YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / LE CLIP ET LE FILM NE SONT PAS LE MÊME OBJET · NOTICE 180
No More Lonely Nights (1984) : Ringo Starr et Barbara Bach réapparaissent dans le clip de Paul McCartney
Un tournage nocturne à Bermondsey, des extraits de Broad Street et une apparition qu’il faut correctement attribuer.
L’histoire visuelle de No More Lonely Nights est un piège pour les filmographies trop rapides. Le single est signé Paul McCartney, sa ballade figure dans Give My Regards to Broad Street, et son clip promotionnel montre bien Ringo Starr et Barbara Bach dans une séquence de barque. Pourtant, cela ne signifie ni que Ringo joue sur l’enregistrement studio de la ballade, ni qu’il a nécessairement participé au tournage nocturne du clip à Bermondsey. Le film mélange des images nouvelles de Paul et des fragments de son long métrage : l’attribution correcte des images devient l’essentiel de l’enquête.
Sommaire de cette étude (6 sections)
- Septembre 1984 : une chanson de cinéma devient un succès autonome
- 10 avril 1984 : Keith McMillan tourne à Bermondsey
- Une barque, des costumes d’époque et Ringo dans les extraits
- Plusieurs formes de No More Lonely Nights
- Le film de Peter Webb et l’image du musicien acteur
- Comment documenter les copies de 1984 à 2007
Septembre 1984 : une chanson de cinéma devient un succès autonome
Le site officiel de McCartney date le single du 24 septembre 1984. La chanson, écrite pour Give My Regards to Broad Street, connaît plusieurs variantes discographiques, notamment une ballade et une version playout plus rythmée. Paul rappelle lui-même, dans The Lyrics, qu’il désirait une chanson nouvelle pour son film. Cette genèse explique pourquoi le marketing du titre s’est appuyé à la fois sur la radio, sur le cinéma et sur plusieurs films promotionnels.
Les crédits de la ballade sont à distinguer de ceux de l’ensemble du film et de sa bande originale. Ringo tient un rôle à l’écran dans Broad Street, mais le crédit de batterie généralement donné pour la ballade est celui de Stuart Elliott. Le fait de voir l’ancien Beatle dans le clip ne permet donc pas de corriger la feuille de session.
10 avril 1984 : Keith McMillan tourne à Bermondsey
Un tournage de clip est documenté le 10 avril 1984 autour de l’Old Justice Pub, dans le quartier londonien de Bermondsey. Le réalisateur Keith McMillan explique, dans Club Sandwich n° 44, avoir cherché un toit avec vue sur Londres et un emplacement permettant d’inscrire l’identité visuelle du film. Les séquences nocturnes autour de la Tamise utilisent les lumières de la ville et un feu d’artifice. Le décor urbain prend un rôle narratif : Paul, figure solitaire, traverse un paysage qui matérialise l’attente et l’absence.
Le témoignage du réalisateur évoque aussi une intervention technique sur l’image, réalisée à l’aide d’un système électronique de retouche. Ce détail situe le clip dans une période où les effets vidéo commencent à modifier des prises de vues photographiques traditionnelles. La nouveauté réside dans le traitement de l’image, non dans la présence d’une caméra numérique moderne.
Une barque, des costumes d’époque et Ringo dans les extraits
La description contemporaine du film promotionnel signale le contraste entre les images nocturnes de Paul et des personnages en costumes d’époque, dont Linda McCartney, Ringo Starr et Barbara Bach, pris dans une embarcation menacée par les eaux. Ces séquences proviennent de la fiction de Broad Street. Leur insertion dans le clip élargit le récit de la chanson et offre au spectateur des aperçus de l’univers du film à venir.
Pour la vidéographie de Ringo, il est essentiel d’écrire « images du long métrage intégrées au clip » lorsque c’est le cas. « Ringo tourne le clip en avril 1984 » serait une proposition beaucoup plus précise, qui réclamerait une preuve de présence sur le plateau de Bermondsey. Les deux phénomènes visuels peuvent exister dans un même montage sans correspondre à une seule journée de travail.
Plusieurs formes de No More Lonely Nights
Le titre circule dans plusieurs films et plusieurs versions musicales. La publicité du single conduit à distinguer au moins la vidéo de la ballade, une vidéo associée à la version dansante et les passages du long métrage. Certains montages s’appuient principalement sur des extraits de Broad Street. Un index fiable devrait préciser la bande sonore de chacun, les images nouvelles et empruntées, ainsi que les génériques portés par les copies de diffusion.
La simple différence de durée ou de cadrage entre un DVD et une mise en ligne ne justifie pas à elle seule une nouvelle entrée de réalisateur. Une compilation peut conserver les mêmes plans avec une résolution, une vitesse de défilement ou une présentation différentes. Ici encore, le respect de la matérialité des sources prime sur l’attrait d’une vidéographie artificiellement allongée.
Le film de Peter Webb et l’image du musicien acteur
Give My Regards to Broad Street, réalisé par Peter Webb, sort en octobre 1984. Le film réunit Paul et Linda McCartney, Ringo Starr, Barbara Bach et d’autres interprètes. Il est conçu comme une fiction musicale autour de bandes d’enregistrement disparues. Le rôle de Ringo appartient à cette fiction, même si le spectateur identifie immédiatement l’ancien Beatle. Quand l’extrait passe dans un clip, il traverse donc une frontière de média : un acteur de cinéma devient personnage d’un film promotionnel sans retour obligatoire sur le plateau.
Cette circulation explique pourquoi Ringo peut être mentionné dans une vidéographie de McCartney tout en restant absent des crédits instrumentaux de la ballade. La confusion naît lorsque l’on traite un clip comme une preuve directe de l’enregistrement qu’il accompagne.
Comment documenter les copies de 1984 à 2007
Les sources prioritaires seraient les feuilles de montage de Keith McMillan, les copies du clip diffusées en 1984, les éléments de production de Broad Street et les masters repris dans The McCartney Years en 2007. L’identification des plans provenant du long métrage et leur comparaison entre les différentes versions du clip restent nécessaires pour établir l’histoire des montages. La restitution de l’histoire de la publicité audiovisuelle passe autant par ce montage comparé que par la chronologie des sorties du disque.
Portée historique. L’apparition de Ringo dans No More Lonely Nights est réelle, mais sa nature est subtile : elle relève d’une circulation d’images de fiction vers la promotion musicale. Un ancien Beatle peut être présent dans un clip sans avoir joué sur le disque qui l’accompagne. Cette distinction mérite une place centrale dans un catalogue historique.












