Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

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Atlantic City, 22 juillet 1995 : deux concerts, un titre changé et l’énigme des setlists

Un cas d’école de documentation : deux représentations le même samedi, presque le même programme, mais une substitution révélatrice dans la partie de Felix Cavaliere.

Deux concerts, pas une seule setlist

Le samedi 22 juillet 1995, Ringo Starr et son troisième All-Starr Band jouent à deux reprises au Circus Maximus Theater du Caesars d’Atlantic City, dans le New Jersey. La date appartient à trois soirées consécutives dans la ville et à une tournée de cinquante dates à travers le Japon et l’Amérique du Nord.

La distinction entre le premier et le second spectacle du 22 juillet n’est pas une question de détail : attribuer à l’un les chansons de l’autre créerait une soirée fictive. Pour un catalogue chronologique, il faut donc ouvrir deux entrées de représentation sous une même date civile, puis comparer le programme de chacune.

Une base musicale partagée

Les deux concerts commencent, selon les relevés disponibles, par Don’t Go Where the Road Don’t Go, I Wanna Be Your Man et It Don’t Come Easy. Les solos suivent avec The Loco-Motion par Mark Farner, Nothing from Nothing par Billy Preston, You Ain’t Seen Nothing Yet par Randy Bachman et Groovin’ par Felix Cavaliere.

Cette trame rappelle l’économie générale du All-Starr Band : quelques titres personnels de Ringo présentent le spectacle, puis les membres convoquent leurs carrières respectives. La juxtaposition n’est pas arbitraire : elle alterne le rythme et les signatures vocales en maintenant l’orchestre au complet.

La substitution : My Girl ou Apples, Peaches, Pumpkin Pie

Le premier concert est documenté avec My Girl dans le passage de Felix Cavaliere ; le second fait apparaître Apples, Peaches, Pumpkin Pie au même endroit du déroulement. C’est la différence explicite la plus intéressante dans les deux programmes publiés pour cette soirée.

La première chanson renvoie à l’univers de la soul et à un standard rendu célèbre par les Temptations. La seconde remonte au répertoire de Jay & the Techniques, et non à une composition propre des Rascals. La présence de Cavaliere au micro ne doit donc pas entraîner une fausse attribution des titres au groupe dont il était membre.

Les Who, Bachman–Turner Overdrive et Grand Funk

Boris the Spider et My Wife, chantés par John Entwistle, apportent un relief singulier. Ce sont deux titres associés à l’auteur-bassiste des Who. Les hymnes Takin’ Care of Business et You Ain’t Seen Nothing Yet identifient Randy Bachman ; Some Kind of Wonderful rattache Mark Farner à Grand Funk Railroad, sans supprimer la généalogie antérieure du morceau.

La structure offre un catalogue extrêmement vaste dans un spectacle compact. Mais elle impose aux discographes une règle stricte : l’œuvre d’origine et sa version de 1995 constituent deux objets musicaux, liés mais différents.

Le noyau rythmique et la contribution de Zak

L’équipe réunit Ringo et Zak Starkey aux batteries, John Entwistle à la basse et plusieurs guitaristes et chanteurs. Mark Rivera élargit les possibilités avec saxophone et percussions. Cette polyvalence explique qu’un même ensemble puisse accompagner des chansons des Who, des Rascals et de Billy Preston.

La présence de Zak ne permet pas à elle seule d’attribuer un passage à sa batterie ; l’identification des parties individuelles exigerait un enregistrement de chacun des deux concerts. Un simple programme de tournée documente les noms, non la répartition microscopique des interventions.

Le final et la méthode de recherche

Les deux concerts finissent avec Photograph, No No Song et With a Little Help from My Friends. La stabilité de ce final renforce la fonction de Ringo comme lien entre tous les répertoires. Elle ne justifie pas pour autant de copier l’ordre des deux représentations dans la fiche du 21 ou du 23 juillet.

La prochaine étape archivistique consiste à comparer les numéros d’entrée, horaires des billets et documents promotionnels du Circus Maximus avec les relevés des deux représentations. Les sources permettent d’affirmer la tenue de deux concerts et d’identifier au moins cette substitution ; elles ne permettent pas d’inventer des improvisations, paroles ou durées.

La seconde séance permet de mesurer une variation réelle

La double représentation du 22 juillet 1995 à Atlantic City illustre la différence entre une simple reprise du même spectacle et deux programmes individuels. Les relevés donnent une trame générale proche, mais « My Girl » apparaît dans la première séance et « Apples, Peaches, Pumpkin Pie » dans la seconde. Le changement concerne Felix Cavaliere, interprète historiquement associé aux Rascals, sans que les deux chansons soient des compositions propres à ce groupe. Cette nuance donne un intérêt supplémentaire à l’examen du morceau original et de son interprétation de 1995.

La variation ne doit pas devenir prétexte à imaginer d’autres différences non étayées. Les listes attribuent une séquence de chansons à chacune des représentations ; elles ne permettent pas à elles seules de décider si les solos de John Entwistle, de Billy Preston ou de Randy Bachman ont duré exactement le même temps. Pour cela, une bande identifiée par l’horaire de séance serait nécessaire.

Le problème documentaire des horaires

Lorsque deux spectacles ont lieu dans la même salle le même jour, une simple étiquette mentionnant « Atlantic City, 22 juillet 1995 » est insuffisante pour attribuer une bande à l’une ou l’autre séance. Les collectionneurs et historiens doivent rechercher un horaire de billet, une annonce mentionnant la représentation ou un passage vocal propre à un enregistrement. En l’absence de ces éléments, la présence d’une chanson dans un relevé reste le meilleur indice de différenciation, mais ne prouve pas la provenance de toutes les archives circulant sous cette date.

Trois chansons pour comprendre cette étape

Les deux spectacles donnés le même jour au Circus Maximus constituent un exemple de variante que l’on peut réellement documenter. My Girl et Apples, Peaches, Pumpkin Pie ne sont pas à additionner pour reconstituer une soirée unique : les relevés les placent dans des programmes distincts. Groovin’ sert de point commun pour retrouver la séquence confiée à Felix Cavaliere.

Le document de concert n’est pas l’enregistrement original

Une fiche du matin ou du soir doit posséder un identifiant propre même si le ticket porte la même date. Les auteurs des chansons de Motown et de Jay & the Techniques ne deviennent pas ceux des Rascals du seul fait de l’interprétation de Cavaliere.

Chronologie de référence : dates, personnel et programme général de la formation. Les setlists individuelles doivent être examinées séparément.

Atlantic City : deux spectacles, un problème de sources

Le Circus Maximus reçoit la troisième formation à deux reprises le 22 juillet 1995. Des chansons de Felix Cavaliere, notamment Groovin’, se retrouvent au cœur du programme, tandis que d’autres numéros peuvent changer d’une prestation à l’autre.

Crédits des chansons, performances et archives à confronter

Cette distinction est cruciale pour les archives de My Girl et Apples, Peaches, Pumpkin Pie : la présence de l’un ou de l’autre titre dans un relevé ne signifie pas qu’ils ont tous deux été joués dans la même représentation. Les deux setlists et les tickets doivent rester classés séparément.

Fiches musicales associées : my girl temptations · apples peaches pumpkin pie · groovin. Les dates et la formation se vérifient dans la chronologie du All-Starr Band.

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