Yellow-Sub.net · Étude historique · Tournées 2000
Sommaire
Ringo Starr et le All-Starr Band en 2000 : trente-deux concerts et neuf dates à démêler
La sixième formation du All-Starr Band réunit Ringo Starr, Dave Edmunds, Jack Bruce, Eric Carmen, Mark Rivera et Simon Kirke. Entre Atlantic City le 12 mai et Milwaukee le 1er juillet 2000, elle joue 32 concerts aux États-Unis. Cette étude en 30 sections relie les 41 fiches datées, dont neuf archives de dates non jouées ou non confirmées, et les cinq études complémentaires. Elle retrouve les invités de New York, Nashville, West Hollywood et San Diego, la polyvalence de Jack Bruce et les parcours discographiques très différents des chansons d’Eric Carmen.
Sommaire de cette étude (30 sections)
1. 2000, le retour d’une formule éprouvée avec un autre son
Le All-Starr Band de Ringo Starr en 2000 ne constitue ni une reconstitution des Beatles, ni une simple addition de vedettes. À sa sixième incarnation, il reste une proposition singulière : chaque musicien prête ses instruments aux succès des autres, puis récupère, pour quelques minutes, la place du chanteur principal. Ce principe, imaginé à la fin des années 1980, produit ici une soirée dont la couleur est différente de celle de 1999. Dans les années précédentes, Gary Brooker et Peter Frampton représentaient respectivement la pop orchestrale et le rock de guitare ; en 2000, Dave Edmunds fait revenir la rigueur du rock’n’roll, Eric Carmen déploie la power pop et la ballade, tandis que Jack Bruce et Simon Kirke préservent le dialogue avec les répertoires de Cream, Free et Bad Company.
Ringo demeure le point fixe de l’ensemble. Il accueille les chansons des autres, chante les siennes et reprend sa place derrière une batterie pour accompagner les passages qui ne lui sont pas réservés. Sa présence permet de passer d’un souvenir de la Beatlemania à un morceau de blues-rock sans donner à cette juxtaposition l’allure d’un festival décousu. Le contraste entre styles constitue au contraire le sujet musical de cette année.
Cette enquête suit l’itinéraire réellement parcouru, de l’Atlantic City du 12 mai au Summerfest de Milwaukee du 1er juillet. Elle exploite également les annonces non réalisées : en histoire du spectacle, une affiche imprimée appartient aux archives, mais ne prouve pas que le rideau se soit levé.
2. Une chronologie à deux niveaux : trente-deux concerts et neuf traces d’archives
Le bilan vérifiable est de 32 concerts joués sur une période allant du 12 mai au 1er juillet 2000, exclusivement aux États-Unis. Pourtant, le calendrier historique conservé sur Yellow-Sub.net comprend 41 fiches datées. La différence n’est pas une contradiction à cacher : elle traduit la vie même d’une tournée, avec ses premières annonces, ses substitutions, ses projets abandonnés et ses annulations médicales. C’est pourquoi chaque fiche doit être lue avec son statut, et non simplement additionnée aux autres.
Deux fausses pistes portent le nom de Riverport Amphitheatre : les 13 et 19 mai, la salle du Missouri apparaît dans des annonces, tandis que les étapes attestées de ces mêmes jours se situent respectivement à Atlantic City et au Mohegan Sun. Le concert effectivement placé au Riverport intervient le 28 mai. Deux autres dates prévues à Pittsburgh, le 5 juin puis le 2 juillet, n’ont pas lieu ; l’une était le report de l’autre. Casino Rama le 7 juin et les deux soirées d’Anaheim les 19 et 20 juin sont annulés. Enfin, Buenos Aires les 4 et 5 juillet relève de l’annonce non corroborée.
La méthode adoptée repose sur une hiérarchie des preuves : calendrier de musicien, récits contemporains, fiches de salles et programmes documentés précèdent les listes de dates recopiées sans distinction. Les quatre tableaux complets de cette étude donnent accès aux 41 fiches, en signalant explicitement les neuf mentions qui ne valent pas concert joué.
3. La sixième formation : six musiciens et six héritages
La biographie officielle de Ringo identifie la tournée de 2000 comme celle de la sixième formation du All-Starr Band. Le groupe compte six membres, Ringo compris : Ringo Starr, chant et batterie ; Dave Edmunds, guitare et chant ; Jack Bruce, basse, claviers et chant ; Eric Carmen, claviers, guitares, basse et chant ; Mark Rivera, saxophone et instruments de soutien ; et Simon Kirke, batterie et chant. Les rôles ne se réduisent pas à cette présentation : les instrumentistes passent d’une fonction à l’autre au gré des morceaux, et plusieurs assurent les chœurs.
La nomenclature historique n’est pas un détail. Elle permet de différencier cette équipe de celle de 1999, même lorsqu’un musicien — en particulier Jack Bruce, Simon Kirke ou Mark Rivera — traverse plusieurs formations. Les renouvellements ne portent pas seulement sur des visages : ils transforment la répartition des voix, la place des guitares, le rôle des claviers et la dynamique rythmique. Edmunds connaît déjà l’univers All-Starr pour y avoir joué en 1992 ; son retour n’est pas celui d’un inconnu. Carmen, en revanche, fait entendre une combinaison immédiatement reconnaissable entre les mélodies des Raspberries et ses chansons de carrière solo.
Le qualificatif de « supergroupe » peut être commode, mais il devient trompeur si l’on oublie le travail d’accompagnement. Un groupe de tournée existe précisément lorsque chacun accepte de ne pas être soliste en permanence. La composition de 2000 se distingue à cet égard par son caractère ramassé et par l’importance de musiciens capables d’occuper plusieurs fonctions.
4. Ringo Starr à l’approche de ses soixante ans
Au printemps 2000, Ringo Starr a 59 ans ; il fête son soixantième anniversaire le 7 juillet, quelques jours après la dernière date documentée. Le chiffre a une valeur symbolique, mais la scène apporte une réponse plus intéressante que le commentaire sur l’âge : l’ancien Beatle garde sa place de chanteur, d’animateur et de batteur. Sa conception du concert n’exige pas qu’il occupe chaque chanson. Il cède volontiers l’avant-scène à des partenaires dont les succès forment une seconde mémoire du rock.
Son programme reprend les facettes les plus immédiatement identifiables de son parcours : It Don’t Come Easy, Photograph, Back Off Boogaloo ou I’m the Greatest représentent le travail solo ; Act Naturally, Yellow Submarine, Boys, I Wanna Be Your Man et With a Little Help from My Friends rappellent les années Beatles, sans oublier Love Me Do. Toutes ces chansons n’ont pas la même histoire d’écriture : les titres associés à son image ne sont pas nécessairement des compositions signées de sa main.
Le témoignage d’un échange en ligne du 29 juin, conservé et résumé par Gary Shultz, éclaire sa manière d’aborder la route. Ringo y évoque deux semaines de répétitions, préparation qui lui permet de se sentir en confiance, et le plaisir de jouer avec ses partenaires. Ce détail rapproche le spectacle de l’atelier : derrière les présentations apparemment spontanées, il y a une mécanique collective soigneusement mise au point.
5. Dave Edmunds : l’épine dorsale rock’n’roll
Dave Edmunds apporte en 2000 quelque chose de presque contradictoire avec la notion de « supergroupe » : l’économie de moyens du rock’n’roll. Sa guitare directe, ses arrangements nets et sa voix de musicien-producteur rappellent qu’un standard peut tenir sur une pulsation et un refrain. L’homme de Love Sculpture, de Rockpile et d’une longue carrière solitaire revient dans l’entourage de Ringo avec un bagage qui relie rockabilly, rhythm and blues et pop britannique.
Le morceau le plus immédiatement reconnu est I Hear You Knocking, énorme succès d’Edmunds en 1970, mais chanson dont l’histoire remonte aux années 1950 et au répertoire de Smiley Lewis. La distinction compte : interpréter une version devenue célèbre ne signifie pas avoir composé l’œuvre. I Knew the Bride (When She Used to Rock ’n’ Roll) renvoie pour sa part à l’écriture de Nick Lowe et à l’univers Rockpile. Cette chanson d’observation presque cinématographique introduit dans le concert un ton plus ironique et une forme de récit en miniature.
Sur scène, Edmunds est aussi accompagnateur : il soutient les refrains de Carmen, les accents de Ringo et les titres plus lourds de Bruce. Son rôle mérite donc une double lecture, auteur d’une couleur musicale et partenaire discret. Une étude complémentaire présente son apport aux côtés de celui d’Eric Carmen ; le présent chapitre s’intéresse au fonctionnement concret de cet assemblage, sans attribuer à Edmunds les chansons dont il n’a été qu’un interprète majeur.
6. Eric Carmen : des Raspberries au grand écran
Avec Eric Carmen, le All-Starr Band traverse au moins trois histoires de la chanson populaire. Go All the Way renvoie aux Raspberries et à l’essor de la power pop au début des années 1970 : guitares nerveuses, harmonies vocales, refrain conçu comme une explosion. All by Myself appartient à une autre trajectoire, celle du grand succès solo de 1975, lent et expansif, bâti autour d’une relation connue avec le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov. Hungry Eyes remet encore l’horloge en mouvement : la chanson, signée Franke Previte et John DeNicola, s’impose grâce à la bande originale de Dirty Dancing en 1987. L’entendre chantée par Carmen ne lui confère pas pour autant le crédit d’auteur.
Ce contraste est une richesse : une même voix peut traverser le rock des années 1970, la pop romantique et le cinéma des années 1980. Le concert de 2000 met particulièrement en évidence cette diversité parce qu’il place les morceaux de Carmen entre des morceaux de Cream, des relectures rock’n’roll et les succès de Ringo. Il serait donc réducteur de l’enfermer dans la seule catégorie de « chanteur de ballades ».
Le compte rendu de Sunrise, publié le lendemain du concert du 3 juin, cite également Boats Against the Current. Cette mention n’en fait ni un titre joué chaque soir ni la preuve d’une séquence permanente du spectacle. Elle rappelle simplement que la place du répertoire de Carmen pouvait évoluer et qu’un témoignage local révèle parfois des variantes invisibles dans une setlist de référence.
7. Jack Bruce : Cream, le chant et un piano inattendu
Jack Bruce est l’un des grands médiateurs de cette formation. Son nom évoque d’abord Cream : Sunshine of Your Love, I Feel Free et White Room forment des jalons immédiats de la fin des années 1960. Mais Bruce est aussi compositeur, chanteur, pianiste et musicien habitué aux déplacements entre blues, jazz et rock. Réduire sa contribution à la virtuosité d’une basse électrique ferait disparaître une partie de son influence sur les arrangements.
Un document contemporain donne précisément la mesure de cette polyvalence. Dans son journal du 29 mai 2000, Bruce raconte qu’il joue du piano derrière Dave Edmunds sur certaines chansons. Le détail est précieux : il émane du participant lui-même et révèle une organisation instrumentale difficile à déduire d’une simple liste de musiciens. Le bassiste de Cream n’est pas seulement invité à ressusciter un son historique, il accepte de devenir l’accompagnateur d’un autre répertoire.
Bruce propose également Theme for an Imaginary Western, chanson issue de son univers solo, dont les apparitions sont documentées pour une partie seulement des concerts. Selon les récapitulatifs du dossier, ce titre n’est pas universel à toutes les dates. Il ne faut donc pas transformer un programme relevé à Nashville ou à New York en une partition fixe pour les trente-deux soirées. Pour apprécier Bruce, mieux vaut observer la circulation des rôles : une basse au service des Beatles, un piano pour Edmunds, une voix lead qui ramène l’univers Cream au centre de la salle.
8. Simon Kirke : deux patrimoines et une deuxième batterie
Simon Kirke n’a pas à jouer les seconds rôles dans une comparaison de batteurs. Son histoire avec Free et Bad Company lui donne une identité musicale très lisible, fondée sur une frappe énergique, souple et remarquablement peu démonstrative. Dans le All-Starr Band, la coexistence de Kirke et de Ringo permet de maintenir une assise rythmique pendant les passages où l’un des deux chante ou se déplace. La configuration à deux batteurs constitue un trait récurrent de cette formule.
Kirke prend le chant sur Shooting Star, morceau de Bad Company à la gravité narrative très différente des chansons humoristiques de Ringo, et sur All Right Now, succès fondateur de Free. Ces deux choix résument deux versants de son passé : l’un plus narratif et mélancolique, l’autre presque programmatique de la liberté rock. Leur présence à côté de Yellow Submarine ou Hungry Eyes surprend seulement si l’on considère que le spectacle devrait appartenir à un genre unique.
La fonction musicale de Kirke est plus large que ses deux instants au micro. Il assure des transitions, dialogue avec la batterie de Ringo et soutient les moments où l’orchestre ralentit ou augmente la tension. Sa présence, déjà familière au public des précédentes tournées, contribue à la continuité historique du projet. Le terme de « musicien de soutien » doit ici être compris comme la description d’une responsabilité, non comme une diminution de prestige.
9. Mark Rivera : le musicien qui relie les timbres
Mark Rivera est parfois moins visible sur l’affiche que les chanteurs dont le nom rappelle un groupe célèbre. Sa contribution est pourtant essentielle à la cohérence d’un programme passant de la pop des années 1960 au rock des années 1980. Saxophone, guitare, claviers, orgue, harmonica, percussions et chœurs : son arsenal de scène offre des couleurs sans exiger l’ajout d’un musicien pour chaque style. Les crédits de la tournée présentent précisément cette pluralité.
À l’écoute, le rôle d’un multi-instrumentiste de ce type ne se mesure pas au nombre de solos. Le saxophone peut épaissir une chanson mélodique, l’orgue donner du corps au blues, le tambourin maintenir le mouvement pendant un échange de voix. Cette souplesse explique pourquoi Rivera peut travailler avec plusieurs générations du All-Starr Band sans faire entendre un simple accompagnement interchangeable. Il met en relation les besoins des morceaux et la formation effectivement disponible.
La scène du 24 mai à New Brunswick révèle aussi un aspect humain de ce travail : Corin Bruce, le jeune fils de Jack Bruce, intervient aux congas lors de With a Little Help from My Friends, avec l’aide de Rivera. Il ne s’agit pas d’un septième membre permanent mais d’une participation ponctuelle. L’épisode illustre la porosité du spectacle, capable d’intégrer un invité dans une structure musicale déjà solide. Toute généalogie sérieuse du groupe doit différencier ces apparitions du noyau des six titulaires.
10. Les musiciens annoncés qui ne sont pas montés sur scène
En 2000, l’histoire du groupe commence aussi par les noms qui ne figurent pas dans la formation définitive. Les archives de préparation évoquent Billy Preston, déjà présent dans certaines aventures All-Starr, comme candidat aux claviers ; son engagement ne se concrétise pas. Billy Squier, Ray Davies et Ian Hunter apparaissent également dans les discussions de recrutement. Le fait de les citer dans un récit historique ne suffit pas pour les créditer sur scène, ni pour leur attribuer les arrangements des trente-deux concerts.
La nuance est importante pour Billy Preston, dont l’instrument pourrait sembler correspondre naturellement aux besoins de la tournée. Les claviers entendus dans cette formation doivent être rattachés aux six musiciens documentés, et non à un projet qui n’aboutit pas. Ian Hunter offre un autre exemple intéressant : indisponible pour cette équipe, il rejoindra celle de 2001. On peut établir cette succession sans transformer les pourparlers de 2000 en participation effective.
Pour l’historien, ce sont deux matériaux différents : d’un côté, les hypothèses de distribution qui montrent les ambitions artistiques de Ringo ; de l’autre, les listes de musiciens attestées et les concerts auxquels elles se rapportent. Les biographies des interprètes, les publicités de la presse locale et les témoignages ne répondent pas tous à la même question. Le présent dossier conserve ces renseignements de préparation précisément parce qu’ils permettent de comprendre le groupe réel, à condition de ne jamais confondre le conditionnel avec le passé composé.
11. Le programme de référence : une suite de relais, pas une seule voix
Les programmes les plus complets de 2000 mettent en évidence une architecture remarquablement stable : It Don’t Come Easy et Act Naturally installent Ringo au centre ; puis viennent Hungry Eyes pour Eric Carmen, I Hear You Knocking pour Dave Edmunds, Sunshine of Your Love pour Jack Bruce et Shooting Star pour Simon Kirke. En quelques titres seulement, le public rencontre les quatre univers apportés à la formation. Cette succession est moins arbitraire qu’il n’y paraît : la voix de chacun est présentée avant que le spectacle n’élargisse les combinaisons.
Le milieu de soirée se déplace des Beatles vers les invités : I Wanna Be Your Man, Love Me Do et Yellow Submarine voisinent avec Go All the Way, I’m the Greatest, No No Song, Back Off Boogaloo, I Feel Free ou All Right Now. Dans des programmes plus détaillés, White Room, All by Myself, Photograph, You’re Sixteen et le final With a Little Help from My Friends complètent la soirée. Il existe cependant des variantes comme Theme for an Imaginary Western et Boats Against the Current.
La setlist dite « type » constitue donc un outil de compréhension, jamais une preuve automatique pour une date isolée. Le dossier renvoie aux fiches de concerts précisément pour que l’on puisse identifier les chansons attestées, les listes partielles et les séquences reconstituées. Cette précaution est capitale pour les collections de bandes amateur, où l’absence d’une piste peut parfois résulter d’une coupure d’enregistrement plutôt que de son absence sur scène.
12. Crédits d’auteur : les quatre pièges d’un répertoire de succès
L’histoire musicale gagne beaucoup à séparer trois fonctions que le langage courant confond : écrire une chanson, la faire connaître et l’interpréter sur scène. La tournée de 2000 offre des cas d’école. Hungry Eyes est chantée par Eric Carmen, mais elle a été écrite par Franke Previte et John DeNicola. I Hear You Knocking est attachée à l’image de Dave Edmunds par son enregistrement de 1970, alors que son origine discographique est plus ancienne. I Knew the Bride porte l’écriture de Nick Lowe. Quant à No No Song, elle appartient au répertoire de Ringo sans être une composition de l’ancien Beatle.
Cette distinction vaut aussi pour les morceaux des Beatles. Act Naturally n’est pas née dans les studios d’Abbey Road : le groupe avait repris une chanson country associée à Buck Owens. Boys appartient à l’histoire des Shirelles avant d’être chantée par Ringo sur Please Please Me. With a Little Help from My Friends, écrite par Lennon et McCartney, est devenue l’une des signatures vocales de Starr sans qu’il en soit l’auteur.
Enfin, la généalogie d’All by Myself exige un soin supplémentaire, en raison des éléments tirés du concerto de Rachmaninov. Il n’est pas nécessaire de réduire cette filiation à un raccourci juridique ; il suffit de restituer les sources et le langage musical. Yellow-Sub.net consacre des enquêtes autonomes aux chansons de Carmen et d’Edmunds pour que le lecteur puisse dépasser la seule reconnaissance d’un refrain.
13. 12 et 13 mai, Atlantic City : le premier laboratoire public
Le départ est documenté à Atlantic City les 12 et 13 mai 2000, au Trump Taj Mahal. Sur le plan symbolique, la ville convient au modèle du All-Starr Band : un lieu de spectacle où la notoriété des musiciens attire le public, mais où celui-ci découvre surtout une mécanique musicale nouvelle. Les premiers concerts permettent d’entendre la différence entre la sixième formation et celle de l’année précédente. La place d’Eric Carmen, la guitare de Dave Edmunds et la continuité de Jack Bruce font basculer le répertoire vers un équilibre inédit entre power pop, blues-rock et chansons des Beatles.
Une confusion documentaire s’est longtemps attachée au 13 mai. Une annonce conservée pour ce jour mentionne le Riverport Amphitheatre de Maryland Heights, dans le Missouri. Elle ne doit pas remplacer la représentation d’Atlantic City dans l’itinéraire exécuté. L’intérêt de cette archive n’est pas de lui inventer un concert : elle permet de suivre la modification d’un calendrier de spectacles avant sa stabilisation. Le même Riverport accueillera réellement le groupe le 28 mai.
Pour l’ouverture, la documentation doit être croisée avec la fiche de recherche consacrée à Atlantic City et les notices des deux représentations. Cette mise en relation évite de plaquer mécaniquement une liste de chansons relevée plus tard sur un premier soir, où les musiciens peuvent encore ajuster les transitions, les interventions au micro et les passages instrumentaux.
14. 15 au 21 mai : Hudson Valley, Westbury et la Nouvelle-Angleterre
Après Atlantic City, la tournée remonte vers Poughkeepsie le 15 mai, puis enchaîne deux soirées au Westbury Music Fair les 16 et 17 mai. Le choix de deux représentations dans une même salle ne doit pas effacer leur individualité : une liste de chansons attestée pour le premier soir ne prouve pas à elle seule la même succession le lendemain. Pour les amateurs de concerts, ce sont aussi les lieux qui racontent la tournée : théâtre municipal, salle de proximité et casino ne produisent ni la même écoute ni la même circulation du public.
Les 19 et 20 mai, le groupe se produit au Mohegan Sun Casino d’Uncasville, avant de gagner Salem, dans le New Hampshire, le 21 mai. Une seconde annonce erronée place cependant Riverport le 19 mai. Les fiches conservent donc deux mentions pour ce jour : la représentation documentée dans le Connecticut et l’annonce du Missouri non confirmée. La distinction éclaire la chronologie ; sans elle, un simple décompte informatique fabriquerait un concert supplémentaire.
À cette étape, la logique du spectacle est déjà perceptible : Ringo place ses titres reconnaissables en ouverture et au fil de la soirée, mais laisse plusieurs de ses partenaires conduire leur propre séquence. L’un des attraits de la formation est précisément cette liberté encadrée. Le public ne se rend pas uniquement à un récital de Ringo Starr ; il entend simultanément une petite histoire du rock américain et britannique, racontée par des acteurs qui l’ont enregistrée.
15. 23 mai, Beacon Theatre : Andy Summers et Max Weinberg
Le 23 mai au Beacon Theatre de New York fournit l’un des meilleurs exemples de la porosité du All-Starr Band. Andy Summers, connu du public pour son travail au sein de The Police, intervient à la guitare sur Theme for an Imaginary Western, chanson associée à Jack Bruce. Dans un même morceau se croisent alors plusieurs chapitres de l’histoire britannique : l’univers de Cream et de Bruce, l’expérience ultérieure de Summers et la formule collective de Ringo. L’intérêt du moment vient moins de l’accumulation des noms que de leur rencontre sur une œuvre choisie.
La même soirée accueille Max Weinberg, batteur de l’E Street Band, pendant With a Little Help from My Friends. Cette apparition souligne la fonction particulière du final. Le morceau, écrit par Lennon et McCartney pour Ringo et enregistré par les Beatles en 1967, a pris un sens scénique presque littéral : il sert à accueillir des amis supplémentaires au sein d’un groupe qui se définit déjà par l’amitié professionnelle.
Il faut cependant distinguer les invités ponctuels des membres fixes. Ni Summers ni Weinberg ne deviennent titulaires de la tournée de 2000. Les crédits ne doivent pas se propager automatiquement aux concerts suivants, même lorsque le final est joué soir après soir. Le Beacon est un document à part entière ; les interventions doivent rester attachées au 23 mai 2000.
16. 24 mai, New Brunswick : un invité inattendu et un petit instrument
Le lendemain, au State Theatre de New Brunswick, la documentation cite une apparition touchante et très précise : Corin Bruce, jeune fils de Jack Bruce, participe aux congas lors du final With a Little Help from My Friends, épaulé par Mark Rivera. L’événement ne bouleverse pas la setlist, mais révèle quelque chose d’important sur l’esprit du groupe. Une tournée de vedettes peut rester une communauté de musiciens où un jeune invité trouve sa place sans que la prestation se transforme en démonstration de prestige.
Ce détail mérite une inscription rigoureuse. Il n’autorise ni à présenter Corin comme un membre de la formation, ni à lui attribuer d’autres interventions. Le concert est celui du 24 mai, le morceau est le final et l’instrument mentionné est la conga. Chaque élément possède un statut documentaire différent d’une supposition fondée sur des photographies ou des témoignages rétrospectifs flous.
Cette précision sur un incident presque familial se révèle utile dans la comparaison des spectacles. Lorsque le All-Starr Band change d’invités au cours de la tournée, la chanson de clôture fonctionne comme une porte d’entrée. Le fil musical reste stable, mais l’identité des participants évolue. C’est un argument de plus pour privilégier des fiches concert par concert plutôt qu’une longue liste de célébrités rassemblées sans date ni contexte.
17. 26 au 31 mai : festivals, Missouri et la grande réunion de Nashville
Entre le 26 mai à Norfolk et le 31 mai à Nashville, le groupe traverse une série de cadres très différents : le NorVa Theatre, le festival de cuisine et de musique de Cleveland le 27, le Riverport Amphitheatre de Maryland Heights le 28 et le Filene Center du Wolf Trap à Vienna le 30. Cette géographie rappelle qu’une tournée américaine se construit autant avec des salles de spectacle qu’avec des événements extérieurs, et que le même programme doit s’adapter aux contraintes de chaque plateau.
Le 31 mai au Gaylord Entertainment Center de Nashville représente un moment fort de la documentation des invités. Andy Summers revient à la guitare pour Theme for an Imaginary Western, tandis que Pam Tillis, Kim Carnes, Tom Hambridge et Sam Bush rejoignent la formation sur With a Little Help from My Friends. Nashville n’est pas seulement un nom prestigieux sur une carte : la ville est un carrefour où la country, la pop et la musique de studio se croisent naturellement. La liste des participants au rappel rend ce brassage particulièrement visible.
Le programme de cette soirée, également relevé dans des chronologies spécialisées, confirme le fonctionnement en relais du spectacle. Il n’existe pourtant aucune raison de généraliser la liste des invités de Nashville à Atlanta, Chicago ou Las Vegas. Une enquête documentaire n’aplatit pas la tournée dans une seule affiche : elle conserve l’identité des soirs exceptionnels et accepte que d’autres concerts aient été plus sobres, musicalement tout aussi représentatifs.
18. Le 3 juin à Sunrise : cinq chansons attestées, un concert entier
Le 3 juin au Sunrise Musical Theatre, en Floride, constitue un petit cas d’école de critique des sources. Le lendemain de la représentation, Paul Mellette publie un compte rendu dans l’environnement des archives d’Eric Carmen. Il mentionne explicitement Hungry Eyes, Boats Against the Current, Go All the Way, All by Myself et le final With a Little Help from My Friends. On peut donc attester ces cinq chansons avec une bonne proximité temporelle ; on ne peut ni déduire que le spectacle n’en comportait que cinq, ni leur attribuer automatiquement l’ordre de leur citation dans le texte.
Ce témoignage éclaire surtout la place de Carmen. Là où une synthèse de tournée donne une image standardisée, un spectateur intéressé par l’ancien chanteur des Raspberries se souvient précisément de son répertoire, y compris Boats Against the Current, moins attendu que les grands succès. Le biais du témoin n’annule pas sa valeur : il indique simplement les sujets sur lesquels sa mémoire est la plus précise.
La fiche de Sunrise conserve un programme partiel annoncé comme tel. C’est une discipline fondamentale : un renseignement positif sur cinq chansons ne saurait être transformé en récit négatif sur toutes les autres. Pour la même raison, les comptes rendus de fans ne peuvent être remplacés par les statistiques de sites participatifs sans examen de leur provenance et de leur date de collecte.
19. Laryngite, bronchite : le calendrier contrarié de juin
Une chronologie de concerts doit intégrer les interruptions sans les transformer en représentations. Le 5 juin à Pittsburgh, au Iron City Light Amphitheatre, le concert est reporté en raison d’une laryngite de Ringo, selon les informations de l’époque conservées dans le dossier. Une nouvelle date est annoncée au 2 juillet ; elle sera finalement annulée. Le 7 juin au Casino Rama, en Ontario, fait également partie des concerts annulés. Aucune de ces trois mentions n’entre dans le total des trente-deux soirs exécutés.
La difficulté se reproduit en Californie : les concerts prévus au Sun Theatre d’Anaheim les 19 et 20 juin sont annulés, cette fois à la suite de problèmes de santé décrits comme une bronchite. Les archives contemporaines mentionnent ces difficultés vocales, et leur emplacement dans le calendrier explique certaines lacunes qui pourraient sembler mystérieuses si l’on ne consultait qu’une suite de lieux. La présence d’un nom de salle dans une annonce ne signifie pas que des instruments aient été installés devant un public.
Le cas de Pittsburgh est particulièrement révélateur parce qu’une date reportée génère une deuxième fiche sans générer un deuxième concert. L’historien doit conserver les deux étapes de la décision : annonce initiale, report, puis annulation du remplacement. Les documents sont réels ; les deux performances, elles, n’ont pas eu lieu. C’est aussi une manière de respecter la mémoire des spectateurs qui avaient acheté ou envisagé des billets.
20. Chicago, Syracuse et Clarkston : la tournée reprend ses appuis
Malgré les difficultés de santé de début juin, le groupe retrouve la scène au House of Blues de Chicago le 8 juin, avant les concerts des 10 juin au Landmark Theatre de Syracuse et 11 juin au Pine Knob Music Theatre de Clarkston. Ces représentations attestées illustrent la mobilité de la formation dans le Nord et le Midwest, entre salle de centre-ville et vaste amphithéâtre. Elles doivent être distinguées de l’étape canadienne du 7 juin, qui figure bien sur le papier mais qui a été annulée.
Cette reprise souligne le rôle de l’équipe instrumentale. Kirke et Starr organisent la pulsation ; Bruce et Carmen peuvent s’échanger basses et claviers selon les besoins ; Edmunds maintient le tranchant des guitares ; Rivera relie les textures. Le public entend donc un orchestre capable de produire des climats variés sans multiplier les changements de plateau. Cette continuité est particulièrement précieuse dans les grands lieux où les chansons doivent être immédiatement reconnaissables.
Les enregistrements de collection liés à certaines soirées, notamment Chicago, montrent qu’il existe une mémoire sonore de la tournée en dehors des éditions commerciales. Mais une bande circulant entre amateurs ne doit pas être décrite comme un album officiellement publié, et sa qualité ne permet pas nécessairement de vérifier tous les participants. La discographie et la chronique des concerts répondent à des questions différentes : il faut les rapprocher sans les confondre.
21. 14 au 17 juin : de Saratoga à Las Vegas, un autre décor
La tournée bascule ensuite vers l’Ouest : The Mountain Winery de Saratoga accueille deux soirées, les 14 et 15 juin, puis viennent Harrah’s Tahoe le 16 et The Joint du Hard Rock Hotel & Casino de Las Vegas le 17. Le passage entre les vignobles californiens, les sites de villégiature et la salle de casino rend visible une particularité du circuit américain de Ringo : les concerts ne dépendent pas d’une seule catégorie de lieux. Le même groupe doit s’adresser à un public venu autant pour un événement de plein air que pour un spectacle dans un établissement de loisirs.
Cette diversité modifie les conditions de réception, mais elle ne justifie pas d’inventer des variantes musicales pour les soirs dont nous ne possédons pas de témoignage spécifique. Les setlists recensées pour Las Vegas et d’autres étapes occidentales donnent des références précieuses ; leur circulation sur des plateformes participatives suppose toutefois de remonter, lorsque c’est possible, vers la source initiale. Une correspondance entre deux listes ne doit pas être interprétée automatiquement comme une vérification indépendante si l’une a simplement été copiée de l’autre.
Ces quatre concerts sont, eux, intégrés sans réserve à l’itinéraire de trente-deux dates. Ils contrastent avec les deux représentations d’Anaheim qui devaient suivre les 19 et 20 juin et n’auront pas lieu. La carte de la tournée présente ainsi une Californie réelle — Saratoga, West Hollywood, San Diego — et une Californie annoncée dont certaines salles resteront absentes du parcours exécuté.
22. 22 et 23 juin, House of Blues : West Hollywood et ses invités
Le House of Blues de West Hollywood reçoit le groupe les 22 et 23 juin. La première soirée s’enrichit de présences remarquées sur le final With a Little Help from My Friends : George Thorogood, Bruce Gary, Spencer Davis et Micky Dolenz. En quelques noms, c’est un panorama de plusieurs générations de rock américain et britannique qui rejoint le groupe. Le fait que ces invités interviennent sur le morceau de clôture plutôt que dans la formation de départ est cohérent avec la logique d’un All-Starr Band : le noyau des musiciens demeure, les invités ajoutent une couche de complicité.
Une archive du manuscrit évoque également une possible participation de Micky Dolenz le 23 juin, mais celle-ci mérite une vérification indépendante. Plutôt que de présenter deux apparitions certaines, la chronologie retient avec assurance celle du 22 et signale le 23 comme une attribution à confirmer. Ce type de précaution peut paraître infime à l’échelle d’une tournée ; il devient essentiel pour les fans qui tentent de dater une photographie ou d’identifier les voix présentes sur une bande.
Le choix de With a Little Help from My Friends éclaire enfin la mémoire des Beatles. La chanson n’est plus seulement un morceau du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band de 1967 : elle est devenue, chez Ringo, une forme rituelle d’hospitalité musicale. Cette transformation scénique ne modifie pas son crédit Lennon-McCartney, mais elle explique pourquoi les témoignages de concerts sont si riches en noms d’invités.
23. 25 et 26 juin, San Diego : Gary Puckett et Michael McDonald
Après West Hollywood, deux concerts ont lieu à Humphrey’s by the Bay, San Diego, les 25 et 26 juin 2000. La seconde représentation est particulièrement bien documentée. Au moment du final, Gary Puckett et Michael McDonald rejoignent Ringo et ses partenaires. Le premier est associé aux succès de Gary Puckett & The Union Gap ; le second a travaillé dans les univers de Steely Dan et des Doobie Brothers. Leur présence met l’accent sur les voix et sur une tradition de pop américaine éloignée, par ses arrangements, de celle de Cream.
La setlist recensée pour le 26 juin donne un panorama de la soirée : elle juxtapose Ringo et les Beatles, les chansons de Carmen, les titres chantés par Edmunds, plusieurs succès de Cream et le répertoire de Kirke. Elle répertorie aussi Boats Against the Current et Theme for an Imaginary Western. Le programme de ce concert ne doit pas devenir par défaut celui du 25 juin ni celui de tous les spectacles antérieurs. C’est une source datée, importante parce qu’elle permet d’observer le groupe à un moment précis de sa progression.
On trouve par ailleurs des références à des enregistrements de collection de cette deuxième soirée. Leur existence atteste l’intérêt durable des amateurs pour ce concert, mais ne transforme pas ces supports en publication officielle. Le dossier du 26 juin est le bon point de départ pour reconstruire la soirée, avec son lieu, ses interprètes invités et son programme spécifique.
24. 28 juin, Red Rocks : l’épreuve du grand amphithéâtre
Le 28 juin 2000, la tournée passe au Red Rocks Amphitheatre de Morrison, dans le Colorado. Le site, connu pour sa configuration spectaculaire dans les formations rocheuses, constitue un autre changement d’échelle après les salles plus intimes de San Diego. Sans témoignage précis sur la réaction du public, il serait imprudent d’attribuer aux lieux des émotions ou des commentaires imaginaires. On peut en revanche observer que l’orchestration du All-Starr Band se prête à de telles jauges : les refrains de All Right Now, Yellow Submarine ou With a Little Help from My Friends possèdent une reconnaissance immédiate.
Le programme associé à Red Rocks reprend l’équilibre général entre Ringo, Eric Carmen, Dave Edmunds, Jack Bruce et Simon Kirke. Les éventuelles variantes doivent être recherchées dans des documents propres à cette date. C’est là que la rigueur archivistique rencontre l’écoute musicale : lorsque les chansons sont bien identifiées, il devient possible de comparer les accents d’un soir à l’autre sans projeter sur la bande un concert idéal reconstruit après coup.
À ce stade, il ne reste que deux concerts confirmés : Saint Paul le 30 juin et Milwaukee le 1er juillet. La proximité du dernier spectacle invite à regarder aussi les discussions de projets d’extension, particulièrement les anciennes annonces de Pittsburgh et d’Argentine. Celles-ci témoignent de possibilités envisagées, mais le parcours réel garde son terme au Summerfest.
25. 30 juin et 1er juillet : Saint Paul, Milwaukee et la fin réelle
Le 30 juin 2000, Ringo se produit sur les State Capitol Grounds de Saint Paul, au Minnesota. Le lendemain, le 1er juillet, le All-Starr Band prend part au Summerfest de Milwaukee, dans le Wisconsin. Le calendrier de Jack Bruce et les synthèses du parcours s’accordent pour considérer Milwaukee comme le 32e et dernier concert joué de la tournée. Il s’agit d’un repère plus solide que le simple fait qu’une date supplémentaire figure après le 1er juillet sur certaines listes.
Une tradition discographique spécialisée évoque l’enregistrement du concert de Milwaukee et un projet de publication finalement abandonné. L’information est intéressante pour les collectionneurs, mais elle demande à être rapportée pour ce qu’elle est : une indication de source secondaire, non la preuve d’une édition commerciale effectivement sortie. En l’absence d’un support publié et identifié, on ne doit pas ajouter un album officiel « 2000 » à la discographie du All-Starr Band. Les disques de concert d’autres années répondent à des histoires éditoriales différentes.
Les annonces ultérieures conservées concernent Pittsburgh le 2 juillet et Buenos Aires les 4 et 5 juillet. La première correspond à une date de remplacement annulée, les deux dernières à des représentations non corroborées. Dire que « la tournée s’achève à Milwaukee » ne revient donc pas à supprimer des éléments gênants : cela signifie que le récit distingue les concerts exécutés des projets qui ont continué à circuler dans des documents publicitaires ou des agendas provisoires.
26. Buenos Aires et l’Australie : les voyages qui restent sur le papier
Les mentions des 4 et 5 juillet 2000 à Buenos Aires constituent deux des neuf fiches d’archives. Elles proviennent d’annonces conservées dans les actualités musicales de l’époque, mais ne sont pas corroborées comme spectacles joués par le calendrier de Jack Bruce, dont l’itinéraire s’arrête au Summerfest du 1er juillet. Aucun lieu précis n’est suffisamment établi pour ces deux soirées. Cette absence ne doit pas être remplacée par un nom de salle vraisemblable : une lacune documentaire est une information à conserver.
Le dossier évoque également un projet de concerts en Australie. Un journal de Jack Bruce daté du 17 février indique qu’un déplacement avec Ringo était envisagé. Ce témoignage est précieux pour comprendre l’ambition géographique du projet, mais ne prouve pas qu’un tel voyage ait eu lieu. Les concerts australiens n’entrent pas davantage dans le total des trente-deux dates jouées. L’histoire d’une tournée inclut ses zones d’ombre, ses itinéraires impossibles et les décisions qui restent parfois sans explication connue.
Cette séparation entre programme projeté et parcours attesté évite deux erreurs symétriques. La première consisterait à effacer les annonces parce qu’elles ont été contredites par les faits ; la seconde serait de les compter comme des performances, gonflant artificiellement le bilan. Les neuf fiches d’archives ont donc une fonction historique pleine et entière, à condition que leur statut reste visible dans l’index et dans les tableaux ci-dessous.
27. Des archives de fans aux enregistrements : ce que l’on peut vraiment établir
La documentation de 2000 est hétérogène : calendriers de musiciens, journaux, comptes rendus de spectateurs, communications de salles, setlists recopiées, captations de collection et notices élaborées longtemps après les faits. Chacun de ces documents possède sa force propre. Un journal contemporain peut attester un changement d’instrument ; une liste de chansons complète peut éclairer l’architecture d’une soirée ; une publicité prouve une intention de programmation ; une bande amateur peut aider à identifier un invité, tout en demeurant insuffisante pour établir la provenance de l’enregistrement si celle-ci est mal documentée.
Les témoignages les plus remarquables sont ceux qui ajoutent une information précise que l’on ne pourrait pas déduire de la formation générale : Jack Bruce passant au piano derrière Dave Edmunds, Paul Mellette signalant des chansons de Carmen à Sunrise, Max Weinberg rejoignant le final de New York, ou les invités de Nashville et de San Diego. Leur intérêt ne se mesure pas à leur prestige mais à leur capacité de relier un fait à une date et à une source.
La discographie demande une vigilance supplémentaire. Les références à des CD-R de collection ne sont pas des références à une sortie officielle ; les enregistrements annoncés sans édition identifiée ne peuvent être traités comme des albums vendus. Cette différence, fondamentale pour les collectionneurs, explique pourquoi les études de 2000 insistent à la fois sur les concerts, les chansons et la nature des supports mentionnés.
28. Une sixième formation entre continuité et mutation
Sur le plan historique, 2000 apparaît comme une année de transition sans être une simple parenthèse. Jack Bruce, Simon Kirke et Mark Rivera prolongent une continuité de musiciens déjà rencontrés dans l’aventure All-Starr, tandis que Dave Edmunds et Eric Carmen déplacent le cœur sonore vers les origines du rock’n’roll et la mélodie pop. Le public découvre ainsi l’identité du projet par le fonctionnement des chansons plutôt que par une théorie sur les styles. Le même ensemble est capable d’accompagner une ballade de Carmen, un classique de Cream et un refrain associé aux Beatles.
Le modèle se distingue aussi par sa fragilité matérielle. Une tournée de trente-deux représentations est un enchaînement de déplacements, de répétitions, de récupérations et de rendez-vous ; la santé d’un chanteur peut modifier un calendrier à plusieurs reprises. Les annulations de Pittsburgh, du Casino Rama et d’Anaheim font partie de cette histoire, au même titre que les concerts de New York ou de Milwaukee. Elles rappellent que le prestige des interprètes ne les soustrait pas aux contraintes du spectacle vivant.
L’année suivante, Ringo réunira une autre distribution, avec notamment Greg Lake, Roger Hodgson, Ian Hunter, Howard Jones, Sheila E. et Mark Rivera. Ce changement ne constitue pas une correction d’un échec de 2000 : il manifeste la règle centrale du All-Starr Band, un orchestre qui se renouvelle pour rendre audible d’autres répertoires. L’étude de 2001 prolonge donc directement cette enquête, mais elle raconte un autre équilibre musical, d’autres invités et d’autres archives.
29. Calendrier intégral : les 41 fiches et le statut des neuf archives
Le tableau chronologique qui suit réunit les 41 notices datées de 2000. Les 32 représentations attestées y sont différenciées des neuf mentions non jouées ou non confirmées. Les liens ouvrent les fiches détaillées : les notices d’annulation restent accessibles parce qu’elles expliquent les ruptures du calendrier. Cette édition distingue ainsi trois questions : qu’a-t-on annoncé, qu’a-t-on annulé et où le groupe a-t-il effectivement joué ?
Les mentions de Riverport des 13 et 19 mai sont des annonces non confirmées ; Pittsburgh le 5 juin est un concert reporté au 2 juillet, puis annulé ; le Casino Rama du 7 juin et les deux soirées d’Anaheim des 19 et 20 juin sont annulés ; le 2 juillet à Pittsburgh n’a pas été joué ; Buenos Aires les 4 et 5 juillet n’est pas corroboré comme événement exécuté. Tous les autres liens de ce tableau renvoient aux trente-deux représentations retenues dans le parcours de la sixième formation.
Mai : premières scènes et annonces divergentes
| Date | Lieu et fiche historique | Statut |
|---|---|---|
| 12 mai 2000 | Trump Taj Mahal, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Concert joué |
| 13 mai 2000 | Riverport Amphitheatre, Maryland Heights, Missouri, États-Unis | Annonce non confirmée |
| 13 mai 2000 | Trump Taj Mahal, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Concert joué |
| 15 mai 2000 | Mid-Hudson Civic Center, Poughkeepsie, État de New York, États-Unis | Concert joué |
| 16 mai 2000 | Westbury Music Fair, Westbury, État de New York, États-Unis | Concert joué |
| 17 mai 2000 | Westbury Music Fair, Westbury, État de New York, États-Unis | Concert joué |
| 19 mai 2000 | Mohegan Sun Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis | Concert joué |
| 19 mai 2000 | Riverport Amphitheatre, Maryland Heights, Missouri, États-Unis | Annonce non confirmée |
| 20 mai 2000 | Mohegan Sun Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis | Concert joué |
| 21 mai 2000 | I Center, Salem, New Hampshire, États-Unis | Concert joué |
| 23 mai 2000 | Beacon Theatre, New York, États-Unis | Concert joué |
Fin mai et début juin : la route et les reports
| Date | Lieu et fiche historique | Statut |
|---|---|---|
| 24 mai 2000 | State Theatre, New Brunswick, New Jersey, États-Unis | Concert joué |
| 26 mai 2000 | NorVa Theatre, Norfolk, Virginie, États-Unis | Concert joué |
| 27 mai 2000 | Tops Great American Rib Cook-Off & Music Festival, Cleveland, Ohio, États-Unis | Concert joué |
| 28 mai 2000 | Riverport Amphitheatre, Maryland Heights, Missouri, États-Unis | Concert joué |
| 30 mai 2000 | Wolf Trap Filene Center, Vienna, Virginie, États-Unis | Concert joué |
| 31 mai 2000 | Gaylord Entertainment Center, Nashville, Tennessee, États-Unis | Concert joué |
| 1er juin 2000 | Horseshoe Casino, Robinsonville, Mississippi, États-Unis | Concert joué |
| 3 juin 2000 | Sunrise Musical Theatre, Sunrise, Floride, États-Unis | Concert joué |
| 4 juin 2000 | Chastain Park Amphitheatre, Atlanta, Géorgie, États-Unis | Concert joué |
| 5 juin 2000 | Iron City Light Amphitheatre, Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis | Reporté, puis annulé |
| 7 juin 2000 | Casino Rama, Ontario, Canada | Annulé (laryngite) |
Juin : reprise, Californie et soirées annulées
| Date | Lieu et fiche historique | Statut |
|---|---|---|
| 8 juin 2000 | House of Blues, Chicago, Illinois, États-Unis | Concert joué |
| 10 juin 2000 | Landmark Theatre, Syracuse, État de New York, États-Unis | Concert joué |
| 11 juin 2000 | Pine Knob Music Theatre, Clarkston, Michigan, États-Unis | Concert joué |
| 14 juin 2000 | The Mountain Winery, Saratoga, Californie, États-Unis | Concert joué |
| 15 juin 2000 | The Mountain Winery, Saratoga, Californie, États-Unis | Concert joué |
| 16 juin 2000 | Harrah’s Tahoe, Lake Tahoe, Nevada, États-Unis | Concert joué |
| 17 juin 2000 | The Joint, Hard Rock Hotel & Casino, Las Vegas, Nevada, États-Unis | Concert joué |
| 19 juin 2000 | The Sun Theatre, Anaheim, Californie, États-Unis | Annulé (bronchite) |
| 20 juin 2000 | The Sun Theatre, Anaheim, Californie, États-Unis | Annulé (bronchite) |
| 22 juin 2000 | House of Blues, West Hollywood, Californie, États-Unis | Concert joué |
| 23 juin 2000 | House of Blues, West Hollywood, Californie, États-Unis | Concert joué |
Fin juin et juillet : les dernières scènes et les annonces tardives
| Date | Lieu et fiche historique | Statut |
|---|---|---|
| 25 juin 2000 | Humphrey’s by the Bay, San Diego, Californie, États-Unis | Concert joué |
| 26 juin 2000 | Humphrey’s by the Bay, San Diego, Californie, États-Unis | Concert joué |
| 28 juin 2000 | Red Rocks Amphitheatre, Morrison, Colorado, États-Unis | Concert joué |
| 30 juin 2000 | State Capitol Grounds, Saint Paul, Minnesota, États-Unis | Concert joué |
| 1er juillet 2000 | Summerfest, Milwaukee, Wisconsin, États-Unis | Concert joué |
| 2 juillet 2000 | Iron City Light Amphitheatre, Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis | Report annulé |
| 4 juillet 2000 | Lieu non précisé, Buenos Aires, Argentine | Annonce non confirmée |
| 5 juillet 2000 | Lieu non précisé, Buenos Aires, Argentine | Annonce non confirmée |
Méthode : les statuts reprennent la critique des sources déjà appliquée à chaque fiche. Une annonce de salle, même datée, ne saurait être traitée comme un billet validé ni comme une captation du concert. En cas de preuve nouvelle, la notice individuelle peut être amendée sans altérer silencieusement l’ensemble du dossier.
30. Sources, études complémentaires et passage à 2001
Cette étude constitue une synthèse historico-musicale du dossier déjà publié, enrichie d’une critique explicite des dates et des crédits. Les sources sont réparties selon leur fonction : biographie officielle pour l’identité de la formation, documents contemporains pour les concerts, comptes rendus pour les invités, bibliographies et discographies pour la généalogie des chansons. Cette distinction protège le dossier de l’illusion qu’une seule setlist tardive pourrait remplacer les archives du printemps et de l’été 2000.
Sources principales et vérifications
- Site officiel de Ringo Starr, biographie : identification de la sixième formation et de ses cinq partenaires.
- Jack Bruce, archives du musicien : calendrier de référence, journal du 17 février sur les projets de voyage et journal du 29 mai sur la polyvalence instrumentale ; informations reprises et contextualisées dans les fiches du dossier.
- The Beatles Bible, Sixth All-Starr Band Tour 2000 : chronologie secondaire recoupée des trente-deux représentations.
- The Beatles Bible, concert de Nashville du 31 mai : invités du rappel et présence d’Andy Summers.
- The Beatles Bible, House of Blues du 22 juin : invités de West Hollywood.
- The Beatles Bible, San Diego du 26 juin : programme daté, Gary Puckett et Michael McDonald.
- Archives Abbeyrd, actualités et annonces de 2000 : reports, projets de concerts et itinéraires successifs ; ces annonces ont été confrontées au calendrier exécuté.
- Gary Shultz, compte rendu de l’échange en ligne avec Ringo du 29 juin 2000 : méthode de répétitions et ressenti du musicien.
- Paul Mellette, compte rendu de Sunrise publié le 4 juin 2000 dans l’environnement des archives Eric Carmen : chansons expressément attestées et caractère partiel de la liste.
- Victor Baissait, index discographique du All-Starr Band : signalement d’un projet d’enregistrement pour Milwaukee, sans édition officielle vérifiée.
Les cinq études complémentaires de 2000
- Atlantic City, 12 mai 2000 : la sixième formation présente Eric Carmen et Dave Edmunds.
- Dave Edmunds, Eric Carmen et Ringo : l’identité pop-rock de la sixième formation de 2000.
- Eric Carmen au All-Starr Band 2000 : Hungry Eyes, Go All the Way et All by Myself, trois généalogies.
- Jack Bruce en 2000 : quand le bassiste de Cream passe au piano derrière Dave Edmunds.
- Les trente-deux concerts du All-Starr Band en 2000 : itinéraire et sources contradictoires.
Bilan historique
Les faits les mieux établis sont clairs : six musiciens permanents ; trente-deux concerts joués aux États-Unis du 12 mai au 1er juillet ; neuf fiches supplémentaires dont la fonction est de conserver les annonces et les annulations ; plusieurs invités documentés ville par ville ; un programme articulant les Beatles, la carrière solo de Ringo, la pop d’Eric Carmen, les racines rock de Dave Edmunds, Cream, Free et Bad Company. Les points ouverts restent signalés comme tels, notamment certaines attributions d’invités, des projets internationaux et l’éventuelle histoire éditoriale de la captation de Milwaukee.
L’année 2001 remplacera plusieurs des figures de 2000 et accueillera un autre répertoire, jusqu’à un concert de Rosemont destiné à une édition live. Le lecteur peut poursuivre cette histoire par l’étude approfondie de 2001, ou revenir à l’index 2000 et ses quarante et une fiches. La documentation de Yellow-Sub.net doit rester ouverte aux témoignages datés, aux billets originaux et aux programmes effectivement conservés : l’archéologie musicale avance par preuves, non par remplissage des blancs.
Poursuivre le dossier : Index 2000 et 41 fiches · → 2001 : 28 concerts, Jones Beach et Rosemont · ← Étude 1999 (30 concerts) · Toutes les tournées.












