Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

All-Starr Band › 1997–1998 › Étude historique

1998 : du festival Marktrock de Louvain aux concerts de Monte-Carlo, une même formation et des programmes différents

Une enquête sur l’évolution des programmes de Ringo, les musiciens présents et les conditions dans lesquelles les œuvres sont rejouées sur scène.

Du plein air à la salle de spectacle

Le 16 août 1998, le All-Starr Band de Ringo Starr joue dans le cadre du festival Marktrock, sur l’Oude Markt de Louvain, en Belgique. La scène appartient à un événement de plein air où plusieurs artistes peuvent partager l’affiche et où le temps de jeu dépend du déroulement général du festival. À la fin du mois, le groupe se produit au Sporting Club de Monte-Carlo, dans un tout autre environnement : celui de la Salle des Étoiles, avec plusieurs soirées successives. La différence de lieu ne suffit pas à expliquer chaque changement du programme, mais elle rend indispensable l’examen séparé des setlists.

Les six musiciens restent liés à la quatrième formation : Ringo Starr, Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Mark Rivera et Simon Kirke. Le principe d’ensemble change peu : les chanteurs principaux se relaient et deviennent accompagnateurs sur les chansons de leurs partenaires. Mais la distribution ne dicte pas automatiquement la durée d’un concert, la présence d’un titre rare ou la place de chaque solo.

Marktrock : une présentation large des carrières

Le programme attribué à Louvain comprend plusieurs œuvres emblématiques des invités : « Sunshine of Your Love » renvoie à Cream et à Jack Bruce ; « Shooting Star » appartient à l’histoire de Bad Company et de Simon Kirke ; « Baby, I Love Your Way » rappelle la carrière personnelle de Peter Frampton ; « Conquistador » et d’autres titres relient Gary Brooker à Procol Harum. La présence de « Love Me Do » et de « La De Da » dans ce parcours rappelle que Ringo ne se contente pas de rejouer les succès chantés pendant les Beatles : sa discographie solo des années 1990 s’inscrit elle aussi dans le spectacle.

« La De Da », tirée de Vertical Man (1998), appartient à la période contemporaine de cette tournée et a donc une signification différente d’une chanson de 1963. En revanche, la présence de Peter Frampton sur scène n’autorise pas à lui attribuer la guitare de toutes les versions du disque de studio de Ringo. Les fiches La De Da, Love Me Do et Baby, I Love Your Way distinguent ces différentes histoires.

Trois nuits de Monte-Carlo, trois objets historiques

Le passage au Sporting Club s’étend sur trois dates distinctes, les 28, 29 et 30 août 1998. Certains relevés attribuent au 28 un programme sensiblement plus court que celui de Louvain, avec notamment « Whisky Train », « Show Me the Way », « I Feel Free », « Love Me Do » et « La De Da » dans la progression. Il faut envisager deux explications possibles à un relevé raccourci : un spectacle effectivement plus court ou un témoignage incomplet. Le nombre de lignes publiées ne permet pas de trancher sans une archive suffisamment précise de la soirée.

Le concert du 30 août bénéficie d’un témoignage rétrospectif particulier de Jack Bruce, qui mentionne une assistance largement composée de juristes. Cette indication confirme le contexte de la troisième nuit, mais ne donne pas le programme. Copier le déroulement du 28 ou du 29 dans la notice du 30 reviendrait à confondre proximité chronologique et identité d’exécution. La fiche du 30 août conserve désormais explicitement cette limite.

Les chansons : variantes et problèmes de comptage

Dans un ensemble comme le All-Starr Band, le nombre de compositions peut être différent du nombre de numéros scéniques. Un chanteur reprend parfois quelques mesures d’une autre chanson, un solo instrumental s’allonge, ou deux œuvres sont enchaînées sans interruption. Le catalogue doit donc distinguer le titre joué comme numéro principal, le passage cité et la version enregistrée par les artistes d’origine. Cette précaution évite de compter un medley comme deux chansons complètes ou d’additionner des fragments de refrains à des œuvres entières.

Les répertoires de Cream, de Procol Harum et de Free sont particulièrement intéressants pour cette méthode parce qu’ils possèdent plusieurs standards enregistrés par des formations aujourd’hui mythiques, mais réinterprétés avec des partenaires différents en 1998. La présence d’un musicien de Cream ou de Free ne suffit pas à classer une bande comme une performance de ces groupes : l’interprète entendu est bien le All-Starr Band de Ringo, daté de sa salle propre.

Retrouver les concerts sans sortir du dossier

La chronologie de 1997–1998 regroupe le festival belge, les étapes intermédiaires et les trois soirées monégasques. Les biographies de Peter Frampton, de Jack Bruce, de Gary Brooker et de Simon Kirke permettent de retrouver les œuvres personnelles de chacun. Ce maillage conserve l’existence de chaque date et l’identité des chansons sans inventer la durée d’un morceau ni la réaction d’un public.

Une même tournée, deux économies du spectacle

Le contraste entre les festivals européens et les soirées de Monte-Carlo révèle une caractéristique essentielle du All-Starr Band : l’orchestre doit pouvoir conserver son identité dans des conditions d’exploitation très différentes. Un festival de plein air s’adresse à un public qui n’a pas nécessairement acheté son billet pour Ringo seul ; une soirée dans la Salle des Étoiles repose sur un format plus resserré, où la proximité du public et la durée du spectacle peuvent modifier l’organisation des numéros.

La comparaison de deux relevés musicaux montre que ce n’est pas seulement la longueur du concert qui change. Un développement instrumental peut être raccourci, un titre retiré ou une transition réagencée, alors que les artistes continuent d’interpréter les succès qui les ont rendus célèbres. Le travail historique doit identifier ces substitutions date par date plutôt que parler d’un « programme de Monaco » unique.

Les trois soirées de Monaco comme documents distincts

Les 28, 29 et 30 août 1998 représentent trois prestations successives dans le même établissement. Leurs archives peuvent comprendre des programmes et des témoignages qui se ressemblent, mais une bande attribuée au premier soir ne prouve pas le contenu du troisième. La mention explicite du 30 août dans le journal de Jack Bruce constitue un repère solide sur la tenue de la dernière soirée ; elle ne fournit pas la suite intégrale des chansons. Le dossier doit donc associer chaque document à son jour avant d’en déduire des conclusions musicales ou discographiques.

Trois nuits à Monaco : la méthode de comparaison des programmes

Les concerts des 28, 29 et 30 août 1998 à la Salle des Étoiles doivent être traités comme trois objets historiques. Il faut relever pour chacun l’ordre des chansons, la présence éventuelle de morceaux raccourcis et la provenance des images ou des bandes. Les notes de Jack Bruce éclairent la troisième soirée, mais elles ne contiennent pas le minutage de tous les passages et ne sauraient remplacer trois relevés indépendants.

La comparaison avec Marktrock à Louvain doit également rester prudente. Le format d’un festival et celui d’une soirée de gala peuvent produire des programmes différents, mais il serait abusif de déduire chaque suppression de chanson du seul type de salle. L’enjeu éditorial est de documenter les variantes effectivement observées plutôt que de construire un programme théorique présenté comme le même à toutes les dates.

Retrouver le catalogue des œuvres, les biographies de musiciens et la concertographie de la quatrième formation pour comparer chaque date séparément.

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