Yellow-Sub.net · Histoire des musiciens et des programmes
Sommaire
2006–2011 : trois All-Starr Bands, six années de rock, de soul et de synth-pop
L’étude géographique complémentaire suit Göteborg, Oslo, Randers et Riga en juin 2011, en distinguant les représentations et les niveaux de preuve.
De Sheila E. et Rod Argent à Gregg Bissonette, Richard Page et Rick Derringer : étude des neuvième, dixième et onzième formations de Ringo Starr.
Pourquoi comparer 2006, 2008 et 2010–2011 ?
Les années 2006 à 2011 constituent une période de transformation profonde du All-Starr Band. Trois distributions différentes se succèdent : la neuvième formation en 2006, la dixième en 2008 et la onzième en 2010–2011. Certaines voix et certains instrumentistes reviennent d’une étape à l’autre, mais l’organisation de l’ensemble et le choix des chansons évoluent sensiblement. Une comparaison musicale permet de dépasser une lecture limitée à la liste des membres.
Ces formations résument également un demi-siècle de musique populaire. Les Zombies des années 1960 cohabitent avec les Romantics, Mr. Mister, Men at Work, l’Average White Band, les succès de Billy Squier et les œuvres d’Edgar Winter. La force du projet repose sur l’alternance des chanteurs et sur la capacité des musiciens à fournir un accompagnement crédible dans des styles très différents. Cette variété exige, en contrepartie, une documentation particulièrement précise des interprètes et des versions.
La neuvième formation de 2006 : l’équilibre des sept musiciens
En 2006, Ringo est accompagné de Billy Squier, Richard Marx, Rod Argent, Edgar Winter, Hamish Stuart et Sheila E. Le groupe réunit deux approches de la batterie, une basse fortement ancrée dans la soul, plusieurs claviers aux personnalités distinctes et des guitaristes-chanteurs venus du rock des années 1980. Les titres de Ringo servent de lien entre des chansons dont les horizons historiques vont des Zombies à la pop américaine plus récente.
Le répertoire permet à chacun de retrouver une identité. Rod Argent représente She’s Not There et Hold Your Head Up, Billy Squier ses refrains de rock FM, Richard Marx des titres de son premier album de 1987, Edgar Winter les pièces de l’Edgar Winter Group et Hamish Stuart le son de l’Average White Band. Sheila E. occupe une position double, à la batterie et au chant. Les œuvres ne sont pas interchangeables : chaque titre doit être associé à ses auteurs et à son histoire originale.
Rod Argent et Edgar Winter : les deux claviers d’un même orchestre
Le rapprochement entre Rod Argent et Edgar Winter constitue l’une des grandes singularités de 2006. Argent incarne la tradition de l’orgue et des claviers pop britanniques. She’s Not There, chanson qu’il a écrite pour les Zombies, ne possède pas les mêmes auteurs que Hold Your Head Up, succès du groupe Argent composé par Chris White. Leur présence dans le même concert montre combien une carrière peut être recomposée sous la forme de deux chansons complémentaires.
Edgar Winter apporte un autre univers, notamment Frankenstein et Free Ride. La première est une pièce instrumentale dont la construction peut nécessiter de longs développements ; la seconde correspond à un format de chanson plus direct, composé par Dan Hartman. Il serait abusif de déduire la totalité des solos de saxophone ou de clavier à partir de la seule liste des membres. Les détails d’orchestration appartiennent à l’analyse des captations datées.
Richard Marx et Billy Squier : deux façons de représenter le rock FM
La présence simultanée de Richard Marx et de Billy Squier contribue à situer le répertoire de 2006 dans la tradition radiophonique américaine. Don’t Mean Nothing et Should’ve Known Better proviennent des débuts discographiques de Marx en 1987. The Stroke, Everybody Wants You et Rock Me Tonite appartiennent à l’histoire solo de Billy Squier. Ces chansons participent d’esthétiques proches, mais ne renvoient ni aux mêmes auteurs ni aux mêmes séances d’enregistrement.
Dans le concert, les deux artistes ne sont pas accompagnés par leurs orchestres de studio. Ils interprètent les titres avec les autres membres réunis par Ringo. Cette évidence impose une discipline de crédit : la fiche d’œuvre explique la version historique ; la fiche de tournée présente les musiciens engagés ; la fiche du spectacle atteste, lorsque cela est possible, la version réellement entendue. Sans cette séparation, une grande partie des données attribuées aux concerts se trouve contaminée par les discographies solo.
Hamish Stuart et Sheila E. : la section rythmique polyvalente
Hamish Stuart et Sheila E. possèdent une place capitale dans l’équilibre de 2006. Stuart associe basse et chant, avec l’héritage de l’Average White Band. Sheila E. intervient à la batterie et aux percussions, donnant à Ringo la possibilité de quitter son propre kit pour chanter. Leur présence aide à articuler une série de morceaux où les tempos et les couleurs harmoniques changent souvent très rapidement.
Ce fonctionnement montre que le bassiste et le batteur supplémentaire du All-Starr Band ne sont pas des musiciens de renfort interchangeables. Ils possèdent des identités artistiques reconnues et des répertoires personnels. L’accompagnement de Frankenstein, d’un titre de Richard Marx et d’un succès de Ringo ne repose pas sur les mêmes intentions musicales. Les instrumentistes apportent donc à la fois une stabilité d’ensemble et une capacité d’adaptation stylistique.
2008 : Colin Hay, Gary Wright et Gregg Bissonette prennent place
La dixième formation de 2008 conserve Billy Squier, Edgar Winter et Hamish Stuart autour de Ringo, mais elle fait entrer Colin Hay, Gary Wright et Gregg Bissonette. Ce changement modifie nettement le contenu des tours de chant. Hay apporte l’héritage de Men at Work et de sa carrière individuelle ; Wright fait entendre Dream Weaver et d’autres chansons de son parcours ; Bissonette donne une nouvelle assise à la batterie.
La présence d’Edgar Winter maintient le rock instrumental de Frankenstein, tandis que Stuart conserve l’axe soul du groupe. L’ensemble ne constitue pas la neuvième formation avec trois nouveaux invités occasionnels : il s’agit bien d’une autre distribution de tournée. Lorsque le Greek Theatre de Los Angeles accueille le concert du 2 août 2008, la liste des musiciens doit être celle de 2008, même si le support filmé ou sonore de cette soirée paraît plus tard.
Colin Hay et Gary Wright : des mondes musicaux différents
Colin Hay est lié aux succès du groupe australien Men at Work, notamment Who Can It Be Now? et Down Under. Son chant et sa guitare apportent une couleur directe, fondée sur des compositions immédiatement mémorisables. Son parcours solo ajoute une autre strate à l’histoire de ses performances. La version du All-Starr Band ne doit toutefois pas être traitée comme la version originale de Men at Work.
Gary Wright représente quant à lui l’usage du synthétiseur dans le rock des années 1970. Dream Weaver est un repère particulièrement important de cette histoire. Sa présence introduit un espace sonore distinct de celui du saxophone d’Edgar Winter ou des guitares de Billy Squier. Pour comparer 2006 et 2008, il faut donc observer non seulement les changements de voix, mais aussi la substitution de certaines textures d’orgue et de synthétiseur.
Le Greek Theatre 2008 et l’édition de 2010
La performance du 2 août 2008 au Greek Theatre de Los Angeles constitue un cas d’école. Elle conclut la tournée nord-américaine de la dixième formation et fournit une captation exploitée commercialement en 2010. Une discographie rigoureuse doit enregistrer deux dates différentes : celle du spectacle et celle de l’édition. Le contenu peut également différer entre support audio et version vidéo, selon les choix de montage.
L’année de publication ne permet donc jamais d’attribuer les musiciens. Le fait qu’un album soit paru en 2010 ne signifie pas qu’il ait été joué par la onzième formation de cette année-là. Cette question traverse l’histoire du All-Starr Band depuis les premières captations et constitue un enjeu majeur pour les collections de CD, de DVD et de rééditions. Les fiches du concert et du produit doivent être liées, mais rester autonomes.
2010–2011 : Rick Derringer, Wally Palmar et Richard Page
En 2010, Ringo inaugure la onzième formation avec Wally Palmar, Rick Derringer, Edgar Winter, Gary Wright, Richard Page et Gregg Bissonette. Cette distribution se distingue de 2008 par l’absence de Colin Hay, Hamish Stuart et Billy Squier parmi les membres réguliers. Elle accueille des carrières liées aux Romantics, au rock guitaristique de Derringer et au groupe Mr. Mister, tout en préservant l’instrumentation de Winter et Wright.
Les chansons présentées par Palmar et Page introduisent de nouveaux chapitres des années 1980. Talking in Your Sleep, What I Like About You, Broken Wings ou Kyrie ne remplacent pas l’histoire des Beatles ; elles dialoguent avec elle. Rick Derringer représente une tradition rock plus ancienne par son passé avec les McCoys et son répertoire de guitariste solo. L’équilibre entre anciens et nouveaux succès se recompose donc une troisième fois.
Radio City Music Hall, 7 juillet 2010 : un invité exceptionnel
Le concert du 7 juillet 2010 au Radio City Music Hall de New York est associé au soixante-dixième anniversaire de Ringo Starr. La présence de Paul McCartney en invité spécial lui donne une importance singulière dans la mémoire des Beatles. Pour l’encyclopédie, cet événement doit rester un cas précisément daté : McCartney n’appartient pas à l’effectif permanent de la onzième formation au motif qu’il est monté sur scène ce soir-là.
Une notice de concert distingue donc les membres réguliers, les invités ponctuels et les personnes simplement annoncées. La même règle vaut pour les chansons interprétées. Une prestation exceptionnelle peut comporter des morceaux inhabituels, mais ces derniers ne doivent pas être insérés dans les programmes des autres dates de 2010. La singularité documentaire du Radio City Music Hall réside justement dans la coexistence d’un spectacle de tournée et d’une célébration.
2011 : l’expansion européenne et latino-américaine
La onzième formation se prolonge en 2011 à travers de nouveaux territoires. Les étapes européennes et latino-américaines prolongent l’histoire d’une équipe dont la composition générale reste reconnaissable. Le passage par Paris et Lyon, ainsi que les concerts sud-américains documentés, donnent au groupe une dimension géographique plus large que la seule succession de théâtres nord-américains.
Pour reconstruire ce calendrier, il est indispensable de ne pas fusionner la date d’une annonce, celle d’un concert et celle d’une émission télévisée. Deux spectacles dans une même ville conservent leurs notices spécifiques. L’éventuelle présence d’une chanson rare doit être fondée sur des documents datés. Les catalogues de tournée qui recopient une set-list type peuvent aider à orienter une enquête, mais ne suffisent pas à compléter tous les programmes individuels.
Le bilan 2006–2011 : continuité de Ringo, renouvellement du groupe
Au terme de cette comparaison, trois constantes apparaissent : Ringo donne son identité au spectacle ; une seconde batterie soutient les changements de position du chanteur ; chaque artiste invité dispose de chansons représentant son parcours. Mais les sonorités ne sont jamais totalement identiques. Les claviers de Rod Argent en 2006, ceux de Gary Wright en 2008 et 2010, ou la basse de Richard Page à partir de 2010 modifient la personnalité des concerts.
Cette période peut être documentée à travers les tournées de 2006, 2008 et 2010–2011, les fiches des chansons et les captations commercialisées. Le rapprochement de ces sources internes permet de raconter une histoire collective, sans perdre les différences de dates, de membres et de versions. C’est le cadre nécessaire pour poursuivre l’encyclopédie jusqu’aux formations des années 2020.
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Voir les concerts classés par tournée, les musiciens, les œuvres musicales et la discographie live. Les chansons citées n’ont pas nécessairement été jouées à chaque concert : la fiche datée fait autorité pour le programme précis d’une soirée.












