Ringo Starr, artiste au-delà des Beatles : photographie, peinture, cinéma et design

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Beautiful Night (1997–2020) : Ringo Starr, Linda McCartney et Julien Temple dans un clip entre Liverpool et Londres

Un tournage en plusieurs lieux, une fiction surréaliste et les retrouvailles filmées de Paul et Ringo.

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Avec Beautiful Night, Paul McCartney ne se contente pas d’inviter Ringo Starr sur un enregistrement de Flaming Pie. Il le retrouve aussi devant la caméra de Julien Temple, aux côtés de Linda McCartney, dans un film promotionnel qui mêle performance, récit urbain et moments volontairement étranges. Le single sort le 15 décembre 1997 ; le clip, tourné quelques semaines auparavant, possède sa propre histoire, depuis les prises de vues de Liverpool et de Londres jusqu’à sa nouvelle restauration en 2020. C’est une œuvre idéale pour séparer ce que la musique fait entendre et ce que l’image invente.

Sommaire de cette étude (7 sections)
  1. Une chanson ancienne réenregistrée avec Ringo
  2. Julien Temple, choisi pour une œuvre de cinéma
  3. Octobre et novembre 1997 : un film assemblé en plusieurs lieux
  4. Ringo et Linda : les collaborateurs, mais aussi les personnages
  5. Les variantes de montage et la question de la nudité
  6. 2020 : Flaming Pie Archive Collection et retour du film restauré
  7. Le cinéma de la collaboration plutôt que le mythe d’une réunion

Le clip donne une autre vie à la réunion de studio

La participation de Ringo à « Beautiful Night » prend deux formes qu’il ne faut pas confondre : l’enregistrement avec Paul McCartney et l’apparition dans un film promotionnel réalisé par Julien Temple. La caméra transforme l’association musicale en présence publique, avec des scènes et des effets visuels qui n’ont pas nécessairement été tournés au moment de la séance d’enregistrement. Les éditions et remontages ultérieurs, notamment autour de Flaming Pie, ajoutent une troisième temporalité. L’étude de cette vidéo suppose donc de dater séparément la musique, le tournage, la sortie du single et les versions du film disponibles au fil des années.

Une chanson ancienne réenregistrée avec Ringo

La discographie officielle de Paul rappelle que Beautiful Night existait depuis plusieurs années et qu’une première version avait été enregistrée à New York en 1986. La forme retenue pour Flaming Pie bénéficie d’une nouvelle séance avec Ringo à la batterie, puis d’un arrangement orchestral signé George Martin. Le retour de Starr après les travaux d’Anthology s’inscrit dans la continuité d’une relation musicale que les deux hommes n’avaient jamais totalement interrompue, mais qui trouve ici une visibilité particulière.

Les archives de Club Sandwich conservent les souvenirs des musiciens sur leur manière de collaborer. L’intérêt pour l’historien est d’observer un retour dans un cadre ordinaire de studio : un auteur de chanson, son interprète, un batteur, un arrangeur. Il n’existe aucune raison de présenter la séance comme une nouvelle réunion des Beatles, même si l’histoire commune des participants est évidemment une part de son attrait.

La carrière visuelle de Beautiful Night rappelle qu’un film promotionnel ne possède pas toujours une seule date historique. L’enregistrement et la sortie de la chanson, le tournage des images, leur première diffusion et les rééditions numériques forment des jalons différents. La présence de plusieurs artistes, dont Ringo Starr et Linda McCartney, permet d’étudier leur rôle à l’image, mais elle ne suffit pas à attribuer les choix de cadrage ou de montage. De même, une vidéo remontée ou mise en ligne en meilleure définition n’est pas nécessairement une nouvelle production. La comparaison des copies et des crédits permet de distinguer un film d’origine de ses différentes présentations ultérieures.

Julien Temple, choisi pour une œuvre de cinéma

Dans un entretien officiel accordé à Paul Du Noyer pour le lancement de The McCartney Years, Paul explique avoir souhaité travailler avec Julien Temple, connu notamment pour ses films liés à la culture punk. Le réalisateur propose l’idée du clip. McCartney décrit volontiers son résultat comme un véritable petit film, doté d’une trame souple et d’éléments surréalistes. Son témoignage établit la logique du projet beaucoup plus solidement qu’une simple déduction tirée de la vidéo.

Il faut conserver ce partage d’initiative : la chanson et la volonté de collaborer appartiennent à Paul ; le traitement visuel est développé avec Temple. Le clip ne constitue pas un documentaire improvisé sur le studio de Flaming Pie. Il met les artistes en scène au sein d’une fiction dont le sens n’est pas entièrement explicatif.

Octobre et novembre 1997 : un film assemblé en plusieurs lieux

Les archives filmographiques documentent des prises de vues autour du 28 octobre et du 4 novembre 1997. Des séquences sont tournées à Liverpool, dans un quartier de grands immeubles à Londres et en studio. Un reportage publié dans The Beatles Monthly Book en décembre 1997 rapporte les difficultés propres à ce type de production : un acteur présent une journée ne voit souvent que quelques fragments d’une histoire qui n’existera pleinement qu’au montage.

Le film utilise notamment la présence d’un jeune groupe, Spud, dans des scènes de performance. Ce groupe joue à l’image, mais ne doit pas être ajouté pour autant aux crédits instrumentaux de l’enregistrement de Flaming Pie. La distinction entre musiciens du master audio et interprètes filmés est ici particulièrement importante.

Ringo et Linda : les collaborateurs, mais aussi les personnages

Ringo apparaît devant la caméra dans une histoire qui réunit plusieurs générations et plusieurs figures de la vie de Paul. Linda est également présente. En 2007, McCartney confie à Du Noyer que le fait de les retrouver tous deux à l’écran rend le clip émouvant pour lui. Cette remarque rétrospective a une valeur documentaire : elle renseigne la manière dont le principal intéressé jugeait le film dix ans après sa fabrication.

La présence de Linda exige toutefois une attention particulière. Photographier les tournages, participer à un film, chanter sur le disque et interpréter un personnage sont des contributions distinctes. Une bonne fiche ne réduit pas sa présence à un lien familial ; elle inscrit l’image dans une carrière de photographe et d’artiste qui a profondément marqué l’esthétique de l’œuvre de McCartney.

Les variantes de montage et la question de la nudité

La presse musicale de l’époque signale que certaines images de baignade nue dans la Mersey posent des problèmes de diffusion. Des versions adaptées aux contraintes de la télévision ont été évoquées. Il serait cependant imprudent d’attribuer à chaque copie circulant aujourd’hui un statut de master censuré ou non censuré sans comparaison matérielle. Une différence d’étalonnage, de cadrage ou de résolution peut également expliquer une partie des écarts observés.

La copie promotionnelle de 1997, la version publiée en DVD en 2007 et la restauration officielle de 2020 constituent trois témoins différents de la diffusion du film. Leurs durées, éventuelles coupes et formats de présentation ne peuvent être assimilés sans comparaison des bandes et des documents d’édition. Les souvenirs de spectateurs peuvent orienter la recherche, mais ne prouvent pas à eux seuls l’existence d’un montage alternatif.

2020 : Flaming Pie Archive Collection et retour du film restauré

Le 16 juillet 2020, le site de McCartney annonce la remise en circulation de l’EP Beautiful Night en amont de la réédition Flaming Pie Archive Collection. Le clip de Julien Temple est alors proposé dans une version officiellement restaurée et remastérisée. Cette étape garantit une nouvelle disponibilité publique d’un film ancien, mais ne doit pas être confondue avec sa première diffusion de 1997.

Une restauration modifie l’accès et parfois la perception des détails d’un film. Elle peut rendre visible un costume ou un décor que l’image de télévision écrasait. Elle ne réécrit pas pour autant la fiche de tournage. Les dates de prise de vues, de montage, de diffusion et de restauration doivent cohabiter dans une même notice.

Le cinéma de la collaboration plutôt que le mythe d’une réunion

Ce clip révèle un Ringo acteur de son propre héritage sans qu’il soit nécessaire de lui inventer une fonction de coréalisateur. Il joue, il apparaît, il partage un écran avec Paul et Linda, et cette présence donne au film une densité historique inattendue. Le rire, l’excentricité, la nostalgie et l’incongruité du récit appartiennent à un langage musical filmé où Temple se montre libre.

Portée historique. Beautiful Night est un document sur la collaboration autant qu’un objet de cinéma. La chanson réunit des musiciens dans un studio ; le clip crée une petite fiction avec des personnes réelles et leur mémoire. Pour Ringo, cette différence fait toute la richesse d’une carrière audiovisuelle menée bien après 1970.

Ringo dans les clips associés à Paul McCartney : présence et crédits

Le clip de Beautiful Night associe la musique de Paul McCartney à un film conçu par Julien Temple ; Ringo y intervient comme collaborateur et personnage à l’écran. Les images d’une réunion de musiciens peuvent susciter une lecture nostalgique, mais elles possèdent aussi leurs propres décisions de montage, de tournage et de diffusion.

Le film de La De Da, paru dans le contexte de la carrière solo de Ringo en 1998, offre un autre point d’entrée sur ces rencontres. Dans les deux cas, reconnaître les personnes visibles ne suffit pas : il faut encore identifier la réalisation du clip, les éventuelles archives utilisées et les différentes versions diffusées.

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Un clip qui transforme la réunion de musiciens en récit visuel

Dans Beautiful Night, la présence de Ringo Starr aux côtés de Paul McCartney prend une dimension qui dépasse la simple mention d’un invité sur un enregistrement. La caméra de Julien Temple peut montrer des interactions, des gestes et des ambiances qui n’existent pas dans les crédits du disque. Le clip devient alors un objet d’histoire visuelle, avec sa propre construction narrative.

Le montage, la présence de Linda McCartney et les lieux filmés ajoutent plusieurs niveaux de lecture à une chanson sortie en 1997. Une rediffusion ou une nouvelle présentation numérique du film plusieurs années plus tard n’équivalent pas à un nouveau tournage. Pour retracer cette collaboration, il convient donc de distinguer l’enregistrement musical, les séances de prises de vues et les différentes vies publiques des images.