Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

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2018–2019 : de 10cc à l’Average White Band, métamorphose du répertoire

Entre la formation de 2018 et celle de 2019, l’architecture du spectacle change moins que son vocabulaire musical : la pop de 10cc cède une place importante au funk et à la soul incarnés par Hamish Stuart.

Deux années successives, deux univers musicaux

En 2018, Graham Gouldman participe au All-Starr Band et apporte le patrimoine de 10cc. Les chansons Dreadlock Holiday, I’m Not in Love et The Things We Do for Love représentent trois façons de concevoir la pop britannique : influences reggae, travail de studio sur les voix et mélodie sentimentale. Ce sont des œuvres dont le récit passe par une forte identité d’enregistrement.

En 2019, Hamish Stuart apporte une autre tradition. Sa carrière au sein de l’Average White Band rattache le programme au rhythm and blues et au funk des années 1970. Les titres Cut the Cake, Pick Up the Pieces et Work to Do jouent davantage sur l’organisation de la section rythmique et sur l’interaction instrumentale. La différence ne réside pas seulement dans la personne qui chante.

Graham Gouldman et le problème des arrangements de studio

Les succès de 10cc montrent combien une production enregistrée peut être complexe. I’m Not in Love est célèbre pour le traitement des couches vocales sur l’enregistrement original ; la version en concert doit nécessairement répartir différemment ce matériau entre les musiciens réellement présents. Parler de restitution exacte du studio serait donc imprudent sans analyse sonore précise.

Dreadlock Holiday appelle une autre vigilance : ses emprunts stylistiques, son propos et sa réception ne se résument pas à un « reggae de scène ». L’étude doit distinguer la composition de 1978, ses choix de production et le contexte de sa reprise en 2018. Les fiches Dreadlock Holiday et I’m Not in Love détaillent ces origines.

Hamish Stuart, le funk et ses auteurs

L’Average White Band a contribué à diffuser un langage funk britannique en dialogue avec la soul américaine. Pick Up the Pieces fonctionne d’abord comme une pièce instrumentale collective ; Cut the Cake s’appuie sur une dynamique de groupe ; Work to Do renvoie plus anciennement encore aux Isley Brothers. Ces trois œuvres ne possèdent donc pas la même généalogie juridique ou discographique.

Hamish Stuart est un acteur important de cet univers, sans être nécessairement l’auteur unique de tous les morceaux qu’il apporte à Ringo. La rigueur encyclopédique consiste précisément à conserver la différence entre participation à un groupe, interprétation d’un concert et paternité d’une composition. Les analyses de Cut the Cake et Work to Do permettent de l’expliquer.

Ce qui reste stable : le principe de l’orchestre

Le changement de voix et de catalogue ne supprime pas la présence des autres All-Starrs. Les chansons de Ringo coexistent avec celles de Toto, de Men at Work et, en 2019, de Santana. Steve Lukather, Colin Hay, Warren Ham et Gregg Bissonette prennent part à cette continuité instrumentale ; Gregg Rolie figure également dans la formation de 2019.

Une même chanson de Ringo peut conserver sa place centrale tout en étant entourée de titres très différents. Il faut comparer l’ordre réel des programmes documentés plutôt que déclarer une rupture à partir des seuls noms d’affiche. Les concerts de 2018 et concerts de 2019 fournissent les unités de comparaison.

Le Greek Theatre 2019 et les éditions de 2022

La représentation au Greek Theatre de Los Angeles, le 1er septembre 2019, constitue un précieux témoin de cette formation. Sa diffusion ultérieure sur différents supports doit être étudiée dans le chapitre des captations. Le spectateur de 2019 n’entend pas « un disque de 2022 » : il assiste à un concert dont une version éditée deviendra un objet de collection.

Cette précision évite de dater les performances de l’année de sortie du support et de mélanger les crédits d’édition avec ceux de scène. Dans la base, la date du concert et la date du CD, du Blu-ray ou du vinyle occupent des champs distincts.

La musique comme archive des changements de personnel

Le répertoire peut servir à identifier une phase du All-Starr Band, à condition de ne pas en faire une preuve absolue. Un titre peut être réintroduit longtemps après le départ de son premier porteur ; une chanson peut survivre sous une autre voix ; un concert exceptionnel peut accueillir un invité.

Les œuvres de 10cc et de l’Average White Band sont ainsi d’excellents repères pour comprendre l’évolution de 2018 à 2019, mais ne suffisent pas à établir la distribution d’une date précise. Les biographies, les documents de tournée et les set-lists propres aux spectacles demeurent nécessaires.

Une question de patrimoine, pas de classement artistique

Opposer Gouldman et Stuart comme si l’un remplaçait une musique supérieure par une musique inférieure serait dénué de valeur historique. Le premier engage l’écoute vers des constructions sophistiquées de la pop, le second vers des grooves et des arrangements soul-funk. Le mérite de l’All-Starr Band est de rendre ces traditions audibles dans un même spectacle.

L’étude des deux années doit donc rester comparative : auteurs, enregistrements de référence, instruments, voix solistes, captations connues et réceptions. Chaque dimension éclaire le spectacle sans effacer l’identité originale des chansons.

L’Allemagne de 2018 : un terrain d’observation de la treizième formation

Après l’Olympia parisien du 6 juin, le All-Starr Band passe par Flensburg le 9 juin, puis Hambourg — concert initialement annoncé pour le 10 et donné le 11 — avant Berlin le 16 et Zwickau le 17. Ces étapes permettent d’examiner le même collectif au fil de représentations rapprochées. Graham Gouldman apporte « Dreadlock Holiday », « I’m Not in Love » et « The Things We Do for Love », tandis que Steve Lukather, Colin Hay et Gregg Rolie représentent d’autres catalogues. Il ne faut pas considérer chacune de ces chansons comme interprétée dans le même ordre lors de toutes les soirées sans consulter les relevés datés. Le cas de Hambourg est particulièrement éclairant : un report ne crée pas une seconde représentation, et la participation ponctuelle de Klaus Voormann au final du 11 juin ne fait pas de celui-ci un huitième membre permanent de l’orchestre. Les dix-huit concerts allemands documentés de 1992 à 2018 sont étudiés dans un atlas indépendant qui renvoie à chaque programme de soirée.

De 10cc à l’Average White Band : un changement de couleurs, pas de principe

Le passage de Graham Gouldman à Hamish Stuart en 2019 modifie immédiatement la matière musicale jouée sur scène. « Pick Up the Pieces » et « Cut the Cake » ramènent dans le spectacle le langage instrumental de l’Average White Band ; « Work to Do », popularisé par le groupe mais issu du répertoire des Isley Brothers, exige de distinguer auteur, premier interprète et version associée au soliste présent sur scène. Les chansons de 10cc cessent d’occuper le même espace, sans que les parties de Toto, de Men at Work ou le répertoire de Ringo deviennent pour autant méconnaissables. Une analyse ne doit pas traiter la venue de Stuart comme l’arrivée d’un inconnu : il avait déjà participé à des tournées du All-Starr Band, notamment en 2006 et 2008. Le retour d’un musicien peut ainsi changer le répertoire tout en appartenant à une histoire collective plus longue.

Comparer le live de 2019 au programme réellement joué

Le Greek Theatre de Los Angeles, le 1er septembre 2019, offre une borne documentaire utile, mais il faut séparer la soirée de ses publications ultérieures. Le journaliste présent décrit le remplacement de Gouldman par Stuart, et les set-lists de l’époque montrent la coexistence de « Pick Up the Pieces », « Cut the Cake » et « Work to Do » avec les interventions de Lukather, Hay et Rolie. Lorsqu’une captation reçoit plus tard une date de commercialisation, celle-ci ne devient pas la date du spectacle. De même, l’ordre des pistes d’un support édité peut procéder d’un montage. Une étude de répertoire doit donc relever la date, la formation, la version entendue et le statut de la source. Cette distinction entre événement et support est développée dans la synthèse consacrée aux grandes captations du All-Starr Band.

Pour replacer la tournée européenne de 2018 dans son contexte, voir aussi les trois concerts italiens de juillet 2018, une étude croisant les passages de 1992, 2011 et 2018.

La continuité scénique entre deux générations de répertoire

La période 2018–2019 montre comment le principe du All-Starr Band permet de réunir des chansons issues de traditions différentes sans transformer chaque répertoire personnel en spectacle autonome. Il convient de distinguer les œuvres de 10cc et de l’Average White Band de leurs arrangements collectifs, puis de replacer chaque interprétation dans la formation réellement présente. Les variations entre les concerts constituent des données historiques à conserver lorsqu’elles sont attestées, et non des erreurs à corriger automatiquement d’après une liste-type. Pour poursuivre l’enquête, la concertographie distingue les dates et l’étude des captations sépare le spectacle de sa publication ultérieure.

Poursuivre les recherches dans le dossier

Tournée 2018 · Tournée 2019 · Répertoires comparés

Note de méthode : les liens renvoient exclusivement aux notices internes. Les programmes de concerts demeurent sur leurs fiches datées ; les hypothèses et les listes habituelles ne sont pas présentées comme des faits établis.

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