît les voix et les grands succès de chaque musicien, alors que les chansons ont souvent été écrites avec des partenaires qui ne participent pas à l’orchestre. En 1997, Sunshine of Your Love et White Room convoquent les collaborations de Jack Bruce avec Pete Brown et, pour certains titres, d’autres membres de Cream. A Whiter Shade of Pale rappelle Gary Brooker et les contributions qui ont construit l’œuvre de Procol Harum. All Right Now représente Free, mais pas une composition individuelle de Simon Kirke.
Les succès de Peter Frampton, Show Me the Way, Baby, I Love Your Way et Do You Feel Like We Do, portent quant à eux une carrière solo étroitement associée à l’essor des albums live des années 1970. Les chansons de Ringo viennent d’horizons encore plus dispersés : un titre des Beatles écrit par Lennon-McCartney, une reprise de country américaine ou un tube solo composé avec George Harrison n’ont pas le même statut d’auteur.
Le travail de Yellow-Sub.net consiste à donner aux lecteurs deux informations simultanément : qui chante sur scène, et d’où vient l’œuvre. Elles ne sont pas interchangeables. Une discographie sérieuse doit donc mentionner les auteurs d’origine, les enregistrements historiques et les variations liées à la quatrième formation, sans attribuer aux musiciens de 1997 des partitions qu’ils ont simplement rendues célèbres.
12. La structure d’un concert long : les voix se succèdent autour de Ringo
Le programme de référence de 1997 met en place une succession presque théâtrale. Ringo commence par It Don’t Come Easy et Act Naturally, Gary Brooker présente Whisky Train, Peter Frampton Show Me the Way, Jack Bruce Sunshine of Your Love et Simon Kirke Shooting Star. Chacun des grands héritages du groupe est annoncé très tôt, avant que la soirée ne développe les autres facettes du répertoire.
Les chansons des Beatles et de la carrière solo de Ringo reviennent régulièrement : Boys, Love Me Do, Yellow Submarine, I’m the Greatest, No No Song, I Wanna Be Your Man et Photograph. Elles partagent la scène avec Conquistador, A Whiter Shade of Pale, I Feel Free, All Right Now et les titres plus longs de Frampton. Le final With a Little Help from My Friends permet souvent l’intervention d’invités.
La liste complète des chansons jouées au moins une fois pendant la période ne forme pourtant pas un concert réel. Il existe des variantes, des solos en rotation, des programmes de festivals plus courts et des documents incomplets. Le concert filmé de Pine Knob constitue un précieux témoin daté, mais ses choix de montage ne doivent pas être transportés sur les représentations de Seattle, de Denver ou de Houston. Chaque fiche conserve son propre relevé.
13. Seattle, 28 avril 1997 : la première de la quatrième formation
Le 28 avril 1997, le Moore Theatre de Seattle accueille la première représentation attestée de cette distribution. Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke et Mark Rivera rejoignent Ringo sur une scène où l’on entend désormais un assemblage de Cream, Procol Harum, Humble Pie et des Beatles. Le choix d’une salle de théâtre, avant les déplacements vers les amphithéâtres, permet au groupe de mettre en place la précision de ses relais vocaux.
Les comptes rendus et les fiches rappellent que l’ouverture d’une tournée ne doit pas être réécrite à partir d’un programme plus tardif. L’équipe se connaît en partie, mais les arrangements sont nouveaux. Frampton doit jouer les passages de guitare des chansons de Bruce sans transformer Cream en groupe de reprises, Brooker adapte la richesse harmonique de Procol Harum et Kirke soutient les moments où Ringo se lève du tabouret.
Une anecdote de la documentation mentionne Randy Bachman dans le public de Seattle. Il ne s’agit pas d’une participation scénique et l’on ne peut pas l’inscrire comme membre supplémentaire du All-Starr Band. Cette précaution est caractéristique du dossier : être photographié dans une salle, avoir participé à une formation précédente ou se trouver dans l’entourage d’un artiste ne suffit pas à établir un crédit de concert.
14. 29 avril au 5 mai : de l’Oregon à la Californie, puis Phoenix
Après Seattle, la tournée passe le 29 avril à Eugene et le 30 avril à Portland, dans l’Oregon, puis gagne le Concord Pavilion le 2 mai et l’Universal Amphitheatre de Los Angeles le 3 mai. San Diego et Phoenix suivent les 4 et 5 mai. En une semaine, le groupe traverse des salles dont la configuration change constamment, ce qui met à l’épreuve la capacité des musiciens à garder une même cohésion sans reproduire un spectacle figé.
Le 3 mai à Los Angeles, des invités historiques rejoignent le final With a Little Help from My Friends : Mark Farner, Timothy B. Schmit et Eric Burdon. Chacun apporte une histoire différente, de Grand Funk Railroad à Poco et aux Eagles, jusqu’aux Animals. Leur présence enrichit le dernier morceau, mais ne signifie pas qu’ils accompagnent les deux heures du concert ou les autres étapes californiennes.
Les dates de San Diego et Phoenix permettent d’observer le passage du groupe des théâtres à des sites de plein air. Les crédits généraux de la formation restent stables, tandis que les invités et les chansons particulières demandent une documentation propre à chaque soir. Le principe du All-Starr Band repose sur la reconnaissance immédiate des refrains, mais sa véritable histoire se trouve dans les différences entre les concerts.
15. Denver, 7 mai : Ginger Baker et un écho singulier de Cream
Le 7 mai 1997, le All-Starr Band se produit au Fiddler’s Green Amphitheatre, près de Denver. Le calendrier officiel de Jack Bruce signale cette date avec la présence de Ginger Baker. La fiche historique du concert associe le batteur de Cream à une participation sur White Room. Une telle apparition est particulièrement chargée de mémoire : Bruce et Baker ont été au cœur de l’un des groupes les plus influents de la seconde moitié des années 1960.
Cette rencontre ne doit pourtant pas être transformée en reformation de Cream. Eric Clapton ne fait pas partie de la distribution du All-Starr Band, Peter Frampton conserve la responsabilité des guitares et Simon Kirke demeure le second batteur régulier auprès de Ringo. La présence de Baker est un événement ponctuel, documenté pour Denver, dont les conditions musicales doivent être lues à l’échelle de ce concert.
La scène de Ringo possède ainsi une manière très particulière de faire revenir l’histoire : non par une reconstitution totale du groupe d’origine, mais par l’insertion d’un ancien partenaire dans un orchestre différent. Pour l’auditeur qui connaît White Room dans sa version de Cream, l’intérêt est de comprendre comment une chanson circule entre les générations et les formations sans perdre son identité.
16. 9 au 18 mai : Chicago, Missouri, Minnesota et l’arrivée en Floride
Après Denver, la route emprunte le Rosemont Horizon à Chicago le 9 mai, le Riverport Amphitheatre de Maryland Heights le 10, le State Theatre de Minneapolis le 11, l’Eagle’s Ballroom de Milwaukee le 13 et le Breslin Center d’East Lansing le 14. Le groupe gagne ensuite Atlanta le 16, Sunrise en Floride le 17 et Tampa le 18. Le parcours révèle une véritable tournée nationale, passant du Midwest aux États du Sud.
Le 11 mai à Minneapolis, les archives citent Leo Kottke sur Power Failure, un détail important pour les amateurs des guitares acoustiques américaines. Il faut cependant conserver cette participation à la bonne date et au bon morceau. Sa présence ne transforme ni la formation permanente ni les programmes des concerts précédents. Une tournée All-Starr peut accueillir des invités très différents sans que l’orchestre change de composition officielle.
Les représentations successives éclairent également l’adaptation des musiciens à des salles de capacités très différentes. Un spectacle en théâtre, un amphithéâtre ouvert et une salle de casino n’imposent pas le même rythme ni les mêmes contraintes, mais le principe du relais reste le même. Ringo revient régulièrement à ses chansons, tandis que Frampton, Brooker, Bruce et Kirke disposent chacun d’un espace distinct. L’intérêt de cette section est autant géographique que musical : ce sont les mêmes six membres au service d’un public sans cesse renouvelé.
17. 20 au 25 mai : la Virginie et trois étapes texanes à distinguer
La tournée se poursuit au Palace Theatre de Myrtle Beach le 20 mai, puis à Wolf Trap, à Vienna, le 21. Viennent ensuite trois concerts texans les 23, 24 et 25 mai : Billy Bob’s Texas à Fort Worth, Six Flags Fiesta Texas à San Antonio et Six Flags AstroWorld à Houston. Cette série fait déjà l’objet d’une enquête spécifique de Yellow-Sub.net, destinée à éviter l’erreur fréquente qui consiste à fusionner trois setlists proches dans une seule soirée fictive.
Le 25 mai à Houston, Joe Walsh, ancien compagnon de route de Ringo et figure des Eagles, rejoint notamment Photograph et With a Little Help from My Friends. Il s’agit d’une participation invitée, et non d’un remplacement de Frampton. À Vienna, le 21, Nils Lofgren apparaît dans les archives comme première partie ; une éventuelle participation au concert de Ringo demeure à confirmer. La distinction entre artiste assurant l’ouverture et musicien ayant joué dans le groupe principal est fondamentale pour établir les crédits.
Ces trois villes texanes montrent la souplesse de la formule : salle de spectacle, parc d’attractions et grand complexe de loisirs. Le programme a des bases reconnaissables, mais les circonstances ne sont pas les mêmes. Pour l’historien, mieux vaut trois notices honnêtes sur leurs différences qu’un récit trop lisse où la tournée serait un concert unique répété partout à l’identique.
18. 28 mai au 7 juin : la dernière ligne droite et les invités du New Jersey
Après la séquence texane, le groupe se rend à Newark, Delaware, le 28 mai, puis à Pittsburgh le 29, à Pine Knob le 30 et à Akron le 31. Début juin, il passe au Mohegan Sun le 2, au PNC Bank Arts Center de Holmdel le 3, à Boston le 5, à Atlantic City le 6 et conclut au Jones Beach Amphitheatre de Wantagh le 7 juin. Trente dates composent désormais la tournée américaine attestée de la quatrième formation.
Le 3 juin à Holmdel, les archives signalent deux interventions remarquables. Bernie Worrell, organiste aux associations musicales multiples, participe à Theme for an Imaginary Western ; Max Weinberg rejoint la batterie pour Photograph et le final. Ces deux noms appartiennent à la soirée du New Jersey, non au noyau de musiciens présents depuis Seattle. Le 7 juin à Jones Beach, Bob Mayo, partenaire de Peter Frampton, est mentionné aux claviers sur Lines on My Face.
La chronologie est aussi un bon rappel de l’hétérogénéité des sources. Les étapes de fin de tournée bénéficient de fiches détaillées, mais certaines listes de chansons restent partielles. La présence d’un invité explicitement identifié doit être attachée à la bonne représentation ; la réputation de cet invité ne dispense pas de vérifier le morceau sur lequel il intervient. La route s’achève à Jones Beach, sans prolongement brésilien confirmé.
19. Pine Knob, 30 mai : le concert devient une VHS officielle en 1998
Le 30 mai 1997, le All-Starr Band se produit au Pine Knob Music Theatre, près de Detroit. Cette représentation a une importance discographique particulière : elle est filmée et donnera lieu à une édition vidéo commercialisée en VHS sous le titre Ringo Starr and His Fourth All Starr Band. Les références de vidéographie et la notice officielle de Jack Bruce indiquent une mise en vente au cours de l’été 1998, avec une date donnée au 28 juillet par les archives spécialisées.
La captation permet d’observer la distribution et les arrangements autrement que dans un récit de spectateur. Elle fixe la manière dont Frampton accompagne Bruce, dont Brooker intervient à l’orgue et dont Ringo échange la première place avec ses partenaires. Mais il faut aussi distinguer le concert filmé de la version effectivement montée pour la commercialisation. Un DVD de collectionneur obtenu à partir d’une VHS ne constitue pas nécessairement une nouvelle édition autorisée ; la même séquence peut circuler sous différents titres sans représenter plusieurs performances.
Pine Knob est donc un repère essentiel pour l’archéologie des supports. À la différence de la tournée 1999, pour laquelle aucun album officiel de concert ne doit être inventé, la quatrième formation possède ce document vidéo identifié. Le dossier relie la fiche du 30 mai à l’histoire de l’édition et aux témoignages sur le programme, afin de préserver la différence entre le soir joué, l’enregistrement et le support publié l’année suivante.
20. Entre 1997 et 1998 : Vertical Man, nouvelles chansons et répétitions londoniennes
À l’été 1998, Ringo revient en Europe avec les mêmes cinq partenaires réguliers, mais son actualité discographique a changé. L’album Vertical Man, enregistré dans l’environnement de Mark Hudson et des Roundheads, paraît en 1998. La chanson La De Da entre dans le programme de la formation, où elle dialogue avec des morceaux beaucoup plus anciens. Love Me Do reçoit également une place plus nette, avec l’intervention spécifique d’harmonica associée à Scott Gordon.
Le témoignage le plus précieux sur la préparation se trouve dans le journal de Jack Bruce du 16 août 1998. Il décrit environ deux semaines de répétitions à Londres et reproduit un programme de travail de vingt-quatre positions, dont deux moments solistes qui peuvent varier. Le document donne aussi une liste des musiciens et précise la fonction de directeur musical de Mark Rivera. Pour une enquête historique, il s’agit d’une source de premier ordre : un participant explique directement comment l’orchestre organise la soirée, au lieu de se contenter d’une publicité ou d’une setlist reconstituée.
Cette préparation éclaire les différences observées entre les festivals européens et les concerts en salle. La formation garde son identité, mais l’ordre, la durée et le choix de certains passages peuvent changer. Il ne faut donc pas transposer sans critique le concert filmé du Michigan de 1997 à la scène de Louvain ou de Moscou l’année suivante. Les mêmes musiciens ne garantissent pas le même spectacle.
21. 7 au 13 août 1998 : cinq premières escales européennes et cinq contextes différents
La reprise du All-Starr Band a lieu le 7 août 1998 à Helsinki, dans la patinoire du Helsingin Jäähalli. Dès le lendemain, le groupe joue à Zofingue au Heitere Open Air Festival, puis le 9 août à Skanderborg au Danmarks Smukkeste Festival. Trois pays en trois jours : cette succession n’a rien d’une résidence à programme figé. Dans une salle couverte, un festival suisse et un grand rassemblement danois, la durée disponible, les horaires de scène et les publics attendus ne sont pas identiques. Les chansons attribuées à chaque date doivent donc être vérifiées séparément.
Les deux rendez-vous suivants sont allemands : la Freilichtbühne Killesberg de Stuttgart, le 12 août, puis la Theaterplatz de Chemnitz, le 13 août. Ces cinq concerts constituent le véritable départ de la tournée européenne, dont la chronologie ne doit pas être confondue avec celle des dates américaines de 1997. Le parcours est aussi un indice de la souplesse de cette formation : six artistes associés à des musiques parfois éloignées — Beatles, Cream, Free, Bad Company, Procol Harum, Frampton — se retrouvent dans un spectacle commun qui peut voyager d’une grande salle à une place urbaine.
Le témoignage de Jack Bruce daté du 16 août 1998, rédigé alors que cette première partie de tournée est déjà passée, est particulièrement précieux. Le bassiste raconte les deux semaines de répétitions à Londres et nomme Mark Rivera comme directeur musical. Il évoque un programme d’environ vingt-quatre positions et le jeu des morceaux alternés, notamment autour de ses propres interventions. C’est un témoignage de participant, contemporain des événements, à rapprocher des comptes rendus et des listes de titres de chaque concert. Lire le carnet de Jack Bruce, 16 août 1998.
22. Differdange, 15 août 1998 : une date annoncée, pas un concert joué
La fiche du 15 août 1998 mérite une vigilance particulière pour les lecteurs luxembourgeois de Yellow-Sub.net. Elle renvoie au Centre sportif de Differdange, mais l’événement est annulé. Il serait historiquement faux de le présenter comme une étape accomplie de la tournée, de lui attribuer une set-list jouée ou d’intégrer son public à la fréquentation des spectacles effectivement donnés. L’itinéraire annoncé est un document ; la représentation sur scène en serait un autre. Dans ce cas, nous ne disposons pas de la seconde.
Le calendrier rétrospectif publié par l’entourage de Jack Bruce enregistre bien une annulation le 15 août, avec une désignation géographique qui peut renvoyer plus généralement à la région de Luxembourg. La fiche détaillée du dossier conserve l’intitulé Differdange. Cette divergence de localisation dans les relevés n’autorise pas à déplacer le concert à Luxembourg-ville ni à prétendre qu’il a eu lieu. Elle démontre au contraire l’intérêt de comparer les documents avant de bâtir un récit.
La veille, le groupe était à Chemnitz ; le lendemain, il figure à l’affiche du festival de Louvain. Le créneau du 15 août s’insère logiquement dans le trajet, mais la logique d’une tournée ne prouve jamais l’exécution d’un spectacle. La fiche de Differdange est donc classée parmi les dates annoncées puis annulées, au même titre que la seconde représentation londonienne du 22 août.
23. Louvain, 16 août 1998 : la scène d’un festival impose une autre lecture
Après l’annulation luxembourgeoise, le 16 août mène la quatrième formation au Marktrock de Louvain, en Belgique. On rencontre parfois les graphies « Markt Rock » ou « Marktrock » : elles désignent ici le même festival. L’essentiel est ailleurs. Une prestation inscrite dans un événement collectif ne peut être présumée identique, titre par titre et dans le même ordre, à un concert annoncé sous la seule enseigne « Ringo Starr and His All-Starr Band ».
La soirée de Louvain donne à voir la force immédiate du concept : Ringo n’a pas besoin de faire durer son propre répertoire sans interruption. Il le partage avec les succès des anciens groupes de ses partenaires. White Room renvoie à Cream, All Right Now à Free, Conquistador et A Whiter Shade of Pale à Procol Harum, tandis que Frampton conserve son territoire sonore distinctif. Ce raccourci des histoires du rock crée une expérience très lisible pour un public de festival ; il ne dispense pas de documenter la séquence réellement exécutée.
Fait rare, nous possédons un texte écrit le jour même par l’un des musiciens : le carnet de Jack Bruce, daté du 16 août. Il confirme le dispositif de scène et les répétitions londoniennes, mais ne constitue pas automatiquement la liste complète du concert de Louvain. Les sources doivent rester à leur juste place. Notre fiche de la représentation et l’enquête sur les variantes de programmes en 1998 approfondissent cette distinction.
24. Lisbonne et Dublin, 18–20 août : l’Expo 98 puis la salle du Point
Deux jours après Louvain, Ringo et ses musiciens arrivent à Lisbonne, le 18 août 1998, dans le cadre de l’Exposition universelle Expo 98. Le lieu et le contexte comptent autant que la simple présence d’un nom dans une chronologie. Les expositions universelles accueillent des spectacles devant des visiteurs aux centres d’intérêt très divers ; il serait réducteur de lire cet engagement comme un concert réservé aux amateurs du rock britannique des années 1960 et 1970.
Le parcours se poursuit en Irlande le 20 août, au Point de Dublin. Ce changement d’environnement ramène la quatrième formation à une configuration de grande salle. Entre le concert portugais et la scène dublinoise, l’identité des six musiciens demeure, mais l’ordre des titres et les caractéristiques de la représentation doivent être attribués à leur date. La seule existence d’une set-list documentée à Moscou ou à Seattle n’autorise pas à la recopier pour Lisbonne et Dublin.
Le programme réunit deux idées qui peuvent sembler contradictoires. D’un côté, des succès immédiatement reconnaissables assurent la continuité : Photograph, Yellow Submarine, With a Little Help from My Friends. De l’autre, la circulation entre les chanteurs transforme la soirée en revue collective. Ce deuxième aspect explique que les traces documentaires puissent donner plus ou moins de place à Frampton, Bruce, Brooker ou Kirke selon la durée de la prestation et la précision du relevé. Les archives de Lisbonne et la fiche du Point de Dublin sont consultables séparément.
25. Londres, 21 et 22 août : une soirée réelle et une seconde annulée
Le Shepherd’s Bush Empire apparaît deux fois dans le registre de la tournée : le 21 août 1998 pour une soirée effectivement donnée et le 22 août pour une date annulée. Cette différence n’est pas un détail de classement. Fusionner les deux fiches ou inscrire deux représentations jouées ferait artificiellement grossir le nombre de concerts et créerait une seconde set-list qui n’a pas de fondement.
À Londres, la quatrième formation se présente dans la ville où Jack Bruce dit avoir répété pendant deux semaines avant son départ estival. Pour Brooker, Frampton, Kirke et Bruce, le spectacle rassemble aussi des parcours britanniques que l’histoire du rock associe souvent sans qu’ils aient jamais appartenu à un même groupe. Derrière le nom de Ringo, il ne s’agit ni d’une réunion de Cream ni de Procol Harum, ni d’un hommage intégral aux Beatles ; ce sont des interprètes vivants qui jouent les uns avec les autres, dans une économie de scène organisée par Mark Rivera.
Le carnet de Jack Bruce du 23 août 1998 constitue un autre point d’appui contemporain. Il se situe juste après cette séquence britannique et avant les engagements russes. Là encore, l’intérêt d’un journal de bord tient à ce qu’il éclaire la vie de la tournée, ses déplacements et ses contraintes, sans pour autant remplacer une liste de morceaux certifiée pour chaque date. Nous conservons donc deux fiches distinctes : 21 août, concert joué ; 22 août, annulation.
26. Moscou et Saint-Pétersbourg, 25–26 août : la Russie dans l’itinéraire de Ringo
La séquence russe marque un jalon biographique considérable. Le 25 août 1998, le All-Starr Band se produit à la salle centrale de concerts Rossiya de Moscou ; le 26 août, il gagne le concert hall Oktiabrsky de Saint-Pétersbourg. La biographie officielle de Ringo Starr souligne que ce passage a fait de lui le premier ancien Beatle à se produire en Russie. Cette formule concerne l’histoire des concerts donnés par les quatre anciens membres du groupe ; elle ne doit pas se muer en affirmation selon laquelle les Beatles eux-mêmes y auraient joué.
À Moscou, la documentation conservée par le dossier recense vingt-quatre chansons, faisant entendre l’ensemble des identités du groupe. Il faut toutefois distinguer la liste attachée à ce concert des vingt-quatre positions évoquées dans les répétitions par Jack Bruce : les deux nombres peuvent coïncider, mais ne décrivent pas nécessairement la même réalité documentaire. Le concert moscovite permet d’observer la logique de la formule : un récit passant de Ringo aux œuvres de Cream, Procol Harum, Free, Bad Company ou Frampton, avant un final fédérateur. La dimension symbolique du voyage n’efface pas sa richesse musicale.
Le changement de ville dès le lendemain invite à ne pas amalgamer Moscou et Saint-Pétersbourg sous une unique « tournée russe ». Les salles sont différentes ; les preuves disponibles pour la programmation précise aussi. La reconstitution du concert de Moscou examine la première soirée ; les deux fiches datées établissent le parcours. La Russie représente ici une conquête géographique et historique, mais le premier devoir du dossier reste de séparer le fait attesté de l’anecdote séduisante.
27. Du 28 août au 3 septembre : trois Monte-Carlo, puis Essen, Hambourg et Bonn
Après les deux dates russes, la quatrième formation rejoint la Salle des Étoiles du Sporting Club de Monte-Carlo pour trois représentations successives, les 28, 29 et 30 août 1998. Ce triptyque doit être lu comme trois soirées, non comme une seule étape portant trois dates interchangeables. Selon les archives accessibles, la précision des set-lists n’est pas égale ; en particulier, une liste incomplète pour le 30 août ne prouve pas que le groupe ait joué moins de chansons qu’aux deux soirées précédentes.
Le contexte monégasque est à l’opposé de celui des festivals de Skanderborg ou de Louvain. La proximité d’une salle de spectacle de prestige, les conditions d’accueil et le public envisagé modifient la manière dont la tournée peut être documentée. Cela ne signifie pas que les six musiciens aient changé de formation. Le même collectif peut, sans contradiction, apparaître dans un festival populaire, une arène russe et un club de gala monégasque. Ce qui varie, ce sont la durée exacte, les titres observés et les circonstances.
La route reprend vers l’Allemagne avec Essen, le 1er septembre, Hambourg, le 2, puis Bonn, le 3. Ces trois dates concluent la partie ordinaire du parcours européen. Leur importance historique tient moins à un événement spectaculaire isolé qu’à la continuité d’une formation qui s’est maintenue d’une année sur l’autre, alors que les All-Starr Bands sont par principe des assemblages temporaires. L’analyse des programmes européens détaille les nuances ; les six fiches datées restent la référence pour les lieux et les éléments vérifiables.
28. Wintershall, 5 septembre : un rendez-vous caritatif qui n’est pas un concert ordinaire
La dernière date conservée pour 1998 se déroule le 5 septembre au domaine de Wintershall, à Bramley, dans le Surrey. C’est un rendez-vous caritatif et collectif, avec d’autres musiciens dans l’affiche ou dans les prestations. Les noms de Mike Rutherford, Paul Carrack, Paul Young ou Gary Wallis figurent parmi les participants associés à cette occasion. Leur présence ne signifie pas qu’ils ont été recrutés pour la quatrième formation régulière de Ringo, ni qu’ils aient tous participé à une set-list standard du All-Starr Band.
Ce cas oblige à expliciter notre convention de comptage. Sur les vingt fiches datées en 1998, deux portent sur des annulations. Il reste dix-huit représentations ou participations effectivement tenues, dont Wintershall. La précision « participation caritative » doit accompagner ce dernier chiffre : elle évite de faire passer une intervention spéciale au sein d’un programme plus large pour une prestation habituelle de plus de deux heures. Pour la même raison, les trente concerts américains de 1997 et les dix-huit engagements réalisés en Europe en 1998 forment quarante-huit dates jouées ou participations, mais pas quarante-huit concerts strictement identiques par nature.
Cette nuance n’amoindrit pas la réussite de la quatrième formation. En dix-sept mois, des scènes américaines aux festivals européens, de Moscou à Wintershall, Ringo Starr a maintenu une cohésion musicale entre cinq personnalités de la génération du rock classique. L’année suivante, 1999, une autre combinaison s’annonce. Le fil du dossier se poursuit dans notre étude consacrée aux trente concerts de 1999.
29. Calendrier documenté : les cinquante fiches de 1997 et 1998
Le registre suivant relie les cinquante fiches datées déjà publiées et distingue explicitement les annonces annulées. Les lieux sont repris des intitulés archivés, avec leurs conventions locales. Les trente entrées américaines correspondent à des représentations jouées ; les vingt européennes comprennent deux annulations et, le 5 septembre, une participation caritative de nature différente.
1997 — 28 avril au 17 mai (15 concerts)
| Date | Salle et ville | Statut | Archive |
|---|---|---|---|
| 28 avril 1997 | Washington Moore Theatre, Seattle, État de Washington, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 29 avril 1997 | Hult Center for the Performing Arts, Eugene, Oregon, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 30 avril 1997 | Arlene Schnitzer Concert Hall, Portland, Oregon, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 2 mai 1997 | Concord Pavilion, Concord, Californie, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 3 mai 1997 | Universal Amphitheatre, Los Angeles, Californie, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 4 mai 1997 | Humphrey’s by the Bay, San Diego, Californie, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 5 mai 1997 | Mesa Amphitheatre, Phoenix, Arizona, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 7 mai 1997 | Fiddler’s Green, Denver, Colorado, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 9 mai 1997 | Rosemont Horizon, Chicago, Illinois, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 10 mai 1997 | Riverport Amphitheatre, Maryland Heights, Missouri, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 11 mai 1997 | State Theater, Minneapolis, Minnesota, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 13 mai 1997 | Eagle’s Ballroom, Milwaukee, Wisconsin, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 14 mai 1997 | Breslin Center, East Lansing, Michigan, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 16 mai 1997 | Chastain Park, Atlanta, Géorgie, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 17 mai 1997 | Sunrise Musical Theatre, Sunrise, Floride, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
1997 — 18 mai au 7 juin (15 concerts)
| Date | Salle et ville | Statut | Archive |
|---|---|---|---|
| 18 mai 1997 | Ruth Eckerd Hall, Tampa, Floride, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 20 mai 1997 | Palace Theater, Myrtle Beach, Caroline du Sud, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 21 mai 1997 | Wolf Trap Farm Park for the Performing Arts, Vienna, Virginie, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 23 mai 1997 | Billy Bob’s Texas, Fort Worth, Texas, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 24 mai 1997 | Six Flags Fiesta Texas, San Antonio, Texas, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 25 mai 1997 | Six Flags AstroWorld, Houston, Texas, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 28 mai 1997 | Université du Delaware, Newark, Delaware, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 29 mai 1997 | I.C. Light Amphitheatre, Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 30 mai 1997 | Pine Knob Amphitheatre, Detroit, Michigan, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 31 mai 1997 | Rubber Bowl, Akron, Ohio, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 2 juin 1997 | Mohegan Sun Resort & Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 3 juin 1997 | PNC Bank Arts Center, Holmdel, New Jersey, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 5 juin 1997 | Harborlights Pavilion, Boston, Massachusetts, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 6 juin 1997 | Resorts International, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
| 7 juin 1997 | Jones Beach Amphitheater, Wantagh, État de New York, États-Unis | Concert joué | Voir la fiche |
1998 — 7 au 21 août (9 concerts et 1 annulation)
| Date | Salle et ville | Statut | Archive |
|---|---|---|---|
| 7 août 1998 | Helsingin Jäähalli, Helsinki, Finlande | Concert joué | Voir la fiche |
| 8 août 1998 | Heitere Open Air Festival, Zofingue, Suisse | Concert joué | Voir la fiche |
| 9 août 1998 | Danmarks Smukkeste Festival, Skanderborg, Danemark | Concert joué | Voir la fiche |
| 12 août 1998 | Freilichtbühne Killesberg, Stuttgart, Allemagne | Concert joué | Voir la fiche |
| 13 août 1998 | Theaterplatz, Chemnitz, Allemagne | Concert joué | Voir la fiche |
| 15 août 1998 | Centre Sportif, Differdange, Luxembourg | Annulé | Voir la fiche |
| 16 août 1998 | Markt Rock Festival, Louvain, Belgique | Concert joué | Voir la fiche |
| 18 août 1998 | Exposition universelle Expo 98, Lisbonne, Portugal | Concert joué | Voir la fiche |
| 20 août 1998 | The Point, Dublin, Irlande | Concert joué | Voir la fiche |
| 21 août 1998 | Shepherd’s Bush Empire, Londres, Royaume-Uni | Concert joué | Voir la fiche |
1998 — 22 août au 5 septembre (9 spectacles ou participations et 1 annulation)
| Date | Salle et ville | Statut | Archive |
|---|---|---|---|
| 22 août 1998 | Shepherd’s Bush Empire, Londres, Royaume-Uni | Annulé | Voir la fiche |
| 25 août 1998 | Salle centrale de concerts Rossiya (« Russia »), Moscou, Russie | Concert joué | Voir la fiche |
| 26 août 1998 | Oktiabrsky Concert Hall, Saint-Pétersbourg, Russie | Concert joué | Voir la fiche |
| 28 août 1998 | Sporting Club, Salle des Étoiles, Monaco, principauté de Monaco | Concert joué | Voir la fiche |
| 29 août 1998 | Sporting Club, Salle des Étoiles, Monaco, principauté de Monaco | Concert joué | Voir la fiche |
| 30 août 1998 | Sporting Club, Salle des Étoiles, Monaco, principauté de Monaco | Concert joué | Voir la fiche |
| 1er septembre 1998 | Grugahalle, Essen, Allemagne | Concert joué | Voir la fiche |
| 2 septembre 1998 | Stadtpark Freilichtbühne, Hambourg, Allemagne | Concert joué | Voir la fiche |
| 3 septembre 1998 | Ausstellungshalle, Bonn, Allemagne | Concert joué | Voir la fiche |
| 5 septembre 1998 | Wintershall Estate, Bramley, Surrey, Royaume-Uni | Participation caritative | Voir la fiche |
Les annonces d’un éventuel passage au Brésil (Rio de Janeiro et São Paulo) en 1997, sans dates fermement établies ni preuve suffisante de représentations accomplies dans ce registre, ne sont pas ajoutées à ces cinquante fiches. Nous ne transformons pas une intention de tournée en concert attesté. Total : 30 concerts en 1997 + 18 engagements réalisés en 1998, soit 48 dates tenues ; deux annulations documentées.
30. Sources, enquêtes complémentaires et bilan de la quatrième formation
Ce dossier repose sur une hiérarchie de sources : les documents contemporains ou issus des musiciens pour fixer les étapes et les circonstances ; les archives audiovisuelles et discographiques pour les publications ; les fiches de concerts, qui rapprochent les relevés de set-lists et les différences entre soirées. Une chanson annoncée dans un programme-type n’est pas automatiquement attribuée à toutes les représentations.
Sources et documents principaux
- Site officiel de Ringo Starr. Biographie et cadrage de la quatrième formation ; mention de la première prestation en Russie d’un ancien Beatle en 1998.
- Jack Bruce — Tours. Chronologie de tournée, lieux et statut des dates annulées. Les appellations peuvent varier avec les sources locales ; les dates sont vérifiées dans les fiches.
- Jack Bruce — Diary, 16 août 1998. Témoignage contemporain sur les répétitions londoniennes, les six musiciens, le rôle de Mark Rivera et le programme en rotation.
- Jack Bruce — Diary, 23 août 1998. Carnet contemporain pour la transition Londres–Russie ; son récit de tournée ne dispense pas de vérifier la set-list de chaque concert.
- Ringo Starr and His Fourth All Starr Band — fiche de l’édition vidéo. Repère discographique pour le concert filmé à Pine Knob le 30 mai 1997 et la VHS publiée en 1998 ; à distinguer des vidéos non officielles.
Sept enquêtes associées sur Yellow-Sub.net
- 1997–1998 : la quatrième formation en deux continents, pourquoi le répertoire change
- 1997–1998 : Peter Frampton, Jack Bruce et Simon Kirke, trois histoires du rock britannique aux côtés de Ringo
- 1998 : du festival Marktrock de Louvain aux concerts de Monte-Carlo, une même formation et des programmes différents
- Gary Brooker au All-Starr Band : pourquoi Whisky Train n’est pas une composition de Brooker
- Le All-Starr Band au Texas en mai 1997 : trois concerts, trois salles et des set-lists à distinguer
- Moscou, 25 août 1998 : vingt-quatre chansons pour la quatrième formation de Ringo Starr
- Seattle, 28 avril 1997 : première soirée de Frampton, Bruce et Brooker avec Ringo Starr
Les notices de concert rassemblées dans le dossier 1997–1998 constituent le niveau chronologique détaillé. Pour 1999, on consultera l’étude de la cinquième formation. La séparation des années, des invités occasionnels, des concerts annulés et de la participation caritative de Wintershall est un choix méthodologique : il évite qu’un chiffre attrayant remplace une histoire précise.
Bilan : la quatrième formation n’a pas simplement aligné des tubes familiers. Elle a permis à Ringo Starr de travailler au sein d’une véritable revue de l’histoire du rock, d’abord sur trente scènes américaines, puis dans une Europe incluant la Russie. Frampton, Bruce, Brooker, Kirke et Rivera ont fait de cette formule temporaire un ensemble reconnaissable, sans gommer les biographies musicales de chacun. Le changement de personnel en 1999 ouvrira un autre chapitre.
Retour au dossier 1997–1998 ou à l’index général des tournées.












