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Billy Preston et Felix Cavaliere avec Ringo en 1995 : claviers, soul et gospel
Étude historique des musiciens, des œuvres et des performances du troisième All-Starr Band, avec comparaison entre les concerts datés de la tournée.
Deux claviéristes, deux histoires
En 1995, le troisième All-Starr Band possède une section de claviers particulièrement riche grâce à Billy Preston et Felix Cavaliere. Leur proximité instrumentale pourrait conduire à les présenter comme interchangeables ; ce serait une erreur. Preston est un pianiste, organiste et chanteur issu notamment du gospel et de la soul américaine, dont les liens avec les Beatles sont documentés dès la fin des années 1960. Cavaliere s’est imposé avec les Young Rascals, devenus The Rascals, dans une soul-pop nourrie de rhythm and blues et destinée aussi aux classements pop. Leur rôle est à la fois harmonique, rythmique et vocal.
Dans cette troisième formation, ils jouent au milieu de musiciens très affirmés : John Entwistle à la basse, Randy Bachman et Mark Farner aux guitares, Mark Rivera à plusieurs instruments à vent, Zak Starkey à la batterie et Ringo Starr, qui alterne chant et batterie. Les claviers servent donc des chansons créées dans des contextes très différents, depuis les Who jusqu’à Grand Funk Railroad. La richesse de l’effectif explique le caractère de fête musicale que Ringo souhaite donner à la soirée, mais chaque soliste conserve ses crédits et son répertoire propres.
Billy Preston, des séances Get Back aux succès personnels
La relation de Billy Preston avec les Beatles ne se limite pas à une photographie des sessions de janvier 1969. Sa présence au piano électrique dans l’entourage des séances Get Back, son crédit sur « Get Back » publié en single et sa participation au concert sur le toit font de lui un acteur direct de la dernière période collective du groupe. Il développe parallèlement une carrière solo qui donne lieu aux succès « Will It Go Round in Circles » et « Nothing from Nothing », cosignés avec Bruce Fisher. Cette double appartenance explique l’intérêt de son retour auprès de Ringo en 1995 après la première génération du All-Starr Band en 1989.
Sur scène, « Nothing from Nothing » et « Will It Go Round in Circles » rappellent sa maîtrise d’une écriture concise et rythmique. L’interprétation de ces œuvres avec Ringo ne transforme pas les albums solo de Preston en albums des Beatles. Les notices internes de Nothing from Nothing et de Will It Go Round in Circles permettent de remonter aux enregistrements de référence, tandis que la biographie du musicien relie son parcours aux différentes tournées.
Felix Cavaliere, voix des Rascals
Felix Cavaliere associe son orgue à l’une des aventures les plus marquantes de la pop-soul américaine des années 1960. Le groupe des Rascals réussit à faire dialoguer une énergie de rhythm and blues, des harmonies vocales précises et un sens du refrain qui touche le grand public. « Groovin’ » et « People Got to Be Free » sont écrites par Cavaliere avec Eddie Brigati, tandis que « Good Lovin’ », malgré son succès avec les Young Rascals en 1966, provient de compositeurs extérieurs au groupe, Rudy Clark et Arthur Resnick.
Dans le All-Starr Band, la voix de Cavaliere et son orgue rappellent la filiation entre la pop britannique des années 1960 et la soul américaine. Les concerts de 1995 utilisent parfois « Groovin’ » et « Good Lovin’ » comme points de départ de medleys intégrant des chansons plus anciennes. Le catalogue doit alors identifier chacune des œuvres citées tout en distinguant le nombre de compositions du nombre de numéros scéniques. Voir Groovin’, Good Lovin’ et People Got to Be Free.
Étudier les claviers concert par concert
Pour les trois concerts de Clarkston, de Huntsville et de San Antonio, les relevés comportent chacun vingt-quatre morceaux et placent les deux claviéristes à plusieurs moments du programme. Preston fait entendre « Nothing from Nothing » assez tôt, puis « Will It Go Round in Circles » dans la seconde partie, tandis que Cavaliere interprète « People Got to Be Free », « Groovin’ » et « Good Lovin’ ». Cette alternance montre que les deux artistes ne jouent pas seulement « derrière » Ringo : ils deviennent périodiquement les chanteurs principaux.
Il serait pourtant imprudent de décrire note par note leur dialogue sans captation propre à chaque soir. La liste mentionne les chansons et les solistes ; elle ne dit pas quel clavier joue l’introduction de « Photograph », ni si un solo a été raccourci dans une salle. La recherche musicologique gagne à conserver des niveaux d’information différents : distribution annoncée, setlist, témoignage, audio enregistré et crédits d’édition.
Une relation profonde avec l’histoire des Beatles
Preston apporte au spectacle une histoire vécue auprès des Beatles, alors que Cavaliere représente un courant musical qui a nourri une partie de la culture pop britannique de leur époque. Le lien n’est pas de même nature : collaboration enregistrée et succès parallèle sur le marché transatlantique ne doivent pas être confondus. C’est précisément ce contraste qui justifie de consacrer une étude distincte à ces deux claviéristes en 1995, plutôt que de les réduire à une seule ligne de personnel.
Les albums live du All-Starr Band et les compilations ultérieures peuvent faire figurer leurs chansons sur des supports commercialisés des années après la scène. Le catalogue discographique sépare ces publications de la date des concerts. Le renvoi vers les deux biographies fournit, lui, les instruments et les périodes de participation.
Deux claviéristes, deux histoires de la soul et du rock
Billy Preston apporte en 1995 une expérience de la soul, du gospel et des séances des Beatles. Felix Cavaliere représente le parcours des Rascals, dont les succès ont traversé le rhythm and blues et la pop américaine. Leur présence conjointe ne signifie pas qu’ils doublent les mêmes parties à chaque chanson. Les fiches de concerts doivent séparer la voix principale, les claviers joués et les crédits d’écriture de chaque œuvre.
Poursuivre dans le dossier
Le catalogue alphabétique des œuvres, la discographie des concerts et la chronologie de 1995 permettent de poursuivre le parcours sans quitter Yellow-Sub.net.












