Ringo Starr et le All-Starr Band, illustration des études historiques

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Dallas, 23 juillet 1989 : naissance du All-Starr Band, programme et répartition des voix

Le premier concert du All-Starr Band n’est pas un simple retour de Ringo Starr : c’est l’invention publique d’une formule où les musiciens invités apportent leurs œuvres, leurs voix et leur histoire.

Une première soigneusement identifiable

Le dimanche 23 juillet 1989, Ringo Starr et ses huit partenaires inaugurent leur première tournée au Park Central Amphitheatre de Dallas, au Texas. Cette date est une borne historique : elle désigne la première représentation publique de la formule, et non l’enregistrement du futur album live, réalisé plus tard à Los Angeles. La première saison se déploie ensuite sur trente dates nord-américaines et sept concerts japonais à l’automne. Distinguer la date de fondation, la date des captations et celle de parution des disques évite un glissement chronologique fréquent dans les notices.

Le principe musical est déjà installé à Dallas. Ringo ouvre avec It Don’t Come Easy, puis passe du répertoire solo à des chansons des Beatles, avant de confier la place centrale aux membres de l’orchestre. Cette construction tranche avec la tournée rock classique, dans laquelle des accompagnateurs anonymes soutiennent un chanteur unique. Ici, la notoriété des partenaires fait partie intégrante du spectacle.

Neuf noms et plusieurs carrières

L’effectif réunit, avec Ringo Starr, Joe Walsh, Nils Lofgren, Rick Danko, Dr. John, Billy Preston, Clarence Clemons, Levon Helm et Jim Keltner. Les filiations sont distinctes : Eagles et James Gang pour Walsh, E Street Band pour Lofgren et Clemons, The Band pour Danko et Helm, blues de La Nouvelle-Orléans pour Dr. John, soul et gospel pour Preston, sessions californiennes pour Keltner. Cette diversité est l’argument esthétique et commercial de la tournée.

Le groupe ne se contente pas de faire apparaître une succession d’invités de passage. Tous participent à la continuité instrumentale de la soirée, y compris lorsqu’une autre personnalité vient au micro. Un relevé rigoureux attribue donc, pour chaque chanson, quatre informations séparées : le titre de l’œuvre, ses auteurs, l’interprète qui en assure le chant ce soir-là et les musiciens de l’orchestre.

La première partie : des Beatles à Dr. John

La setlist rapportée pour Dallas commence par It Don’t Come Easy, No No Song et Yellow Submarine. Elle embraye sur une séquence de Dr. John associant New Island Midnight, Such a Night et Big Mac, puis sur The Weight, Shine Silently et Will It Go Round in Circles. Les titres n’appartiennent pas au même univers de composition : les trois premières chansons incarnent le passé du maître de cérémonie, tandis que la séquence suivante installe d’emblée le principe de l’affiche collective.

La documentation présente parfois la séquence de Dr. John comme un medley sur une seule ligne ; d’autres listes en détaillent les trois éléments. Cette différence ne doit pas être interprétée comme la preuve de concerts distincts. Pour un catalogue des œuvres, trois titres peuvent être relevés ; pour le déroulement de scène, ils constituent éventuellement un seul numéro. C’est une distinction indispensable aux statistiques de setlists.

De The Band aux Eagles : deuxième partie du spectacle

Levon Helm met en valeur The Weight et Up on Cripple Creek, Rick Danko chante notamment The Shape I’m In et Raining in My Heart, tandis que Joe Walsh fait entendre Life in the Fast Lane, Desperado et Rocky Mountain Way. Billy Preston retrouve son succès Will It Go Round in Circles et l’empreinte gospel de That’s the Way God Planned It. Clarence Clemons est mis à l’honneur avec You’re a Friend of Mine et Quarter to Three.

Il serait trompeur de présenter tous ces morceaux comme des compositions de leurs chanteurs de 1989. Desperado relève du catalogue Eagles, The Weight a été écrit par Robbie Robertson et Quarter to Three appartient à l’histoire de Gary U.S. Bonds. L’identité de l’interprète du concert n’est qu’une des couches de la biographie musicale.

La place centrale de Ringo

Ringo conserve ses classiques tout au long du programme : Act Naturally, Honey Don’t, You’re Sixteen, Boys, Photograph, puis Back Off Boogaloo et With a Little Help from My Friends au rappel de Dallas. Plusieurs de ces chansons furent d’abord enregistrées par d’autres artistes ; elles deviennent ici des repères de l’histoire publique du batteur. Leur valeur sur scène ne dépend pas d’un nouveau crédit d’auteur.

Sa présence à la batterie donne également au concert une architecture singulière. Aux côtés de Levon Helm et Jim Keltner, il peut chanter au premier plan sans laisser le groupe sans assise rythmique. L’exacte répartition des fûts doit néanmoins être établie chanson par chanson à partir d’images datées, et non déduite du seul personnel de tournée.

Ce que l’archive permet d’affirmer

La première de Dallas se distingue d’autres spectacles de 1989, où des invités, des titres et parfois des séquences changent. Les relevés de setlists sont précieux pour reconstruire la succession des numéros, mais ne documentent pas à eux seuls les tempos, les prises de parole, les solos ou les arrangements. Un archiviste doit conserver l’intitulé de chaque source et ses limites.

Pour les collectionneurs, un billet daté du 23 juillet, un programme de tournée, une affiche ou une photographie légendée constituent des pièces de contexte ; ils ne sont pas des preuves automatiques qu’une chanson a été enregistrée commercialement. L’album de 1990 demande sa propre fiche discographique, distincte de la chronologie de la première soirée.

Les archives internes du concert fondateur

La chronologie de 1989 conserve les dates de la première tournée. Les huit musiciens fondateurs et leurs chansons font l’objet d’une étude spécifique. Les éditions issues des captations de la tournée sont classées dans les albums live.

Trois chansons pour comprendre cette étape

Le concert fondateur impose d’emblée l’alternance de Ringo et de ses invités. Comparer It Don’t Come Easy, Iko Iko et Life in the Fast Lane montre la distance qui sépare le début de carrière solo de l’ancien Beatle, les traditions de La Nouvelle-Orléans portées par Dr. John et le rock californien de Joe Walsh. Il ne s’agit pas de trois chansons créées par le même orchestre, mais d’un spectacle où une formation nouvelle les réunit.

Le document de concert n’est pas l’enregistrement original

Pour la première soirée, la date et le lieu priment sur le programme-type établi plus tard. Le nombre de batteurs ne permet pas non plus de créditer trois exécutants à chaque titre sans une captation de cette représentation.

Les fiches des dates individuelles doivent être examinées séparément, car la première soirée de Dallas et les captations ultérieures ne sont pas interchangeables.

Dallas et les vocations multiples

L’ouverture du 23 juillet 1989 ne constitue pas un simple concert de Ringo avec quelques invités : The Weight rappelle l’histoire de The Band par Levon Helm et Rick Danko, tandis que Such a Night réintroduit le patrimoine de Dr. John. Ce déplacement constant du chanteur principal est le véritable principe dramaturgique des premières soirées.

Crédits des chansons, performances et archives à confronter

Le lien entre morceaux et artistes doit rester explicite : The Weight est une composition de Robbie Robertson, Such a Night appartient au catalogue de Dr. John et Yellow Submarine garde son crédit Lennon–McCartney. Tous sont accompagnés par une même troupe nouvelle, sans devenir des compositions du All-Starr Band.

Fiches musicales associées : the weight · such a night · yellow submarine. Les dates et la formation sont présentées dans la chronologie interne de 1989.

Le 23 juillet 1989 n’est pas une réunion des Beatles

L’ouverture à Dallas fait entendre les succès de Ringo et ceux de Joe Walsh, Dr. John, Billy Preston, Nils Lofgren et des musiciens issus de The Band. L’idée n’est pas de remplacer Lennon, McCartney ou Harrison : elle consiste à construire une soirée où des artistes confirmés sont, tour à tour, accompagnateurs et chanteurs. Le premier programme marque donc une invention de spectacle, pas une tentative de recréer les Fab Four.

Une genèse aux frontières de plusieurs traditions musicales

La présence de Jim Keltner et Levon Helm autour de la batterie de Ringo élargit les possibilités rythmiques ; Dr. John introduit le langage de La Nouvelle-Orléans et Clarence Clemons une autre tradition des cuivres de rock. Le générique de tournée ne prouve toutefois pas que chacun joue sur toutes les chansons. Les enregistrements commercialisés plus tard doivent être rattachés aux dates de leur captation, et non attribués automatiquement à Dallas.

La comparaison des œuvres, des bandes et des objets matériels est à retrouver dans la discographie des albums live.

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