Yellow-Sub.net · Étude historique · Tournées 2003
Sommaire
Ringo Starr et le All-Starr Band en 2003 : trente-cinq concerts, Bryant Park et le disque de Casino Rama
Entre le 24 juillet et le 7 septembre 2003, la huitième formation du All-Starr Band réunit Ringo Starr, Sheila E., Mark Rivera, Colin Hay, John Waite et Paul Carrack. Notre enquête relie 37 fiches datées : 35 concerts de tournée, un mini-concert télévisé le 1er août et une date non confirmée le 18 août à Boca Raton. À travers 30 sections, quatre tableaux chronologiques et des sources de l’époque, elle revient sur le nouvel album Ringo Rama, l’hommage scénique à George Harrison, les variations du répertoire et l’enregistrement de Tour 2003, publié en mars 2004.
Sommaire de cette étude (30 sections)
1. 2003 : une huitième formation à un moment de transition
L’été 2003 correspond à un changement d’équilibre dans l’histoire du All-Starr Band de Ringo Starr. Après les tournées de 1989, 1992, 1995, 1997-1998, 1999, 2000 et 2001, l’ancien Beatle reprend la route avec une équipe plus ramassée. L’expression « huitième formation » désigne ici un groupe précis de six musiciens, non une série de concerts identiques. D’un soir à l’autre, les chansons, les solos et parfois les invités modifient la physionomie du spectacle.
Cette édition a sa personnalité : trois chanteurs associés à des succès des années 1970 et surtout 1980, deux fortes présences rythmiques et un multi-instrumentiste capable de passer du saxophone à la basse. Le public vient pour Yellow Submarine ou Photograph, et se trouve aussi devant une rétrospective de Men at Work, Ace, Squeeze, Mike + The Mechanics, The Babys, Bad English et Sheila E. Ce n’est pas un hommage monolithique aux Beatles, mais un dialogue entre plusieurs histoires de la pop anglo-américaine.
Du 24 juillet au 7 septembre 2003, le groupe traverse le Canada puis les États-Unis. Au-delà de la succession des salles, trois événements organisent notre enquête : la sortie récente de Ringo Rama, le concert d’ouverture enregistré au Casino Rama et les hommages à George Harrison sur scène. Ils expliquent pourquoi 2003 ne se résume ni à un calendrier ni à un disque.
2. Trente-cinq concerts, trente-sept fiches : le vrai périmètre de l’enquête
Le dossier Yellow-Sub.net dispose de 37 notices datées couvrant les mois de juillet, août et septembre. Pourtant, la chronologie de la tournée dénombre 35 concerts du spectacle complet. Cet écart ne représente pas deux concerts perdus dans une comptabilité obscure. Il découle de deux documents dont le statut est différent. La première fiche supplémentaire concerne le 1er août 2003 à Bryant Park, représentation abrégée de trois chansons pour Good Morning America. Elle est documentée et mérite sa propre notice, mais elle n’équivaut pas à un concert ordinaire de la tournée.
La seconde fiche porte la date du 18 août 2003 à Boca Raton. Une source récapitulative et un ancien manuscrit la mentionnent ; des témoignages contemporains confirment celle du 17 août au Mizner Park Amphitheater, mais ne suffisent pas à établir une seconde représentation le lendemain. Par prudence, la date du 18 reste conservée comme archive non confirmée et ne s’ajoute pas aux 35 concerts joués.
Le calcul est donc le suivant : 35 soirées de tournée, 1 prestation télévisée distincte, 1 notice historique incertaine. Parmi les soirées retenues, deux ont lieu en Ontario et trente-trois aux États-Unis. Cette distinction, qui paraît arithmétique, conditionne la fiabilité de toutes les statistiques du dossier.
3. Notre méthode : annonce, représentation et support commercial
Une chronologie musicale réclame trois colonnes mentales. D’abord, la date annoncée : un calendrier de tournée, une mise en vente de billets ou un communiqué prouvent qu’un spectacle était prévu. Ensuite, la représentation effectivement documentée : critique, programme, témoignage situé dans le temps, photographie datée ou enregistrement identifiable. Enfin, la date de publication d’un disque, qui peut intervenir des mois ou des années après la prise de son.
En 2003, ces niveaux se recoupent sans se confondre. L’annonce de mars est visible dans les archives professionnelles de Pollstar. Abbeyrd conserve une succession exceptionnelle de programmes et de courriers de spectateurs presque au jour le jour. Le catalogue de Koch et les notices discographiques renseignent le Tour 2003 publié le 23 mars 2004. Aucun de ces documents, isolément, ne suffit pour reconstituer toutes les nuances d’un spectacle.
Nous distinguons donc les témoignages contemporains des listes reconstituées après coup. Quand une setlist n’est que partiellement conservée, nous indiquons son caractère incomplet ; quand un journaliste emploie « Toronto » pour le Casino Rama, nous redonnons le lieu précis, à Rama-Orillia en Ontario. Cette rigueur n’est pas une coquetterie d’archiviste : elle évite de transformer une approximation géographique ou une erreur de calendrier en vérité encyclopédique.
4. Ringo Rama : l’album studio qui accompagne le retour sur scène
Le 25 mars 2003, Ringo Starr publie Ringo Rama chez Koch. La campagne de concerts annoncée quelques jours auparavant n’est donc pas une simple tournée des grands succès. Ringo dispose d’un nouvel album studio, façonné avec son cercle de collaborateurs, à mettre en valeur devant un public qui connaît parfois davantage les refrains de ses partenaires que ceux de ses dernières productions. Dans cette optique, Memphis in Your Mind prend place très tôt dans le programme.
Le disque contient également Never Without You, hommage personnel à George Harrison, disparu en novembre 2001. L’album enregistre cette émotion dans un cadre studio ; le spectacle va lui donner un décor différent. Il est essentiel de ne pas projeter sur la scène de 2003 toutes les participations entendues sur l’enregistrement commercial. Ainsi, Eric Clapton, présent sur la version studio de l’hommage, ne devient pas pour autant membre du groupe de tournée.
Le choix de promouvoir une chanson récente au milieu de titres très installés est révélateur. Ringo ne prétend pas rajeunir artificiellement son passé. Il accepte le poids des Beatles et de ses tubes solo, mais cherche une place, même mesurée, pour la musique qu’il vient de créer. La tension entre Ringo Rama et la grande revue All-Starr est l’une des clés de cette édition 2003.
5. Six musiciens et une distribution de rôles très mobile
La huitième formation réunit Ringo Starr à la batterie et au chant ; Sheila E. à la batterie, aux percussions et au chant ; Mark Rivera aux saxophones et à plusieurs autres instruments ; Colin Hay à la guitare et au chant ; John Waite à la basse, à la guitare et au chant ; et Paul Carrack aux claviers, parfois à la guitare, et au chant. Le détail des instruments peut varier selon les chansons ; c’est pourquoi une distribution générale ne remplace jamais une fiche de morceau.
Cette équipe est plus compacte qu’un rassemblement traditionnel de vedettes du rock. Il n’y a pas de guitariste uniquement chargé des solos, ni de bassiste toujours vissé au même instrument. Sur certaines chansons, Waite quitte sa position habituelle ; Rivera vient alors assurer le soubassement, pendant qu’un autre musicien change de clavier ou de percussion. Le dispositif impose une forte discipline collective sous son apparente simplicité.
Pollstar identifie dès le 20 mars la formation et souligne la continuité avec 2001 de Rivera, également directeur musical lors de la tournée précédente. Les trois nouveaux chanteurs fournissent l’essentiel du renouvellement des titres. Dans cette économie de moyens, le groupe ne possède pas six identités séparées ; il doit fabriquer un son commun à partir de six catalogues.
6. Ringo Starr : le batteur à la tête d’une revue de chanteurs
Dans ce spectacle, Ringo tient deux fonctions qui ne se superposent pas toujours. Il reste le chanteur principal de nombreuses chansons associées aux Beatles et à sa carrière solo. Mais il passe aussi derrière ses fûts lorsque Colin Hay, Paul Carrack, John Waite ou Sheila E. reprennent leurs propres succès. Cette alternance rappelle une intuition fondamentale du projet All-Starr : le chef d’orchestre ne cherche pas à occuper toutes les minutes de lumière.
Le programme lui donne néanmoins plusieurs registres. Honey Don’t renvoie au rockabilly de Carl Perkins ; Boys rappelle le répertoire enregistré par les Beatles ; It Don’t Come Easy et Photograph prolongent les années de sa carrière solo. Don’t Pass Me By, chanson composée par Ringo pour le double album blanc des Beatles, offre en 2003 un détail scénique savoureux : lors de l’ouverture au Casino Rama, le témoin Dave Thomas le voit au piano pour le premier couplet.
Le contraste avec les chansons de ses partenaires évite de figer Ringo en monument. À 63 ans en juillet 2003, il conduit une formule qui mise davantage sur la conversation et la complicité que sur la démonstration technique. Le jugement du public peut varier, mais la structure du spectacle dit clairement qui distribue les rôles.
7. Sheila E. : une seconde batterie qui transforme le spectacle
La présence de Sheila E. constitue l’un des fils rouges entre 2001 et 2003. La musicienne ne se contente pas d’appuyer Ringo à la batterie. Elle peut tenir la pulsation lorsque celui-ci chante debout, prendre un relais instrumental, jouer des percussions et défendre son propre répertoire. Des témoins au Casino Rama décrivent son solo de batterie comme un moment spectaculaire, salué par l’assistance.
A Love Bizarre et The Glamorous Life déplacent le concert vers un univers rythmique lié à l’œuvre de Prince et à la carrière personnelle de Sheila E. Attention aux crédits : l’artiste qui interprète une chanson sur scène n’en est pas nécessairement l’unique autrice. Pour The Glamorous Life, les crédits d’écriture attribuent l’œuvre à Prince ; le rôle interprétatif de Sheila E. reste central sans que ces notions soient interchangeables.
Les remarques recueillies en 2003 montrent également combien sa présence agit sur le jeu de Ringo. Le tandem trouve un équilibre de force et de fantaisie. Dans les comptes rendus de juillet comme dans ceux de septembre, son énergie revient souvent comme une observation commune, alors même que les spectateurs ne s’accordent pas sur les qualités de tous les autres instrumentistes.
8. Mark Rivera : l’homme qui fait tenir ensemble les chansons
Les affiches annoncent un saxophoniste : Mark Rivera. Sur scène, cette définition est trop étroite. Les observateurs de juillet 2003 le voient aussi prendre la flûte, l’harmonica, la guitare rythmique, les percussions, la basse et parfois les claviers. C’est une fonction de polyvalence structurelle : quand un chanteur quitte son instrument principal pour se placer au micro, Rivera peut corriger l’équilibre sans interrompre le concert.
Cette capacité est cruciale dans une formation de six personnes. Les succès de Men at Work, Ace, Squeeze ou Bad English n’ont ni les mêmes couleurs instrumentales ni les mêmes pratiques d’arrangement. Les transposer dans une équipe unique suppose de répartir à nouveau des lignes qui, dans leurs versions commerciales, étaient parfois jouées par des orchestres plus nombreux ou enregistrées en plusieurs couches.
Rivera assure en outre une continuité historique avec la précédente tournée All-Starr. Son apport dépasse donc le solo de saxophone qu’un spectateur peut retenir de Who Can It Be Now?. C’est dans les transitions, les changements d’instruments et les chœurs que se mesure souvent la solidité du groupe. Dans l’étude de 2003, Rivera apparaît moins comme un invité de prestige que comme l’un des architectes de la soirée.
9. Colin Hay : de Men at Work à une guitare de groupe
Colin Hay arrive avec le souvenir de Men at Work, immense phénomène du début des années 1980, mais aussi avec un parcours d’auteur-compositeur solo. Down Under, Overkill et Who Can It Be Now? apportent au All-Starr Band des refrains internationaux, des structures reconnaissables et des parties de guitare qu’il faut réinterpréter sans le groupe d’origine.
La difficulté est précisément là. Hay ne vient pas simplement chanter trois tubes accompagné d’un groupe neutre. Il devient aussi le guitariste principal sur de nombreuses chansons de Ringo et de ses partenaires, notamment celles où la guitare électrique joue un rôle sensible. Certains témoignages du début de la tournée critiquent cet équilibre, en particulier autour de Never Without You ; des spectateurs présents à Los Angeles en septembre défendent au contraire son jeu. Ces appréciations divergentes reflètent des auditions situées, pas une vérité définitive.
À Radio City, des titres moins automatiquement attendus, comme Waiting for My Real Life to Begin, éclairent aussi le Colin Hay postérieur à Men at Work. C’est l’une des forces de la formule All-Starr : mettre sur la même scène une chanson immédiatement reconnue par toute la salle et une œuvre qui invite à redécouvrir l’artiste derrière le succès.
10. John Waite : des Babys à Bad English et à Missing You
John Waite est souvent réduit à Missing You, grand succès de sa carrière solo. En 2003, son passage chez Ringo reconnecte plusieurs étapes : The Babys, avec Isn’t It Time, puis Bad English, associé à When I See You Smile. Le chanteur fournit donc trois couleurs distinctes au programme, même si le public les rassemble volontiers sous l’étiquette commode de rock FM.
Sa place instrumentale est tout aussi déterminante. Waite assure généralement la basse dans les chansons des autres, mais ce rôle n’est pas fixe. Le 24 juillet, un témoin note son passage sur une basse Höfner pendant Don’t Pass Me By. Une autre source critique, à New York, questionne sa prestation d’instrumentiste. Il faut traiter ce commentaire comme une opinion située, pas comme une mesure objective de compétence.
Les pages consacrées à Radio City signalent encore New York City Girl, titre qui prend une signification particulière lorsqu’il est interprété à New York avant sa publication ultérieure en studio. Le concert devient alors le témoin d’un répertoire en mouvement. Waite n’est ni un simple choriste de Ringo ni la reconstitution miniature de ses anciens groupes : il joue le jeu collectif tout en préservant ses propres chansons.
11. Paul Carrack : une voix, trois groupes et plusieurs décennies
Paul Carrack apporte à la formation une qualité particulière : son identité vocale est connue du public à travers plusieurs groupes dont les histoires ne se recouvrent pas. How Long renvoie à Ace, Tempted à Squeeze et The Living Years à Mike + The Mechanics. Trois succès, trois contextes de production, plusieurs décennies de musique populaire britannique, mais un seul chanteur pour les faire vivre dans le spectacle de Ringo.
La répartition du travail le conduit à tenir les claviers pendant une bonne partie de la soirée, à soutenir les autres voix puis à passer lui-même au premier plan. Les timbres de ces chansons sont pourtant très différents : souplesse soul de How Long, nervosité pop de Tempted, gravité familiale de The Living Years. Ce dernier titre demande une intensité singulière et contraste avec les plaisanteries de plateau qui entourent souvent les morceaux de Ringo.
Des programmes de Radio City mentionnent aussi Love Will Keep Us Alive dans les passages de solistes plus rares. La chanson, connue notamment dans le répertoire des Eagles, ne doit pas être assimilée à un morceau de Squeeze ou de Mike + The Mechanics. La crédibilité d’une encyclopédie musicale se joue aussi dans ces attributions précises, qui permettent aux lecteurs de suivre la carrière de Carrack sans la simplifier.
12. Une revue de rock dont le centre de gravité glisse vers les années 1980
En 1989, le premier All-Starr Band présentait une réunion de figures dont les parcours renvoyaient massivement au rock des années 1960 et 1970. En 2003, la balance s’est déplacée : autour de Ringo, les refrains de Men at Work, John Waite, Bad English, Mike + The Mechanics et Sheila E. renvoient souvent aux années 1980. Ce changement n’efface pas l’ADN du projet, mais il en modifie la couleur sonore et le public de référence.
La formule continue de mélanger des chansons connues comme Yellow Submarine à des titres dont on ne soupçonne pas toujours qu’ils sont portés par les artistes présents. Le spectateur reconnaît Tempted ou How Long, et découvre peut-être que le même homme est au micro. Il entend The Glamorous Life sous les baguettes de Sheila E. puis retourne à un classique du rockabilly chanté par Ringo. Ce sont des sauts d’époque assumés, non des transitions musicologiques parfaitement lisses.
Les arrangements doivent faire exister chaque chanson dans un effectif commun. C’est là que la critique de 2003 diverge : certains louent l’énergie et l’amusement, d’autres trouvent la formation moins soudée que des éditions précédentes. Ces avis ne s’annulent pas ; ils décrivent des expériences de concert différentes et rappellent que la familiarité des refrains ne garantit pas, à elle seule, une alchimie immédiate.
13. Auteurs, premières versions et chanteurs : trois histoires par titre
Une bonne analyse du répertoire All-Starr 2003 ne doit pas confondre trois informations : qui a écrit une chanson, quel enregistrement l’a popularisée, et qui la chante sur scène avec Ringo. Honey Don’t est une composition de Carl Perkins reprise autrefois par les Beatles ; Act Naturally est associé à Buck Owens et à la reprise des Beatles, mais provient de l’écriture de Johnny Russell et Voni Morrison. Pour Yellow Submarine et With a Little Help from My Friends, les crédits d’écriture Lennon-McCartney ne changent pas parce que Ringo en est la voix historique.
Les mêmes précautions s’appliquent aux autres vedettes. When I See You Smile, popularisé par Bad English, porte la signature de Diane Warren. The Living Years, chanté par Carrack dans Mike + The Mechanics, est écrit par Mike Rutherford et B. A. Robertson. The Glamorous Life appartient au catalogue de Prince comme auteur, tandis que Sheila E. demeure son interprète emblématique.
Ces distinctions ne sont pas des notes accessoires : elles expliquent l’architecture de la tournée. Le All-Starr Band fonctionne parce qu’il transporte des œuvres déjà identifiées à des voix, et non parce que chacun en possède exclusivement l’écriture. On peut ainsi admirer un interprète tout en restant rigoureux sur la généalogie d’une chanson.
14. George Harrison : de Here Comes the Sun à Never Without You
La mort de George Harrison, le 29 novembre 2001, continue de traverser l’histoire des Beatles en 2003. Ringo aborde ce souvenir par une œuvre récente, Never Without You, publiée sur Ringo Rama. Sur scène, le groupe l’entoure d’un autre titre : Here Comes the Sun, chanson de George enregistrée par les Beatles pour Abbey Road en 1969. L’une est un hommage posthume, l’autre l’œuvre même du musicien disparu.
Au Casino Rama le 24 juillet, la chronologie établie par Dave Thomas est particulièrement éclairante. Ringo quitte momentanément la scène. Les autres All-Starrs interprètent We Can Work It Out puis Here Comes the Sun, avant que Ringo revienne chanter Never Without You. Ce n’est donc pas seulement une juxtaposition de titres, mais un passage dramaturgique : des voix et des instruments de ses partenaires vers l’évocation intime de son ami.
Ce montage n’est pas forcément resté identique du premier au dernier soir. Les comptes rendus de Boston, Radio City et Los Angeles indiquent des suppressions ou des variations dans le voisinage de ces chansons. Par ailleurs, le fait qu’Eric Clapton soit invité sur l’enregistrement studio de Never Without You n’autorise pas à l’inscrire parmi les participants de la tournée. Le respect de George commence aussi par le respect des documents.
15. 24 juillet au Casino Rama : une première soirée observée et enregistrée
Le 24 juillet 2003, Ringo ouvre la tournée au Casino Rama, près d’Orillia en Ontario. La date est essentielle pour deux raisons. D’abord, elle est abondamment décrite par plusieurs spectateurs contemporains ; ensuite, les archives discographiques situent à cette soirée l’enregistrement exploité sur Tour 2003. David Fishof, producteur de la tournée, annonce publiquement la captation avant le spectacle selon le témoin Christopher Clause, dont le compte rendu est conservé par Abbeyrd.
Le récit de Dave Thomas donne un programme détaillé de vingt-huit entrées, en comptant un solo de batterie de Sheila E. entre deux chansons. Il décrit Rivera passant d’un instrument à l’autre, le rôle de la seconde batterie, la parenthèse sans Ringo autour de deux compositions des Beatles et le retour de Ringo pour son hommage à George. Il relève aussi, sur Don’t Pass Me By, le piano de Ringo et l’harmonica de Rivera à la place de la ligne de violon familière.
Deux impressions se dégagent de ces sources. Certains spectateurs saluent une troupe immédiatement soudée ; un autre juge au contraire que la formation manque d’un guitariste plus affirmé. Nous conservons ces divergences. La soirée d’ouverture n’est ni un brouillon qu’il faudrait excuser, ni une version définitive figée par le disque : c’est un concert réel, filmé, qui servira de référence tout en évoluant ensuite.
16. 25 juillet au Casino Rama : une seconde date qui ne se confond pas avec la première
La tournée reste au Casino Rama le 25 juillet. La proximité des deux dates peut tromper le lecteur : une chronique de « Casino Rama 2003 » ne suffit pas pour dire de quel soir elle parle. Les billets, les témoignages et les bases de setlists doivent être rattachés à la date qu’ils documentent. La captation officielle associée au 24 ne constitue pas la preuve automatique de chaque chanson jouée le 25.
Les répertoires recensés pour les deux concerts partagent un grand nombre de succès, ce qui est logique pour les premières soirées d’une même tournée. On y trouve les classiques de Ringo, les passages chantés par Hay, Waite, Carrack et Sheila E., ainsi que l’hommage à George. Mais le statut d’un titre dans un enregistrement publié reste celui d’une piste choisie pour le disque, pas d’un témoin indépendant de la représentation voisine.
Cette distinction rappelle une habitude utile de l’archéologie discographique : une session de concert est datée par le lieu, le jour et, idéalement, la bande source. Deux soirées consécutives au même endroit ne deviennent pas une seule session parce que leur musique se ressemble. L’étude renvoie donc à chacune des fiches datées de Casino Rama, et réserve au 24 juillet la date de prise de son confirmée par les catalogues de référence.
17. Tour 2003 : le disque Koch paru en mars 2004
L’album Ringo Starr & His All-Starr Band: Tour 2003 paraît chez Koch le 23 mars 2004, soit huit mois après les concerts canadiens. Les notices Apple Music et AllMusic concordent sur la sortie et sur un programme de 16 titres pour environ une heure et huit minutes. MusicBrainz associe les enregistrements au Casino Rama, le 24 juillet 2003, et précise des crédits d’œuvres ; le catalogue du disque porte la référence KOC-CD-9549.
Ce support demande à être situé correctement. Un album live peut documenter fidèlement des interprétations sans restituer intégralement l’événement. Ici, les témoignages de la soirée inaugurale indiquent plus de vingt-cinq numéros, selon qu’on compte les solos et les transitions. Le CD n’en retient que seize. Il construit une écoute compacte qui traverse presque tous les répertoires du groupe et privilégie l’équilibre entre Ringo et les voix invitées.
Les éditions vidéo associées à la tournée sont un autre objet bibliographique. Un disque audio, un DVD commercial et une éventuelle captation préparatoire ne doivent pas être fondus dans une seule « bande originale » imaginaire. Le lecteur qui cherche une chanson absente du CD, telle Never Without You ou Here Comes the Sun, doit donc revenir aux documents de concert, aux autres supports et à leurs fiches, non conclure qu’elle n’a pas été jouée.
18. Seize pistes commerciales face au programme scénique
La sélection de Tour 2003 permet une comparaison instructive. On y entend Ringo avec It Don’t Come Easy, Honey Don’t, Memphis in Your Mind, Boys, Don’t Pass Me By, Yellow Submarine, I Wanna Be Your Man et la conclusion collective. Le groupe s’ouvre aussi à How Long et The Living Years de Carrack, à Down Under et Who Can It Be Now? de Hay, à When I See You Smile et Missing You de Waite, et à deux succès de Sheila E.
On remarque ce qui disparaît de la sélection : plusieurs étapes du récit de scène, notamment la séquence dédiée à George, des morceaux comme Overkill, Tempted ou Photograph, ainsi que les passages de présentation. Ce choix n’est pas nécessairement un jugement artistique sur ces titres ; il reflète des contraintes de durée, d’édition et de production dont les motivations exactes ne sont pas toutes documentées. Il faut s’interdire de les inventer.
Le disque reste précieux : il conserve le son d’une formation rarement réunie en studio et offre une version datée des succès de chaque membre. Il n’est cependant ni un inventaire exhaustif du 24 juillet ni une compilation représentative de toutes les variations jusqu’en septembre. C’est une source primaire majeure, avec ses limites de format.
19. Du 26 au 31 juillet : Darien Lake, Boston, New York et la côte Est
Après les deux soirées ontariennes, la caravane All-Starr descend vers l’État de New York : Darien Lake le 26 juillet, puis Boston le 27. Les chroniques conservées dans Abbeyrd évoquent des problèmes de son et des ajustements de programme. Le 29, le groupe entre au Radio City Music Hall ; le lendemain, il joue au State Theatre d’Easton, avant de passer par le Mohegan Sun du Connecticut le 31.
Ce parcours du Nord-Est condense la mécanique de la tournée : une grande salle symbolique, des théâtres, un casino, et un spectacle capable de s’adapter à des espaces différents sans changer d’identité. La chronologie est solide parce qu’elle rejoint les annonces professionnelles et des témoignages datés. En revanche, une critique de Boston ne peut servir à attribuer sans réserve la même setlist à Easton.
Les comptes rendus de cette première semaine montrent aussi une formation en rodage. Certains spectateurs apprécient les échanges de plaisanteries et les solos, d’autres soulignent les transitions parfois moins assurées. Au lieu d’opposer artificiellement succès et ratage, on peut y voir le fonctionnement ordinaire d’un groupe qui réunit des instrumentistes venus d’horizons éloignés et apprend à jouer ensemble devant le public.
20. Radio City Music Hall, 29 juillet : les solos rares et les invités
Le 29 juillet à Radio City est l’un des concerts les mieux décrits de 2003. La salle new-yorkaise accueille un programme où les All-Starrs disposent de moments personnels plus développés. Des notices de la date répertorient Love Will Keep Us Alive par Paul Carrack, Waiting for My Real Life to Begin de Colin Hay et New York City Girl de John Waite. Cette dernière chanson n’a pas le même statut qu’un tube ancien ; sa présence dans un concert de 2003 précède son édition discographique ultérieure.
Le témoin Brad Shey rapporte l’acoustique de Here Comes the Sun jouée par le groupe sans Ringo, précédant Never Without You. Patti Murawski, de son côté, juge le son du Radio City excellent tout en critiquant le manque de cohésion de certains instrumentistes : deux observations différentes qui ne se neutralisent pas. Toutes deux constituent des traces contemporaines.
Le final attire des invités parmi lesquels figurent Steven Van Zandt et Mark Hudson, signalés par des spectateurs ; l’index du dossier mentionne aussi Simon Kirke et d’autres participants selon les archives disponibles. La rumeur d’une apparition de Paul McCartney, évoquée avant le concert, ne s’est pas réalisée. Le dernier refrain de With a Little Help from My Friends accueille ainsi des présences réelles, et rappelle que les rumeurs de coulisses ne constituent pas une liste de crédits.
21. 1er août à Bryant Park : trois chansons pour la télévision
Le 1er août 2003, Ringo et ses partenaires font halte à Bryant Park, New York, dans le cadre des concerts d’été de Good Morning America. Cette intervention gratuite et médiatisée est importante pour l’histoire publique de la tournée, mais elle n’est pas une trente-sixième soirée du programme complet. Le témoin Fred Velez, cité dans la fiche Yellow-Sub.net consacrée à la date, identifie trois morceaux : Boys, Who Can It Be Now? et With a Little Help from My Friends.
Le choix fonctionne comme une miniature du dispositif All-Starr. Boys met en avant Ringo et son patrimoine Beatles ; Who Can It Be Now? donne la parole à Colin Hay et fait entendre la couleur du saxophone ; le final rassemble la troupe autour de l’un des titres les plus immédiatement associés au batteur des Beatles. Cette structure condensée explique pourquoi l’événement mérite une page propre même s’il ne doit pas être additionné aux concerts du soir.
Pour les archives, le risque est très concret : si l’on compte chaque apparition publique, chaque passage à la télévision ou chaque conférence musicale comme un concert ordinaire, la série devient incomparable d’une année à l’autre. Le dossier traite donc Bryant Park comme un mini-concert télévisé documenté, distinct du comptage principal.
22. Du 2 au 10 août : casinos, scènes circulaires et grands espaces
Le groupe reprend le circuit principal à Atlantic City le 2 août, puis se produit au PNC Bank Arts Center de Holmdel le 3. Les 4 et 5 août, il occupe deux soirs consécutifs le Westbury Music Fair, salle dont la configuration particulière rappelle que les mêmes arrangements doivent servir dans des cadres très différents. La route se poursuit vers le Michigan, à DTE Energy le 7 et Grand Rapids le 8, avant Milwaukee le 9 puis WE Fest à Detroit Lakes le 10 août.
Cette succession illustre la grande plasticité commerciale du All-Starr Band. Ringo passe du casino à l’amphithéâtre, du théâtre de spectacle à un festival associé à d’autres publics. Le groupe ne cherche pas pour autant à imiter l’affiche qui l’accueille. Il transporte une formule mêlant rock, pop, soul, rhythm and blues et tubes de l’époque des Beatles, avec des présentations et des passages de solos que chaque salle entend à sa façon.
À ce stade de la tournée, les instruments doivent passer rapidement d’un numéro à l’autre. La présence de Sheila E. au poste de batterie, la mobilité de Rivera et la basse tenue par Waite facilitent cette souplesse. Une liste-type aide à comprendre l’ossature musicale, mais la bonne fiche datée reste le point d’entrée pour savoir ce qui est effectivement attesté à Holmdel, Westbury ou Grand Rapids.
23. DTE Energy et WE Fest : deux publics, une même formation
Le concert du 7 août au DTE Energy Music Theatre, dans la région de Detroit, apparaît dans les comptes rendus de presse signalés à l’époque, notamment par Billboard. Deux jours plus tard à Milwaukee, puis le 10 à WE Fest dans le Minnesota, la troupe rencontre des environnements de diffusion différents. Le calendrier contemporain d’Abbeyrd note même que WE Fest figure alors dans certaines listes professionnelles avant d’être intégré de façon homogène à toutes les annonces officielles.
Ce détail est instructif. Les itinéraires de tournée se construisent au fil des mises en vente, des confirmations et des actualisations. Une date ajoutée tardivement à une page de presse ne devient pas pour autant suspecte si des sources ultérieures l’attestent. À l’inverse, une date restée sur un ancien feuillet ne devient pas automatiquement un concert joué. C’est le cas du 18 août, que nous traiterons séparément.
La dramaturgie générale demeure : Ringo conduit ses classiques, Colin Hay ramène Men at Work, Carrack puis Waite donnent une couleur britannique et américaine aux ballades, et Sheila E. fait monter la tension percussive. Le festival n’impose pas une identité musicale nouvelle, mais il expose la formule All-Starr à un public qui n’est pas nécessairement venu d’abord pour les Beatles.
24. Du 12 au 19 août : Midwest, Géorgie, Mississippi et Floride
Le 12 août, le spectacle revient à une grande salle du Midwest, le Rosemont Theatre près de Chicago. Il gagne ensuite Chastain Park à Atlanta le 13, puis le Mississippi avec le Grand Casino de Gulfport le 15. La Floride occupe trois étapes rapprochées : le Mahaffey Theater de St. Petersburg le 16, Boca Raton le 17 et l’Alico Arena de Fort Myers le 19.
L’écart entre ces salles compte autant que la géographie. Un amphithéâtre en plein air, un théâtre fermé ou une scène liée à un établissement de jeu ne produisent pas nécessairement la même perception sonore. Les comptes rendus de ces dates existent avec des degrés de précision variables. Ainsi, les fiches de Gulfport, Boca Raton et Fort Myers signalent des programmes incomplets lorsque seules certaines chansons sont documentées. Les blancs ne doivent pas être comblés en recopiant mécaniquement la soirée de Rosemont.
Pour l’historien, cette prudence a une conséquence visible : certaines fiches paraîtront plus riches que d’autres. Ce n’est pas une préférence pour une ville ou un artiste. C’est l’état de la documentation conservée. Les récits généraux permettent de suivre la trajectoire du groupe ; les notices de dates permettent de préserver, sans enjolivement, ce que chaque lieu a véritablement laissé comme trace.
25. 18 août à Boca Raton : pourquoi une fiche n’est pas une preuve de concert
La mention du 18 août 2003 au Mizner Park Amphitheater de Boca Raton est la seule fiche de date de cette campagne qui demande une réserve aussi explicite. La tournée comprend bien un concert documenté au même endroit le 17 août. Le lendemain figure dans certains matériaux récapitulatifs, mais les sources contemporaines consultées ne corroborent pas une seconde soirée. Le trajet vers l’Alico Arena du 19 n’invalide pas en soi l’hypothèse ; il ne la prouve pas davantage.
La décision éditoriale consiste donc à maintenir la notice du 18 comme archive non confirmée, sans lui attribuer de setlist, de spectateurs, de rappel ou de chansons empruntées au 17. Ce n’est pas une annulation démontrée : nous ne disposons pas non plus d’une preuve d’annulation. Il faut garder ouvert le dossier tant qu’un billet daté, une annonce contemporaine spécifique ou un témoignage fiable ne vient pas résoudre la question.
Ce cas concentre la difficulté des calendriers de tournées reconstitués. Une base peut intégrer une erreur de saisie, une date provisoire ou un doublon ; puis d’autres sites reprennent la ligne sans remonter à sa source. Multiplier les copies ne multiplie pas les confirmations. En 2003 comme en 2006, le travail encyclopédique consiste parfois à écrire clairement : « la représentation n’est pas établie ».
26. Du 21 au 27 août : la longue traversée du Sud
La seconde moitié d’août amène Ringo à Robinsonville le 21, puis Little Rock le 22 et Grand Prairie le 23. Après un jour de repos et de déplacement, le groupe poursuit à Albuquerque le 25, Amarillo le 26 et Denver le 27. Les distances deviennent considérables. Le calendrier passe des salles du Mississippi aux amphithéâtres du Sud-Ouest avant de gagner l’altitude du Colorado.
Des invités ponctuels sont répertoriés dans les archives de certaines soirées, par exemple Nils Lofgren et Gary Burr à Robinsonville pour le final selon les compilations spécialisées. Ces participations doivent rester attachées à leur concert précis. Il serait trompeur de les intégrer à la distribution régulière de la huitième formation, ou de les faire apparaître sur toutes les dates du mois.
Le répertoire central, lui, conserve la reconnaissance des chansons de Ringo et des quatre grands pôles de répertoire confiés à ses partenaires. La répétition du canevas est l’une des conditions d’une tournée aussi resserrée dans le temps. Les variations existent surtout dans les solos, les segments retirés, les invités et les commentaires. Nous relions donc les six fiches de cette traversée, sans inventer pour chacune une soirée entièrement différente.
27. Tahoe, Las Vegas et Seattle : le concert comme rendez-vous d’invités
La fin d’août place successivement le All-Starr Band à Lake Tahoe le 29, au Joint du Hard Rock Hotel de Las Vegas le 30 et à Marymoor Park, près de Seattle, le 31. Ces étapes sont particulièrement intéressantes pour distinguer le noyau stable des visiteurs d’un soir. Les archives spécialisées mentionnent notamment la présence de Pete Escovedo, père de Sheila E., lors du final de Las Vegas. L’indication mérite d’être attribuée à sa source, et non d’être déplacée sur la soirée de Tahoe.
Le concert n’est pas une réunion de studio où chaque nom imprimé sur une liste participerait à toutes les chansons. Le rôle d’un invité peut se limiter au rappel de With a Little Help from My Friends. Cette tradition, chère à Ringo, permet d’ouvrir une formation pourtant très réglée, mais elle complique le travail de crédit : présence en coulisses, montée sur scène et participation musicale sont trois réalités différentes.
À Marymoor, dans la région de Seattle, les comptes rendus relèvent surtout le contact avec un vaste public et les échanges entre chansons. La route du Nord-Ouest rappelle aussi que la tournée n’est pas une collection indépendante de grandes villes : elle obéit à une logique de déplacements, de salles disponibles et de répétition d’une formule musicale mûrie au fil des semaines.
28. Du 2 au 7 septembre : la côte Pacifique et le dernier concert de San Diego
Les cinq dernières étapes connues dessinent une fin occidentale : Britt Festival à Jacksonville, Oregon, le 2 septembre ; Montalvo Center à Saratoga le 4 ; Dodge Theatre à Phoenix le 5 ; Universal Amphitheatre à Los Angeles le 6 ; puis Humphrey’s by the Bay à San Diego le 7. Le calendrier réel comporte cinq représentations dans cet intervalle, avec des jours sans concert entre certaines étapes.
La soirée de Los Angeles est éclairée par les témoignages recueillis immédiatement après. Mark Askren décrit un arrangement globalement semblable à celui de Saratoga, un Colin Hay qu’il apprécie à la guitare, la vigueur de Sheila E. et un bref retour impromptu sur Who Can It Be Now?. Les spectateurs identifient Tommy Shaw, de Styx, parmi les invités du final, ainsi que Mark Hudson. L’existence de ces invités locaux ne transforme pas pour autant le concert en réunion permanente des All-Starrs.
À San Diego, deux témoins conservés par Abbeyrd décrivent une représentation lancée vers 19 h 30, dans une salle en plein air près de l’eau, avec des plaisanteries adressées aux plaisanciers. Ils trouvent le groupe détendu ; l’un souligne l’accueil réservé à Colin Hay. Le texte publié par Variety au lendemain du concert rappelle, de son côté, la place émotionnelle de Never Without You. Ainsi s’achève une série de 35 dates où l’histoire de George et la joie de la scène restent étroitement liées.
29. Calendrier intégral : trente-cinq concerts, un mini-concert et une archive
Le tableau qui suit reprend l’intégralité des 37 fiches datées de Yellow-Sub.net dans l’ordre du calendrier. Les lignes signalées comme « concert » forment les 35 représentations de la tournée, du 24 juillet au 7 septembre 2003. La prestation télévisée de Bryant Park est mentionnée séparément le 1er août ; le 18 août à Boca Raton demeure une date non confirmée, sans programme attribué par défaut.
La présence d’une notice ne signifie pas que le même niveau de preuve est disponible pour toutes les chansons d’un soir. Les liens conduisent aux fiches qui distinguent, lorsque c’est nécessaire, setlist complète, programme partiel, participation ponctuelle et état des sources. Ce calendrier n’a pas vocation à supprimer les incertitudes ; il permet de les retrouver sans faire disparaître les documents historiques.
Quatre tableaux chronologiques sont volontairement utilisés, pour faciliter la lecture sur écran et le passage d’une période à une autre. L’ensemble constitue un outil de consultation, tandis que les sections précédentes expliquent l’histoire musicale que ces dates font apparaître.
24 juillet – 3 août
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 07/24/2003 | Casino Rama, Orillia, Ontario, Canada | Concert documenté |
| 07/25/2003 | Casino Rama, Orillia, Ontario, Canada | Concert documenté |
| 07/26/2003 | Darien Lake Performing Arts Center, Buffalo, État de New York, États-Unis | Concert documenté |
| 07/27/2003 | FleetBoston Pavilion, Boston, Massachusetts, États-Unis | Concert documenté |
| 07/29/2003 | Radio City Music Hall, New York, États-Unis | Concert documenté |
| 07/30/2003 | State Theatre, Easton, Pennsylvanie, États-Unis | Concert documenté |
| 07/31/2003 | Mohegan Sun Casino, Uncasville, Connecticut, États-Unis | Concert documenté |
| 08/01/2003 | Bryant Park, Good Morning America, New York, États-Unis | Mini-concert TV (3 titres) |
| 08/02/2003 | Trump Taj Mahal, Atlantic City, New Jersey, États-Unis | Concert documenté |
| 08/03/2003 | PNC Bank Arts Center, Holmdel, New Jersey, États-Unis | Concert documenté |
4 – 16 août
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 08/04/2003 | Westbury Music Fair, Westbury, État de New York, États-Unis | Concert documenté |
| 08/05/2003 | Westbury Music Fair, Westbury, État de New York, États-Unis | Concert documenté |
| 08/07/2003 | DTE Energy Music Theatre, Detroit, Michigan, États-Unis | Concert documenté |
| 08/08/2003 | Van Andel Arena, Grand Rapids, Michigan, États-Unis | Concert documenté |
| 08/09/2003 | Marcus Center for the Performing Arts, Milwaukee, Wisconsin, États-Unis | Concert documenté |
| 08/10/2003 | WE Fest, Detroit Lakes, Minnesota, États-Unis | Concert documenté |
| 08/12/2003 | Rosemont Theatre, Rosemont, Illinois, États-Unis | Concert documenté |
| 08/13/2003 | Chastain Park Amphitheatre, Atlanta, Géorgie, États-Unis | Concert documenté |
| 08/15/2003 | Grand Casino, Gulfport, Mississippi, États-Unis | Concert documenté |
| 08/16/2003 | Mahaffey Theater, St. Petersburg, Floride, États-Unis | Concert documenté |
17 – 27 août
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 08/17/2003 | Mizner Park Amphitheater, Boca Raton, Floride, États-Unis | Concert documenté |
| 08/18/2003 | Mizner Park Amphitheater, Boca Raton, Floride, États-Unis | Archive non confirmée |
| 08/19/2003 | Alico Arena, Fort Myers, Floride, États-Unis | Concert documenté |
| 08/21/2003 | Horseshoe Casino, Robinsonville, Mississippi, États-Unis | Concert documenté |
| 08/22/2003 | Riverfest Amphitheatre, Little Rock, Arkansas, États-Unis | Concert documenté |
| 08/23/2003 | NextStage, Grand Prairie, Texas, États-Unis | Concert documenté |
| 08/25/2003 | Sandia Casino, Albuquerque, Nouveau-Mexique, États-Unis | Concert documenté |
| 08/26/2003 | Civic Center Coliseum, Amarillo, Texas, États-Unis | Concert documenté |
| 08/27/2003 | Fillmore Auditorium, Denver, Colorado, États-Unis | Concert documenté |
29 août – 7 septembre
| Date | Lieu et fiche détaillée | Statut |
|---|---|---|
| 08/29/2003 | Harrah’s Tahoe, Lake Tahoe, Nevada, États-Unis | Concert documenté |
| 08/30/2003 | The Joint, Hard Rock Hotel & Casino, Las Vegas, Nevada, États-Unis | Concert documenté |
| 08/31/2003 | Marymoor Amphitheater, Redmond (région de Seattle), État de Washington, États-Unis | Concert documenté |
| 09/02/2003 | Britt Festival, Jacksonville, Oregon, États-Unis | Concert documenté |
| 09/04/2003 | Montalvo Center for the Arts, Saratoga, Californie, États-Unis | Concert documenté |
| 09/05/2003 | Dodge Theatre, Phoenix, Arizona, États-Unis | Concert documenté |
| 09/06/2003 | Universal Amphitheatre, Los Angeles, Californie, États-Unis | Concert documenté |
| 09/07/2003 | Humphrey’s by the Bay, San Diego, Californie, États-Unis | Concert documenté |
30. Bilan historique, sources et prolongements du dossier
L’été 2003 montre un All-Starr Band plus concentré dans son effectif, mais particulièrement ouvert dans ses répertoires. Six musiciens suffisent à parcourir les Beatles, le rockabilly, la pop des années 1970, l’univers de Prince et une bonne partie des succès radio des années 1980. La tournée donne un second souffle aux chansons de Ringo et prouve que le projet repose aussi sur la capacité de ses partenaires à jouer celles des autres.
Le Casino Rama du 24 juillet possède une valeur documentaire singulière, puisqu’il a fourni la matière du disque Tour 2003, publié le 23 mars 2004. Le Radio City Music Hall du 29 juillet éclaire les solos rares et les invités ; Bryant Park documente la version télévisée de la formule ; le 7 septembre à San Diego donne un aperçu de la troupe en fin de parcours. La réserve du 18 août rappelle, elle, qu’une fiche peut servir à enregistrer une incertitude autant qu’un concert.
Sur le plan humain, le fil le plus délicat reste l’hommage à George Harrison. Le passage de Here Comes the Sun à Never Without You donne à la tournée une dimension que les seules statistiques ne peuvent contenir. L’histoire de 2003 ne s’achève donc pas sur le dernier rappel : elle se prolonge dans les éditions commerciales, les mémoires des spectateurs et les rencontres futures des mêmes artistes sur la scène de Ringo.
La méthode de lecture adoptée ici distingue les spectacles annoncés, ceux réellement documentés et les enregistrements publiés après coup. Les témoignages reproduits sur les sites d’archives sont attribués aux spectateurs concernés ; nous ne transformons pas les jugements de goût en vérités historiques.
Sources consultées et états des preuves
- Pollstar, 20 mars 2003 : Annonce contemporaine, six membres de la formation et lancement canadien.
- Abbeyrd, carnet de la tournée 2003 : Annonces datées et inventaire contemporain des salles et des comptes rendus.
- Dave Thomas, Sandy et Christopher Clause, Casino Rama (24 juillet) : Témoignages oculaires, programme complet, instruments, annonce de captation.
- Brad Shey et Patti Murawski, Radio City (29 juillet) : Observations divergentes, hommages à Harrison et invités.
- Trini Schultz, Michelle Milan et Mark Askren, Los Angeles (6 septembre) : Programme, accueil, invitations de Mark Hudson et Tommy Shaw.
- Karen Dyson et Rick Noreiga, San Diego (7 septembre) : Récits de la dernière date et variantes d’interprétation.
- Apple Music, Tour 2003 (édition Koch 2004) : Date de sortie du 23 mars 2004, seize titres et durée.
- MusicBrainz, Tour 2003 : Crédits des seize pistes et date-source du 24 juillet 2003.
- AllMusic, Tour 2003 : Discographie, prise de son au Casino Rama et sortie de mars 2004.
- Apple Music, Ringo Rama : Parution de l’album studio du 25 mars 2003 et catalogue.
- The Beatles Bible, huitième tournée (2003) : Croisement rétrospectif des 35 concerts, avec réserve sur les données issues de listes secondaires.
- Victor Baissait, archives de la tournée 2003 : Recensement des variations, invités et documents de collection ; corroboration requise.
Études complémentaires publiées sur Yellow-Sub.net
2003 : un All-Starr Band de six musiciens, le passage de Sheila E. et le rôle polyvalent de Mark Rivera · John Waite en 2003 : The Babys, Missing You et le rock FM dans le All-Starr Band · Never Without You et Here Comes the Sun en 2003 : la mémoire de George Harrison sur scène · Paul Carrack en 2003 : Ace, Squeeze et Mike + The Mechanics réunis chez Ringo Starr · Radio City Music Hall, 29 juillet 2003 : Colin Hay, John Waite et les solos rares du All-Starr Band.
Poursuivre le dossier : Index général 2003 et 37 fiches de dates · → 2006 : 25 concerts et une annonce non confirmée · ← 2001 : 28 concerts, Jones Beach et le live de Rosemont · Toutes les tournées.












