Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / CONCERTS FILMÉS ET ARCHIVES VIDÉO · NOTICE 222

King Biscuit Flower Hour (2001–2002) : Ringo Starr, Rosemont et la mémoire d’une émission de concerts

Un tournage dans la banlieue de Chicago, un CD de seize chansons et un DVD plus fourni.

← Sommaire des arts visuels

Le 22 août 2001, Ringo Starr se produit au Rosemont Theatre, près de Chicago, avec une formation particulièrement diverse : Roger Hodgson, Ian Hunter, Greg Lake, Howard Jones, Sheila E. et Mark Rivera. Le spectacle nourrit l’album King Biscuit Flower Hour Presents Ringo & His New All-Starr Band, publié le 6 août 2002, ainsi qu’un programme vidéo diffusé sous des titres voisins. L’intérêt de cette captation tient à la rencontre entre le modèle d’une revue rock et l’histoire de la radio de concert américaine. Elle illustre aussi un problème récurrent : le concert joué, la vidéo et le CD de seize titres ne possèdent pas la même longueur ni forcément le même ordre des chansons.

Sommaire de cette étude (5 sections)
  1. Rosemont : un septième All-Starr Band très différent
  2. Roger Hodgson, Ian Hunter et Greg Lake : trois filiations
  3. Sheila E. et Howard Jones dans la même revue
  4. Le CD de 2002 ne raconte pas toute la soirée
  5. Pourquoi cette captation appartient à l’histoire des médias

Rosemont : un septième All-Starr Band très différent

En 2001, la formation ne reproduit ni le groupe de 1989 ni celui de 1997. Le programme mêle les succès de Supertramp, Mott the Hoople, Emerson, Lake & Palmer, Howard Jones et le répertoire de Sheila E. Le nom de Ringo rassemble des musiciens souvent associés à des époques différentes de la pop et du rock. Son rôle consiste à maintenir une unité de scène, puis à revenir au chant pour Photograph, Act Naturally, Yellow Submarine ou With a Little Help from My Friends.

La diversité des voix est le sujet même du film. Les images montrent que les invités ne se succèdent pas comme des séquences télévisées indépendantes : ils s’accompagnent les uns les autres et restent visibles lorsque leur propre morceau est terminé.

Roger Hodgson, Ian Hunter et Greg Lake : trois filiations

Roger Hodgson fait entrer dans le concert The Logical Song, Give a Little Bit et d’autres titres de son univers Supertramp. Ian Hunter rappelle Mott the Hoople avec All the Young Dudes et les chansons de sa carrière solo. Greg Lake, passé par King Crimson et Emerson, Lake & Palmer, apporte Lucky Man et une sensibilité plus progressive. Ces couleurs très différentes imposent au groupe un travail d’arrangement que le spectateur peut observer : les instruments et les transitions s’adaptent, tandis que la formation demeure la même.

Le choix de la caméra modifie cependant la perception. Un plan sur le chanteur ne montre pas toutes les mains qui construisent le morceau. Pour attribuer une partie musicale, les crédits du support doivent primer sur l’impression laissée par un montage rapide.

Sheila E. et Howard Jones dans la même revue

Sheila E. participe aux percussions, à la batterie et au chant, notamment sur The Glamorous Life. Howard Jones apporte la pop électronique des années 1980 avec No One Is to Blame et Things Can Only Get Better. Mark Rivera soutient l’ensemble par sa polyvalence aux instruments. Cette combinaison est précisément ce qui rend Rosemont si utile pour comprendre l’évolution des All-Starr Bands : le concept accepte des styles éloignés de l’héritage Beatles sans se dissoudre.

Ringo n’essaie pas d’absorber les compositions des invités dans sa propre discographie. Il les met en scène comme un patrimoine partagé. C’est une décision artistique visible à l’écran, même si le film reste vendu d’abord sous son nom.

Le CD de 2002 ne raconte pas toute la soirée

Le CD de 2002 contient une sélection d’environ seize chansons. Une édition DVD de la même période en présente davantage, avec notamment des morceaux que le disque ne reprend pas tous, tels Cleveland Rocks, Things Can Only Get Better ou It Don’t Come Easy selon les éditions étudiées. La présence d’un titre dans un DVD ne constitue donc pas une erreur lorsqu’on ne le trouve pas sur la jaquette du CD : les deux supports procèdent à des choix distincts.

Le collectionneur doit cependant relever la référence précise du DVD. Les versions internationales, dont l’édition WinMedia DVDUK005D, ne sauraient être résumées par une durée générique copiée sans vérification. Une critique détaillée de cette édition donne un programme de dix-neuf numéros, utile comme point de comparaison, sans suffire à cataloguer toutes les variantes.

Pourquoi cette captation appartient à l’histoire des médias

Le nom King Biscuit Flower Hour inscrit l’événement dans une tradition de programmes de concerts diffusés puis commercialisés. Le passage du direct ou de la captation de scène à l’album et au DVD transforme l’ordre du spectacle en produit éditorial. Dans ce processus, certaines chansons sont raccourcies, déplacées ou retenues pour un support particulier.

Rosemont permet ainsi d’étudier les All-Starr Bands autrement que par la liste de leurs musiciens. La qualité documentaire de l’image dépend aussi des choix du programme, des contraintes de durée, de l’identité du distributeur et des éditions qui survivent. Le film montre une prestation de 2001 ; le disque de 2002 en conserve un autre visage.

Sources et vérifications

Note de méthode : les dates de représentation, de captation, de première diffusion et d’édition commerciale sont distinguées. Les crédits et variantes incertains ne sont pas présentés comme établis.