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Ringo Starr et le All-Starr Band au Japon en 1989 : sept concerts, six villes et le retour au Budokan
Du Rainbow Hall de Nagoya le 30 octobre à la Yokohama Arena le 8 novembre, la première formation du All-Starr Band donne sept concerts japonais : une étape essentielle de sa première année d’existence, vingt-trois ans après les représentations des Beatles au Nippon Budokan.
Deux volets d’une première tournée
La tournée inaugurale de Ringo Starr & His All-Starr Band n’est pas une succession uniforme de dates américaines. Elle comporte un premier parcours nord-américain de juillet à septembre, suivi d’une reprise au Japon entre le 30 octobre et le 8 novembre 1989. Il convient de distinguer cette continuité artistique de la continuité chronologique : après les concerts californiens de septembre, plusieurs semaines séparent les deux parties de la tournée. La séquence japonaise constitue ainsi un ensemble cohérent, disposant de son propre itinéraire et d’une importance particulière pour la réception internationale du projet.
En 1989, le principe du All-Starr Band est encore nouveau. Ringo dirige une troupe de musiciens dont les carrières forment autant de chapitres d’histoire du rock et du rhythm and blues. Il ne présente ni un concert uniquement consacré aux Beatles, ni un récital de ses seuls succès individuels : l’affiche repose sur l’alternance des chanteurs, avec une formation commune servant de groupe d’accompagnement à chacun.
Sept représentations dans six villes
Le calendrier japonais comprend Nagoya le 30 octobre, Osaka le 31 octobre, Hiroshima le 2 novembre, Fukuoka le 3 novembre, deux concerts à Tokyo les 6 et 7 novembre, puis Yokohama le 8 novembre. Le décompte est donc de sept représentations pour six villes, Tokyo étant la seule étape répétée. Il s’agit de concerts distincts : les réunions successives au Nippon Budokan ne doivent pas être fusionnées en une date unique, pas plus que la tournée japonaise ne doit être réduite à sa seule halte à Tokyo.
L’examen de l’itinéraire fait apparaître une circulation d’ouest en est, depuis les grandes salles du centre et de l’ouest du Japon jusqu’à la région de la capitale. Pour le chercheur, cette lecture géographique est utile : les documents promotionnels peuvent annoncer une ville plutôt qu’un nom de salle, ou employer des transcriptions différentes d’un même équipement. Les variations de romanisation, notamment dans les noms japonais, ne doivent pas conduire à créer deux concerts distincts.
- 30 octobre 1989 — Rainbow Hall, Nagoya, Japon
- 31 octobre 1989 — Castle Hall, Osaka, Japon
- 2 novembre 1989 — Sun Plaza, Hiroshima, Japon
- 3 novembre 1989 — Kyuushyuu Kousei Nenkin Kaikan, Kyushu, Japon
- 6 novembre 1989 — Nippon Budokan Hall, Tokyo, Japon
- 7 novembre 1989 — Nippon Budokan Hall, Tokyo, Japon
- 8 novembre 1989 — Yokohama Arena, Yokohama, Japon
Une formation constituée de plusieurs traditions musicales
La première formation est conduite par Ringo Starr, entouré de Joe Walsh, Nils Lofgren, Rick Danko, Dr. John, Billy Preston, Clarence Clemons, Levon Helm et Jim Keltner. Cette liste ne doit pas être interprétée comme un simple inventaire des instruments : elle rassemble notamment l’héritage du Band, des musiciens liés au E Street Band, l’histoire du rock des Eagles et de James Gang, la tradition musicale de La Nouvelle-Orléans et l’expérience de Billy Preston auprès des Beatles.
La coexistence de plusieurs batteurs, d’instrumentistes polyvalents et de chanteurs reconnus permet de redistribuer les rôles pendant la soirée. Ringo peut quitter momentanément son siège de batterie pour chanter à l’avant-scène ; les autres musiciens deviennent tour à tour solistes et accompagnateurs. Il faut cependant éviter d’attribuer mécaniquement à chaque concert une répartition instrumentale identique : pour établir qui joue quelle partie sur une date donnée, un enregistrement ou un document précis est préférable à la simple liste des membres.
Les 6 et 7 novembre : le Nippon Budokan et la mémoire des Beatles
Le passage des 6 et 7 novembre 1989 au Nippon Budokan, à Tokyo, possède une valeur symbolique que n’a pas nécessairement une étape ordinaire de tournée. C’est dans cette salle que les Beatles avaient donné leurs concerts japonais de 1966. Le retour de Ringo sur cette scène, vingt-trois ans plus tard, se déroule toutefois dans une configuration artistique radicalement différente : non plus le quatuor de Liverpool, mais un orchestre construit autour des répertoires croisés de plusieurs vedettes.
Il convient de ne pas confondre les deux soirées : chaque concert appelle sa fiche datée et ses propres éléments de preuve. Une photographie du Budokan ou un souvenir de spectateur attribué à « novembre 1989 » ne permet pas, à lui seul, de choisir entre le 6 et le 7 novembre. Cette distinction est déterminante pour dater les captations et comparer les set-lists.
Comment lire les chansons d’un All-Starr Band
Les morceaux chantés par Ringo — notamment It Don’t Come Easy, Yellow Submarine et Act Naturally — coexistent avec les compositions ou succès associés aux autres membres. The Weight ouvre sur l’histoire du Band ; Iko Iko sur celle de Dr. John et de la musique de La Nouvelle-Orléans ; Shine Silently sur la carrière de Nils Lofgren. Le passage d’une œuvre à l’autre fait entendre une histoire collective plutôt qu’une discographie exclusive de Ringo.
Une méthode rigoureuse sépare l’auteur de la chanson, son interprète original, le musicien qui la chante au sein du All-Starr Band et la version précisément attestée pour chaque date. Act Naturally, par exemple, n’est pas une composition de Ringo même si son interprétation avec les Beatles lui est associée. De même, la présence de Billy Preston dans le groupe ne transforme pas en œuvre de Preston chaque titre des Beatles sur lequel il intervient.
Ce que confirment les archives — et ce qu’elles ne confirment pas
La chronologie des sept dates est documentée par les archives de la tournée. L’historique officiel de la Yokohama Arena mentionne expressément le concert de Ringo Starr du 8 novembre 1989, confirmation indépendante particulièrement précieuse pour le dernier soir japonais. Les archives de concerts et les chronologies spécialisées convergent également sur les dates de Nagoya, Osaka et Tokyo.
En revanche, le calendrier ne prouve pas à lui seul la durée exacte des concerts, la présence de chaque titre dans chaque représentation ou la composition des rappels. Les fiches datées publiées au sein de ce dossier ont précisément vocation à conserver ces distinctions. Un programme imprimé documente une intention ; une captation documente une exécution ; une chronique publiée après le concert apporte un autre type de témoignage. La valeur historique de ces trois documents n’est pas interchangeable.
Cette tournée japonaise marque surtout un basculement : le concept créé au cours de l’été 1989 s’exporte hors d’Amérique du Nord dès sa première année, avant de devenir le principe durable des tournées de Ringo Starr.
1989, 1995 et 2019 : trois échelles de comparaison
L’étape japonaise de 1989 est à replacer dans l’histoire de plusieurs retours successifs du All-Starr Band au Japon. Trois niveaux d’analyse doivent toutefois rester distincts. Le premier est celui de la tournée : combien de représentations sont annoncées, dans quelles villes et avec quelle formation ? Le deuxième est celui du concert : quels morceaux ont réellement été joués à une date déterminée, et quels témoignages permettent de l’établir ? Le troisième est celui de l’histoire musicale : comment les chansons de Ringo se répartissent-elles avec les succès personnels des invités ? Mélanger ces niveaux conduit à transformer un programme de tournée en set-list prétendument identique pour toutes les soirées.
Pour effectuer cette comparaison sans reproduire les notices individuelles, le lecteur peut confronter les archives de la tournée inaugurale à l’étude du concert de Morioka du 14 juin 1995, puis à l’itinéraire japonais de 2019. Ces trois dossiers ne sont ni des témoignages interchangeables ni trois versions d’un même événement : ils renseignent des formations, des périodes et des répertoires différents.
La comparaison doit enfin tenir compte du statut des pièces documentaires. Une annonce de tournée atteste une intention de programmation ; un billet témoigne d’une représentation prévue ; une photographie permet parfois de reconnaître des musiciens ; une captation ou un compte rendu contemporain peut documenter certains titres joués. Aucun de ces éléments, pris isolément, ne suffit toujours à reconstituer l’intégralité d’un concert. La distinction est essentielle lorsque l’on rapproche le souvenir des Beatles au Budokan en 1966 de la scène du All-Starr Band en 1989 : la continuité biographique de Ringo Starr ne doit pas masquer deux ensembles musicaux et deux contextes historiques différents.
Poursuivre l’enquête : genèse, orchestration et disque live
Les concerts japonais prolongent le travail de la première formation de 1989, mais leurs programmes doivent être analysés date par date. Pour retracer les étapes précédentes, trois enquêtes complémentaires sont disponibles dans le même dossier : la première soirée de Dallas, l’étude de l’orchestration du groupe et l’histoire du premier disque live et de ses éditions.
Une précaution documentaire s’impose : la présence d’un morceau sur une publication live ne démontre pas son interprétation à Nagoya, Tokyo ou Yokohama. Il faut distinguer la date et le lieu de captation de la date de commercialisation, et confronter le contenu des disques aux fiches de concerts.
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