Yellow-Sub.net · Encyclopédie Ringo Starr
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Casino Rama, 24 juillet 2003 : les 27 chansons du huitième All-Starr Band et leurs histoires
Analyse du concert-source de Tour 2003 : Ringo Starr, Colin Hay, Paul Carrack, John Waite, Mark Rivera et Sheila E., du premier titre au final collectif.
Une soirée inaugurale documentée par vingt-sept entrées
Le 24 juillet 2003, Ringo Starr ouvre la tournée de sa huitième formation au Casino Rama d’Orillia, en Ontario. Le groupe comprend Colin Hay, Paul Carrack, John Waite, Mark Rivera et Sheila E., un effectif de six musiciens seulement. La set-list enregistrée dans le dossier comporte vingt-sept numéros, depuis It Don’t Come Easy jusqu’à With a Little Help from My Friends. Elle permet de comprendre la manière dont la troupe fait alterner les héritages des Beatles, d’Ace, de Squeeze, de Men at Work, des Babys, de Bad English et de Sheila E.
Cette représentation a une importance supplémentaire : elle fournit la captation utilisée pour une édition discographique publiée en 2004 sous le titre Tour 2003. La date du spectacle doit rester celle du 24 juillet 2003, même si le support commercial paraît plus tard. La salle accueille également une deuxième représentation le 25 juillet, qui ne doit pas être amalgamée avec le concert-source du disque.
Les trois premières chansons : Ringo et Ringo Rama
Le programme commence avec It Don’t Come Easy, publié en 1971, puis Honey Don’t, reprise de Carl Perkins associée au répertoire des Beatles. Le troisième morceau, Memphis in Your Mind, introduit la production contemporaine de Ringo : la chanson appartient à l’album Ringo Rama, paru quelques mois auparavant. Le public passe donc immédiatement de l’après-Beatles à l’héritage rockabilly, puis à la discographie la plus récente du chanteur.
Les crédits d’auteur diffèrent. Honey Don’t n’a pas été écrite par Ringo ni par les Beatles. It Don’t Come Easy appartient à la carrière solo de Ringo, tandis que Memphis in Your Mind relève de son travail d’enregistrement contemporain. La diversité des provenances explique pourquoi le catalogue ne peut pas ranger toutes ces œuvres sous une seule catégorie de « compositions de Ringo ».
How Long, Down Under, Isn’t It Time et A Love Bizarre
Les numéros quatre à sept donnent successivement la parole aux autres personnalités du groupe. How Long est le succès d’Ace composé et chanté par Paul Carrack ; Down Under renvoie à Men at Work et à Colin Hay ; Isn’t It Time rappelle John Waite au sein des Babys ; A Love Bizarre met en avant Sheila E. et son univers funk. En quatre chansons, Ringo offre une carte musicale de plusieurs décennies et de plusieurs pays.
Le fait que les interprètes historiques se succèdent au micro avec le même orchestre est la définition pratique du All-Starr Band. Les auteurs ne se confondent pourtant pas avec les chanteurs : Isn’t It Time a pour auteurs Jack Conrad et Ray Kennedy, tandis que A Love Bizarre relève de la collaboration de Sheila E. avec Prince. Les crédits de chacun doivent rester attachés à l’œuvre, indépendamment de l’effectif de scène de 2003.
Boys, Overkill, Act Naturally, You’re Sixteen et Yellow Submarine
La deuxième série du programme mêle plusieurs interventions de Ringo à Overkill, chanson de Men at Work interprétée par Colin Hay. Boys, Act Naturally et Yellow Submarine sont associées à la voix de Ringo depuis l’époque Beatles, mais elles possèdent des origines très différentes. Boys vient des Shirelles, Act Naturally du répertoire country popularisé par Buck Owens et Yellow Submarine de Lennon–McCartney.
You’re Sixteen, succès solo de Ringo en 1973, est lui aussi une reprise, écrite par Richard et Robert Sherman. La juxtaposition avec une composition des Beatles rappelle que l’identité musicale d’un chanteur ne repose pas seulement sur les chansons qu’il a écrites. Le rôle de l’encyclopédie consiste à documenter séparément l’œuvre originale, la version devenue célèbre et son interprétation au concert de Casino Rama.
We Can Work It Out et Here Comes the Sun : les Beatles sans les Beatles
Les treizième et quatorzième numéros, We Can Work It Out et Here Comes the Sun, introduisent deux œuvres majeures des Beatles dans un contexte particulier. La première est une composition Lennon–McCartney, la seconde une chanson de George Harrison publiée sur Abbey Road. Leur interprétation par les All-Starrs ne doit pas être confondue avec les enregistrements historiques du groupe de Liverpool.
La formation de 2003 ne cherche pas à réunir les Beatles : elle revisite leurs œuvres avec Colin Hay, Carrack, Waite et les autres artistes présents. Les partitions vocales et instrumentales peuvent donc s’écarter des versions de studio. Seule une captation datée permet d’attribuer ces modifications. Le programme imprimé confirme l’exécution des œuvres, mais non la totalité des détails d’arrangement.
Never Without You, Don’t Pass Me By et The No No Song
Never Without You, publiée sur Ringo Rama, constitue un hommage à George Harrison. Elle est suivie de Don’t Pass Me By, composition de Ringo enregistrée sur le double album des Beatles de 1968, puis de The No No Song, chanson de Hoyt Axton et David Jackson incluse sur Goodnight Vienna. Cette succession représente trois étapes : la mémoire d’un ami disparu, les premiers essais de Ringo comme auteur et un succès issu de son parcours solo.
L’intérêt historique de cet enchaînement est de placer un disque de 2003 dans la même soirée que des titres publiés plusieurs décennies auparavant. La présence d’un morceau actuel n’efface pas les anciens classiques ; elle élargit l’autobiographie musicale. En revanche, une présentation parlée éventuelle ne doit pas être inventée si la bande et les comptes rendus de la soirée ne la documentent pas.
Tempted, When I See You Smile et The Glamorous Life
Les numéros dix-huit à vingt appartiennent à Carrack, Waite et Sheila E. Tempted est liée à Squeeze et écrite par Chris Difford et Glenn Tilbrook ; When I See You Smile a été composée par Diane Warren pour Bad English ; The Glamorous Life est une composition de Prince devenue indissociable de la carrière de Sheila E.
Ces trois cas illustrent le piège d’un classement par célébrité : le musicien qui interprète le titre chez Ringo peut l’avoir chanté sur l’enregistrement le plus connu sans en être l’auteur. Le dossier doit conserver les crédits de composition, les groupes de référence et la nouvelle interprétation datée. Cette discipline rend l’histoire des All-Starrs plus riche que le simple alignement de succès individuels.
I Wanna Be Your Man, Living Years et Missing You
Le vingt et unième numéro, I Wanna Be Your Man, revient à Lennon–McCartney. Il est suivi par Living Years, titre associé à Mike + The Mechanics et au chant de Paul Carrack, puis par Missing You, grand succès solo de John Waite. L’ordre fait de nouveau entendre la continuité entre les années Beatles, la pop britannique de la fin des années 1980 et le rock radiophonique américain.
Le crédit de The Living Years est lié à Mike Rutherford et B. A. Robertson, tandis que Missing You comporte les signatures de Waite, Mark Leonard et Charles Sandford. Ce ne sont pas des compositions collectives de la huitième formation. La prestation de Casino Rama représente une nouvelle lecture instrumentale, issue du travail de musiciens qui se sont réunis pour la tournée de Ringo.
Who Can It Be Now? et le retour de Ringo pour les derniers titres
Avec Who Can It Be Now?, Colin Hay représente à nouveau le patrimoine de Men at Work. Les numéros vingt-cinq et vingt-six ramènent ensuite Ringo au chant avec Photograph et Don’t Go Where the Road Don’t Go. La première est cosignée avec George Harrison et publiée en 1973 ; la seconde appartient à l’album Time Takes Time, paru en 1992.
Le choix de ces titres en fin de concert permet de réunir plusieurs moments de la discographie solo de Ringo avant la conclusion. La succession n’est pas chronologique : les œuvres se répondent par leur place affective et par leur efficacité scénique. La chanson de 1992 témoigne de la continuité de la carrière discographique entre les succès Apple du début des années 1970 et les albums enregistrés au début du XXIe siècle.
With a Little Help from My Friends : vingt-septième entrée
Le spectacle s’achève par With a Little Help from My Friends, œuvre de Lennon–McCartney écrite pour Ringo et publiée sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Le texte prend une signification particulière lorsque les partenaires de la tournée l’entourent sur scène. Après avoir présenté chacun leurs propres chansons, les artistes rejoignent le maître de cérémonie autour d’un hymne collectif.
Il ne faut pas pour autant attribuer à Ringo l’écriture de la chanson. Son rôle de chanteur historique, son importance symbolique et son interprétation avec les All-Starrs sont trois informations distinctes. La finale illustre idéalement le projet imaginé en 1989 : un spectacle fondé sur des carrières individuelles qui aboutissent à une déclaration commune.
La captation Tour 2003 et les limites d’un CD
Le concert-source du 24 juillet 2003 donne lieu à une publication discographique postérieure, Tour 2003. La fiche de l’album doit distinguer la date d’enregistrement, le lieu, l’année de publication, le label et le contenu réellement retenu sur le support. Un CD peut abréger des introductions, supprimer certaines chansons ou présenter un montage spécifique sans que la représentation d’origine change.
La set-list de vingt-sept entrées du concert du 24 juillet demeure donc la référence pour la soirée. Elle ne doit pas être remplacée par une liste de plages commerciales. La discographie live conserve les informations relatives aux éditions, tandis que les notices des œuvres documentent les auteurs et les versions historiques.
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Explorer les tournées, les musiciens, les œuvres et les albums enregistrés en concert. La fiche de la représentation reste la référence pour la set-list et les crédits de chaque soirée.












