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1989–1990 : du Greek Theatre au premier album live du All-Starr Band, guide des éditions
La première tournée et le premier album officiel ne sont pas un même objet : la soirée filmée à Los Angeles, le programme complet et les disques publiés possèdent chacun leur chronologie.
Trois dates qu’il ne faut jamais mélanger
La première apparition du groupe a lieu à Dallas le 23 juillet 1989. Des concerts du Greek Theatre de Los Angeles sont donnés au début de septembre, avec une captation dont l’histoire nourrit les sorties commerciales. L’album Ringo Starr and His All-Starr Band paraît en 1990. Une notice qui daterait tout le projet de 1990 effacerait donc la tournée elle-même ; une autre qui présenterait l’album comme la bande intégrale de Dallas commettrait l’erreur inverse.
La captation associée au Greek Theatre est documentée le 3 septembre 1989. Plusieurs éditions audiovisuelles ont circulé sous des titres ou habillages différents. Ce constat oblige à distinguer la performance, le montage, le master et le support vendu : quatre entités qui ne se remplacent pas.
L’album : un choix éditorial, pas la soirée intégrale
Le programme du spectacle de 1989 est long et comporte des interventions de presque tous les musiciens. Le premier album live, publié en 1990, propose une sélection plus resserrée. Il rassemble des classiques interprétés par Ringo, puis des performances associées notamment à Dr. John, Levon Helm et Rick Danko, Nils Lofgren, Clarence Clemons, Billy Preston et Joe Walsh.
Le disque démontre la philosophie du projet, mais il ne permet pas d’affirmer que les chansons absentes du vinyle ou du CD n’ont pas été jouées sur scène. Yellow Submarine, Back Off Boogaloo ou des solos additionnels doivent être recherchés dans les relevés de concerts et les captations, avant d’être associés à l’édition exacte qui les contient.
Les œuvres : des compositeurs à séparer des chanteurs
It Don’t Come Easy et Photograph ramènent le public vers le catalogue de Ringo, la seconde étant signée avec George Harrison. Iko Iko, proposé par Dr. John dans certaines éditions, renvoie à une histoire antérieure du répertoire de La Nouvelle-Orléans. The Weight reste une composition de Robbie Robertson popularisée par The Band. Life in the Fast Lane appartient aux Eagles et a été écrite par Walsh, Glenn Frey et Don Henley.
Ces distinctions ne sont pas des détails de spécialiste : elles empêchent la confusion entre crédits de l’œuvre, interprétation sur le disque source et prestation de la formation de Ringo. Le musicien présent lors du concert n’est pas nécessairement le créateur de la chanson ; sa présence n’autorise pas à réécrire la généalogie du morceau.
Vidéo, laserdisc, VHS : un autre corpus
Une captation du Greek Theatre est documentée sous la forme de programmes télévisés et d’éditions sur supports vidéo, dont VHS et laserdisc. Le minutage des films et la liste des numéros ne coïncident pas obligatoirement avec ceux du disque audio. Des montages peuvent conserver des séquences absentes d’un CD, raccourcir des interventions ou déplacer des éléments scéniques.
Il faut donc inventorier séparément l’image de couverture, le numéro d’édition, le pays, le système vidéo, la date commerciale et, surtout, le contenu réellement présent. Une VHS européenne, un laserdisc américain et une réédition numérique ne doivent pas être artificiellement regroupés sous une seule référence de catalogue.
Les variantes du disque et les pièges des bonus
Certaines rééditions CD ont proposé des pistes supplémentaires. Avant d’attribuer ces bonus au disque original de 1990, il faut comparer la jaquette, le livret et la table des pistes de l’exemplaire. La présence d’une version différente d’It Don’t Come Easy ou d’un Rocky Mountain Way additionnel change le contenu de l’objet de collection, même si l’artiste et le titre général restent identiques.
Un catalogue sérieux associe ainsi à chaque exemplaire un identifiant matériel vérifié : pays de commercialisation, label, support, référence imprimée, nombre de pistes et éventuelles indications sur les bandes utilisées. Les matrices de pressage ne doivent jamais être déduites d’une photo de pochette ni inventées pour compléter une fiche.
Une méthode de classement pour Yellow-Sub.net
La fiche de la tournée 1989 doit répondre à la question « qu’a joué le groupe et où ? ». La fiche du concert filmé précise « à quelle date a été captée cette performance ? ». La fiche du disque ajoute « quelle sélection a été commercialisée, sur quel support et à quel moment ? ». Enfin, les notices de chansons identifient les auteurs, les interprètes et les versions.
Avec ces distinctions, une même œuvre peut réapparaître dans plusieurs notices sans créer de doublon bibliographique. L’historien retrouve les événements, le collectionneur ses pressages et le mélomane l’enchaînement réel des chansons.
Le 3 septembre et le 4 septembre : deux concerts, plusieurs objets éditoriaux
Les dates du Greek Theatre des 3 et 4 septembre 1989 demandent un catalogage distinct. Le premier album de scène de Ringo est lié à une captation de cette période et paraît en 1990, mais son existence ne signifie pas que les deux représentations ont été mixées sans distinction ni que tous les morceaux filmés ont été publiés. Chaque piste doit être identifiée avec sa date de performance lorsqu’elle est connue, puis reliée au support exact où elle apparaît. Il faut également conserver une entrée propre pour le film, dont les choix de montage et de cadrage ne sont pas ceux d’un album sonore.
Un problème fréquent des notices discographiques concerne l’emploi trop général de l’expression « enregistré au Greek Theatre ». Elle identifie un lieu, mais pas nécessairement la soirée, l’ordre de la représentation, les prises retenues ni une éventuelle intervention d’invité. La présence de Garth Hudson ou de Zak Starkey dans certaines archives ne doit pas être étendue à tous les spectacles de la tournée inaugurale à partir d’un seul crédit.
Ce que les critiques contemporaines ajoutent à la captation
Le reportage californien de septembre 1989 décrit une soirée de plus de deux heures et un programme d’environ vingt-six chansons, tout en portant un jugement nuancé sur les qualités de l’orchestre. Ces données permettent d’apprécier le rapport entre l’ampleur de la soirée et les sélections commercialisées. Elles ne remplacent toutefois pas le relevé de chaque représentation : un critique ne transcrit pas nécessairement l’intégralité des titres et peut regrouper un medley ou un final en un seul passage narratif.
La discographie et la vidéographie doivent ainsi travailler avec trois registres complémentaires : la description de la performance, la composition du programme effectivement jouée et le contenu de l’édition publiée. Les différences entre ces registres constituent de véritables faits éditoriaux, pas des erreurs à faire disparaître par simplification.
Le premier album ne contient pas toute la tournée
Les captations issues de 1989 précèdent la sortie commerciale du premier album live en 1990. Les enregistrements du Greek Theatre de Los Angeles sont donc historiquement rattachés à la première équipe, dont plusieurs membres présentent leurs propres chansons plutôt que des reprises des Beatles.
Crédits des chansons, performances et archives à confronter
Il faut comparer les titres effectivement présents sur chaque édition du disque aux programmes de concert. Ainsi The Weight, Rocky Mountain Way et Photograph appartiennent à des catalogues distincts et peuvent être traités à trois niveaux : œuvre, représentation et piste du support. Une différence de piste ne crée pas une nouvelle soirée.
Fiches musicales associées : the weight · rocky mountain way · photograph. Le calendrier des représentations est également répertorié dans la rubrique interne consacrée à cette tournée.












