Yellow-Sub.net · Histoire audiovisuelle du All-Starr Band
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Budokan 1995 : les images de la troisième formation et le disque paru en 1997
Le 27 juin 1995, le troisième All-Starr Band se produit au Nippon Budokan de Tokyo. Les documents filmés de cette tournée témoignent d’un groupe différent de celui de 1992. Leur histoire ne se confond pas avec celle du CD Blockbuster sorti deux ans plus tard.
Le titre Volume 1 et l’illusion d’une suite annoncée
L’appellation Volume 1 utilisée pour le disque de 1997 ne garantit pas qu’un deuxième volume ait été publié. Le collectionneur doit se méfier des références de catalogue extrapolées à partir de ce sous-titre. Les images du Budokan relèvent de la troisième formation, réunie en 1995 ; la publication en 1997 ne la transforme pas en quatrième équipe. Cette chronologie évite une confusion fréquente entre personnel présent sur scène et groupe actif au moment de l’édition commerciale.
Le Budokan, théâtre d’une troisième génération
Après les tournées de 1989 et de 1992, Ringo Starr recompose encore son orchestre. La troisième formation réunit Randy Bachman, Mark Farner, Billy Preston, Felix Cavaliere, John Entwistle, Mark Rivera et Zak Starkey. La présence de Preston rappelle l’expérience fondatrice, mais l’équilibre du groupe n’est plus le même. La tradition des Rascals, le rock de Grand Funk Railroad, celui des Who et le répertoire de Bachman-Turner Overdrive se retrouvent au même programme.
Le Budokan n’est pas un simple décor prestigieux. C’est une salle associée à l’histoire des Beatles, qui s’y étaient produits en 1966. Le retour de Ringo avec un ensemble différent, vingt-neuf ans plus tard, invite à mesurer le changement d’époque : autre public, autre répertoire, autre manière de jouer ensemble, mais une même figure centrale derrière la batterie et le micro.
Les voix et les instruments de 1995
La caméra aide à comprendre ce que signifie réellement « All-Starr Band ». John Entwistle n’est pas uniquement le bassiste : son répertoire apporte l’histoire des Who. Felix Cavaliere relie la formation à la soul-pop des Rascals, Randy Bachman à un rock de guitare immédiat, Mark Farner à l’énergie des concerts américains des années 1970. Billy Preston introduit ses propres chansons et son langage de claviériste, tandis que Mark Rivera et Zak Starkey assurent des fonctions essentielles dans l’ensemble.
L’écoute d’un album peut donner l’impression d’une suite de prestations individuelles. Les images font voir l’inverse : pendant qu’un artiste chante, les autres continuent à jouer, à écouter et à soutenir sa chanson. C’est ce travail d’accompagnement croisé qui différencie le All-Starr Band d’une simple réunion de vedettes invitées successivement à monter sur scène.
1995 enregistré, 1997 publié : ne pas changer la formation
Le titre du disque Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1 est parfois déroutant. Le concert est bien associé à la troisième formation de 1995 et à la date du 27 juin au Budokan. En revanche, le disque Blockbuster 52451 ne paraît qu’en 1997, au moment où la quatrième formation est déjà sur les routes. L’année du produit ne doit donc pas déplacer rétroactivement les musiciens de l’enregistrement.
Le nom « Volume 1 » ne prouve pas à lui seul qu’un second volume officiellement commercialisé existe. De même, les douze pistes du disque ne constituent pas nécessairement le programme complet du spectacle. Pour rapprocher une vidéo et le CD, le lecteur doit partir de ce qui est véritablement présent sur chaque support, et non extrapoler des titres qui n’y figurent pas.
Ce que la vidéo apporte au classement des chansons
Les séquences de batterie, les solos et les transitions entre chanteurs constituent autant d’éléments de l’identité scénique. Lorsqu’un morceau est annoncé sous un nom de groupe plutôt que sous le titre de la composition, le générique vidéo ne résout pas nécessairement la question de son auteur. Il faut distinguer le musicien qui interprète une chanson, le groupe auquel elle est associée et la personne qui l’a composée.
Cette distinction est particulièrement utile pour les titres issus de The Who, des Rascals ou des projets personnels des All-Starrs. Le programme de Ringo conserve lui aussi ses propres strates : héritage Beatles, succès solo et reprises de standards. L’image renseigne sur la distribution des voix et la scénographie ; le crédit d’œuvre reste un autre niveau d’information.
Le titre Volume 1 n’annonce pas nécessairement un deuxième disque
Le CD publié en 1997 porte le titre Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1. Il serait tentant d’y voir la première moitié d’une intégrale audiovisuelle ; ce serait aller au-delà des éléments établis. Le volume effectivement publié regroupe douze morceaux issus de la troisième formation, alors que le concert et les images associées relèvent de 1995. Le mot Volume 1 appartient à l’intitulé éditorial et n’autorise pas, en lui-même, à présenter un Volume 2 comme un objet paru.
Le Nippon Budokan offre un autre point de comparaison : les chansons de Randy Bachman, Mark Farner, John Entwistle ou Felix Cavaliere appartiennent au répertoire personnel de leurs interprètes, mais leur exécution repose sur une formation commune où Billy Preston, Mark Rivera et les deux Starkey occupent des places déterminantes. L’examen des images doit donc relever les passages au chant, les changements d’instrument et les interventions collectives. En procédant ainsi, on peut restituer la logique du spectacle sans confondre les crédits du CD avec l’intégralité de la représentation.
Entre archive de concert et objet de collection
Le film de 1995, l’album publié en 1997 et les éventuels extraits diffusés ailleurs doivent être inventoriés séparément. Un document portant la mention « Tokyo 1995 » peut être un montage de concert ; une jaquette datée 1997 peut renvoyer à une prestation de 1995. L’identification suppose de comparer la durée, le générique, la séquence des titres et le support matériel.
Le Budokan apparaît ainsi comme l’un des points de jonction de l’histoire du groupe : il documente la troisième distribution et permet de mesurer les contrastes avec les films de 1989, 1992 et 2008. L’intérêt n’est pas seulement de revoir Ringo sur une scène prestigieuse, mais de comprendre combien la formule collective peut changer de couleur tout en restant reconnaissable.
Lire la captation comme un document historique
Un groupe de 1995 saisi avant sa disparition
Le Budokan de juin 1995 conserve l’image d’une formation traversée par des héritages parfois éloignés : John Entwistle représente l’histoire des Who, Billy Preston la soul et les collaborations avec les Beatles, Randy Bachman le rock canadien, Felix Cavaliere les Rascals, Mark Farner Grand Funk Railroad. Avec Mark Rivera et Zak Starkey, l’orchestre doit relier ces identités sans donner l’impression d’une succession de groupes séparés.
La place de Zak Starkey est particulièrement intéressante à l’écran : elle montre ce que signifie partager la pulsation d’un spectacle où Ringo est à la fois maître de cérémonie, chanteur et batteur. Lorsque l’ancien Beatle s’avance au micro, la continuité instrumentale ne disparaît pas. Une interprétation filmée documente alors des rôles que l’intitulé d’une piste audio ne permet pas toujours de saisir.
Le film n’est pas le livret du CD Blockbuster
Le disque paru en 1997 sous le titre Volume 1 est une sélection éditée à partir du concert de 1995. Il ne faut ni lui attribuer automatiquement tous les morceaux visibles sur une captation, ni en déduire l’existence d’un Volume 2 commercialisé. Pour comprendre l’événement, il faut maintenir trois objets distincts : la soirée du Budokan, la mémoire audiovisuelle du concert et l’album publié deux ans plus tard.
Poursuivre dans le dossier
Les films racontent la scène, les notices de tournée replacent le spectacle dans son itinéraire et les études discographiques détaillent les éditions publiées.
Les identités musicales du troisième All-Starr Band à l’image
Le Budokan du 27 juin 1995 réunit une formation qui ne doit pas être projetée sur les spectacles de 1997. Ringo partage la scène avec Randy Bachman, Mark Farner, Felix Cavaliere, John Entwistle, Billy Preston, Mark Rivera et Zak Starkey. L’intérêt du document audiovisuel tient autant à l’identification de ces musiciens qu’aux chansons choisies pour les représenter : rock canadien de Bachman, héritage des Rascals avec Cavaliere, répertoire du Grand Funk Railroad pour Farner et présence de la basse d’Entwistle dans les accompagnements collectifs.
Le titre du disque publié en 1997, Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1, établit une filiation avec l’équipe de 1995, mais ne démontre ni la parution d’un second volume ni l’existence d’un film commercial reprenant exactement les douze plages du CD. Pour comparer les images et le disque, il faut s’appuyer sur des supports identifiés, leur générique et leurs séquences réelles, sans reconstruire un montage à partir d’un titre de catalogue. Cette distinction est essentielle lorsque la date de l’enregistrement précède de deux ans celle de l’édition.












