Ringo Starr et His All-Starr Band — étude discographique Extended Versions (2003)

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Sommaire

Ringo Starr et le All-Starr Band en 1999 : trente concerts, Todd Rundgren et dix ans d’histoire

En 1999, dix ans après ses premiers concerts All-Starr, Ringo Starr monte une cinquième formation avec Todd Rundgren, Gary Brooker, Jack Bruce, Timmy Cappello et Simon Kirke. Cette étude en 30 sections restitue les 30 concerts joués aux États-Unis, du 12 février au 28 mars, les cinq études complémentaires, les témoignages de Reno, les invités Max Weinberg et Joe Walsh, ainsi que les projets sud-africains qui ne doivent pas être ajoutés au parcours réel. Les trente fiches de concert sont reliées en fin d’étude.

Repères 1999 : 5e All-Starr Band · 6 titulaires · 30 concerts américains · 12 février, première au Taj Mahal · 13 février, Max Weinberg invité · 16–17 février, Beacon Theatre · 18 mars, Joe Walsh invité à Los Angeles · 19–21 mars, programmes abrégés à Reno et Lake Tahoe · 27 mars, changement de salle à Sunrise et récital personnel de Rundgren hors tournée · 28 mars, dernier concert à Orlando · Afrique du Sud annoncée, non jouée.
Sommaire de cette étude (30 sections)

1. 1999 : dix ans après Dallas, une formule devenue une histoire

En février 1999, Ringo Starr et son All-Starr Band reprennent la route presque dix ans après les premiers concerts de l’été 1989. L’anniversaire n’est pas seulement celui d’un nom sur une affiche. Il marque la survie d’une idée que l’industrie du spectacle aurait pu classer parmi les curiosités : réunir autour d’un ancien Beatle plusieurs artistes déjà connus pour leurs propres succès, puis faire jouer à chacun les chansons des autres. Dans cette mécanique, la star principale accepte de quitter régulièrement le micro pour accompagner ses camarades à la batterie. L’exercice a de quoi susciter des egos ; sa longévité laisse penser qu’il repose avant tout sur des musiciens capables de travailler ensemble.

La cinquième formation de 1999 est l’une des plus intéressantes de ce point de vue. Elle conserve les héritages de Cream, Procol Harum et Free/Bad Company, tout en faisant entrer les chansons de Todd Rundgren et d’Utopia. Les tubes des Beatles sont toujours là, mais ils partagent désormais la soirée avec Whisky Train, White Room, A Whiter Shade of Pale, I Saw the Light ou Bang the Drum All Day. Le résultat n’est ni un festival de reprises ni une rétrospective chronologique ; c’est une conversation entre interprètes ayant traversé plusieurs chapitres de la pop et du rock.

Le parcours américain débute le 12 février à Atlantic City et s’achève le 28 mars à Orlando. Trente concerts sont documentés, tous aux États-Unis. Le dixième anniversaire donne pourtant lieu à des annonces géographiques bien plus vastes. Le présent dossier conserve cette différence entre projet et exécution, car l’histoire d’une tournée ne se réduit pas aux dates imprimées à l’avance.

2. Trente représentations, un projet sud-africain et le problème du 29 mars

La chronologie exécutée comprend 30 concerts, du 12 février au 28 mars 1999. Elle est corroborée par le calendrier du site officiel de Jack Bruce, par les archives contemporaines consacrées à Todd Rundgren et par les notices de concerts. Les 30 fiches de Yellow-Sub.net correspondent à ces étapes ; cinq autres pages approfondissent l’histoire de la formation et de ses chansons. La confusion serait de faire entrer dans ce total les projets ultérieurs ou les manifestations individuelles des musiciens, même lorsqu’elles se déroulent pendant la même période.

Un communiqué diffusé en décembre 1998 évoquait un itinéraire comportant une séquence en Afrique du Sud, prise entre deux portions américaines. Ce scénario ne s’est pas matérialisé dans le corpus de concerts vérifiables. Les annonces sud-africaines doivent être conservées comme un projet, pas transformées en représentations qui auraient simplement échappé aux collectionneurs. Une extension durant l’été apparaît également dans certaines prévisions. De même, des calendriers provisoires font parfois durer le parcours jusqu’au 29 mars, alors que le dernier concert documenté est celui d’Orlando le 28.

Cette critique des annonces est importante pour les spécialistes qui recoupent les agendas d’artistes, les billets, les affiches et les bandes de collection. Un programme commercial constitue une preuve d’intention ; le carnet de tournée et les témoignages datés éclairent l’exécution. Les deux sont historiquement utiles, mais ils ne produisent pas le même décompte. L’index raisonné ci-dessous ne gomme pas les annonces : il les replace dans le récit, séparément des trente fiches de concerts.

3. Du communiqué aux répétitions : les absents de la cinquième formation

La distribution n’est pas arrivée sur scène sans changements. Joe Walsh, figure des Eagles et ancien partenaire de Ringo dans le All-Starr Band, avait été envisagé. Selon les explications données à Live Daily le 12 février 1999 par son manager David Spero, le guitariste devait reprendre un travail d’enregistrement et aider Don Henley sur un projet personnel. Il ne fait donc pas partie des six musiciens permanents de la tournée. La nuance devient particulièrement importante lorsque Walsh réapparaît comme invité à Los Angeles le 18 mars : ce retour d’un soir ne recompose pas rétrospectivement l’équipe du mois de février.

Mark Rivera, déjà familier des précédentes formations, était lui aussi sollicité, mais ses engagements avec Billy Joel empêchent sa participation. Le saxophone et les instruments d’appoint sont dès lors confiés à Timmy Cappello. Aucun deuxième guitariste permanent ne vient remplacer Walsh. Todd Rundgren assume seul l’essentiel du travail de guitare, avec des tâches d’accompagnement parfois éloignées de son propre répertoire. Cette contrainte explique une partie du son de 1999.

Les témoignages publiés dès Atlantic City confirment cette réalité. Les spectateurs sont frappés par la quantité de guitare assurée par Rundgren et par sa capacité à tenir les parties associées à d’autres musiciens, notamment sur les morceaux de Cream. Le détail ne se lit pas dans une simple publicité : il se dégage d’un compte rendu rédigé juste après les premières dates. Ainsi se dessine la cinquième formation réelle, et non l’orchestre rêvé pendant la préparation.

4. Six titulaires, plusieurs époques du rock

La biographie officielle de Ringo présente la formation de 1999 comme son cinquième All-Starr Band. Elle réunit Ringo Starr à la batterie et au chant, Todd Rundgren à la guitare et au chant, Gary Brooker aux claviers et au chant, Jack Bruce à la basse, aux claviers et au chant, Timmy Cappello au saxophone et à divers instruments, et Simon Kirke à la batterie et au chant. Six musiciens pour couvrir près de quatre décennies de musique populaire : la formation est concentrée, mais chacun apporte son propre catalogue.

La continuité avec 1997–1998 passe surtout par Brooker, Bruce et Kirke. Le déplacement le plus net concerne la guitare : les chansons de Peter Frampton cèdent leur place aux compositions de Rundgren, qui combine mélodie américaine, virtuosité électrique et goût des structures pop. Le changement de multi-instrumentiste, de Rivera à Cappello, modifie aussi les timbres disponibles. Ringo est à la fois responsable de l’affiche et membre d’un orchestre dont le métier consiste à accompagner des solistes successifs.

Cette formule évite de présenter chaque titre comme une apparition isolée. Bruce n’arrive pas avec Cream, Brooker ne reconstitue pas Procol Harum, Rundgren ne remonte pas Utopia et Kirke ne réunit pas Free : tous font jouer leurs chansons par la même formation. L’intérêt est précisément d’entendre la transformation d’une œuvre lorsqu’elle quitte son groupe d’origine pour circuler entre des musiciens qui connaissent intimement d’autres traditions.

5. Ringo Starr : un batteur au centre de la scène, même derrière ses fûts

En 1999, Ringo Starr approche de son cinquante-neuvième anniversaire. Il a depuis longtemps remplacé les contraintes de la Beatlemania par une formule de concert à taille humaine, malgré la renommée des participants. Il accueille le public avec des titres qu’il a contribué à rendre célèbres, puis s’installe à la batterie pour soutenir les numéros de ses collègues. La mobilité entre le devant de la scène et l’arrière du plateau est la clé du spectacle : elle transforme la célébrité du chef de groupe en disponibilité musicale.

Le programme comprend It Don’t Come Easy, Photograph, Back Off Boogaloo, I’m the Greatest et No No Song pour ses années solo, associés à Act Naturally, Boys, Love Me Do, I Wanna Be Your Man, Yellow Submarine et With a Little Help from My Friends pour le lien avec les Beatles. D’une chanson à l’autre, les crédits ne se recouvrent pas : No No Song est notamment lié à Hoyt Axton, tandis que With a Little Help from My Friends est une composition Lennon-McCartney destinée à sa voix sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

La présence de Simon Kirke à une seconde batterie donne à Ringo une marge de mouvement sans déstabiliser le groupe. On pourrait réduire cette organisation à une astuce de spectacle, mais elle est aussi une signature musicale. Le batteur des Beatles réaffirme qu’il peut être un musicien d’ensemble derrière d’autres chanteurs célèbres, et pas seulement un ancien membre d’un groupe historique présentant ses propres succès.

6. Todd Rundgren, seul guitariste permanent : la responsabilité invisible

Dans le All-Starr Band de 1999, Todd Rundgren porte une charge inhabituelle. L’absence de Joe Walsh laisse le groupe avec un seul guitariste permanent. Pour jouer des morceaux de Cream, de Procol Harum, de Bad Company, des Beatles et d’Utopia, il faut non seulement changer de son, mais passer d’une approche du riff à des accompagnements plus discrets. Le témoignage de Kurt Shaffer après le concert du 13 février à Atlantic City insiste sur les nombreuses guitares utilisées par Rundgren et sur la surprise de voir ce musicien, d’ordinaire chef de ses projets, servir d’abord la musique des autres.

Un autre spectateur, Bob Malachowski, présent les 12 et 13 février, décrit son admiration nouvelle pour la guitare de Rundgren, tout en notant avec humour une petite hésitation dans son propre I Saw the Light. L’anecdote a de la valeur parce qu’elle déjoue l’image du virtuose infaillible : elle rappelle que le premier soir d’une tournée est une performance vivante, même lorsque la préparation est solide. Le témoin souligne en revanche la vigueur des passages inspirés de Cream.

Le travail du guitariste doit donc être apprécié à deux niveaux : ses solos en tant que Todd Rundgren et son rôle dans l’architecture sonore des autres artistes. La formation ne comporte pas une rangée de héros de la six-cordes ; elle mise sur la versatilité d’un musicien capable de créer de l’unité derrière des chanteurs aux phrasés très différents. En 1999, c’est l’un des faits musicaux les plus révélateurs du changement de distribution.

7. De Nazz à Utopia : les trois visages de Rundgren

Le répertoire personnel de Rundgren résume plusieurs épisodes de la pop américaine. I Saw the Light, chanson de Something/Anything? (1972), présente le mélodiste qui sait faire tenir une émotion dans une construction presque classique. Hammer in My Heart, associé à Utopia au début des années 1980, fait entendre une autre esthétique, plus électrique et tendue. Bang the Drum All Day permet enfin au public de reconnaître le versant ludique d’un artiste dont la carrière est pourtant bien plus expérimentale que ce refrain ne le suggère.

Cette diversité explique pourquoi son arrivée est plus qu’un échange de guitaristes. Peter Frampton apportait notamment des classiques issus de sa trajectoire britannique et de ses albums live ; Rundgren remplace ce registre par un chemin qui passe de Nazz à la pop d’auteur, puis aux aventures collectives d’Utopia. Il est également producteur, ingénieur du son et expérimentateur, mais ces compétences ne doivent pas devenir des crédits de studio fictifs pour la tournée : sur scène, elles se manifestent principalement dans sa sensibilité aux arrangements.

Une enquête complémentaire de Yellow-Sub.net restitue les disques et les auteurs de ces chansons. Dans la dynamique d’un spectacle, ce qui frappe surtout est la différence de texture entre l’intimité d’I Saw the Light, les guitares d’Hammer in My Heart et le rythme fédérateur de Bang the Drum All Day. Trois moments de carrière sont recomposés par un orchestre qui n’est ni Nazz ni Utopia, sous la direction du batteur des Beatles.

8. Gary Brooker : Procol Harum sans Procol Harum

Gary Brooker représente l’un des pôles expressifs de cette cinquième formation. Sa voix et ses claviers ramènent l’univers de Procol Harum au cœur d’une soirée par ailleurs remplie de guitares et de titres des Beatles. Whisky Train, A Salty Dog, Conquistador et A Whiter Shade of Pale ne proposent pas une seule idée de la musique de Brooker : il y a le rock de guitare, l’ampleur presque orchestrale, le goût des harmonies d’orgue et la mélancolie des grandes chansons des années 1960.

Le public associe naturellement cette musique au chanteur, mais l’analyse des crédits révèle un travail collectif. A Whiter Shade of Pale est notamment liée à l’écriture de Brooker et du parolier Keith Reid, même lorsque le morceau est interprété par un orchestre différent. Whisky Train renvoie aussi à l’écriture et au jeu de Robin Trower, absent de la scène All-Starr. La force d’une chanson ne rend pas son histoire d’auteur facultative ; elle la rend au contraire plus intéressante.

Les programmes de 1999 montrent des alternances entre A Salty Dog et Conquistador selon les soirées. Il faut résister à la tentation de réunir tous les titres cités dans une setlist unique fictive. Les spectateurs de New York, Chicago et San Diego n’ont pas nécessairement entendu le même morceau de Brooker au même moment. C’est l’une des raisons pour lesquelles les fiches datées et les récits contemporains prennent, dans cette enquête, le pas sur la reconstitution idéale d’un concert.

9. Jack Bruce : la basse de Cream et les chemins plus secrets

Jack Bruce apporte une signature instrumentale immédiatement reconnaissable : un jeu de basse mobile, mélodique et souvent situé bien au-delà de la seule fondamentale harmonique. Les classiques de Cream — Sunshine of Your Love, I Feel Free et White Room — fournissent des points culminants du programme. Ils changent pourtant de physionomie dans le All-Starr Band : Rundgren prend la responsabilité des guitares tandis que Kirke et Ringo organisent une section rythmique différente de celle du trio historique.

Une autre composition, Theme for an Imaginary Western, offre une perspective plus personnelle. Issue de l’univers solo de Bruce, avec les paroles de Pete Brown, elle est expressément attestée aux concerts du Beacon Theatre les 16 et 17 février, sans devenir pour autant une obligation de chaque soir. Son parcours discographique remonte à l’album Songs for a Tailor de 1969. La chanson rappelle que l’œuvre de Bruce ne se résume pas à Cream, et que l’histoire du rock progressif, du blues et de la chanson ambitieuse se mêle à son répertoire.

Les récits de Reno, plus tard dans la tournée, remarquent sa capacité à ajouter de petites inventions sur des morceaux simples. C’est le propre d’un grand accompagnateur, même lorsqu’il est connu pour des passages solistes spectaculaires. Bruce, dans cette formation, relie plusieurs décennies de musique : il chante son patrimoine, fournit la basse des chansons de Ringo et accompagne Todd Rundgren. L’identité du All-Starr Band se construit précisément à travers ces déplacements de fonctions.

10. Simon Kirke et Timmy Cappello : les deux forces de liaison

À première vue, Simon Kirke et Timmy Cappello ont des parcours très différents. Kirke est le batteur de Free et Bad Company, musicien associé à une esthétique rock où la simplicité de la pulsation constitue une forme d’autorité. Cappello est un multi-instrumentiste dont le saxophone, les claviers, la guitare et l’harmonica offrent une palette plus mobile. Pourtant, tous deux rendent possible la même chose : que la soirée change constamment de style sans se désagréger.

Kirke prend le chant sur Shooting Star, chanson de Bad Company, et sur All Right Now, le classique de Free. En coulisses de la structure musicale, il maintient aussi la pulsation lorsque Ringo s’avance pour chanter. Cappello, pour sa part, épaissit les arrangements avec des interventions de saxophone et des couleurs de clavier, tout en prenant des fonctions de soutien différentes selon les morceaux. Son arrivée en lieu et place de Mark Rivera ne se réduit donc pas à un changement sur la liste des musiciens.

La polyvalence est ici moins spectaculaire que la célébrité des solistes, mais elle constitue le ciment de la tournée. Les chansons de Brooker demandent une qualité harmonique, celles de Bruce une assise de blues-rock, celles de Rundgren des changements de texture, et les titres de Ringo un contact immédiat avec le public. Sans une deuxième batterie stable et des instruments de liaison, la formule All-Starr se transformerait facilement en succession de numéros séparés. Kirke et Cappello participent à ce travail d’unification.

11. La setlist longue : un concert en relais de vingt-deux morceaux

Les programmes complets de février et de mars 1999 donnent une bonne idée de la mécanique de ce cinquième All-Starr Band. It Don’t Come Easy et Act Naturally installent Ringo, puis l’orchestre présente ses autres voix : Whisky Train pour Brooker, I Saw the Light pour Rundgren, Sunshine of Your Love pour Bruce, Shooting Star pour Kirke. La succession est presque pédagogique : en six morceaux, le spectateur a entendu les principales provenances du groupe.

Le cœur du spectacle associe plusieurs titres des Beatles à A Salty Dog ou Conquistador, Hammer in My Heart, I’m the Greatest, No No Song, Back Off Boogaloo, I Feel Free, All Right Now et Bang the Drum All Day. Dans la dernière partie, White Room, A Whiter Shade of Pale et Photograph précèdent le rappel, souvent You’re Sixteen et With a Little Help from My Friends. Le programme détaillé de la première d’Atlantic City est décrit comme une soirée de vingt-deux chansons, mais l’ordre et le nombre changent selon les lieux.

Cette alternance a une fonction musicale. Le public n’est jamais laissé trop longtemps dans un seul univers : la mélodie de Rundgren répond à la voix de Brooker, le riff de Cream relance la tension et Ringo revient périodiquement rappeler la raison première de la rencontre. La setlist est un équilibre de présences plus qu’une collection de tubes distribués au hasard.

12. À qui appartiennent les chansons ? La prudence discographique

Les historiens de la pop savent que le nom figurant en grand sur la pochette d’un disque ne correspond pas toujours à l’auteur de la chanson. Le All-Starr Band, justement fondé sur les répertoires individuels, accentue ce piège. Quand Simon Kirke chante All Right Now, il renvoie à Free et au travail d’écriture de Andy Fraser et Paul Rodgers. Shooting Star appartient à l’histoire de Bad Company, mais son crédit ne se confond pas avec l’instrumentiste qui le présente en 1999.

Le cas de Gary Brooker n’est pas moins instructif. Whisky Train porte la marque de Robin Trower, partenaire de l’histoire de Procol Harum ; A Whiter Shade of Pale associe notamment Brooker et le parolier Keith Reid. Pour Jack Bruce, les paroles de Pete Brown sont indissociables de plusieurs œuvres majeures, dont White Room et Theme for an Imaginary Western. L’attribution scénique reste donc une information sur le chanteur principal, non une fiche d’éditeur.

Quant à Ringo, Act Naturally et Boys sont des reprises popularisées par les Beatles. I’m the Greatest est écrite par John Lennon, tandis que Photograph associe le nom de Starr à celui de George Harrison. Cette précision n’enlève rien à la force de l’interprétation : elle restitue au contraire la circulation des chansons à travers les groupes, les époques et les personnalités. Les cinq notices musicologiques du dossier prolongent cette méthode à l’échelle de titres particuliers.

13. 12 février à Atlantic City : une première qui donne déjà le ton

Le 12 février 1999, le groupe inaugure sa tournée à la salle du Trump Taj Mahal d’Atlantic City. Les témoignages contemporains soulignent l’une des curiosités de l’affiche : Todd Rundgren est le seul guitariste permanent, là où certains spectateurs attendaient encore Joe Walsh. Les premières chansons installent une double identité, immédiatement connue grâce à Ringo mais renouvelée par la diversité des voix invitées.

Bob Malachowski, présent aux deux premières soirées, publie quelques jours plus tard un récit de l’ouverture. Il raconte avoir été convaincu par le jeu de guitare de Rundgren, notamment dans le répertoire de Cream, tout en notant une petite imprécision sur un solo de I Saw the Light. Une telle observation est plus informative qu’un commentaire rétrospectif sur un concert « parfait » : on y entend le travail concret d’un groupe en train de prendre ses marques. Le spectacle est déjà professionnel, mais il demeure vivant.

La fiche d’Atlantic City propose l’analyse d’un programme de vingt-deux chansons. Il faut la lire comme l’étude d’une représentation précise, pas comme une garantie de vingt-deux titres identiques pendant les trente étapes. Certains concerts de casino de mars adopteront une durée abrégée. La première date sert donc de point de comparaison, non de modèle applicable sans nuance à tout ce qui suivra.

14. 13 et 14 février : trois soirs au Taj Mahal, Max Weinberg au rappel

Le concert du 13 février 1999, deuxième date au Taj Mahal, comporte une apparition particulièrement nette dans les témoignages : Max Weinberg, connu pour sa batterie au sein de l’E Street Band de Bruce Springsteen, rejoint les musiciens pendant With a Little Help from My Friends. Les récits de Kurt Shaffer et d’autres spectateurs attestent cette intervention. Elle ne doit évidemment pas conduire à ajouter Weinberg aux six membres permanents ; comme dans les autres années, le final sert de lieu de rencontre pour des invités ponctuels.

Shaffer est aussi l’un des premiers à remarquer l’absence de Joe Walsh et l’activité de Rundgren à la guitare. Il décrit la musique de ce dernier avec enthousiasme, notamment son passage de I Saw the Light au répertoire de Jack Bruce. Il indique que le spectacle s’étend sur environ une heure quarante, sans entracte, ce qui situe la soirée avant les formats plus courts constatés dans certains casinos du Nevada en mars.

Le 14 février complète cette résidence de trois soirs à Atlantic City. Chacune des trois représentations possède sa fiche distincte et son contexte documentaire. Même lorsque la distribution reste la même, on ne peut ni déplacer Weinberg au 12 ou au 14 février, ni recopier tous les détails du 13. La rigueur du dossier se joue dans ces petites distinctions : un invité arrive le temps d’un final ; le concert suivant redevient celui des six titulaires, sauf preuve nouvelle.

15. 16 et 17 février, Beacon Theatre : New York et les variantes de Brooker

La tournée gagne le Beacon Theatre de New York les 16 et 17 février. Les deux soirées sont liées à une riche documentation : témoignages de spectateurs, analyses de programme, mentions d’une conférence de presse le 16 et images tournées pendant le concert du 17. Les archives visuelles et les textes doivent cependant être datés séparément. Une conférence de presse ne constitue pas un trente-et-unième spectacle, et un extrait vidéo ne garantit pas que l’on possède l’intégralité de la représentation.

Le répertoire de Jack Bruce y comprend Theme for an Imaginary Western, attestée pour ces deux concerts. Le 17 février, les programmes et les témoignages permettent aussi de comparer les variantes des pièces de Procol Harum : A Salty Dog et Conquistador n’occupent pas nécessairement la même place selon les soirs. La distinction intéresse particulièrement les spécialistes de Gary Brooker, car elle révèle comment ses chansons plus orchestrales s’adaptent à un groupe de six musiciens.

À New York, l’intimité relative du Beacon permet également de comprendre le fonctionnement du All-Starr Band au-delà de ses invités célèbres. Rundgren doit accompagner Brooker et Bruce, Kirke fait office de second moteur rythmique et Cappello colore les arrangements. L’attention médiatique attire naturellement le regard vers Ringo, mais les documents datés éclairent avant tout la cohésion de cette distribution inhabituelle.

16. 19 au 24 février : Mohegan Sun, Westbury et Columbus

Les 19 et 20 février, le groupe s’installe pour deux représentations au Mohegan Sun Casino d’Uncasville, dans le Connecticut. Il enchaîne avec le Westbury Music Fair le 21, le Schottenstein Center de Columbus le 22, puis revient à Westbury le 24. Cette partie de la route associe plusieurs types de salles : casino, théâtre circulaire ou polyvalent, grand équipement universitaire. Elle rappelle que les tournées américaines de Ringo ne passent pas seulement par les grandes scènes des métropoles.

Le concert du 21 février à Westbury est l’un des points qui appellent un soin particulier. Une entrée de programme n’est pas entièrement corroborée, alors même que la représentation figure bien dans les calendriers fiables. Il ne faut pas confondre l’incertitude sur une chanson avec une incertitude sur la tenue du concert. L’archive générale de la tournée souligne cette différence ; les fiches individuelles doivent continuer de la rendre visible.

Le retour à Westbury le 24 pose une question analogue : une setlist connue pour un passage dans la salle ne prouve pas une répétition note pour note trois jours plus tard. Les archives consacrées à Todd Rundgren et les calendriers de Jack Bruce sont utiles pour confirmer les étapes ; les programmes, eux, exigent des documents propres à chaque soirée. Cette discipline permet de préserver à la fois la précision chronologique et les variations musicales.

17. 26 février au 1er mars : l’Indiana, Chicago et le Michigan

Le 26 février, le groupe joue au Star Plaza Theatre de Merrillville, dans l’Indiana. Il passe ensuite au Park West de Chicago le 28 février, puis au Palace of Auburn Hills, dans le Michigan, le 1er mars. Ce déplacement ouvre une autre section de la tournée. À Chicago, les relevés de setlist montrent encore la coexistence de Conquistador, Hammer in My Heart, Sunshine of Your Love et des chansons de Ringo, signe que le spectacle maintient son principe de relais.

Il serait pourtant réducteur de traiter cette succession comme une simple liste d’autoroutes. Les salles ont des jauges et des configurations variées. Le Park West, plus resserré, ne présente pas les mêmes contraintes qu’une grande arène ; le All-Starr Band doit rendre ses changements de chanteurs lisibles partout. La présence de six musiciens polyvalents facilite la transition entre un refrain pop, une longue introduction d’orgue et un riff de blues-rock.

Les chronologies spécialisées ne désignent pas toujours les lieux avec la même précision. Pour le 1er mars, certaines archives réduisent l’adresse à « Detroit » ou évoquent un « Palace », tandis que le dossier retient le Palace of Auburn Hills. Il est préférable de conserver la désignation détaillée associée à la fiche et de signaler les formes abrégées plutôt que de créer artificiellement deux concerts. C’est le même principe qui guide l’ensemble de cette série.

18. 4 au 7 mars : Eureka, Kelseyville, Berkeley et la route californienne

La tournée atteint le nord de la Californie le 4 mars à Eureka, au Municipal Auditorium, avant deux soirs au Konocti Harbor Resort & Spa de Kelseyville les 5 et 6 mars. Elle passe ensuite par le Berkeley Community Theater le 7 mars. L’itinéraire met en évidence une géographie moins attendue que celle des seules grandes villes : l’orchestre trouve aussi son public dans des centres régionaux et des établissements de villégiature.

Le témoignage de spectateurs conservé par les archives Todd Rundgren éclaire le concert d’Eureka et l’enthousiasme que suscite le guitariste dans cette formation. La ville fournit aussi une bonne occasion de revenir sur la setlist : certaines suites de morceaux et leur ordre se distinguent de l’ouverture d’Atlantic City. Le chroniqueur doit toutefois dire ce que la source permet d’établir et refuser de transformer une impression générale en transcription instrumentale précise.

Les deux soirées de Kelseyville appellent le même soin que celles de Westbury : une résidence dans le même lieu n’est pas un concert unique dupliqué sur le papier. La date, la distribution et les témoins restent les bons points d’ancrage. À Berkeley, l’orchestre retrouve un environnement théâtral où le croisement entre les sonorités de Procol Harum, les chansons de Cream et les morceaux plus pop de Rundgren prend une autre dimension, sans que l’on puisse supposer une réaction du public identique à celle des villes précédentes.

19. 11 au 13 mars : Boise, Ogden et Las Vegas

Les 11 et 12 mars, le groupe se produit respectivement au Bank of America Center de Boise, dans l’Idaho, puis au Dee Events Center d’Ogden, dans l’Utah. Le 13 mars le trouve à The Joint, au Hard Rock Hotel & Casino de Las Vegas. En trois jours, la tournée traverse des lieux très différents, et le programme doit conserver le même principe : chacun chante ses pièces tandis que ses partenaires prennent les instruments nécessaires à leur interprétation.

Les relevés disponibles pour Las Vegas témoignent d’une setlist proche du cadre général de 1999, avec Whisky Train, I Saw the Light, Sunshine of Your Love, Shooting Star, les titres des Beatles et les numéros des autres partenaires. Leur utilité réside dans le détail du concert du 13, non dans la preuve automatique de ce qui aurait été joué à Boise ou à Ogden. Les catalogues participatifs comportent souvent des informations précieuses, mais ils peuvent aussi reproduire des listes sans provenance explicite.

Las Vegas représente par ailleurs un terrain familier pour les spectacles d’artistes célèbres, mais il ne faut pas conclure de la seule présence d’un casino à une setlist abrégée. Les cas documentés de raccourcissement de programme concernent plus précisément Reno et Lake Tahoe quelques jours plus tard. Une méthode sérieuse résiste à ce genre de généralisation : deux établissements de loisirs ne sont pas pour autant des concerts identiques.

20. 14 et 15 mars à San Diego : quand l’orchestre trouve son équilibre

Les 14 et 15 mars, le groupe donne deux représentations à 4th & B, San Diego. Un compte rendu contemporain de Ron Hromoko, publié le 15 mars sur la Todd Rundgren Connection, offre un point de vue particulièrement vivant sur la première soirée. Le témoin remarque que le son des instruments se fond mieux, que Simon Kirke retrouve une présence plus audible et que Hammer in My Heart semble gagner en cohésion. Il observe également la complicité entre Jack Bruce et Rundgren : la maturité du groupe s’entend dans les échanges de basse et de guitare.

Ce récit porte sur le concert du 14 mars. Il ne doit pas être considéré comme la chronique de celui du 15, même si les musiciens jouent dans la même salle. La distinction est importante pour les fans qui recherchent un incident de scène, une variation de tenue ou un solo spécifique. L’auteur décrit aussi les conditions matérielles de la salle et la présence d’écrans vidéo, autant de détails qui n’apparaissent pas dans une simple liste de chansons.

Pour l’historien, la véritable information de ce passage à San Diego est moins la performance d’une vedette isolée que l’ajustement collectif. Le groupe a alors plus d’un mois de concerts derrière lui. Rundgren ne découvre plus les arrangements de Cream, les morceaux d’Utopia sont intégrés à la formation et l’équilibre des deux batteries peut évoluer. Le témoignage donne un visage à ce processus sans prétendre fournir une mesure technique de la sonorisation.

21. 18 mars, Universal Amphitheatre : Joe Walsh revient, mais en invité

Le 18 mars 1999, le All-Starr Band monte sur la scène de l’Universal Amphitheatre de Los Angeles. Le concert est remarquable pour une raison extérieure à la formation régulière : Joe Walsh, absent de la tournée en raison d’autres engagements, apparaît au rappel sur You’re Sixteen et With a Little Help from My Friends. Ce retour ponctuel peut facilement créer une confusion dans les listes de musiciens. Il ne signifie ni que Walsh a joué les autres morceaux du soir, ni qu’il a accompagné Ringo à Atlantic City, au Beacon Theatre ou à Reno.

Le témoignage du concert permet de replacer cette apparition dans sa juste proportion. Todd Rundgren reste le guitariste permanent, celui qui assure pendant toute la soirée les morceaux de Cream, de Procol Harum et les chansons des Beatles. Walsh vient ensuite enrichir un final construit pour accueillir les amis de Ringo. Le principe n’est donc pas différent de celui du 13 février avec Max Weinberg, même si les instruments et les carrières sont autres.

La présence de Walsh a aussi une valeur historique. Il appartient à l’aventure All-Starr depuis ses débuts et incarne l’une des continuités personnelles du projet, au-delà de la succession des formations officielles. Mais les fidélités amicales ne doivent pas remplacer la précision des crédits. La fiche du 18 mars conserve l’événement comme une participation invitée, rattachée à deux chansons et à un lieu, sans étendre artificiellement sa contribution à toute la tournée.

22. 19 et 20 mars à Reno : deux concerts courts, des récits divergents

Le Silver Legacy Casino de Reno accueille deux concerts les 19 et 20 mars 1999. Leur particularité est la durée réduite du programme. Le témoin Ron Hromoko, qui décrit la deuxième soirée dans un texte publié le jour même, explique que le spectacle est prévu pour environ quatre-vingts minutes. Sa liste met en évidence des absences par rapport à la formule longue, notamment Hammer in My Heart, I Feel Free et Back Off Boogaloo. En revanche, on y retrouve Bang the Drum All Day, White Room, Photograph, Yellow Submarine et le final collectif.

Un autre spectateur, Norm Stevens, raconte dans un texte du 22 mars avoir assisté aux deux soirs. Il évoque notamment Todd Rundgren jouant de sa guitare emblématique et cassant des cordes pendant le concert du vendredi, sans réitération du même incident le samedi. Ce détail, marginal en apparence, permet de séparer les représentations sur le plan matériel. Deux dates, une même salle, mais des événements distincts.

Les récits ne sont pas entièrement identiques dans leur manière de compter ou de décrire les morceaux. Les fiches de Yellow-Sub.net retiennent les programmes documentés en signalant les zones d’incertitude. Il serait erroné de résoudre toute divergence en imaginant un concert « moyen » qui n’a jamais existé. La qualité d’une chronique historique tient aussi à cette honnêteté : certains éléments sont fermement attestés, d’autres demanderaient une bande complète ou un relevé indépendant.

23. 21 mars, Lake Tahoe : une troisième soirée abrégée, avec You’re Sixteen

Après Reno, le groupe joue le 21 mars au Harrah’s Casino de Lake Tahoe. Ce concert s’inscrit dans une suite de représentations aux programmes plus courts que celui de l’ouverture. La documentation est cependant assez précise pour conserver une particularité : You’re Sixteen (You’re Beautiful and You’re Mine) figure dans le relevé contemporain de la soirée. Cette chanson, devenue un succès de Ringo dans les années 1970, trouve naturellement sa place auprès de Photograph et du final des Beatles.

La comparaison avec Reno est éclairante. Trois concerts de casino rapprochés peuvent partager une durée réduite sans être rigoureusement identiques. La présence d’un morceau au Harrah’s ne prouve pas qu’il a été joué les 19 et 20 mars, et son absence d’un relevé bref de Reno ne signifie pas automatiquement qu’il n’a jamais été interprété si la source est incomplète. Il faut examiner la nature du document, le degré d’exhaustivité annoncé et le témoignage qui lui donne autorité.

Les archives musicales de 1999 gagnent ainsi à être lues comme une série de photographies prises à des instants différents. Certaines montrent un programme entier, d’autres seulement quelques morceaux, d’autres encore les conditions de production. La richesse vient de leur mise en relation. Le spectacle de Lake Tahoe, bien attesté dans l’itinéraire, ne doit pas être réduit à une répétition de Reno ; il apporte son propre élément de chronologie et de répertoire.

24. 25 mars à Robinsonville : le programme retrouve son ampleur

Le 25 mars 1999, Ringo et ses musiciens se produisent au Horseshoe Casino de Robinsonville, dans le Mississippi. L’étape suit plusieurs jours sans concert documenté depuis Lake Tahoe, et précède la dernière série floridienne. La documentation de tournée montre que le programme long reprend une place importante à cette période. Le groupe peut alors redéployer ses quatre univers de solistes au-delà de la sélection resserrée des concerts de Reno.

Ce retour à un format plus développé donne à Gary Brooker davantage d’espace pour ses climats harmoniques, à Jack Bruce pour les morceaux de Cream, à Todd Rundgren pour ses trois facettes de compositeur, et à Simon Kirke pour les répertoires de Free et Bad Company. La construction en relais redevient particulièrement lisible lorsque les morceaux des partenaires ne doivent pas être comprimés pour respecter une durée réduite.

Les témoignages de spectateurs associés à cette date sont également utiles pour reconstruire l’atmosphère, mais ils ne remplacent pas un enregistrement intégral lorsqu’il s’agit d’identifier précisément l’ordre des chansons. Le bon réflexe consiste à confronter ces descriptions aux listes de programme, puis à conserver la différence entre une impression de concert et un relevé vérifié. Robinsonville marque ainsi le début de la dernière séquence, sans annoncer en lui-même une sortie discographique officielle particulière.

25. 26 mars, Jacksonville : vingt-deux chansons et une chronologie à vérifier

Le 26 mars au Florida Theatre de Jacksonville, une des toutes dernières représentations de la tournée bénéficie d’une fiche particulièrement détaillée sur Yellow-Sub.net. Elle confronte un témoignage publié dans les jours suivant le concert à une chronologie musicale ultérieure qui énumère 22 chansons. Cette différence de nature entre les sources est essentielle. Le témoin contemporain atteste le concert et en décrit l’ambiance, mais ne livre pas lui-même chaque titre dans l’ordre ; la liste complète résulte d’un travail complémentaire de reconstruction.

La bonne manière de présenter ce dossier n’est donc ni de rejeter les vingt-deux chansons ni de faire croire que leur ordre provient directement d’une note prise au milieu du public le 26 mars. L’article distingue la représentation, le programme disponible et les limites de l’attribution. Le lecteur peut y reconnaître l’alternance entre Ringo, Todd Rundgren, Gary Brooker, Jack Bruce et Simon Kirke, tout en sachant quel degré de certitude associer aux détails.

L’exemple est caractéristique de l’archéologie musicale à l’ère numérique. Une setlist apparemment nette peut être le résultat de plusieurs documents agrégés ; une chronique de spectateur peut, à l’inverse, être très fiable sur la tenue de la soirée mais peu précise sur les titres. Un dossier sérieux gagne à citer les deux sans les présenter comme deux témoins indépendants de chaque chanson. Jacksonville sert ainsi de laboratoire de méthode autant que de dernière étape avant la Floride méridionale.

26. 27 mars, Sunrise : changement de salle et concert de Rundgren hors décompte

La date du 27 mars 1999 est particulièrement riche, car elle associe deux événements distincts. Le All-Starr Band se produit au Sunrise Musical Theatre, dans la région de Fort Lauderdale. Or les billets et annonces avaient d’abord orienté les spectateurs vers le Lockhart Stadium, avant un changement de salle. Le témoignage de Mark et Stacia Dones, publié le lendemain, décrit les billets échangés, l’attente devant l’entrée des artistes et le soulagement final de voir le concert dans un théâtre couvert. Cette histoire de lieu appartient à la réalité de la représentation, non à une hypothèse.

Le même jour, plus tôt dans l’après-midi, Todd Rundgren donne aussi un concert solo à Stuart, en Floride. Dan Mischler raconte cette prestation intime devant environ deux cents personnes, puis le déplacement vers Fort Lauderdale pour assister au concert de Ringo. C’est une découverte documentaire savoureuse : deux prestations de Rundgren, dans deux villes, le même jour. Mais seule la seconde appartient au calendrier du All-Starr Band. Le récital solo de Stuart ne constitue pas un trente-et-unième spectacle de Ringo.

Cette double actualité montre précisément pourquoi il faut des agendas de musiciens, des documents de salles et des comptes rendus datés. Sans eux, la date pourrait être comptée deux fois, ou la variation de lieu pourrait donner l’illusion de deux concerts All-Starr. Le programme de Sunrise demeure une représentation confirmée de la cinquième formation, tandis que l’événement de Stuart relève de l’activité personnelle d’un de ses membres.

27. 28 mars, Orlando : le dernier spectacle confirmé, malgré les annonces du 29

La tournée prend fin le 28 mars 1999 au Hard Rock Cafe International d’Orlando, en Floride. Le concert fait suite aux soirées du Mississippi, de Jacksonville et de Sunrise. Les chronologies détaillées de Jack Bruce et de Todd Rundgren placent cette date au terme du parcours ; les archives de spectateurs la décrivent comme la dernière soirée. Le fait que certaines annonces provisoires aient évoqué une date de fin au 29 mars n’autorise pas à ajouter un concert non corroboré après Orlando.

Musicalement, le groupe revient à son identité de spectacle collectif. L’œuvre de Todd Rundgren côtoie celle de Gary Brooker, de Jack Bruce et de Simon Kirke ; Ringo continue d’assurer les transitions, les chansons associées à sa carrière et le final. L’itinéraire se termine sans qu’il soit nécessaire d’inventer une « dernière grande surprise » non documentée. Les témoins disponibles permettent d’affirmer le concert et son contexte, pas de construire un scénario romanesque.

Ce terme a aussi une valeur de comparaison avec l’année suivante. En 2000, la sixième formation conservera Bruce et Kirke, mais fera entrer Dave Edmunds, Eric Carmen et Mark Rivera. La pop de Rundgren et le répertoire de Brooker laisseront la place à d’autres chansons, sans modifier l’idée fondamentale du All-Starr Band. Le concert d’Orlando est donc la fin d’une distribution historique précise, pas celle de la formule.

28. Le bilan : une tournée américaine, des annonces plus vastes et aucune discographie à inventer

Trente concerts constituent un bilan suffisamment clair pour ne pas être gonflé. La cinquième formation a joué aux États-Unis entre le 12 février et le 28 mars 1999. Elle a connu des concerts longs, des spectacles raccourcis, des apparitions ponctuelles de Max Weinberg et de Joe Walsh, des variations dans le répertoire de Gary Brooker, et l’histoire singulière du 27 mars où Todd Rundgren s’est produit en solo avant de rejoindre Ringo le soir. Ce sont ces faits, établis à partir de sources datées, qui font la richesse du chapitre.

Les concerts envisagés en Afrique du Sud et la possibilité d’une deuxième portion de tournée durant l’été restent des éléments de la préparation et de la communication. Ils ne correspondent pas aux représentations conservées dans le corpus de 1999. Quant aux bandes de collection et aux listes mises en ligne, elles doivent être évaluées selon leur origine. Une captation non officielle peut aider à entendre un arrangement ou une variation, mais ne devient pas par magie un album commercial.

L’album de Noël I Wanna Be Santa Claus, publié par Ringo en octobre 1999, appartient au contexte discographique de l’année, pas au compte rendu d’un concert du All-Starr Band. Confondre la chronologie des disques et celle des spectacles ferait perdre le fil de notre enquête. Ce chapitre rend à la tournée ce qu’elle a de singulier : une distribution à six, trente étapes américaines, et un répertoire dont les contradictions apparentes ne disparaissent qu’en prenant les archives au sérieux.

29. Calendrier intégral : trente concerts, trente fiches de référence

Les trente représentations de février et mars 1999 sont rassemblées dans les quatre tableaux ci-dessous, avec un accès direct aux fiches du dossier. Cette chronologie s’appuie sur les calendriers du musicien Jack Bruce et du réseau de documentation consacré à Todd Rundgren. Le projet sud-africain n’y figure pas comme concert : l’archive concerne une annonce, non une représentation exécutée. Le récital solo de Rundgren à Stuart le 27 mars demeure également hors décompte.

Les notices signalent certaines particularités vérifiables : invités de février et mars, variantes musicales du Beacon, spectacles plus courts au Nevada, changement de salle de Sunrise. L’absence d’une annotation pour un concert ne signifie pas qu’il était identique à tous les autres ; elle indique seulement que la liste détaillée ne permet pas d’isoler ici un fait supplémentaire avec la même certitude.

12 au 21 février : Atlantic City, New York et Uncasville

Date Lieu et fiche détaillée État de la documentation
12 février 1999 Taj Mahal Casino, Atlantic City, New Jersey, États-Unis Concert attesté
13 février 1999 Taj Mahal Casino, Atlantic City, New Jersey, États-Unis Max Weinberg invité au final
14 février 1999 Taj Mahal Casino, Atlantic City, New Jersey, États-Unis Concert attesté
16 février 1999 Beacon Theatre, New York, États-Unis Bruce : Theme for an Imaginary Western
17 février 1999 Beacon Theatre, New York, États-Unis Bruce : Theme for an Imaginary Western
19 février 1999 Mohegan Sun Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis Concert attesté
20 février 1999 Mohegan Sun Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis Concert attesté
21 février 1999 Westbury Music Fair, Westbury, État de New York, États-Unis Variante de programme à confirmer

22 février au 7 mars : Midwest et Californie du Nord

Date Lieu et fiche détaillée État de la documentation
22 février 1999 Jerome J. Schottenstein Center, Columbus, Ohio, États-Unis Concert attesté
24 février 1999 Westbury Music Fair, Westbury, État de New York, États-Unis Concert attesté
26 février 1999 Star Plaza Theatre, Merrillville, Indiana, États-Unis Concert attesté
28 février 1999 Park West, Chicago, Illinois, États-Unis Concert attesté
1er mars 1999 Palace of Auburn Hills, Auburn Hills, Michigan, États-Unis Concert attesté
4 mars 1999 Eureka Municipal Auditorium, Eureka, Californie, États-Unis Concert attesté
5 mars 1999 Konocti Harbor Resort & Spa, Kelseyville, Californie, États-Unis Concert attesté
6 mars 1999 Konocti Harbor Resort & Spa, Kelseyville, Californie, États-Unis Concert attesté

11 au 20 mars : montagne, Vegas, San Diego, Los Angeles et Reno

Date Lieu et fiche détaillée État de la documentation
7 mars 1999 Berkeley Community Theater, Berkeley, Californie, États-Unis Concert attesté
11 mars 1999 Bank of America Center, Boise, Idaho, États-Unis Concert attesté
12 mars 1999 Dee Events Center, Université d’État de Weber, Ogden, Utah, États-Unis Concert attesté
13 mars 1999 The Joint, Hard Rock Hotel & Casino, Las Vegas, Nevada, États-Unis Concert attesté
14 mars 1999 4th & B, San Diego, Californie, États-Unis Concert attesté
15 mars 1999 4th & B, San Diego, Californie, États-Unis Concert attesté
18 mars 1999 Universal Amphitheatre, Los Angeles, Californie, États-Unis Joe Walsh invité au rappel
19 mars 1999 Silver Legacy Casino, Reno, Nevada, États-Unis Programme abrégé

21 au 28 mars : Nevada, Mississippi et Floride

Date Lieu et fiche détaillée État de la documentation
20 mars 1999 Silver Legacy Casino, Reno, Nevada, États-Unis Programme abrégé ; récits divergents
21 mars 1999 Harrah’s Casino, Lake Tahoe, Nevada, États-Unis Programme abrégé ; You’re Sixteen attesté
25 mars 1999 Horseshoe Casino, Robinsonville, Mississippi, États-Unis Concert attesté
26 mars 1999 Florida Theatre, Jacksonville, Floride, États-Unis 22 chansons recensées ; ordre à contrôler
27 mars 1999 Sunrise Musical Theatre, Fort Lauderdale, Floride, États-Unis Salle modifiée ; concert confirmé
28 mars 1999 Hard Rock Cafe International, Orlando, Floride, États-Unis Concert attesté

Une liste de trente concerts n’est pas un inventaire exhaustif de tous les événements promotionnels ou des récitals personnels des musiciens. Les sources témoignent également d’une conférence de presse à New York et du concert solo de Todd Rundgren le 27 mars, lesquels ne modifient pas le nombre de représentations du All-Starr Band.

30. Bibliographie, enquêtes associées et transition vers l’année 2000

Le dossier historique de 1999 demande de distinguer les identités de groupe, les annonces de calendrier, les programmes de concerts et la généalogie des chansons. Les sources ci-dessous n’ont pas exactement la même fonction. La biographie officielle fixe l’identité de la cinquième formation ; le calendrier personnel de Jack Bruce et la Todd Rundgren Connection permettent de vérifier l’itinéraire ; les critiques publiées au lendemain des concerts témoignent de l’exécution et des variantes. Une fiche rédigée rétrospectivement doit être confrontée à ces matériaux sans être écartée par principe.

Sources et témoignages

Cinq études complémentaires de 1999

Conclusion historique

Le bilan solide est celui d’une tournée de trente concerts aux États-Unis, avec six musiciens permanents, deux invités notables expressément datés, plusieurs variantes de setlist et un terme au 28 mars à Orlando. Les projets sud-africains, le terme provisoire du 29 mars et les activités solo de Rundgren ne doivent pas être ajoutés à cet itinéraire. Les sources montrent également que la formation a dû absorber le départ de Joe Walsh avant l’ouverture, ce qui a donné à Rundgren une fonction de guitariste centrale. C’est une explication musicale de première importance.

Dans la suite du dossier, l’étude de 2000 montre comment Dave Edmunds, Eric Carmen et Mark Rivera modifient le son sans abandonner la formule de Ringo. On peut également revenir à l’index et aux trente fiches de 1999 ou consulter la période 1997–1998 pour comprendre le rôle historique de Gary Brooker, de Jack Bruce et de Simon Kirke. Le fil conducteur reste identique : raconter ce que les musiciens ont joué, dans quelles circonstances, en respectant ce que les sources permettent réellement d’affirmer.

Poursuivre le dossier : Index 1999 et 30 fiches · → 2000 : 32 concerts, Eric Carmen et Dave Edmunds · ← Étude 1997–1998 · Toutes les tournées.

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