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Sommaire
2003 : le huitième All-Starr Band — six musiciens, trente-cinq concerts et une anthologie de chansons
Après Ringo Rama, un orchestre compact fait dialoguer la pop de Paul Carrack, Men at Work, les Babys et les rythmes de Sheila E.
2003 : une nouvelle équipe après l’expérience de 2001
La tournée de 2003 appartient à la huitième génération du All-Starr Band. Ringo Starr y réunit Colin Hay, Paul Carrack, John Waite, Mark Rivera et Sheila E. Le groupe compte donc six musiciens, un effectif plus resserré que celui des premières années. Il parcourt l’Amérique du Nord pendant trente-cinq concerts, de juillet à septembre, après la sortie de Ringo Rama, nouvel album studio de Ringo paru la même année.
La comparaison avec 2001 permet de mesurer la souplesse de la formule. Greg Lake, Roger Hodgson, Ian Hunter et Howard Jones quittent l’effectif régulier, tandis que Carrack, Hay et Waite apportent une histoire du rock et de la pop davantage orientée vers le format de la chanson. Mark Rivera et Sheila E. constituent des éléments de continuité. La taille plus réduite du groupe exige une polyvalence accrue : les chanteurs participent à l’accompagnement des titres de leurs partenaires et une même personne peut passer d’un instrument à l’autre.
Colin Hay : Men at Work et la chanson australienne
Colin Hay est connu comme chanteur et guitariste de Men at Work, groupe australien dont les succès ont marqué le début des années 1980. Down Under et Overkill apparaissent dans le programme de 2003. Le premier est associé à une forme de pop immédiatement reconnaissable, tandis que le second introduit un registre plus intériorisé. Hay apporte ainsi à Ringo une voix distinctive et une écriture orientée vers la mélodie, à côté des titres plus anciens issus des Beatles.
Le programme peut aussi faire appel à des chansons liées au catalogue des Beatles, comme Here Comes the Sun, œuvre composée par George Harrison. Le fait qu’un musicien non membre des Beatles l’interprète sur scène avec Ringo mérite une annotation particulière : l’auteur, le chanteur et le groupe qui réalise l’arrangement appartiennent à trois niveaux historiques différents. L’enregistrement original de Abbey Road ne doit pas être attribué à la formation de 2003.
Paul Carrack : trois époques de pop britannique
Paul Carrack traverse une histoire particulièrement dense. Il chante How Long avec Ace au milieu des années 1970, apparaît ensuite dans l’univers de Squeeze avec Tempted, puis contribue à la renommée de Mike + The Mechanics avec The Living Years. Ces chansons occupent des espaces différents de son identité artistique. Le All-Starr Band lui donne l’occasion de les réunir au sein d’une seule soirée, avec une nouvelle équipe d’instrumentistes.
Les crédits doivent être scrupuleusement distingués. Carrack est l’auteur de How Long, mais Tempted est signée Chris Difford et Glenn Tilbrook, tandis que The Living Years est associée à Mike Rutherford et B. A. Robertson. La voix de Carrack fait le lien entre les trois œuvres ; elle ne modifie pas leur origine de composition. Il contribue aussi aux claviers et à la guitare sur les chansons des autres artistes, ce qui en fait un musicien important pour la cohésion instrumentale de l’orchestre réduit.
John Waite : des Babys au succès de Missing You
John Waite assure principalement la basse et le chant, parfois la guitare. Son parcours passe par les Babys, le supergroupe Bad English et une carrière solo couronnée par Missing You. En 2003, il représente une famille de rock radiophonique et mélodique dont les grandes chansons appartiennent à la seconde moitié des années 1970 et aux années 1980. Isn’t It Time, Missing You et When I See You Smile résument plusieurs étapes de cette trajectoire.
Leur succès ne doit pas entraîner une erreur d’attribution. Isn’t It Time est écrite par Jack Conrad et Ray Kennedy ; When I See You Smile, associée à Bad English, est composée par Diane Warren. Missing You appartient au catalogue solo de Waite et possède ses propres crédits. Au sein du All-Starr Band, ces chansons deviennent des interprétations de concert accompagnées par Carrack, Hay, Rivera, Sheila E. et Ringo, non de simples reproductions des versions originales de studio.
Sheila E. : les percussions et la voix d’un orchestre réduit
La présence de Sheila E. est décisive pour l’architecture de 2003. Elle assure la batterie et les percussions lorsque Ringo se déplace au micro, tout en présentant des titres de son propre répertoire comme A Love Bizarre et The Glamorous Life. Son univers musical, nourri par le funk et ses collaborations avec Prince, introduit des rythmes différents de ceux de la pop mélodique britannique représentée par Carrack ou des chansons de Men at Work.
Le crédit de The Glamorous Life doit rester attaché à Prince comme compositeur, malgré le lien très fort qui unit la chanson à l’identité de Sheila E. Une notice doit également distinguer la personne qui tient la batterie à un moment du spectacle de celle qui se présente au chant principal. La présence d’une seule batterie supplémentaire ne signifie pas que Sheila E. ne chante qu’en marge du concert : ses numéros constituent à part entière des séquences de l’anthologie musicale.
Mark Rivera : une polyvalence nécessaire au spectacle
Mark Rivera poursuit en 2003 une longue histoire au sein des All-Starrs. Saxophoniste et multi-instrumentiste, il intervient également à la guitare, à la basse, aux percussions, à l’harmonica ou à la flûte selon les besoins de l’orchestre. Dans une équipe de six personnes, cette capacité à changer de fonction constitue un élément pratique fondamental. Une chanson de Men at Work et un morceau de l’Average White Band n’exigent pas nécessairement les mêmes couleurs ; Rivera contribue à les rapprocher sans augmenter indéfiniment le nombre de musiciens.
Il faut toutefois éviter de déduire le détail exact des instruments de chaque soirée à partir de la fiche biographique du musicien. Une liste d’instruments est une description générale des compétences et du rôle de tournée ; le relevé par titre demande une vidéo, une photographie datée ou un crédit suffisamment précis. Cette prudence est particulièrement importante quand les autres membres, eux aussi, sont capables de tenir plusieurs instruments.
Ringo Rama sur scène : les chansons de 2003
La tournée accompagne la sortie de Ringo Rama, disque studio publié en mars 2003. Memphis in Your Mind et Never Without You donnent à Ringo un espace pour présenter un répertoire récent dans un spectacle déjà riche en classiques. La seconde chanson possède un lien particulier avec la mémoire de George Harrison, disparu en 2001 ; elle doit cependant être décrite à partir de ses auteurs et de la version effectivement interprétée, sans supposer que tous les concerts contiennent la même présentation parlée.
L’arrivée de chansons nouvelles évite que le All-Starr Band ne soit qu’un musée ambulant. Les morceaux de Ringo Rama voisinent avec It Don’t Come Easy, Photograph, Yellow Submarine et d’autres titres de sa trajectoire. Les fonctions sont complémentaires : les classiques assurent la continuité du public, tandis que les compositions récentes témoignent de son activité discographique contemporaine. Leur présence exacte est à vérifier dans les set-lists datées.
Un programme qui fait tourner les voix
Les séquences documentées de 2003 font passer de Ringo à Carrack, puis de Colin Hay à John Waite et Sheila E. Cette succession donne une forme à l’ensemble : les chansons de chaque musicien ne constituent pas un concert séparé, car tous restent les accompagnateurs de leurs partenaires. Le public entend une anthologie de succès reliés par une même section rythmique et par la personnalité de Ringo.
Une représentation étudiée le 31 août 2003 à Redmond, dans l’État de Washington, offre un exemple du fonctionnement de cette équipe, mais ses titres ne doivent pas être imposés aux trente-quatre autres concerts. Les deux soirées successives dans certaines salles et les éventuels invités appellent le même niveau de précision. Le All-Starr Band est un groupe en tournée, pas une bande-son reproduite sans variation.
Casino Rama et la tournée des trente-cinq dates
La tournée de 2003 commence au Casino Rama, dans l’Ontario, et se poursuit dans différentes régions d’Amérique du Nord jusqu’au mois de septembre. Le Casino Rama deviendra l’un des lieux fréquemment associés au départ des tournées de Ringo, ce qui permet de construire une histoire locale des différentes formations. Toutefois, le fait de revenir dans une même salle n’entraîne ni un effectif identique ni un programme répété.
La date du premier spectacle est également importante pour la discographie. L’album commercial Tour 2003, publié en 2004, est lié à la captation du concert inaugural du 24 juillet 2003. Pour le catalogue des concerts, l’événement est daté du 24 juillet ; pour la discographie, le disque figure sous son année de publication en 2004. Une identification qui ne retiendrait que le titre commercial ferait perdre une part essentielle de son origine historique.
Un album live de 2004, pas un spectacle supplémentaire
La parution de Tour 2003 sur le label Koch permet de conserver une partie du programme de cette formation. Le disque doit être lu comme un objet éditorial doté de son propre ordre de plages, de sa durée, de son livret et de ses références commerciales. Une éventuelle édition vidéo peut présenter des contenus différents de ceux du CD. Le chercheur ne saurait conclure à l’identité parfaite des supports simplement parce qu’ils partagent le même titre de couverture.
Le cas de 2003 illustre une règle valable dans toute l’encyclopédie : un concert peut produire plusieurs objets de collection, mais leur multiplication ne signifie pas qu’il y a eu plusieurs performances ce soir-là. Le lien entre date de capture et date de sortie doit être explicite ; les membres crédités sont ceux présents lors de l’enregistrement, non ceux d’une formation ultérieure active au moment de la publication.
La huitième formation dans l’histoire générale du groupe
En réunissant Carrack, Hay, Waite, Rivera et Sheila E., Ringo propose en 2003 une formation plus courte, mais non moins riche, que le groupe de 2001. Le contraste entre le funk, la synth-pop revisitée à travers la chanson, les traditions australiennes et le rock FM permet d’entendre des musiques de plusieurs décennies à travers les mêmes instrumentistes. Cette cohésion prépare les nouvelles combinaisons de 2006 et de 2008 sans en préfigurer exactement le personnel.
Les trente-cinq concerts de 2003, les notices des œuvres et les disques live forment trois corpus complémentaires. Pour chaque chanson il faut relier l’auteur, l’enregistrement historique, la prestation de 2003 et, le cas échéant, l’édition commerciale de cette prestation. C’est cette quadruple identification qui donne au dossier sa valeur encyclopédique.
L’effectif réduit de 2003 et la circulation des rôles
L’histoire de la huitième formation ne se résume pas au nombre d’artistes figurant sur l’affiche. Un spectacle repose sur la succession des chanteurs et sur la capacité des instrumentistes à accompagner plusieurs répertoires personnels. Pour décrire un titre avec précision, il faut séparer la voix principale, les accompagnements, les solos identifiables et les crédits d’écriture ; la présence d’un artiste au sein du groupe ne prouve pas son intervention sur chaque plage de la captation. La comparaison entre le programme documenté de Casino Rama et les autres représentations demande ainsi de distinguer un noyau de chansons régulières des variantes localement attestées.
La tournée de 2003 face aux publications de 2004
La distance entre la date du spectacle et celle de sa sortie commerciale est une source récurrente de confusion. Un disque publié en 2004 à partir d’une captation de 2003 appartient à l’histoire des enregistrements de la huitième formation, non à une tournée supplémentaire. L’étude des captations fournit la méthode critique, tandis que la chronologie de 2003 conserve les dates et les lieux. Cette séparation prévient les doublons dans le catalogue encyclopédique.
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