Yellow-Sub.net · Étude historique · Tournées 2001
Sommaire
Ringo Starr et le All-Starr Band en 2001 : vingt-huit concerts, Jones Beach et le live de Rosemont
La septième formation du All-Starr Band réunit Ringo Starr, Greg Lake, Roger Hodgson, Ian Hunter, Howard Jones, Sheila E. et Mark Rivera pour 28 concerts, du 26 juillet au 2 septembre 2001. Cette étude de 30 sections s’appuie sur les 28 fiches datées de Yellow-Sub.net, cinq études complémentaires et des comptes rendus de l’époque. Elle distingue les intentions des annonces, les solos rares de Jones Beach, le passage télévisé du Today Show et la captation du 22 août à Rosemont dont l’album King Biscuit Flower Hour paraît en août 2002.
Sommaire de cette étude (30 sections)
1. 2001 : un septième All-Starr Band impossible à ranger dans une seule époque
En 2001, le projet All-Starr Band de Ringo Starr prend une direction inhabituelle. Il ne s’agit plus seulement de faire revivre le rock qui a entouré les Beatles. Autour de l’ancien batteur de Liverpool se croisent le rock progressif de King Crimson et d’Emerson, Lake & Palmer, la pop sophistiquée de Supertramp, les chansons de Mott the Hoople, la new wave de Howard Jones et l’univers percussif de Sheila E. Sur une affiche, ces noms ne forment pas une famille évidente. Sur scène, c’est justement cette différence qui devient le sujet.
Le groupe traverse l’Amérique du Nord entre le 26 juillet et le 2 septembre 2001. Vingt-huit concerts constituent le parcours commercial documenté. Pendant ce temps, des apparitions radiophoniques, des conférences et un passage à la télévision accompagnent la promotion, sans être confondus avec les soirées ordinaires de la tournée. Le calendrier prend ainsi place dans une année où Ringo fait également paraître une anthologie de ses précédentes formations.
Cette septième édition précède celle de 2003, mais elle en annonce déjà deux piliers : Sheila E. à la seconde batterie et Mark Rivera à la direction musicale et aux instruments multiples. L’histoire qui commence au Casino Rama n’est pas seulement celle de près de six semaines de concerts. Elle prépare le langage des All-Starrs au début du nouveau siècle.
2. Vingt-huit concerts : deux dates canadiennes, vingt-six américaines
Le calendrier publié sur Yellow-Sub.net réunit 28 fiches datées, et les chronologies indépendantes de la septième formation retiennent le même total de 28 concerts. Les deux premières représentations ont lieu au Canada : le 26 juillet au Casino Rama, en Ontario, et le 27 juillet au Molson Centre de Montréal. Les vingt-six suivantes se déroulent aux États-Unis, jusqu’au concert du 2 septembre à San Diego.
Cette répartition évite une confusion fréquente entre « tournée nord-américaine » et « tournée américaine » au sens des seuls États-Unis. Elle explique aussi le calendrier des premières répétitions au Casino Rama, dont le choix n’était pas anodin. La salle offre au groupe un point de départ stable pour préparer un répertoire exigeant, avec de nombreux changements d’instruments et plusieurs chanteurs principaux.
Le parcours présente des espaces très différents : casinos, amphithéâtres, universités, théâtres fermés et foires d’État. De Sterling Heights à Jones Beach, de Tampa à Rosemont, de Portland à Las Vegas, Ringo apporte la même idée directrice mais pas forcément la même succession de morceaux. Notre étude prend les 28 dates existantes comme colonne vertébrale, tout en identifiant les séquences inhabituelles de Jones Beach, les invités ponctuels et la soirée de Rosemont qui deviendra un disque.
3. Les archives de tournée : une annonce n’est pas une représentation
La documentation de 2001 permet d’observer la fabrication d’une tournée presque en direct. Dès mars, les annonces évoquent plusieurs villes et une période allant jusqu’au début de septembre ; les calendriers sont ensuite complétés et corrigés. Dans les archives d’Abbeyrd, Oklahoma City apparaît ainsi avec une date du 19 août, accompagnée d’un avertissement signalant qu’une mention antérieure du 20 était erronée, puis d’une entrée provisoire le 20. Les relevés de la tournée retiennent le 19 comme spectacle joué.
Il serait tentant d’additionner toutes ces entrées au motif qu’elles figurent sur un site contemporain. Ce serait faux. Une date provisoire n’est pas un second concert, pas davantage qu’une annonce de billetterie ne constitue une photographie de la scène. Les calendriers sont des objets vivants ; leur intérêt historique est parfois de montrer les changements, non de fournir un total immédiatement fiable.
Notre méthode repose donc sur trois niveaux : annonce, représentation et publication ultérieure. Les fiches Yellow-Sub.net donnent accès aux 28 spectacles retenus, tandis que les autres traces sont discutées dans les sections appropriées. Cette distinction est d’autant plus nécessaire qu’un programme télévisé vient s’intercaler dans le parcours : il a bien eu lieu, mais ne doit pas gonfler artificiellement le nombre des concerts complets.
4. Mars et juillet 2001 : les promesses du communiqué face à la scène réelle
Le communiqué conservé par Abbeyrd le 14 mars 2001 présente la nouvelle troupe produite par David Fishof. Il annonce Sheila E., Greg Lake, Roger Hodgson, Ian Hunter et Howard Jones, tandis que Mark Rivera retrouve son rôle de directeur musical. Le document cite également des titres envisagés, parmi lesquels Octopus’s Garden et Don’t Pass Me By, que Ringo serait susceptible de défendre en concert.
Cette liste promotionnelle constitue une source précieuse sur les intentions, mais pas sur les morceaux effectivement chantés. Un témoin de Jones Beach le 1er août remarque précisément que ces deux chansons annoncées n’ont pas été jouées. Les répertoires habituels de la tournée les omettent également. Il ne faut donc pas les intégrer par réflexe dans une setlist de 2001 parce qu’un attaché de presse les a mentionnées avant les répétitions.
Un autre communiqué, diffusé autour du 24 juillet, accompagne la conférence donnée au Canada et l’arrivée d’un coffret de trois CD, The Anthology… So Far. Le rapprochement entre lancement de la tournée, communication en ligne et rétrospective discographique montre la dimension éditoriale du projet. Mais le coffret rassemble des enregistrements de formations antérieures : il ne faut pas le confondre avec le live de Rosemont, qui ne sera publié qu’en 2002.
5. Les sept membres de la formation : une distribution à plusieurs centres
La septième formation du All-Starr Band comprend Ringo Starr à la batterie, au chant et aux percussions, Greg Lake à la basse, à la guitare et au chant, Roger Hodgson à la guitare, aux claviers et au chant, Ian Hunter à la guitare, aux claviers et au chant, Howard Jones aux claviers et au chant, Sheila E. à la batterie, aux percussions et au chant, ainsi que Mark Rivera, directeur musical et multi-instrumentiste.
Les biographies séparées expliquent l’origine des succès, mais la scène impose une nouvelle organisation. Lake, associé à un répertoire techniquement exigeant, joue aussi le rôle de bassiste collectif. Hodgson doit chanter ses mélodies très identifiables sans les musiciens de Supertramp. Hunter mène ses propres refrains tout en accompagnant les autres. Jones recompose des titres issus de la synth-pop pour un ensemble où la guitare et la batterie acoustique reprennent du poids.
Le cas de Sheila E. est également essentiel. Sa présence permet à Ringo de chanter sans que le moteur rythmique s’interrompe, puis de rejoindre les autres instruments. Rivera, lui, corrige les manques dans les arrangements avec saxophone, guitare, basse, harmonica ou percussions. Le groupe ne se réduit pas à sept solistes célèbres : il constitue une équipe de travail temporaire qui doit faire cohabiter des répertoires parfois incompatibles sur le papier.
6. Ringo Starr à 61 ans : chef d’orchestre, voix et batteur
Au mois de juillet 2001, Ringo Starr a 61 ans. Les témoignages du Casino Rama et des dernières dates le décrivent comme un musicien détendu, actif, volontiers moqueur. Son jeu de batterie privilégie toujours l’impulsion et la lisibilité plutôt qu’une surenchère de solos. Cette manière de tenir le temps permet à des chansons de provenances très différentes de rester reconnaissables malgré la transformation de leurs arrangements.
Ringo assure ses classiques : Photograph, Act Naturally, Boys, You’re Sixteen, Yellow Submarine, I’m the Greatest, No No Song, Back Off Boogaloo, I Wanna Be Your Man ou encore It Don’t Come Easy figurent dans les programmes de la période. La distribution des rôles varie selon qu’il se trouve debout au micro ou derrière ses fûts. Les chœurs et le jeu de Sheila E. l’autorisent à changer de position sans interrompre la pulsation.
Le spectacle lui donne aussi un talent de maître de cérémonie : échanges avec les musiciens, plaisanteries sur les rappels, interventions vers le public. Des témoins le voient même faire des exercices sur place pendant le dernier refrain. Ces anecdotes, lorsqu’elles sont datées, ont un intérêt : elles décrivent une scène où le plaisir collectif sert de trait d’union entre le passé des Beatles et les chansons des invités.
7. Sheila E. : la percussion comme moteur commun
Sheila E. ne vient pas seulement apporter une couleur spectaculaire à l’affiche. La percussionniste et chanteuse, dont l’histoire croise celle de Prince, occupe le deuxième poste de batterie et transforme les équilibres du spectacle. Ses interprétations de A Love Bizarre et de The Glamorous Life mettent en jeu une intensité rythmique que les solos de guitare ou de clavier ne peuvent pas reproduire à eux seuls.
Au Casino Rama, plusieurs témoins relèvent sa puissance et l’enthousiasme de la salle. À Jones Beach, des spectateurs décrivent même une sorte de dialogue, Ringo participant activement pendant les morceaux de Sheila. À Rosemont, les témoignages notent que son solo provoque une demande de prolongation du public. Le rapport entre les deux batteurs est fait de complémentarité et d’une compétition amicale.
Il faut distinguer son rôle d’interprète et les crédits de composition. The Glamorous Life appartient au catalogue d’œuvres écrites par Prince ; Sheila E. en a fait un enregistrement majeur de sa carrière et le défend sur scène. Ce cas résume le principe All-Starr : une artiste apporte son histoire discographique personnelle, mais l’inscrit pour quelques semaines dans une famille musicale nouvelle. En 2003, Ringo fera de nouveau appel à elle, preuve de l’importance de ce lien artistique.
8. Mark Rivera : direction musicale et instruments de liaison
Au milieu de plusieurs chanteurs capables de mener leur propre groupe, Mark Rivera tient une fonction moins immédiatement visible : il doit aider la formation à rester une formation. Les annonces de 2001 le présentent comme directeur musical, et les comptes rendus le voient circuler entre saxophone, guitare, basse, claviers, harmonica, flûte et percussions selon les numéros.
Cette mobilité est indispensable lorsque les morceaux de Greg Lake, Ian Hunter ou Roger Hodgson exigent des registres très différents. Une ligne de basse peut être assurée par Lake pendant que Rivera soutient les vents ; ailleurs, un changement de position impose de modifier les fonctions du groupe. La répartition ne peut donc pas être déduite d’une photographie générale de scène. Les fiches de chansons et les notes d’instruments doivent être lues comme des informations distinctes.
La position de Rivera est également une continuité historique. Il a déjà participé à des formations antérieures et restera auprès de Ringo en 2003. Son rôle relativise l’idée d’un All-Starr Band constitué uniquement pour faire alterner des vedettes au micro. Les arrangements, les chœurs et les petites transitions sont une part essentielle du succès de la formule, même s’ils attirent moins l’attention que le refrain de The Logical Song ou le solo de Sheila E.
9. Greg Lake : King Crimson et Emerson, Lake & Palmer dans la même soirée
La présence de Greg Lake ouvre une porte sur le rock progressif britannique. Le public peut entendre The Court of the Crimson King, issu du premier album de King Crimson, puis Karn Evil 9 et Lucky Man, associés à Emerson, Lake & Palmer. Trois références majeures, mais des histoires très différentes : un morceau du répertoire initial de King Crimson, une suite devenue emblématique d’ELP et une chanson de Lake qui tient par sa mélodie autant que par sa place dans le catalogue du trio.
Dans le All-Starr Band, Lake assure aussi la basse sur de nombreux titres qui ne sont pas les siens. Ce rôle de soutien explique son importance au-delà de ses passages en soliste. Les arrangements de morceaux progressifs doivent être resserrés pour une revue de rock : ils gardent leur identité mais laissent place, quelques minutes plus tard, à un titre de Howard Jones ou à un classique chanté par Ringo.
Un témoin du Casino Rama rapporte encore que Lake prend une basse de type Höfner pour le final, détail qui évoque immédiatement Paul McCartney aux yeux du public des Beatles. L’intérêt de l’anecdote ne tient pas à une quelconque substitution symbolique, mais à cette rencontre improbable entre une icône du rock progressif et l’imagerie instrumentale des années 1960.
10. Roger Hodgson : la voix de Supertramp, pas celle de Howard Jones
Le répertoire de Roger Hodgson constitue l’un des pôles les plus immédiatement reconnaissables de 2001 : The Logical Song, Give a Little Bit et Take the Long Way Home renvoient à l’histoire de Supertramp et à la personnalité vocale de Hodgson. Le contexte est important, car certaines anciennes grilles d’instruments ou de chanteurs ont laissé circuler des crédits fautifs. La voix principale de The Logical Song pendant cette tournée est bien celle de Roger Hodgson, tandis que Howard Jones reste un participant aux claviers et au groupe.
Le rôle de Hodgson ne se limite pas à trois succès. À Jones Beach le 1er août, un témoin identifie une interprétation solo de Even in the Quietest Moments, avant que ce passage supplémentaire ne disparaisse des soirées du Mohegan Sun et de Boston. Cette occurrence permet de mieux comprendre la négociation permanente entre les envies des artistes et la durée raisonnable d’un programme collectif.
La musique de Supertramp trouve ici un terrain original : jouée sans l’orchestre qui a façonné ses versions les plus connues, elle repose sur la guitare, les claviers disponibles et l’interprétation de son chanteur. Les critiques de concert ne s’accordent pas toutes sur les résultats, mais elles insistent souvent sur l’accueil fait à Hodgson. Son passage au All-Starr Band mérite donc d’être étudié comme une étape réelle de son parcours, et non comme une parenthèse anecdotique.
11. Ian Hunter : Mott the Hoople, Cleveland Rocks et l’art de la réplique
Ian Hunter apporte au groupe un autre héritage britannique, moins monumental que le rock progressif mais tout aussi important : celui de Mott the Hoople et du rock des années 1970. All the Young Dudes, chanson écrite par David Bowie et popularisée par Mott the Hoople, devient l’un des refrains fédérateurs du concert. Cleveland Rocks permet à Hunter de transformer la salle en interlocutrice avec des références aux villes ou aux équipes locales.
Le public du Casino Rama l’entend également sur I Still Love Rock ’n’ Roll. Mais les sources de la seconde moitié de la tournée donnent une place croissante à Irene Wilde, parfois à la place du morceau précédent. La modification ne doit pas être présentée comme un changement de formation : c’est le répertoire d’un même chanteur qui s’ajuste au fil des concerts.
À Jones Beach, Hunter chante Irene Wilde dans un moment solo exceptionnel signalé par Patti Murawski. Plus tard, à San Diego, il reprend la chanson dans le déroulement habituel du spectacle. Les deux événements ne sont pas nécessairement identiques en durée ni en position. Cette nuance illustre l’intérêt d’un suivi chronologique : sous l’étiquette « Ian Hunter en 2001 », il existe plusieurs moments distincts qui racontent l’évolution du même groupe.
12. Howard Jones : la synth-pop au milieu des guitares
Avec Howard Jones, Ringo invite une esthétique associée aux claviers et aux sonorités électroniques des années 1980. No One Is to Blame, Things Can Only Get Better et Everlasting Love montrent le versant mélodique et optimiste de son répertoire. Dans la septième formation, ces chansons sont réarrangées pour un ensemble où la basse de Greg Lake et les percussions de Sheila E. prennent une place importante.
Il faut pourtant éviter un raccourci fréquent dans les crédits de concert : Jones joue des claviers pendant des chansons de Roger Hodgson, mais il ne chante pas pour autant The Logical Song en soliste. Le titre demeure rattaché à la voix et au répertoire de Hodgson. Jones assure pour sa part ses propres numéros, soutient les autres et contribue aux chœurs selon le programme.
La diversité de cette place est justement ce qui le rend intéressant. L’artiste qui, sur ses disques et dans ses concerts de jeunesse, pouvait remplir presque tout l’espace avec des machines et des claviers accepte ici une dynamique de groupe acoustique, électrique et percussif. La surprise est moins de le voir près d’un Beatle que de constater comment deux traditions de production sonore arrivent à tenir sur la même scène sans renoncer entièrement à leur personnalité.
13. Rock progressif, new wave, Beatles : une mosaïque qui trouve son rythme
Si l’on alignait les albums d’origine des chansons de la tournée, l’ensemble pourrait sembler incohérent. King Crimson, ELP, Supertramp, Mott the Hoople, Howard Jones, Sheila E., les Beatles et la carrière solo de Ringo ne partagent pas exactement les mêmes codes. Pourtant, la formule All-Starr ne prétend pas construire un album conceptuel. Elle fait se succéder des chansons fortes que le public reconnaît, chacune défendue par l’un de ceux qui les a fait connaître.
Le retour de Ringo au micro sert de ponctuation. Après une plongée dans le rock progressif, Boys ou You’re Sixteen ramènent une simplicité volontaire. Un titre de Howard Jones installe une autre ambiance, puis Sheila E. peut relancer l’énergie avec un long passage de batterie. La distribution cherche moins à masquer les ruptures qu’à les rendre plaisantes. Elle repose sur la curiosité du public et sur la capacité des musiciens à accompagner des chansons qui ne sont pas les leurs.
Le risque d’un tel dispositif est la juxtaposition de numéros autonomes. Des témoins contemporains reconnaissent que certains solos prolongent sensiblement la durée. D’autres décrivent au contraire une scène chaleureuse et très soudée. Les deux avis renseignent une réalité du concert : le groupe est un collectif, mais aussi une réunion provisoire d’artistes possédant chacun une mémoire musicale et des attentes propres.
14. Le répertoire et les auteurs : entendre un succès ne suffit pas à l’attribuer
Il faut distinguer le compositeur, l’interprète historique et le chanteur de 2001. All the Young Dudes est écrit par David Bowie, rendu célèbre par Mott the Hoople et chanté dans le All-Starr Band par Ian Hunter. The Glamorous Life porte la signature de Prince et appartient à l’histoire d’interprète de Sheila E. The Court of the Crimson King provient du premier disque de King Crimson, mais le fait que Greg Lake en soit la voix emblématique ne le transforme pas en auteur unique de l’œuvre.
Pour Ringo, le même raisonnement s’impose. Act Naturally n’a pas été écrit par les Beatles ; leur reprise et la voix de Ringo sont venues après une première histoire country. Photograph appartient à sa carrière solo et aux crédits qu’il partage avec George Harrison. Yellow Submarine et With a Little Help from My Friends relèvent de Lennon-McCartney, même si la voix de Ringo a fixé durablement leur identité auprès du grand public.
Les musiciens du All-Starr Band n’effectuent pas chaque soir une leçon d’édition musicale. Mais le travail historique doit rétablir ces filiations. Elles permettent de comprendre pourquoi un même groupe peut réunir des chansons dont les droits, les arrangements et les succès enregistrés appartiennent à des mondes différents.
15. Photograph en ouverture : un héritage solo assumé
La setlist de l’ouverture au Casino Rama commence par Photograph, puis Act Naturally. Cette entrée en matière est significative. Ringo ne se présente pas immédiatement par Yellow Submarine, mais par un succès majeur de sa carrière après les Beatles. Le public entend d’abord l’artiste solo, avant de retrouver la facette country et les souvenirs du répertoire du groupe des années 1960.
Sur le plan musical, Photograph exige un arrangement différent du disque de 1973, dont la production multipliait les textures et les instruments. L’équipe de 2001 doit conserver la ligne mélodique et l’émotion sans chercher une reproduction littérale de chaque couche de studio. La basse de Lake, les claviers de Jones, les guitares de Hunter ou Hodgson, les interventions de Rivera et les percussions s’ajustent à cette contrainte.
La chanson possède aussi une place symbolique particulière à l’approche de la disparition de George Harrison, co-auteur de Photograph, survenue en novembre de la même année. Il faut néanmoins se garder d’écrire l’histoire à rebours : à l’été 2001, ce morceau n’est pas présenté par les sources comme un hommage posthume. Sa résonance future ne modifie pas le contexte exact dans lequel Ringo l’interprète alors.
16. 26 juillet au Casino Rama : ce que disent les spectateurs de l’ouverture
Le 26 juillet 2001, le Casino Rama, au nord de Toronto, accueille la première soirée. Les répétitions ont eu lieu sur place. John Whelan, dont le compte rendu est daté du 10 août, décrit une salle enthousiaste, les échanges de Ringo avec le public et l’enchaînement de Photograph puis Act Naturally. Il conserve une liste de vingt-six titres numérotés, avec un rappel final, qui permet d’identifier clairement les chansons de chaque soliste.
Un autre témoin, Dan Courtemanche, relève l’âge très varié des spectateurs et la force des prestations de Roger Hodgson et de Sheila E. Il rapporte également la présentation par Ringo de I’m the Greatest comme une chanson écrite pour lui par John Lennon. Cette évocation de l’ami disparu appartient à la dramaturgie de 2001 ; elle ne doit pas être confondue avec le cycle consacré à George Harrison qui sera construit en 2003.
Le même témoin observe Greg Lake utilisant une basse de type Höfner lors du final. Il note une ferveur parfois proche des réflexes de Beatlemania, jusque dans les mouvements du public vers la scène. Ces détails donnent au concert son épaisseur humaine sans autoriser à transformer la soirée en document absolu sur toute la tournée. Le programme évoluera, et le disque commercial issu de Rosemont témoignera d’un autre moment.
17. Montréal, Sterling Heights et Chester : la mise en route des quatre premiers concerts
Après le Casino Rama, le 27 juillet conduit Ringo au Molson Centre de Montréal, seconde et dernière étape canadienne de cette campagne. Le groupe revient ensuite aux États-Unis : Freedom Hill à Sterling Heights, dans le Michigan, le 28, puis The Harv au Mountaineer Racetrack, en Virginie-Occidentale, le 29. Quatre soirs successifs forment un premier bloc dense avant une courte interruption.
Les lieux ne relèvent pas tous de la même logique. Le casino canadien sert d’ouverture après les répétitions ; une grande salle montréalaise accueille le public québécois ; un amphithéâtre du Michigan puis un complexe de spectacle lié à un hippodrome élargissent la palette. Le All-Starr Band n’est pas une tournée de clubs ; il vise un public qui connaît déjà plusieurs morceaux de chacun de ses membres, dans des salles capables d’accueillir un spectacle de plus de deux heures.
Les premiers programmes témoignent d’un répertoire déjà solide, mais les documents promotionnels du printemps ne doivent pas être recopiés comme setlists. L’absence des titres promis Octopus’s Garden et Don’t Pass Me By dans les témoignages devient particulièrement significative après ces premières dates. Elle montre qu’une chanson annoncée au début de la campagne peut disparaître avant même l’ouverture.
18. Jones Beach le 1er août : deux solos que la tournée ne garde pas
Au Jones Beach Theatre de Wantagh, le 1er août 2001, le spectacle présente une singularité précieuse pour l’histoire du répertoire. Patti Murawski, qui assiste ensuite aux concerts du Mohegan Sun et de Boston, se souvient de deux passages en solo supplémentaires : Roger Hodgson avec Even in the Quietest Moments et Ian Hunter avec Irene Wilde. Elle précise que ces moments particuliers ne sont plus repris lors des deux représentations suivantes qu’elle voit.
Cette observation vaut davantage qu’une formule générale telle que « la setlist comprenait parfois des solos ». Elle rattache les titres à un soir identifié et permet de suivre leur absence relative dans les concerts suivants. Murawski estime que les passages augmentent fortement une durée déjà généreuse. Sa remarque est une appréciation de témoin, mais la comparaison entre dates constitue une information vérifiable dans la chronologie.
La soirée de Jones Beach possède aussi une résonance historique : le 1er août rappelle le jour du Concert for Bangladesh de 1971, auquel Ringo participa aux côtés de George Harrison à New York. Rien ne permet d’affirmer que les solos de 2001 furent conçus pour cet anniversaire. Le rapprochement peut être signalé comme un repère de calendrier, sans transformer une coïncidence en intention musicale.
19. The Logical Song : restituer la bonne voix au bon artiste
La transcription des programmes de 2001 peut donner naissance à une erreur tenace. Plusieurs noms de claviéristes circulent dans les crédits, et la proximité de Roger Hodgson avec Howard Jones favorise les confusions de colonne. Pourtant, dans les comptes rendus contemporains et les éditions discographiques, The Logical Song est chantée par Roger Hodgson, associé à son répertoire de Supertramp. Howard Jones n’en devient pas le chanteur principal parce qu’il joue des claviers à proximité.
Ce point est central pour Yellow-Sub.net, qui publie des fiches détaillées par date et par chanson. Une erreur de voix dans une grille peut se propager de page en page, puis être prise à tort pour une information indépendante. La méthode correcte consiste à vérifier d’abord l’interprète à partir d’un témoignage ou d’un support sonore, puis à répartir les autres instruments. L’album de Rosemont, publié en 2002, confirme lui aussi l’association entre la chanson et la voix de Hodgson.
Le même principe vaut pour No One Is to Blame et Things Can Only Get Better, défendus par Howard Jones, ainsi que pour les titres de Greg Lake ou d’Ian Hunter. L’histoire des chansons est une histoire de personnes précises, pas un catalogue de titres qui changeraient de propriétaire selon la mise en page d’une setlist.
20. 3 août à Rockefeller Plaza : un mini-concert télévisé hors du total des 28
Le 3 août 2001, les All-Starrs se produisent dans le cadre du Today Show de NBC, sur la place de Rockefeller Center à New York. L’événement s’intercale entre le Mohegan Sun du 2 août et Boston le 4. Il est documenté par le compte rendu de Carl Savich, conservé dans les archives d’Abbeyrd, et par les observations de Patti Murawski sur les répétitions matinales.
Trois morceaux sont identifiés : Yellow Submarine, Give a Little Bit et With a Little Help from My Friends. Ringo participe au chant collectif et utilise notamment le tambourin pendant le titre de Roger Hodgson, tandis que Sheila E. tient la batterie. La télévision n’offre qu’une fraction du grand spectacle et impose ses propres horaires. Les musiciens répètent tôt, puis enregistrent ou jouent des séquences réparties dans le programme de la matinée.
Cette prestation est un jalon de la promotion de 2001, mais elle ne correspond pas à une soirée de tournée de deux heures. Elle reste donc distincte des 28 concerts comptabilisés sur les fiches du dossier. La même exigence sera appliquée en 2003 à Bryant Park, autre passage télévisé public : les archives doivent conserver les apparitions, tout en préservant la cohérence des chiffres.
21. Mohegan Sun, Boston et la côte Est : l’épreuve des changements de programme
Le 2 août au Mohegan Sun et le 4 août au FleetBoston Pavilion fournissent une comparaison particulièrement utile, puisque Patti Murawski assiste à ces représentations après Jones Beach. Elle constate que les deux solos exceptionnels de Hodgson et Hunter ont disparu. Elle décrit également des problèmes de son dans la salle du Connecticut, où la basse domine par moments et certains instruments semblent moins audibles.
La tournée poursuit son chemin au Riley Music Center de Manchester, dans le Vermont, le 5 août, puis au Meadowbrook Park Amphitheatre du New Hampshire le 7. Elle revient vers le New Jersey à Holmdel le 9 et Atlantic City le 10, avant Portsmouth, en Virginie, le 11. Une seule semaine conduit ainsi le groupe à travers des salles ouvertes, des théâtres et des casinos. Ce parcours souligne la nécessité d’arrangements souples et d’une équipe capable de s’adapter vite.
Le 9 août à Holmdel, les archives mentionnent un invité particulier au rappel, le batteur Max Weinberg de l’E Street Band. Cette contribution ponctuelle doit rester attachée à sa date. Il ne serait pas correct de transformer un invité du final en huitième membre de l’ensemble. Le rôle continu de Sheila E. et de Rivera apparaît d’autant plus nettement quand on sépare le noyau stable des visites locales.
22. D’Atlanta à Oklahoma City : la route du Sud et les nuances de salles
La tournée gagne le Sud : Atlanta le 13 août, Fort Lauderdale le 14, puis Tampa le 15. Elle poursuit au Horseshoe Casino de Tunica le 16, à Billy Bob’s Texas le 18 et à Frontier City, Oklahoma City, le 19. Cette série de six soirées est l’une des plus variées dans ses cadres de représentation.
Les témoins de Tampa critiquent sévèrement l’acoustique du Sun Dome tout en saluant l’énergie du groupe. Une telle nuance est importante : le jugement sur une salle et celui sur les musiciens ne sont pas identiques. Un spectateur peut entendre une batterie trop présente à son emplacement et admirer le jeu de Sheila E., sans que son avis devienne la description universelle du concert.
La date d’Oklahoma City mérite aussi une précision. Un relevé ancien a laissé subsister un 20 août provisoire, mais la chronologie des représentations retient le 19. Il ne faut pas ajouter une soirée imaginaire à un total déjà établi de vingt-huit concerts. Dans cette partie du parcours, la mobilité du groupe et la stabilité du programme sont réelles ; le travail historique consiste à ne pas masquer les incertitudes sous un tableau trop propre.
23. 15 août à Tampa : une erreur d’invité corrigée par son auteur
Le concert du 15 août 2001 au USF Sun Dome de Tampa offre un cas presque pédagogique de vérification des archives. Richard Barr, présent dans la salle, décrit la prestation et les mauvaises conditions acoustiques. Dans sa première lettre à Abbeyrd, il identifie parmi les invités du final le batteur Liberty DeVitto, Brian Johnson d’AC/DC et un guitariste qu’il pense être Pat Travers.
Le témoin adresse ensuite un complément explicite : il s’agissait en réalité de Rick Derringer, et non de Pat Travers. Ce correctif est essentiel. Une base qui s’arrêterait à la première version de son témoignage publierait un nom faux. Une autre qui ajouterait simplement Derringer à Travers créerait deux invités pour la même personne mal identifiée. La bonne méthode consiste à conserver la trace de la correction et à retenir la seconde identification.
L’épisode dit beaucoup de la nature du All-Starr Band. Les rappels peuvent accueillir des amis ou des musiciens de passage, parfois sans annonce formelle suffisamment audible pour tous. Les témoignages sont précieux, mais ils restent humains, donc corrigibles. Il est plus fidèle à l’histoire de signaler une erreur rectifiée que d’afficher une liste d’invités prestigieux sans expliquer son origine.
24. 22 août à Rosemont : un concert filmé devant témoins
Le 22 août 2001, Ringo et son All-Starr Band jouent au Rosemont Theatre, dans la région de Chicago. La soirée est le vingtième concert de la série de vingt-huit, et elle acquiert une valeur particulière : des témoins contemporains remarquent des caméras, un dispositif de prise de vues et des indications à l’entrée annonçant que la représentation est enregistrée pour une exploitation ultérieure.
Ben Popovich décrit un groupe qu’il trouve particulièrement soudé. Il note les plaisanteries de Ringo avec le public, les variations locales d’Ian Hunter sur Cleveland Rocks et le long solo de Sheila E. Un autre témoin voit des visiteurs venus de la convention Beatles de Chicago organisée quelques jours auparavant. La salle est ainsi un point de rencontre entre la mémoire des Fab Four et une formation contemporaine, composée d’artistes qui n’auraient pas nécessairement partagé l’affiche ailleurs.
La captation n’est pourtant pas immédiatement identique à une parution. Abbeyrd précise dès 2001 que le film tourné à Rosemont ne correspond pas à un DVD annoncé pour une autre période du projet. Ce n’est qu’en 2002 que le live de ce concert sortira sous le nom King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band. La date d’enregistrement et la date de publication doivent rester distinctes.
25. King Biscuit Flower Hour : le concert de 2001 devient un album en 2002
Le disque King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band est publié le 6 août 2002. Les notices discographiques le rattachent au Rosemont Theatre le 22 août 2001 et lui attribuent seize plages pour environ soixante-quatorze minutes. Le catalogue King Biscuit mentionne notamment la référence KBCCD 143 ; les crédits de production associent Richard Starkey et David Fishof.
Le programme du CD donne la part attendue à Ringo, avec Photograph, Act Naturally, Yellow Submarine, No No Song, Back Off Boogaloo, I Wanna Be Your Man et le final. Les autres artistes ne sont pas de simples accompagnateurs anonymes : The Logical Song et Give a Little Bit défendent le catalogue de Hodgson, No One Is to Blame celui de Howard Jones, The Glamorous Life celui de Sheila E., Lucky Man celui de Lake, et All the Young Dudes celui de Hunter.
La sélection n’est pas le concert intégral. Les témoins du Rosemont Theatre décrivent des passages supplémentaires et des interactions qu’une écoute de soixante-quatorze minutes ne restitue pas toutes. Le disque est une source sonore majeure, pas un compte rendu exhaustif des vingt-huit dates. C’est à partir de ce constat que le travail de comparaison des éditions prend tout son sens.
26. DVD, Extended Versions et Anthology So Far : ne pas confondre les éditions
Le Rosemont Theatre a aussi fourni une édition vidéo. Selon les inventaires discographiques, le DVD associé au concert de 2001 contient des morceaux supplémentaires par rapport au CD, notamment Cleveland Rocks, Things Can Only Get Better et It Don’t Come Easy. La différence de programme montre que le support choisi modifie le témoignage disponible ; une chanson absente du disque audio peut néanmoins appartenir à la soirée filmée.
Un autre disque, Extended Versions, paraît en 2003 avec une sélection issue de la même captation de Rosemont. Les titres recoupés avec King Biscuit ne représentent pas des prises de son indépendantes. Présenter ces supports comme deux concerts différents créerait artificiellement une nouvelle date dans la discographie.
Enfin, The Anthology… So Far, coffret de trois CD largement promu pendant l’été 2001, est d’une autre nature. Il rassemble des performances de formations All-Starr antérieures et porte sur l’histoire des concerts depuis 1989, non sur la septième formation alors en tournée. Les catalogues en donnent des dates et variantes d’édition selon les marchés. Pour la lecture de 2001, la règle est donc simple : Anthology est un bilan rétrospectif ; King Biscuit est un document du Rosemont Theatre de 2001 publié l’année suivante.
27. Saint-Louis, Minnesota, Denver et le Nord-Ouest : le dernier tiers
Après les étapes du Sud, le groupe revient vers le centre et le nord du pays : Fox Theatre de Saint-Louis le 21 août, Rosemont le 22, puis Minnesota State Fair le 23. Il poursuit au Fiddler’s Green Amphitheatre, près de Denver, le 25, puis rejoint Portland le 27 et le Château Ste. Michelle, près de Seattle, le 28. Ce passage de la grande salle à une foire d’État, puis à un domaine viticole aménagé pour les concerts, décrit la variété des publics rencontrés.
Les témoignages de la fin du mois insistent sur la personnalité des musiciens. Ringo conserve ses plaisanteries et ses chansons de référence, tandis que Greg Lake, Hodgson, Hunter et Jones reviennent à leurs répertoires distinctifs. Sheila E. attire régulièrement des commentaires enthousiastes sur sa batterie. Le spectacle a trouvé un équilibre après plusieurs semaines, mais les sources ne permettent pas d’affirmer que toutes les transitions et tous les solos sont figés au même instant.
Le passage à Rosemont prend surtout une valeur rétrospective à la lumière du disque. La tournée continue après ce concert, mais la mémoire commerciale de 2001 sera largement attachée à la soirée du 22. Il faut donc poursuivre la chronologie jusqu’au dernier concert au lieu de s’arrêter à ce que la discographie a choisi de conserver.
28. Du 30 août au 2 septembre : quatre étapes pour conclure à San Diego
La série s’achève sur la côte Ouest avec Universal Amphitheatre à Los Angeles le 30 août, Concord Pavilion le 31, Rio Hotel de Las Vegas le 1er septembre et enfin l’Open Air Theatre de l’université d’État de San Diego le 2 septembre. Ces quatre étapes se succèdent sans pause. Le spectacle se trouve alors loin du casino de l’Ontario où il a commencé.
Le journaliste Rip Rense, présent à Los Angeles, insiste sur le jeu simple mais efficace de Ringo et sur la place de Sheila E. dans les épisodes instrumentaux. Son compte rendu est aussi un regard critique sur la capacité de cette équipe disparate à se constituer en vrai groupe. À San Diego, Karen Dyson décrit un final chaleureux : les membres évoquent la fin de l’aventure et semblent particulièrement détendus, après plusieurs semaines à jouer les chansons des autres.
Ce dernier soir comporte le répertoire principal de la tournée, avec des morceaux de Lake, Hodgson, Jones, Hunter, Sheila E. et Ringo. Le témoin précise également que des proches de Sheila participent au dernier rappel. Il ne faut pas pour autant attribuer rétrospectivement les invités de San Diego aux autres dates. Le final du 2 septembre clôt vingt-huit concerts ; il ne préfigure pas, dans sa documentation contemporaine, les événements que les Beatles traverseront plus tard dans l’année.
29. Calendrier intégral : les vingt-huit fiches et leur date exacte
Les quatre tableaux qui suivent reprennent les 28 fiches de concerts publiées sous la rubrique 2001 de Yellow-Sub.net. Chaque ligne ouvre une notice consacrée au lieu, à la formation de référence, aux chansons connues et, lorsqu’elles existent, aux variations établies par des témoignages. Les concerts vont du 26 juillet en Ontario au 2 septembre à San Diego. Les deux premières lignes sont canadiennes ; les vingt-six autres correspondent aux États-Unis.
La représentation télévisée du 3 août pour le Today Show est évoquée dans cette étude comme un mini-concert documenté, mais elle n’est pas additionnée aux vingt-huit soirées. La mention provisoire d’Oklahoma City au 20 août ne crée pas non plus une nouvelle ligne. Le concert du 19 est celui retenu dans le calendrier.
Le lecteur trouvera dans cette chronologie un outil de navigation, non une promesse que chaque programme est aussi complet que celui de l’ouverture ou de Rosemont. Une fiche peut s’appuyer sur un concert documenté sans posséder une setlist exhaustive. Les tableaux conservent cette différence en renvoyant vers les notices, et les sections précédentes expliquent les principaux épisodes qui donnent un sens historique à l’itinéraire.
26 juillet – 4 août
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 07/26/2001 | Casino Rama, Ontario, Canada | Concert documenté |
| 07/27/2001 | Molson Centre, Montréal, Québec, Canada | Concert documenté |
| 07/28/2001 | Freedom Hill Amphitheatre, Sterling Heights, Michigan, États-Unis | Concert documenté |
| 07/29/2001 | The Harv at Mountaineer Racetrack, Chester, Virginie-Occidentale, États-Unis | Concert documenté |
| 08/01/2001 | Jones Beach Theatre, Wantagh, État de New York, États-Unis | Concert documenté |
| 08/02/2001 | Mohegan Sun Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis | Concert documenté |
| 08/04/2001 | FleetBoston Pavilion, Boston, Massachusetts, États-Unis | Concert documenté |
5 – 14 août
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 08/05/2001 | Riley Music Center, Manchester, Vermont, États-Unis | Concert documenté |
| 08/07/2001 | Meadowbrook Park Amphitheatre, Gilford, New Hampshire, États-Unis | Concert documenté |
| 08/09/2001 | PNC Bank Arts Center, Holmdel, New Jersey, États-Unis | Concert documenté |
| 08/10/2001 | Trump Taj Mahal, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Concert documenté |
| 08/11/2001 | Harbor Center Pavilion, Portsmouth, Virginie, États-Unis | Concert documenté |
| 08/13/2001 | Chastain Park, Atlanta, Géorgie, États-Unis | Concert documenté |
| 08/14/2001 | Broward Park Arts Center, Fort Lauderdale, Floride, États-Unis | Concert documenté |
15 – 23 août
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 08/15/2001 | USF Sun Dome, Tampa, Floride, États-Unis | Concert documenté |
| 08/16/2001 | Horseshoe Casino, Tunica, Mississippi, États-Unis | Concert documenté |
| 08/18/2001 | Billy Bob’s Texas, Fort Worth, Texas, États-Unis | Concert documenté |
| 08/19/2001 | Frontier City / Six Flags, Oklahoma City, Oklahoma, États-Unis | Concert documenté |
| 08/21/2001 | Fox Theatre, Saint-Louis, Missouri, États-Unis | Concert documenté |
| 08/22/2001 | Rosemont Theatre, Rosemont, Illinois, États-Unis | Concert documenté |
| 08/23/2001 | Minnesota State Fair, Saint Paul, Minnesota, États-Unis | Concert documenté |
25 août – 2 septembre
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 08/25/2001 | Fiddler’s Green Amphitheatre, Englewood, Colorado, États-Unis | Concert documenté |
| 08/27/2001 | Arlene Schnitzer Concert Hall, Portland, Oregon, États-Unis | Concert documenté |
| 08/28/2001 | Château Ste. Michelle, Woodinville, État de Washington, États-Unis | Concert documenté |
| 08/30/2001 | Universal Amphitheatre, Universal City, Californie, États-Unis | Concert documenté |
| 08/31/2001 | Concord Pavilion, Concord, Californie, États-Unis | Concert documenté |
| 09/01/2001 | Rio Hotel, Las Vegas, Nevada, États-Unis | Concert documenté |
| 09/02/2001 | Open Air Theatre, université d’État de San Diego, San Diego, Californie, États-Unis | Concert documenté |
30. Bilan, sources et transmission du dossier à 2003
La septième formation de Ringo Starr et son All-Starr Band en 2001 montre ce que la formule peut produire quand elle réunit des artistes qui n’auraient guère eu de raisons de former un groupe permanent. Rock progressif, écriture pop, new wave, rhythm and blues et grands refrains des Beatles cohabitent grâce à une distribution des rôles souple et à une forte présence rythmique. Rivera coordonne ; Sheila E. dynamise ; Ringo garde le cadre et l’humour.
Quatre documents dominent cette histoire : le programme et les témoignages du Casino Rama du 26 juillet ; la séquence exceptionnelle de Jones Beach le 1er août ; la prestation télévisée du 3 août ; et la captation du Rosemont Theatre le 22 août, commercialisée en 2002. La dernière date, San Diego le 2 septembre, donne quant à elle un aperçu du climat humain d’un groupe arrivé au terme de son parcours.
La rigueur historique tient également aux détails modestes : ne pas compter une date provisoire deux fois, restituer The Logical Song à Roger Hodgson, identifier correctement Rick Derringer à Tampa, et distinguer le coffret Anthology des enregistrements de Rosemont. Avec ces précautions, la tournée 2001 cesse d’être un simple assemblage de noms prestigieux. Elle devient un chapitre cohérent de la trajectoire de Ringo, avant le renouvellement de la formation en 2003.
Le présent dossier croise les sources contemporaines et les éditions discographiques ; il réserve à chaque fiche de date son niveau de preuve. Une setlist reconstituée, un communiqué annonçant une chanson et une bande enregistrée ne sont pas interchangeables. Les commentaires de spectateurs restent des jugements individuels, même lorsqu’ils fournissent des observations factuelles précieuses.
Bibliographie et sources vérifiées
- Communiqués 2001 archivés par Abbeyrd : Annonce du 14 mars, conférence du 24 juillet, calendrier corrigé et présentation du coffret rétrospectif.
- Richard L. et Dan Courtemanche, Casino Rama : Témoignages de la soirée du 26 juillet, personnels de scène et accueil de la nouvelle formation.
- John Whelan, Casino Rama (26 juillet) : Compte rendu publié le 10 août 2001 et inventaire détaillé du programme.
- Beetulz et Frank Walker, Jones Beach (1er août) : État du spectacle, réception des chansons et absence des deux titres annoncés.
- Patti Murawski, Jones Beach, Mohegan Sun et Boston : Comparaison directe des solos et des variantes de trois concerts successifs.
- Carl Savich, NBC Today Show (3 août) : Reportage sur la prestation de trois chansons à Rockefeller Plaza.
- Richard Barr, Tampa (15 août) : Témoignage et rectification du nom de Rick Derringer parmi les invités du final.
- Ben Popovich et Mike Fameree, Rosemont (22 août) : Témoignages contemporains des prises de vue, du programme et du public.
- Rip Rense, Universal Amphitheatre (30 août) : Critique contemporaine de Los Angeles et réflexion sur le jeu de Ringo.
- Karen Dyson, San Diego (2 septembre) : Témoignage du dernier concert et relevé détaillé du répertoire.
- King Biscuit : fiche discographique du CD : Rosemont 22 août 2001, édition 6 août 2002, 16 plages et crédits du support.
- AllMusic, King Biscuit Flower Hour : Date de sortie commerciale et durée du disque.
- The Beatles Bible, disque et DVD de 2002 : Programme du CD, supplément vidéo et date de captation.
- The Beatles Bible, tournée 2001 : Contrôle secondaire de l’itinéraire de 28 spectacles ; détails recoupés avec les sources contemporaines.
- Yellow-Sub.net, notice discographique King Biscuit : Étude connexe sur les différentes éditions du live de 2001.
Études complémentaires de la septième formation
2001 : Greg Lake, de King Crimson à Emerson, Lake & Palmer avec Ringo Starr · 2001 : Roger Hodgson, Howard Jones, Ian Hunter et Sheila E. — quatre voix, quatre générations · Greg Lake, Roger Hodgson et Howard Jones en 2001 : rock progressif, Supertramp et synth-pop chez Ringo · Jones Beach, 1er août 2001 : la soirée des solos de Roger Hodgson et Ian Hunter · Sheila E. dans le All-Starr Band de 2001 : Glamorous Life, A Love Bizarre et double percussion.
Poursuivre le dossier : Index 2001 et 28 fiches de concerts · → 2003 : 35 concerts, Bryant Park et Casino Rama · ← Étude historique 2000 · Toutes les tournées.
Mise au point historique et documentaire
La septième formation de 2001 associe Sheila E., Greg Lake, Roger Hodgson, Ian Hunter, Howard Jones et Mark Rivera aux côtés de Ringo, selon la biographie officielle. Le live de Rosemont édité sous l’intitulé King Biscuit Flower Hour constitue une publication sélectionnée, non un inventaire de chaque représentation de la tournée. La première soirée de Casino Rama le 26 juillet demande sa propre liste de titres. La présence de Sheila E. atteste sa place pionnière, mais les interventions de batterie, percussion et chant doivent être attribuées pièce par pièce.
Documentation : Ringo Starr, biographie officielle et historique des formations ; Ringo Starr, annonce de la tournée européenne 2018. Les programmes de concert doivent être vérifiés à la date exacte des représentations.












