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Ringo Starr et le All-Starr Band en Europe du Nord : Helsinki, Skanderborg, Göteborg, Oslo, Randers et Riga (1998–2011)
Six concerts documentés de deux générations du All-Starr Band, entre Finlande, Danemark, Suède, Norvège et Lettonie. Une étude des programmes, des répertoires et des erreurs géographiques transmises par les archives.
Consulter les six notices de concerts : 7 août 1998 — Helsinki · 9 août 1998 — Skanderborg · 10 juin 2011 — Göteborg · 11 juin 2011 — Oslo · 12 juin 2011 — Randers · 14 juin 2011 — Riga.
Un itinéraire septentrional, deux formations séparées de treize ans
La présence de Ringo Starr et de son All-Starr Band dans le nord de l’Europe ne correspond pas à une tournée nordique autonome, annoncée comme telle. Elle résulte de deux séquences distinctes au sein de déplacements européens plus vastes. En août 1998, la quatrième formation passe par Helsinki et Skanderborg, entre une date suisse et les premiers spectacles allemands. En juin 2011, la onzième formation relie Göteborg, Oslo et Randers avant une étape à Riga, en Lettonie. Cette dernière appartient aux pays baltes et non à la Scandinavie : la distinction n’est pas un détail géographique, car elle rend intelligibles les itinéraires et évite de faire disparaître le déplacement vers l’est de la Baltique. Les deux passages diffèrent par le personnel, le répertoire, le contexte des festivals et les documents conservés. Ce dossier étudie précisément ces concerts sans remplacer les notices événementielles, qui demeurent les références pour chaque date.
1998 : Helsinki, première date de la tournée européenne
Le 7 août 1998, Ringo Starr ouvre la partie européenne de la tournée à la Helsingin Jäähalli, la patinoire couverte d’Helsinki. Les archives de Jack Bruce, bassiste et chanteur de cette formation, corroborent le lieu et la date. L’effectif associe Ringo Starr à Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke et Mark Rivera. La diversité de leurs origines musicales définit d’emblée la dramaturgie du spectacle : les succès de Ringo alternent avec des titres liés à Cream, Procol Harum, Humble Pie, au répertoire personnel de Frampton et à Bad Company. À ce stade, les annonces de tournée doivent être distinguées des listes de chansons effectivement relevées. Les inventaires de collectionneurs ne conservent pas tous la même quantité de détails sur le concert finlandais ; l’absence de bande audio répertoriée dans un catalogue privé ne prouve pas qu’aucun enregistrement n’ait jamais existé. Le lieu et la date sont fermement documentés, mais les nuances de l’exécution exigent des sources plus spécifiques.
Le 9 août 1998 à Skanderborg : le spectacle entre dans un festival danois
Deux jours après Helsinki, le groupe apparaît au festival de Skanderborg, connu sous le nom de Danmarks Smukkeste Festival et associé aujourd’hui à Smukfest. Il ne s’agit plus d’une soirée en salle attribuée exclusivement à Ringo Starr, mais d’une intervention dans un événement rassemblant plusieurs artistes et publics. La documentation rétrospective cite parfois uniquement « Skanderborg » ou « Festivalen » ; ces formulations décrivent le même contexte sans fournir la même précision bibliographique. La durée et le déroulement d’une prestation festivalière ne doivent pas être reconstruits à partir du programme d’un concert en salle. Certaines discographies non officielles mentionnent une bande incomplète de Skanderborg : ce statut interdit de considérer la durée de cette bande comme celle de la représentation complète. Dans son journal daté du 16 août, Jack Bruce confirme avoir déjà joué à Helsinki et Skanderborg, ce qui constitue un témoignage contemporain indépendant des listes rédigées des années plus tard.
Un couvre-feu qui modifie le programme de Skanderborg
L’étude précise du dimanche 9 août révèle un facteur qu’une chronologie ordinaire ne permet pas de voir : l’horaire imposé au festival. Une archive danoise situe le début de la prestation vers 22 h 30 et mentionne une limite à minuit, ce qui explique le retrait de plusieurs morceaux du programme de référence. Selon cette documentation, « Sunshine of Your Love », « Shooting Star », « Baby I Love Your Way », « Conquistador », « No No Song » et « I Wanna Be Your Man » ne figurent pas dans la version abrégée. Il ne s’agit pas d’une modification durable de la composition du All-Starr Band, mais d’une adaptation à un festival. Les archives propres au concert de Skanderborg présentent le relevé de cette soirée, les comptes rendus contradictoires et l’inventaire d’une captation incomplète.
Le journal de Jack Bruce, un document de première main
La note de Jack Bruce du 16 août 1998 est particulièrement précieuse, car elle nomme les six membres du groupe, rappelle les répétitions londoniennes et décrit le principe de rotation de plusieurs interventions solistes. Bruce y énumère une architecture de spectacle comprenant notamment « It Don’t Come Easy », « Act Naturally », « Whiskey Train », « Show Me the Way », « Sunshine of Your Love », « Shooting Star », « La De Da », « White Room » et le final « With a Little Help from My Friends ». Une telle liste demeure un témoignage sur le programme élaboré pendant les répétitions, non une transcription exacte de chaque soirée. Bruce explique lui-même que deux passages solistes font l’objet d’une rotation ; les notices de Helsinki ou de Skanderborg doivent donc distinguer une chanson potentiellement prévue d’une chanson attestée par l’écoute d’une source propre au concert. L’intérêt du journal tient autant à ces précautions d’interprétation qu’au détail instrumental : Mark Rivera y est aussi présenté comme directeur musical.
Une étape suisse à ne pas déplacer à Zurich
La chronologie de 1998 présente une discordance révélatrice entre publicité et déroulement. Une annonce contemporaine dans la presse professionnelle situe la représentation du 8 août à « Zurich », tandis que des calendriers plus détaillés et le récit de Jack Bruce identifient le Heitere Open Air de Zofingen. Le site réel ne doit pas être déplacé artificiellement dans la grande ville mise en avant par une campagne de promotion. Zofingen est une commune suisse distincte de Zurich. Dans cette étude consacrée au Nord, l’escale suisse figure seulement pour restituer l’enchaînement Helsinki–Zofingen–Skanderborg ; elle ne devient pas un « concert scandinave ». La différence entre ville annoncée, commune effective, nom commercial du festival et salle est un problème récurrent de la concertographie ; elle justifie de conserver l’annonce comme document, sans l’ériger en preuve définitive du lieu d’exécution.
2011 : Göteborg, Oslo et Randers, trois pays en trois jours
Le deuxième ensemble étudié commence le 10 juin 2011 au parc de Liseberg à Göteborg, en Suède. Le lendemain, la formation participe au festival Norwegian Wood, organisé au Frognerbadet à Oslo. Le 12 juin, elle est annoncée à Værket, à Randers, au Danemark. Ces trois représentations rapprochées imposent de distinguer les contextes : parc de loisirs et salle ou cadre de programmation local, festival norvégien, établissement culturel danois. Une set-list attribuée à l’une des dates ne doit pas être automatiquement transférée aux deux autres. Les registres de captations de collectionneurs mentionnent par exemple des sources audio de durée et de complétude inégales selon la ville. Le dossier conserve donc les renseignements communs sur le personnel et le répertoire sans présenter une performance particulière comme la norme de toute la séquence.
La onzième formation : du rock des années 1960 à la pop des années 1980
Les musiciens de 2011 donnent une couleur sensiblement différente à celle de 1998. Ringo Starr retrouve notamment Wally Palmar, Rick Derringer, Richard Page, Edgar Winter, Gary Wright et Gregg Bissonette. Les œuvres issues des Romantics, de Mr. Mister, du répertoire de Derringer et des succès de Gary Wright ou d’Edgar Winter encadrent les chansons chantées par Ringo. « Talking in Your Sleep », « Kyrie », « Dream Weaver », « Free Ride » et « Hang On Sloopy » illustrent cette dispersion des styles et des décennies. Le répertoire personnel de Ringo comprend alors « Choose Love » et « The Other Side of Liverpool », titres absents de la première phase européenne de 1998. La formule du All-Starr Band reste reconnaissable grâce à la succession des solistes et au final collectif, mais elle ne repose pas sur une set-list figée. Pour conserver une précision encyclopédique, il faut attribuer chaque morceau à son auteur ou à son groupe d’origine, et ne pas assimiler l’interprète du concert à l’auteur de l’œuvre.
Riga, le 14 juin 2011 : le prolongement balte de la séquence
La soirée du 14 juin 2011 à l’Arena Riga fait suite aux trois dates nordiques. Riga est la capitale de la Lettonie : certaines anciennes chronologies francophones la rangent à tort sous « Estonie ». Corriger cette confusion est indispensable pour la recherche géographique et l’indexation des concerts. La présence du groupe dans les pays baltes ne doit pas être présentée comme un quatrième spectacle scandinave. Il s’agit d’une étape distincte, incluse dans la même traversée de l’Europe du Nord et de l’Est. Les archives privées signalent des documents sonores incomplets pour cette date ; elles ne permettent pas, à elles seules, d’inférer la durée totale du concert ou d’affirmer qu’un morceau absent du fragment enregistré n’a pas été joué. La représentation peut être reliée à la chronologie 2010–2011 sans lui attribuer de programme recomposé à partir de Randers.
Affiches, journaux, programmes et bandes : quatre niveaux de preuve
Les documents qui permettent d’écrire l’histoire de ces six représentations ne possèdent pas la même force probante. Une publicité de tournée démontre qu’une date a été annoncée ; elle ne garantit pas la présence effective de tous les musiciens annoncés ni l’exactitude du nom de la salle. Le témoignage contemporain de Jack Bruce fournit un accès direct aux répétitions et à l’expérience de 1998, mais il ne constitue pas une feuille de route certifiée pour chaque minute d’un spectacle. Un programme de festival identifie la place d’une prestation dans une programmation collective. Enfin, un enregistrement authentifié renseigne sur ce que l’on entend, à condition d’en établir la provenance et les éventuelles coupes. Lorsque deux répertoires présentent de légères différences, il faut chercher s’il s’agit d’une véritable variation, d’une erreur de copie ou d’un medley découpé différemment. L’absence de pièce accessible est une limite de la recherche et non un fait musical à transformer en certitude.
Comparer 1998 et 2011 sans fabriquer une continuité artificielle
Le rapprochement des deux périodes sert à éclairer la permanence d’un modèle artistique plutôt qu’à inventer une « tournée scandinave » de treize ans. En 1998, la présence de Jack Bruce, Peter Frampton et Gary Brooker donne au concert une forte coloration rock britannique, avec la place remarquable du catalogue Cream et Procol Harum. En 2011, le groupe met en dialogue des succès rock et pop plus récents, tout en reconduisant les morceaux personnels de Ringo et le principe d’une chanson finale fédératrice. Les villes et la nature des établissements changent aussi : Helsinki et Skanderborg, puis Göteborg, Oslo, Randers et Riga. Ce jeu de continuités et de ruptures explique pourquoi les notices de musiciens, les chansons et les fiches de concert doivent rester autonomes et reliées les unes aux autres : elles répondent à des questions différentes, qu’une synthèse géographique ne saurait absorber.
Comparer les itinéraires sans confondre les frontières et les formations
La notion d’« Europe du Nord » utilisée dans ce dossier est un regroupement éditorial d’étapes appartenant à deux tournées distinctes, et non le nom d’une tournée autonome. Les concerts de 1998 sont à lire dans le contexte de la quatrième formation ; les étapes de 2011 appartiennent à une autre équipe et à une autre économie du spectacle. L’étude des concerts allemands complète ce panorama continental sans déplacer les dates d’un pays à l’autre. De même, une annonce conservée dans les archives ne peut à elle seule attester un spectacle : la méthode est détaillée dans l’étude des billets et programmes. Les fiches datées restent l’autorité pour les salles et les set-lists ; les enquêtes régionales servent à comparer les trajets, les changements de formation et les contextes de réception.
Explorer les concerts et les œuvres dans Yellow-Sub
Le lecteur qui recherche une soirée précise peut poursuivre dans la chronologie des tournées 1997–1998 ou dans celle de 2010–2011. La synthèse musicale des formations de 1997 à 2000 éclaire le répertoire rock de la première période, tandis que l’étude des formations de 2006 à 2011 situe la seconde. Le catalogue des chansons, les fiches de musiciens et la vidéographie proposent d’autres points d’entrée. Enfin, l’analyse des photographies et de leurs légendes aide à attribuer les documents iconographiques sans confusion de formation.
Repères documentaires
La chronologie de 1998 est recoupée avec le journal de Jack Bruce du 16 août 1998 et l’archive des tournées conservée par son site officiel. Pour 2011, le calendrier de la onzième formation et les registres d’enregistrements sont comparés aux notices de concerts et aux archives de programmation. Les documents publicitaires de 1998 emploient parfois Zurich pour désigner la date suisse exécutée à Zofingen. Les sources discographiques privées sont utilisées comme indices sur l’existence de captations, sans certifier l’intégralité d’une représentation. Les indications relatives à un morceau particulier doivent être vérifiées dans les fiches datées.












