Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

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Concert for George (2002–2003) : Ringo Starr dans le film d’hommage de David Leland

Le Royal Albert Hall, deux chansons en vedette et un concert devenu œuvre de cinéma à part entière.

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Le 29 novembre 2002, un an après la mort de George Harrison, ses proches se réunissent au Royal Albert Hall de Londres pour un concert exceptionnel. Organisée autour d’Olivia et Dhani Harrison avec Eric Clapton, la soirée rassemble notamment Paul McCartney, Ringo Starr, Jeff Lynne, Billy Preston, Tom Petty, Ravi et Anoushka Shankar, Joe Brown et les Monty Python. Le réalisateur David Leland en tire Concert for George, film présenté en 2003 et publié sur DVD. Ringo y chante Photograph et Honey Don’t, et participe à des ensembles collectifs. Il ne s’agit pas d’un film du All-Starr Band : Ringo y tient une place d’ami, de musicien et de témoin d’une histoire profondément personnelle.

Sommaire de cette étude (6 sections)
  1. Une soirée pensée pour la mémoire de George
  2. Photograph : une chanson de Ringo et George au cœur de l’hommage
  3. Ringo batteur au sein d’un groupe élargi
  4. Le cinéma de David Leland : une deuxième temporalité
  5. De la salle au DVD et aux éditions numériques
  6. Ce que le film conserve de Ringo après les Beatles

Une soirée pensée pour la mémoire de George

Le concert rassemble trois dimensions de George Harrison : sa musique, ses amitiés et son intérêt pour les traditions spirituelles indiennes. La première partie fait une place à une composition de Ravi Shankar interprétée avec Anoushka Shankar et un ensemble de musiciens. Les Monty Python participent ensuite à un hommage qui rappelle l’humour de George. La section rock réunit ses collaborateurs et amis autour des chansons qu’il a écrites ou aimées.

Ce cadre explique la présence de Ringo. Son rôle ne consiste pas à faire remonter le temps jusqu’en 1964, mais à prendre part à une célébration voulue par ceux qui connaissaient Harrison. Le film juxtapose plusieurs atmosphères ; la réalisation de Leland ne cherche pas à faire passer toute la soirée pour un concert pop ordinaire.

Photograph : une chanson de Ringo et George au cœur de l’hommage

La prestation de Photograph est particulièrement chargée de sens. Le morceau, succès solo de Ringo en 1973, avait été écrit avec George Harrison. Dans le contexte de novembre 2002, il n’est donc plus seulement une chanson de nostalgie amoureuse : son histoire de composition lui donne une place singulière dans la mémoire de l’ami disparu. Il faut toutefois distinguer cette lecture du concert des intentions qui accompagnaient l’enregistrement original, près de trente ans plus tôt.

Ringo interprète aussi Honey Don’t, rock and roll associé à son répertoire depuis les Beatles et à son admiration pour Carl Perkins. L’alternance entre les deux numéros rappelle que la relation musicale avec George ne se réduisait pas à des chansons composées ensemble : elle était également nourrie par le goût partagé du rock américain.

Ringo batteur au sein d’un groupe élargi

Le programme inclut des interprétations collectives, dont While My Guitar Gently Weeps, My Sweet Lord et Wah Wah. Les archives de la salle mentionnent Ringo parmi les batteurs et chanteurs du concert, aux côtés de Jim Keltner et d’autres musiciens. Le film montre une scène remplie de proches et d’invités, où la contribution d’un ancien Beatle ne se résume pas à un unique numéro au micro.

Il serait néanmoins trompeur de déduire de la présence de Ringo sur scène qu’il joue chaque percussion audible. Les grands ensembles demandent des crédits précis. Le catalogue du Royal Albert Hall constitue ici une source institutionnelle importante : il distingue les participants, leurs instruments et les morceaux, ce qu’une photographie de groupe ne suffit pas à faire.

Le cinéma de David Leland : une deuxième temporalité

Le concert existe le 29 novembre 2002 ; le film sort en 2003. L’archive filmique ne se confond pas avec la salle : cadrages, montage, sélection des chansons, interviews et séquences documentaires recomposent l’expérience. Le site officiel de George Harrison indique qu’une version théâtrale et une version du concert complet sont présentes dans l’histoire des éditions. Un spectateur peut donc posséder une version plus courte sans qu’elle contredise la réalité du programme joué.

La photographie du film est attribuée à Chris Menges dans l’inventaire du Royal Albert Hall. Ce détail importe pour une histoire des arts visuels : l’empreinte de l’image ne revient ni exclusivement à Ringo, ni à l’équipe musicale. La mise en scène de la mémoire est le travail de plusieurs auteurs.

De la salle au DVD et aux éditions numériques

Le film connaît une sortie cinéma limitée en 2003 puis des publications sur DVD et, plus tard, sur d’autres supports. Le site officiel Harrison signale notamment un accès numérique en 2011, accompagné de compléments et de documents de tournage. Ces éditions prolongent la vie du concert, mais il faut distinguer la version de salle, le film de cinéma et les bonus. Une interview enregistrée pour les suppléments n’appartient pas nécessairement au concert tel qu’il fut joué.

La soirée soutient la Material World Charitable Foundation, dont George avait été à l’origine. Cette dimension solidaire ne doit pas être effacée lorsqu’on décrit seulement les titres et les caméras. L’hommage tient sa force de la réunion de l’amitié, de la musique et d’une action qui continue après les applaudissements.

Ce que le film conserve de Ringo après les Beatles

Concert for George laisse voir un musicien à la fois proche de l’histoire Beatles et pleinement engagé dans les relations construites ensuite. Ringo n’est pas le héros exclusif des images, et c’est précisément ce qui les rend intéressantes : l’ancien batteur se fond dans une communauté de musiciens pour rappeler la place d’un absent. Sa voix sur Photograph fait sentir les décennies traversées sans que le film ait besoin de reconstituer artificiellement le groupe de Liverpool.

Cette notice complète celle du concert de Bangladesh, filmé en 1971, et les documentaires ultérieurs où Ringo raconte George. Les trois objets sont de nature différente : performance collective, hommage posthume, témoignage rétrospectif. Les distinguer est une condition pour rendre justice à chacune de ces images.

Sources et vérifications

Note de méthode : les dates de représentation, de captation, de première diffusion et d’édition commerciale sont distinguées. Les crédits et variantes incertains ne sont pas présentés comme établis.