Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

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Ringo Starr au Japon avec le All-Starr Band : cinq générations de tournées, de 1989 à 2019

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De la première formation de 1989 aux concerts de la quatorzième en 2019, le Japon offre des jalons pour observer le changement des artistes et des chansons.

1989 : les premiers concerts japonais

La première équipe parcourt l’Amérique du Nord pendant trente représentations avant sept dates japonaises à l’automne 1989. Ringo voyage alors avec Joe Walsh, Nils Lofgren, Rick Danko, Dr. John, Billy Preston, Clarence Clemons, Levon Helm et Jim Keltner. Cette tournée n’est pas une simple succession de chansons des Beatles : elle confronte la soul, le blues de La Nouvelle-Orléans, l’univers de The Band et le rock américain. Le Japon accueille donc dès l’origine la version la plus large du concept All-Starr, une revue de carrières complètes plutôt qu’un concert entièrement centré sur un ancien Beatle.

1995 : le Japon ouvre cette fois la tournée

La synthèse des cinq périodes japonaises est complétée par l’enquête détaillée sur les sept concerts de 1989. Celle-ci décrit l’itinéraire du premier séjour ; la présente page compare les générations de tournées sans reproduire les set-lists propres à chaque concert.

Six ans plus tard, le troisième All-Starr Band commence son parcours japonais le 14 juin 1995 à Morioka. Onze dates sont recensées jusqu’au 28 juin à Hamamatsu, avec des arrêts notamment à Osaka, Nagoya et Tokyo. Les 26 et 27 juin au Nippon Budokan doivent être indexés séparément. La formation réunit Randy Bachman, Mark Farner, Billy Preston, Felix Cavaliere, John Entwistle, Mark Rivera et Zak Starkey. L’album commercial paru en 1997 à partir de bandes de cette tournée n’appartient pas à la formation qui circulait alors sur scène.

Deux disques ne font pas deux tournées

Le cas du Budokan souligne l’intérêt d’une distinction bibliographique : la soirée du 27 juin 1995, sa captation et le disque Blockbuster commercialisé en août 1997 relèvent de trois dates ou statuts documentaires. L’album peut contenir un choix de morceaux plus court que le programme exécuté devant le public. L’historien du concert ne doit pas compléter une setlist par le disque sans vérification et le collectionneur doit relever les données de son exemplaire physique.

2013 : une étape au milieu d’un trajet transpacifique

La douzième formation revient au Japon en février et mars 2013 après des étapes en Nouvelle-Zélande et en Australie. Tokyo accueille deux concerts au Zepp les 25 et 26 février, Nagoya le 27, Osaka le 1er mars puis le festival U-EXPRESS à Makuhari Messe, Chiba, le 2 mars. Cette dernière date relève d’une affiche collective organisée par Universal Music Japan et doit être comptée séparément. L’équipe associe Steve Lukather, Gregg Rolie, Todd Rundgren, Richard Page et Gregg Bissonette à d’autres multi-instrumentistes. Toto, Santana, Mr. Mister et Rundgren donnent à ce programme une autre couleur que les chansons des Who ou des Rascals présentées en 1995.

2016 : de nouvelles villes et quatre dates à Tokyo

En octobre et novembre 2016, la même grande période de formation visite Osaka le 24 octobre, Nagoya le 25, Fukuoka le 27 et Hiroshima le 28. Tokyo reçoit le groupe le 30 octobre au NHK Hall, puis les 31 octobre et 1er et 2 novembre à l’Orchard Hall. Chaque concert de Tokyo doit être traité individuellement. La suite de la tournée passe notamment par Séoul et Honolulu, inscrivant la campagne japonaise dans un parcours plus vaste que l’archipel.

2019 : l’arrivée de Hamish Stuart change la musique

Le quatorzième All-Starr Band parcourt à son tour le Japon au printemps 2019, entre Fukuoka, Hiroshima, Sendai, Kōriyama, Tokyo, Nagoya, Amagasaki et Osaka. Hamish Stuart remplace Graham Gouldman dans le groupe et introduit des chansons liées à l’Average White Band. Pick Up the Pieces, Cut the Cake et Work to Do coexistent avec les titres de Toto, Santana et Men at Work. Une affiche portant « Ringo Starr 2019 Japan » est donc insuffisante pour identifier une salle précise ou une version particulière d’un morceau.

Ce que révèlent ces cinq périodes

Les voyages japonais permettent de comparer les formations sur trente ans. Les musiciens changent, la programmation accueille des répertoires neufs, mais Ringo conserve le rôle de trait d’union entre les chansons des Beatles et celles de ses invités. Le pays demeure une constante géographique ; il n’y a pas de continuité instrumentale entre toutes les tournées. Pour le chercheur, l’enjeu consiste à conserver année, ville, salle, date et formation sans transformer les listes de plusieurs années en une seule chronologie indifférenciée.

Le catalogue japonais des objets

Les billets, magazines, affiches, programmes locaux et supports commerciaux japonais portent parfois des graphies spécifiques en japonais ou en alphabet latin. Une base exhaustive conservera les inscriptions originales, une translittération pour la recherche et un identifiant de concert par date. Les pressages japonais d’albums live devront être décrits lorsqu’un exemplaire est confirmé, mais ne doivent pas être postulés automatiquement parce qu’une tournée a eu lieu au Japon.

Le Japon, laboratoire de réception

Les tournées japonaises ont une valeur documentaire qui dépasse le simple relevé des villes. Elles permettent de suivre la réception d’une formule créée aux États-Unis en 1989, puis remaniée à plusieurs reprises. La répétition d’un même succès sur des scènes différentes ne signifie pas que la composition de l’orchestre, les arrangements ou les interventions vocales soient demeurés identiques.

Le rapprochement des étapes de 1989 et de 1995 est particulièrement éclairant : entre-temps, le projet a adopté le principe d’une nouvelle distribution de vedettes au fil des tournées. Il faut donc rattacher chaque enregistrement japonais à la formation exacte, et non à l’expression générale « All-Starr Band ».

Identifier l’événement, le support et l’image

Une photographie légendée « Japan tour » peut montrer les répétitions, une conférence de presse ou un concert ; sa date de publication n’est pas nécessairement la date de prise de vue. Le même principe s’applique aux vidéos mises en ligne tardivement, dont les titres éditoriaux sont parfois plus précis que leurs métadonnées.

En discographie, la même précaution concerne les captations : une image de Budokan, une édition commerciale sortie plusieurs années plus tard et une publicité contemporaine de la tournée ne sont pas des documents interchangeables. Chaque objet possède son propre historique, son territoire de diffusion et, lorsqu’il est connu, son numéro de catalogue.

Pourquoi confronter les répertoires ?

Le retour du groupe au Japon à différentes étapes de son existence aide à mesurer les déplacements de son identité musicale. Les années 1990 accordent une forte place aux vedettes du rock classique ; les formations plus tardives croisent aussi pop sophistiquée, soul et succès des années 1980. Mais ce constat général ne suffit pas à attribuer à une soirée déterminée tous les titres d’un programme habituel.

Pour chaque date japonaise, la meilleure unité documentaire reste la notice de concert : musiciens identifiés, chansons effectivement constatées, variantes de programme, provenance de la captation et degré de certitude. Les tableaux récapitulatifs conservent leur utilité à condition de ne pas remplacer les preuves de terrain.

Le Japon dans les archives de tournée : documents et limites

Pour comprendre la place du Japon dans l’histoire du All-Starr Band, il convient de distinguer le calendrier annoncé, les représentations attestées et les supports ultérieurement publiés. Un billet ou un programme de tournée fournit une information sur l’organisation commerciale et la communication auprès du public, mais ne prouve pas à lui seul l’exécution d’une chanson ni la présence effective de tous les musiciens annoncés. Les différences entre les tournées de 1989, 1995, 2013, 2016 et 2019 ne peuvent être ramenées à une liste unique de succès. Les archives matérielles et les fiches de tournées fournissent deux niveaux de preuve complémentaires.

Conserver les parcours japonais sans dupliquer les concerts

La synthèse géographique expose les continuités historiques et les transformations musicales des voyages japonais ; chaque représentation datée conserve sa propre notice lorsque ses sources le permettent. L’étude des photographies sert à identifier les musiciens et les lieux, tandis que le catalogue musical replace les œuvres dans leur histoire. Un même concert peut être cité par plusieurs études transversales sans que sa set-list soit recopiée dans chacune : le lien vers la notice canonique évite cette répétition et facilite l’accès sur mobile.

Étude complémentaire

Pour approfondir cette lecture, consulter l’étude encyclopédique De Dallas à l’Olympia : les salles du All-Starr Band, également publiée dans le dossier historique de Ringo Starr et de son All-Starr Band.

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