Yellow-Sub.net · Atlas historique et critique des concerts
Sommaire
Ringo Starr et le All-Starr Band en Allemagne : concerts de 1992 à 2018
D’Hambourg à Berlin, des premières dates de 1992 au retour de 2018 : dix-huit représentations documentées, quatre formations, les programmes musicaux, les changements de lieux et les archives permettant de raconter le All-Starr Band en Allemagne.
Un itinéraire européen qui s’éclaire par les archives
La présence de Ringo Starr en Allemagne n’est pas un épisode isolé de sa carrière solo. À travers les All-Starr Bands, elle relie plusieurs générations de musiciens, quatre tournées distinctes et des salles profondément différentes. Le dossier documente dix-huit représentations en Allemagne au cours des campagnes de 1992, 1998, 2011 et 2018 : quatre dates en 1992, cinq en 1998, cinq en 2011 et quatre en 2018. Ce périmètre désigne les dates actuellement reliées à des fiches de concert dans l’encyclopédie ; il ne doit pas être pris pour un inventaire clos de toutes les apparitions de Ringo Starr sur le territoire allemand, ni confondu avec ses premières années à Hambourg avant les Beatles.
Le principal intérêt de cette géographie tient aux retours dans une même ville. Hambourg accueille le deuxième All-Starr Band en 1992, la quatrième formation en 1998, la onzième en 2011 et la treizième en 2018. Berlin est documentée en 1992, 2011 et 2018. Les salles elles-mêmes ne sont pas interchangeables : un programme annoncé à Berlin pour une enceinte puis joué dans une autre constitue un changement de lieu, pas un deuxième concert. Pour comprendre cette chronologie, il faut séparer la date programmée, la représentation exécutée et les archives éditées après coup.
1992 : la première série allemande de la deuxième formation
En juillet 1992, Ringo arrive en Allemagne au sein de sa deuxième formation, qui associe Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Timothy B. Schmit, Burton Cummings, Tim Cappello et Zak Starkey. Un ancien membre des Eagles peut ainsi chanter une œuvre de son propre catalogue, tandis que Rundgren ou Edmunds apportent d’autres traditions de la scène américaine et britannique. L’ensemble ne joue pas un répertoire Beatles prolongé par quelques standards ; le spectacle repose sur l’alternance de plusieurs catalogues, Ringo assurant la cohésion de la soirée au chant comme à la batterie.
Le passage allemand s’insère dans une séquence européenne particulièrement resserrée : après le Zénith de Paris du 8 juillet, le groupe gagne Hambourg, Cologne et Aschaffenburg, rejoint Montreux le 13 juillet puis Berlin le 15. Le concert de Montreux a fait l’objet de publications audio et vidéo ultérieures, mais ces supports ne décrivent pas mécaniquement le programme de Hambourg ou de Cologne. Une liste attribuée à une soirée doit être reliée à sa propre provenance. Le nom de la Deutschlandhalle à Berlin est celui du concert répertorié ; la mention d’un Sommergarten dans des annonces antérieures doit rester attachée au dossier des changements de programmation.
Cette tournée permet également de distinguer chanson, interprète et auteur. « Girls Talk » est associée à la voix de Dave Edmunds sur scène mais son auteur est Elvis Costello ; « Rocky Mountain Way » appartient au patrimoine de Joe Walsh, alors que « Yellow Submarine » conserve la mémoire des Beatles dans la partie chantée par Ringo. Le fait qu’une œuvre figure dans plusieurs villes ne garantit ni l’ordre exact des interprétations ni une durée identique. Les quatre notices ci-dessous constituent les unités documentaires de référence.
Accéder aux notices de concerts
10 juillet 1992 — Hambourg, Stadtpark Freilichtbühne.
11 juillet 1992 — Cologne, Tanzbrunnen.
12 juillet 1992 — Aschaffenburg, Unterfrankenhalle.
15 juillet 1992 — Berlin, Deutschlandhalle.
1998 : l’Allemagne dans la tournée européenne de la quatrième formation
La quatrième formation fait entendre des traditions du rock britannique et américain dans une combinaison originale : Peter Frampton apporte ses chansons de guitariste-chanteur ; Jack Bruce reprend une part du répertoire de Cream ; Gary Brooker représente Procol Harum ; Simon Kirke rappelle Free et Bad Company ; Mark Rivera assure notamment saxophone et claviers, tandis que Ringo assure voix et batterie. Ce choix instrumental permet de passer de « Sunshine of Your Love » à « A Whiter Shade of Pale » sans que la soirée se transforme en succession de groupes originaux reconstitués. Les musiciens travaillent comme un même orchestre, et non comme des formations séparées.
Les concerts de Stuttgart et Chemnitz en août puis ceux d’Essen, Hambourg et Bonn au début de septembre forment deux séquences de cette tournée. Le récit d’un spectateur-musicien à Stuttgart le 12 août, conservé dans des archives liées à Gary Brooker, décrit la disposition de la scène, la batterie Ludwig blanche de Ringo et la place centrale de Jack Bruce. Ce témoignage est précieux pour une soirée précise ; il ne peut être projeté sans précaution sur les cinq dates. Les journaux de tournée attribués à Jack Bruce apportent un autre éclairage sur les déplacements européens, mais ils doivent être datés et confrontés aux lieux répertoriés.
La mise en regard de Chemnitz et des dates de début septembre illustre les limites des calendriers reproduits après coup. La représentation de Bonn est désignée dans la base actuelle sous le nom « Ausstellungshalle » ; d’autres documents emploient « Bundeskunsthalle ». Cette variation mérite d’être conservée comme question de désignation de la salle, non comme preuve de deux concerts. De même, une affiche de tournée n’autorise pas à attribuer un rappel ou un invité particulier à chacune des étapes.
Accéder aux notices de concerts
12 août 1998 — Stuttgart, Freilichtbühne Killesberg.
13 août 1998 — Chemnitz, Theaterplatz.
1er septembre 1998 — Essen, Grugahalle.
2 septembre 1998 — Hambourg, Stadtpark Freilichtbühne.
3 septembre 1998 — Bonn, Ausstellungshalle.
2011 : cinq villes allemandes et l’anniversaire de Ringo à Hambourg
L’étape allemande de 2011 prend place dans le prolongement de la onzième formation, constituée autour de Ringo Starr, Rick Derringer, Wally Palmar, Richard Page, Gary Wright, Edgar Winter et Gregg Bissonette. Leur répertoire confronte des succès de rock, de pop et de synthétiseurs : « Rock and Roll, Hoochie Koo », « What I Like About You », « Kyrie », « Dream Weaver » ou « Frankenstein » appartiennent à des histoires de groupe et de studio distinctes. La représentation All-Starr est une nouvelle interprétation de ces œuvres, et ne transfère pas à ses musiciens tous les crédits des enregistrements originaux.
Le concert du 7 juillet 2011 à Hambourg coïncide avec le soixante et onzième anniversaire de Ringo Starr. Cette coïncidence est un repère biographique indiscutable, mais elle ne suffit pas à affirmer la présence d’une chanson d’anniversaire ou d’un invité sans source propre à cette soirée. Düsseldorf, Berlin, Munich et Francfort-sur-le-Main composent ensuite l’autre partie de la séquence allemande documentée, avec des salles aux caractéristiques acoustiques différentes. Le parcours montre le retour du groupe sur le continent après la série européenne de la fin des années 1990.
La fiche de chacune de ces villes conserve sa liste musicale et ses éventuelles précisions d’effectif. Il est important de ne pas prendre les fonctions attribuées à un directeur musical, ou des participations ultérieures pendant la même année, comme la preuve automatique de sa présence sur scène dans tous les concerts allemands. La rubrique historique explique le contexte ; les fiches datées tranchent uniquement ce que la documentation de la soirée permet de confirmer.
Accéder aux notices de concerts
7 juillet 2011 — Hambourg, Stadtpark Freilichtbühne.
10 juillet 2011 — Düsseldorf, Philipshalle.
12 juillet 2011 — Berlin, Tempodrom.
13 juillet 2011 — Munich, Circus Krone.
16 juillet 2011 — Francfort-sur-le-Main, Jahrhunderthalle.
2018 : quatre concerts joués, une date reportée et une formation renouvelée
La treizième formation de 2018 change à nouveau l’équilibre des styles. À Ringo se joignent Steve Lukather (Toto), Colin Hay (Men at Work), Gregg Rolie (Santana et Journey), Graham Gouldman (10cc), Warren Ham et Gregg Bissonette. Les chansons de 10cc, de Toto, de Men at Work et de Santana se croisent ainsi dans une set-list qui accorde une place considérable à la pop et au rock des décennies 1970 et 1980. La tournée annoncée par le site officiel de Ringo prévoyait notamment Flensburg, Hambourg, Berlin et Zwickau.
Les archives permettent de corriger un détail important : le concert hambourgeois annoncé pour le 10 juin 2018 est reporté au 11 juin. Il ne s’agit pas de deux performances successives. La base conserve la notice du 10 juin comme date prévue et reportée, distincte de la fiche du spectacle effectivement donné le 11 juin. Cette différence doit être répercutée dans toutes les synthèses de l’année et dans les décomptes de concerts réellement joués.
La soirée de Hambourg présente aussi un intérêt historique particulier en raison de la participation de Klaus Voormann au final, documentée dans la notice du 11 juin. Sa présence renvoie à une autre époque des musiques de Liverpool et de Hambourg, mais elle n’en fait pas un membre permanent du All-Starr Band de 2018. Un invité ponctuel doit rester associé à une date précise ; l’annoncer sur l’ensemble de la tournée serait une erreur. Les quatre notices suivantes correspondent aux concerts joués en Allemagne cette année-là.
Accéder aux notices de concerts
9 juin 2018 — Flensburg, Flens-Arena.
11 juin 2018 — Hambourg, Stadtpark Freilichtbühne.
16 juin 2018 — Berlin, Tempodrom.
17 juin 2018 — Zwickau, Stadthalle.
Hambourg, ville de mémoire : pourquoi les retours sont significatifs
La ville de Hambourg occupe une place biographique singulière dans la vie de Ringo Starr : au début des années 1960, il y travaille avec Rory Storm and the Hurricanes, tandis que les Beatles s’y produisent avant qu’il ne les rejoigne. Les concerts du All-Starr Band, plusieurs décennies plus tard, ne sont pas des reconstitutions de cette période. Les groupes, les salles, les spectateurs et les répertoires appartiennent à d’autres époques. Leur rapprochement permet néanmoins de réfléchir à la continuité du musicien de scène plutôt qu’à une simple nostalgie des débuts.
Le Stadtpark apparaît dans les fiches de 1992, 1998, 2011 et 2018. Cette récurrence est utile aux archivistes : une photographie annotée « Hambourg, Stadtpark » demeure ambiguë tant qu’on n’a pas identifié la formation ou la date du cliché. Une image montrant Zak Starkey et Joe Walsh doit être analysée dans le contexte musical de 1992 ; des portraits de Frampton, Bruce ou Brooker renvoient à 1998 ; ceux de Lukather et Gouldman invitent à vérifier 2018. Ce sont des indices d’attribution, non une licence pour déduire automatiquement le jour exact.
Pour les amateurs de documents historiques, la méthode recommandée consiste à rapprocher billet, affiche, photographe, composition du groupe et set-list attestée. Le guide iconographique du dossier fournit les règles de datation, tandis que les fiches de concerts conservent les détails propres à chaque passage hambourgeois.
Berlin et les changements de lieux : ne jamais compter deux fois
L’histoire berlinoise permet de distinguer trois moments : la tournée de 1992 à la Deutschlandhalle, la représentation de 2011 au Tempodrom et celle de 2018 au même Tempodrom. Les formations diffèrent sensiblement, même si la présence de Ringo constitue le fil conducteur. En 1992, la question de la salle annoncée avant le concert mérite une attention spéciale : la fiche de la programmation initiale au Sommergarten ne doit pas être additionnée à celle du concert de la Deutschlandhalle pour produire un faux second spectacle.
Une même erreur de décompte peut survenir pour une représentation reportée, une soirée annulée, un changement de salle ou une captation publiée plusieurs années plus tard. L’organisation de l’encyclopédie doit garder une seule notice d’événement exécuté, tout en permettant de consulter les notices documentaires des annonces initiales. C’est la distinction entre l’histoire des spectacles et celle de leur promotion.
Comparer les chansons sans fabriquer une set-list allemande unique
Les chansons entendues en Allemagne entre 1992 et 2018 témoignent de la longévité de la formule All-Starr, mais non d’un répertoire stable. Ringo conserve des titres liés à sa discographie et aux Beatles ; ses partenaires, eux, renouvellent presque entièrement les autres séquences. Il serait artificiel de présenter un « concert allemand type » de vingt ou vingt-cinq numéros, comme si Cologne 1992, Chemnitz 1998, Munich 2011 et Flensburg 2018 relevaient d’une même partition.
Le statut des œuvres requiert une deuxième précaution. « With a Little Help from My Friends » peut former le final collectif, parfois suivi d’une citation de « Give Peace a Chance ». Une base compte quelquefois deux titres quand un compte rendu de concert décrit un seul rappel continu. Les décomptes doivent signaler les medleys, fragments et variations, afin de ne pas donner des totaux trompeurs. À ce sujet, l’étude des medleys et rappels précise les critères de classement.
Une troisième distinction concerne les interprètes : une chanson liée à Cream n’a pas nécessairement été composée par tous les membres de Cream ; une chanson des Guess Who peut être portée sur scène par Burton Cummings sans que le groupe originel soit présent. Les notices d’œuvres du All-Starr Band servent à retrouver les auteurs, les versions originales et les emplois dans les tournées, tandis que les fiches allemandes conservent l’attribution de la représentation.
Billets, presse, images et supports : construire une histoire vérifiable
L’historien d’un spectacle cherche au moins une attestation pour la date et la salle, une preuve de son exécution et, lorsque c’est possible, un programme de chansons propre à la soirée. Une publicité publiée avant la tournée confirme une annonce ; elle ne garantit pas l’exécution. Un billet vendu ne prouve pas qu’il a été scanné à l’entrée. Une photographie de presse démontre plus lorsqu’on connaît l’identité du photographe, sa légende originale et son contexte. Un disque de concert ou un film publié peut être édité à partir d’une seule représentation ou assemblé à partir d’autres sources.
Il convient enfin de conserver les variations orthographiques des noms de salles sans inventer plusieurs événements. Les mentions anglaises, allemandes et françaises d’un même endroit peuvent différer ; certaines institutions changent de dénomination au cours des décennies. Pour les villes allemandes, le lecteur trouvera ici la graphie française du nom de la ville et, dans chaque notice datée, le nom du lieu tel que documenté. Les incertitudes restent exprimées clairement, plutôt que masquées sous une apparente précision.
Les renvois vers la concertographie intégrale, les formations par tournée et la discographie live sont volontairement internes au dossier : ils permettent au lecteur de passer de la géographie aux musiciens, puis des musiciens aux œuvres, sans quitter Yellow-Sub.net.
Compléter le panorama européen : Italie, sept concerts joués en 1992, 2011 et 2018, plus une date annulée. Les fiches nationales sont complémentaires et ne recopient pas les set-lists de concerts.
L’Allemagne au sein des itinéraires européens
Les étapes allemandes de 1992, 1998, 2011 et 2018 ne constituent pas une série musicale uniforme. Elles s’inscrivent dans des tournées aux distributions et aux répertoires différents ; les rapprocher permet d’étudier les salles, les réseaux de promotion et le retour régulier de Ringo dans les villes allemandes, non de fabriquer une set-list nationale. Les enquêtes complémentaires sur l’Italie et l’Europe du Nord prolongent cette lecture par territoire. Pour les dates sujettes à report ou annulation, l’enquête consacrée aux spectacles non joués précise pourquoi un engagement annoncé ne doit pas être comptabilisé comme une représentation effective.
Comment utiliser cette étude avec les fiches de concerts
Cette synthèse est un atlas historique, non une deuxième copie des programmes. Pour examiner une soirée particulière, cliquer sur sa date dans les quatre ensembles chronologiques ; la notice de concert présente la salle, la formation et les chansons documentées pour cet événement. Pour comparer les musiciens entre deux périodes, ouvrir la liste des formations ; pour vérifier la composition et l’auteur d’une chanson, consulter sa notice musicale ; pour étudier une photo, employer la méthode de provenance iconographique.
La méthode évite la cannibalisation éditoriale : les pages de 1992, 1998, 2011 et 2018 répondent à une recherche « concert + date + ville », tandis que cette monographie répond à une recherche historique sur l’ensemble des concerts de Ringo Starr en Allemagne. Les renseignements susceptibles d’évoluer — attribution d’une photographie, document de billetterie redécouvert, programme contradictoire — doivent être corrigés dans la fiche primaire puis résumés ici, et non dupliqués sans contrôle.
Lire aussi : Le All-Starr Band en France · Ringo au Japon · L’ensemble des études historiques.












