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Sommaire
2012–2017 : Toto, Santana, Mr. Mister et Todd Rundgren — les chansons de la douzième formation
Le répertoire de la plus durable des premières générations du All-Starr Band raconté à travers ses cinq grandes identités vocales.
Un groupe stable pendant six années, mais pas totalement inchangé
La douzième formation du All-Starr Band occupe une place majeure dans l’histoire du projet parce qu’elle conserve une ossature reconnaissable de 2012 à 2017. Aux côtés de Ringo Starr figurent Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page et Gregg Bissonette. Mark Rivera participe à la période 2012–2013, avant que Warren Ham ne prenne sa place comme multi-instrumentiste régulier en 2014. Cette transition ne doit pas être effacée par une formule générale présentant les sept musiciens comme immuables pendant six ans.
L’intérêt de cette stabilité est de rendre possibles des comparaisons musicales approfondies. Les spectateurs entendent des œuvres issues de Toto, Santana, Mr. Mister, Utopia et de la carrière solo de Rundgren aux côtés des grands titres de Ringo. Le changement de multi-instrumentiste influe sur certaines couleurs sonores mais ne bouleverse pas l’architecture générale. C’est cette combinaison entre permanence et ajustements qui caractérise le cycle.
Steve Lukather : Toto entre Rosanna, Africa et Hold the Line
Steve Lukather apporte la guitare et le chant, ainsi que l’histoire de Toto. Rosanna, Africa et Hold the Line se distinguent par leurs arrangements originaux : l’un exploite un jeu rythmique sophistiqué et plusieurs textures de claviers, l’autre un univers harmonique et vocal particulièrement reconnaissable, tandis que le troisième repose sur l’énergie d’un riff et d’un refrain rock. Leur présence dans le même concert permet au public d’entendre différentes facettes du répertoire de Toto.
Les crédits de composition ne doivent pas être ramenés automatiquement à Lukather. Rosanna est une chanson de David Paich, Africa est signée David Paich et Jeff Porcaro, et Hold the Line est également écrite par Paich. Lukather demeure un acteur majeur des enregistrements et de l’identité sonore du groupe, mais sa fonction de guitariste-chanteur dans le All-Starr Band n’efface pas les auteurs. Cette précision distingue la musique jouée sur scène de l’histoire des œuvres.
Gregg Rolie : la trajectoire Santana avant Journey
Gregg Rolie possède une histoire essentielle avec Santana, puis Journey. Chez Ringo, il présente notamment Evil Ways, Black Magic Woman et Everybody’s Everything, chansons associées aux débuts de Santana. Les titres ne sont pourtant pas équivalents du point de vue des origines : Black Magic Woman est une œuvre de Peter Green enregistrée initialement par Fleetwood Mac ; la version de Santana lui donne une nouvelle identité sonore.
Le rôle de Rolie aux claviers et au chant est particulièrement important pour recréer une couleur d’orgue au milieu des guitares. La relation entre musique latine, blues-rock et chanson pop permet de varier la respiration du programme. Rolie reste dans la treizième formation de 2018 ; il serait donc historiquement erroné de présenter son départ comme faisant partie du renouvellement survenu cette année-là. La transition de 2018 concerne d’autres chanteurs.
Todd Rundgren : une carrière de créateur et de producteur
Todd Rundgren est un personnage récurrent de l’histoire du All-Starr Band. Il participe déjà à la deuxième formation en 1992, puis revient pour celle de 1999 et rejoint la douzième en 2012. Ses chansons permettent de retrouver plusieurs états de sa carrière : la pop mélodique, la recherche en studio, la musique de Utopia et des refrains comme Bang the Drum All Day. Il est à la fois guitariste, chanteur et musicien capable de changer de fonction au cours d’un spectacle.
Dans l’étude des programmes de 2012–2017, Bang the Drum All Day possède un rapport presque ironique avec la figure publique de Ringo, mais le morceau demeure une œuvre de Rundgren. D’autres titres comme Love Is the Answer renvoient à l’histoire de Utopia. Les appellations de groupe et de carrière solo doivent donc être distinguées. Le programme collectif ne transforme pas les chansons personnelles de ses invités en compositions du All-Starr Band.
Richard Page : Mr. Mister, Broken Wings et Kyrie
Richard Page assure la basse et le chant avec un répertoire tourné vers Mr. Mister et la pop des années 1980. Broken Wings et Kyrie introduisent une palette sonore très différente de celle des chansons de Santana et Toto. La basse de Page soutient la troupe pendant les interventions des autres artistes ; il prend ensuite le premier plan vocal pour ses propres succès.
Les crédits sont essentiels pour saisir ces morceaux. Broken Wings est cosignée Richard Page, Steve George et John Lang ; Kyrie associe également Page, George et Lang. Le spectacle de Ringo les interprète avec une équipe renouvelée, et non avec les membres des sessions originales de Mr. Mister. La distinction permet de dresser une véritable discographie des versions, plutôt qu’un inventaire imprécis de chansons dites « des All-Starrs ».
Gregg Bissonette : le deuxième batteur de longue durée
Gregg Bissonette est l’un des éléments de continuité majeurs à partir de la fin des années 2000. Sa batterie permet à Ringo de passer du chant à son propre kit sans perdre l’assise musicale de l’orchestre. Dans la douzième formation, il intervient auprès de musiciens habitués aux arrangements élaborés de Toto ou à la pulsation de Santana. La stabilité rythmique est d’autant plus importante que les programmes changent fréquemment de chanteur principal.
Les images d’un concert peuvent montrer deux batteries, mais cela ne permet pas de savoir à elle seule quelles parties sont jouées par chacun. Les attributions piste par piste exigent une vidéo datée ou un relevé précis. Le rôle de Bissonette ne se limite donc pas à « remplacer » Ringo lorsqu’il est debout : il constitue une part active de l’orchestration, des transitions et de l’interprétation collective.
Mark Rivera puis Warren Ham : un changement réel en 2014
La période 2012–2017 est souvent traitée comme une seule distribution inchangée. Cela masquerait pourtant une transformation importante. Mark Rivera appartient aux premiers cycles de la douzième formation, en 2012 et 2013. Warren Ham est présent comme multi-instrumentiste régulier à partir de 2014. La chronologie des concerts doit refléter ce passage de relais, car l’appartenance à une formation numérotée ne garantit pas une identité parfaite de personnel pendant plusieurs années.
La polyvalence des deux artistes permet au groupe de retrouver saxophone, harmonica, flûte, percussions et harmonies nécessaires à un répertoire traversant plusieurs décennies. Cependant, les détails de leur jeu ne doivent pas être reconstitués en substituant le nom de l’un à celui de l’autre dans les fiches. Une représentation de 2016 ou de 2017 doit partir de Warren Ham comme membre régulier, sous réserve des présences précises attestées pour la soirée.
Les Beatles, les succès solo et la place de Ringo
Le programme de cette époque conserve des repères tels qu’It Don’t Come Easy, Photograph, Yellow Submarine, Act Naturally et With a Little Help from My Friends. Ringo maintient ainsi un fil narratif qui relie les différentes périodes de sa carrière. Le contraste entre ces œuvres et les chansons des invités est la particularité majeure du projet : le public passe d’un classique des Beatles à un titre de Toto ou de Mr. Mister sans changement de groupe.
Ce fil biographique ne transforme cependant pas toutes les chansons chantées par Ringo en œuvres qu’il a écrites. Yellow Submarine et With a Little Help from My Friends appartiennent au catalogue Lennon–McCartney ; Photograph est cosignée Ringo Starr et George Harrison ; Act Naturally vient du répertoire country américain. Leurs origines doivent rester visibles dans les notices des œuvres.
Les années 2014–2015 : la répétition créatrice du spectacle
Les tournées de 2014 et 2015 montrent comment une formation stable peut faire vivre le même principe dans des salles et des pays différents. Le groupe parcourt l’Amérique du Nord, les Caraïbes et une partie de l’Amérique latine au cours de ces années. L’intérêt historique réside moins dans l’affirmation vague selon laquelle le programme aurait été « toujours identique » que dans l’étude précise de ses permanences et de ses différences.
La présence d’un titre dans la set-list de deux concerts ne prouve pas que toutes ses introductions, tous ses solos et sa durée aient été identiques. Les variations peuvent porter sur l’ordre, les medleys, les numéros parlés ou les invités. La constitution d’une encyclopédie suppose donc de préserver les set-lists individuelles et, lorsque certaines manquent, de signaler l’absence de preuve au lieu de recopier des listes voisines.
2016 : l’Asie et les deux représentations de Nashville
La tournée de 2016 apporte plusieurs jalons distincts : des concerts nord-américains, deux soirées consécutives au Ryman Auditorium de Nashville les 18 et 19 juin, puis des spectacles au Japon et en Asie. Ces dates doivent être considérées comme des représentations autonomes. Les deux concerts du Ryman, bien qu’ils aient lieu dans la même salle et avec la même formation régulière, exigent chacun leur propre documentation musicale.
Dans cette chronologie, les annulations et les remplacements doivent être traités séparément. Un engagement prévu à Cary le 18 juin ne constitue pas une prestation jouée si sa date a été annulée ; les concerts de Nashville représentent, eux, des événements réels. De la même manière, les dates japonaises d’Osaka, Nagoya, Fukuoka, Hiroshima et Tokyo ne peuvent être fusionnées en une seule représentation asiatique, même si une partie de leur répertoire commun leur donne une unité de tournée.
2017 : Las Vegas, Newark et la fin d’un cycle
En 2017, les engagements de Las Vegas et la fin de la tournée à Newark permettent de documenter la dernière phase de cette formation. La résidence d’octobre à Las Vegas comprend plusieurs soirées distinctes, dont l’étude exige la conservation de dates précises. La performance du 16 novembre à Newark marque la conclusion d’un cycle important dans l’histoire récente du All-Starr Band.
Le passage à la treizième formation en 2018 concerne notamment le départ de Todd Rundgren et de Richard Page, remplacés dans l’équilibre vocal par Colin Hay et Graham Gouldman, tandis que Steve Lukather, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette demeurent. C’est pourquoi les notices 2017 et 2018 doivent être rapprochées sans confondre leurs membres. L’évolution d’un orchestre collectif s’observe dans les permanences autant que dans les nouvelles arrivées.
Une longue durée qui renouvelle l’idée d’un All-Starr Band
Entre 2012 et 2017, la douzième formation met à l’épreuve une idée : un groupe conçu à l’origine comme une réunion de célébrités renouvelables peut-il conserver une identité commune pendant plusieurs années ? La réponse réside dans la stabilité d’un noyau instrumental et vocal, qui donne au public des repères tout en maintenant l’alternance des artistes et des styles.
Cette étude doit être lue avec les concerts de 2012 à 2017, l’index des chansons par formation et les biographies des musiciens. L’objectif n’est pas de présenter une set-list type comme un document universel, mais de comprendre la signification des œuvres et leurs changements d’interprètes au fil des années.
Comparer les formations sans effacer les changements de soirée
La stabilité relative de la formation de 2012 à 2017 ne signifie pas que toutes les représentations doivent recevoir une set-list identique. La durée du cycle permet précisément d’observer la persistance d’un noyau de chansons, les variantes de programme et la manière dont les musiciens adaptent leurs succès à un orchestre collectif. Il convient de distinguer les compositions originales, les interprètes principaux et les reprises qui mobilisent plusieurs membres. Le catalogue des chansons éclaire les œuvres ; les notices de concerts conservent les données propres à chaque représentation. Cette distinction limite les doublons entre l’étude de la formation et ses dates particulières.
L’enjeu documentaire des tournées prolongées
Une tournée étendue sur plusieurs années produit des traces hétérogènes : annonces de salles, programmes imprimés, photographies, captations et relevés de chansons. L’année portée sur un document ne suffit pas à l’attribuer à un concert précis. Une étude encyclopédique doit conserver les dates et les provenances et signaler les incertitudes plutôt que réunir artificiellement plusieurs soirées dans un spectacle type. L’enquête sur les billets et programmes complète cette méthode sans la répéter dans les notices de formation.
Consulter la documentation interne
Explorer les tournées, les musiciens, les chansons et la discographie live. Une chanson citée dans cette synthèse n’est pas automatiquement attestée à chaque représentation de l’année concernée.












