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Sommaire
De la scène au disque : les grandes captations du All-Starr Band de 1989 à 2019
La mémoire du groupe passe par les concerts, les disques, les films et leurs rééditions ; une même date d’enregistrement peut produire plusieurs objets de collection.
1989 : la première troupe face aux microphones
Le projet inaugure sa première tournée en juillet 1989, avant des concerts associés à des captations au Greek Theatre de Los Angeles en septembre. Le premier album live paraît en 1990. Il serait erroné de considérer l’année de mise sur le marché comme celle du lancement du spectacle. La première formation compte Joe Walsh, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Nils Lofgren, Clarence Clemons, Levon Helm et Jim Keltner, chacun apportant une histoire musicale différente.
Montreux 1992 et l’album de 1993
Le 13 juillet 1992, la deuxième formation passe par le Festival de Montreux. Ringo Starr and His All Starr Band Volume 2: Live from Montreux est publié en 1993 par Rykodisc, notamment sur CD et cassette. La performance, le programme vidéo éventuel et les titres effectivement sélectionnés pour le disque n’ont pas nécessairement le même minutage. Le CD identifié par une référence Rykodisc doit être étudié dans son propre livret ; les variantes territoriales ne se déduisent pas d’une pochette générique.
Budokan 1995 : un disque vendu en 1997
La troisième formation joue au Budokan de Tokyo en juin 1995. Une partie de ces bandes est commercialisée sous le titre Ringo Starr and His Third All-Starr Band, Volume 1, en 1997 dans le circuit Blockbuster. La sortie en 1997 ne doit pas conduire à attribuer au disque Peter Frampton ou Jack Bruce, membres de la quatrième formation. Les crédits instrumentaux restent ceux de l’orchestre enregistré, pas ceux de l’année figurant sur la publicité du disque.
Rosemont 2001 : plusieurs sélections d’une même période
La septième formation, associant Roger Hodgson, Ian Hunter, Greg Lake, Howard Jones et Sheila E., donne un concert au Rosemont Theatre le 22 août 2001. Ses bandes constituent un point de départ pour plusieurs produits, dont King Biscuit Flower Hour et Extended Versions. Deux disques qui portent des titres différents peuvent ainsi être reliés à une même source scénique, sans constituer deux événements indépendants. Il faut comparer les pistes et leurs durées pour établir précisément les éditions.
2003 et 2006 : les albums publiés après la tournée
Le programme Tour 2003 paraît en 2004, après les représentations de la huitième formation. Le live 2006 enregistré à Mohegan Sun sort en 2008, alors que Ringo tourne avec une autre équipe. Ces décalages montrent pourquoi le mot « 2008 » sur une notice peut signifier une publication et non l’effectif de scène. Pour retrouver les musiciens, la date de captation est le premier identifiant à examiner.
Greek Theatre 2008 : le disque de 2010
La dixième formation termine sa tournée au Greek Theatre de Los Angeles le 2 août 2008. La commercialisation de Live at the Greek Theatre 2008 en 2010 offre des supports audio et vidéo dont les tables de chansons peuvent différer. Le film peut conserver des interventions absentes du CD, et le disque peut réduire l’ordre des séquences. Le compte des pistes n’est donc pas celui des œuvres jouées pendant le spectacle original.
Greek Theatre 2019 : édition physique et numérique de 2022
Live at the Greek Theater 2019 paraît le 25 novembre 2022 sur CD, DVD, Blu-ray et double vinyle jaune. Le communiqué de Ringo annonce vingt-quatre entrées et réserve Work to Do à certains supports physiques ; une version numérique comporte vingt-trois plages. La date de captation est également discutée par deux sources, l’une évoquant le 1er septembre 2019 et l’autre le 2. Ces divergences doivent apparaître comme points documentaires à vérifier, non être effacées.
Une grille de collection qui résiste aux confusions
Chaque édition exige le titre imprimé, le label, le support, la région, la référence catalogue, la date commerciale, la date du concert, la liste réelle des pistes, l’éventuel montage de film et le personnel de la performance. Les matrices de fabrication et bonus ne peuvent être inventés lorsqu’ils manquent. Relier plusieurs produits à une même captation permet de produire une vraie discographie des objets sans fabriquer des concerts supplémentaires.
Une captation n’est pas un concert nouveau
Dans une discographie de concerts, trois dates sont à distinguer : la représentation, la réalisation du master et la mise en vente de l’objet. La sortie d’un CD en 1990 ne transforme pas la première tournée de 1989 en tournée de 1990 ; de même, une édition publiée en 2022 peut documenter une captation effectuée en 2019.
Cette précaution protège également la chronologie des rééditions. Un changement de pochette, de territoire ou de support ne correspond pas nécessairement à une nouvelle prise. À l’inverse, une œuvre publiée sous un titre presque identique peut utiliser une autre sélection de morceaux.
Le programme joué et le programme publié
Il faut comparer la fiche du concert et le sommaire matériel de chaque édition, sans présumer qu’ils coïncident. Les producteurs peuvent raccourcir des présentations, supprimer un rappel ou modifier l’ordre des titres pour des raisons de durée et de narration audiovisuelle. Certains supports distinguent pistes principales, suppléments et bonus.
Une édition Blu-ray et un vinyle tirés du même spectacle ne sont pas automatiquement identiques : l’ordre des faces, les coupes, les contenus additionnels et les métadonnées techniques peuvent différer. Un catalogue de collection doit noter la référence de l’objet précis et non attribuer ses caractéristiques à toutes les éditions.
La preuve matérielle du collectionneur
Les photographies du disque, du verso, de l’étiquette et du livret permettent de documenter label, référence, code-barres, année portée sur le support et crédits imprimés. Elles ne prouvent pas à elles seules la date d’enregistrement, souvent donnée ailleurs dans le texte éditorial.
Les fiches des captations de Montreux 1992 et du Greek Theatre 2019 sont les points d’appui de cette démarche. Elles permettent d’étudier la circulation d’une soirée entre scène, disque et film, sans multiplier artificiellement le nombre de concerts dans l’inventaire.
Une édition commerciale ne constitue pas une transcription intégrale
Pour analyser un concert du All-Starr Band, il faut distinguer le spectacle tel qu’il s’est déroulé, la captation réalisée ce soir-là et la version finalement diffusée. Un disque peut modifier l’ordre des chansons, supprimer des interventions parlées ou écarter des passages pour des raisons éditoriales ; une vidéo peut ajouter des images tournées à d’autres moments sans que sa bande sonore en devienne nécessairement différente. La date inscrite sur une pochette doit par conséquent être confrontée aux indications du générique et à la documentation de la tournée. L’identification d’un même titre sur deux éditions ne permet pas non plus de conclure à une prise identique sans comparaison de la durée, des introductions et du mixage.
Relier chaque support à sa représentation d’origine
Une discographie raisonnée distingue le titre du support, l’année de publication, la date de prise de son, le lieu, la formation musicale et les différences entre éditions. Les rééditions ne devraient pas recevoir une nouvelle notice de concert : elles appartiennent à l’histoire matérielle d’un enregistrement déjà identifié. Depuis la discographie, il doit être possible de retrouver la concertographie et, lorsqu’elle est identifiée, la soirée d’origine. Inversement, une fiche de concert devrait mentionner le disque ou le film qui en documente tout ou partie. Cette relation réciproque est essentielle pour ne pas confondre une captation de référence et une compilation construite à partir de plusieurs représentations.
Pour approfondir dans le dossier
L’écoute d’un disque commercial doit être confrontée à la documentation du concert source : les omissions, montages et réorganisations éditoriales n’établissent pas le programme intégral d’une soirée. Voir la hiérarchie des preuves et la méthode de décompte des medleys et citations.
Étude complémentaire
Pour approfondir cette lecture, consulter l’étude encyclopédique De Dallas à l’Olympia : les lieux des concerts, également publiée dans le dossier historique de Ringo Starr et de son All-Starr Band.
Ce que l’enregistrement ne révèle pas du concert
Un disque ou une vidéo du All-Starr Band conserve une interprétation, mais ne reproduit pas nécessairement la sensation acoustique éprouvée par le public présent dans la salle. L’ingénieur de façade adapte un mélange aux contraintes locales ; l’enregistrement exploite éventuellement d’autres voies, un autre équilibre et un travail postérieur de montage ou de mixage. Il serait donc abusif de déduire de la sonorité d’un album publié le réglage exact des retours de scène ou les appareils employés par l’ingénieur pendant le spectacle.
Les techniques de sonorisation sont documentées pour plusieurs époques : John Cooper au mixage de façade en 2010, Brian Bavido et Brad Galvin dans l’organisation sonore de 2018, puis une autre équipe de retours au printemps 2023. L’étude consacrée aux équipes techniques détaille ces rôles ; la présente page conserve la comparaison des enregistrements et de leur valeur documentaire.












