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Ringo Starr et le All-Starr Band en Italie : concerts de 1992, 2011 et 2018
Sept concerts italiens documentés, une date romaine annulée, des chansons napolitaines à Brescia et trois générations de musiciens : enquête historique sur la présence du All-Starr Band en Italie, de 1992 à 2018.
L’Italie et le All-Starr Band : trois générations de spectacles
Le passage italien du All-Starr Band permet de comparer plusieurs moments essentiels de la carrière de Ringo Starr après les Beatles. Les notices déjà conservées sur Yellow-Sub documentent deux spectacles exécutés en juillet 1992, deux autres en juillet 2011 et trois en juillet 2018. Le corpus comprend donc sept représentations italiennes réparties entre trois formations, auxquelles s’ajoute un huitième document : l’annonce d’un concert romain du 24 juillet 1992 qui fut annulé. Il s’agit ici d’un périmètre précisément défini par les sept fiches de concerts existantes, et non d’une affirmation selon laquelle Ringo n’aurait jamais donné d’autres concerts en Italie.
Ces étapes éclairent la transformation du concept All-Starr. En 1992, la tournée met côte à côte des chanteurs, compositeurs et guitaristes venus des Eagles, du rock américain et de la pop d’auteur. En 2011, les Romantics, Rick Derringer, Edgar Winter et Gary Wright mettent en lumière d’autres courants du rock et de la pop. En 2018, Steve Lukather, Colin Hay, Graham Gouldman et Gregg Rolie font dialoguer Toto, Men at Work, 10cc, Santana et le répertoire de Ringo. Le principe reste le même : chaque invité devient tour à tour soliste et accompagnateur.
La notice géographique n’a pas vocation à recopier ces sept programmes chanson par chanson : ses liens datés permettent au lecteur d’accéder directement à la source primaire conservée dans le site. Le présent texte examine les comparaisons, les variantes et les problèmes de documentation qui traversent les trois périodes.
1992 : Brescia, Marina di Pietrasanta et une Rome qui n’a pas eu lieu
Le deuxième All-Starr Band atteint l’Italie à la fin du parcours européen de juillet 1992. La chronologie interne conserve le concert du 22 juillet au Teatro Tenda de Brescia et celui du 23 juillet au Teatro La Versiliana, à Marina di Pietrasanta. Dans ces deux villes, Ringo retrouve Joe Walsh, Nils Lofgren, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Timothy B. Schmit, Burton Cummings, Tim Cappello et Zak Starkey. La circulation rapide entre deux salles italiennes rappelle le fonctionnement des tournées d’été : un même orchestre doit s’adapter à un nouvel espace et à un public différent sans reconstruire chaque soir son identité artistique.
Le 24 juillet 1992 apparaît par ailleurs dans les premiers calendriers sous la forme d’une représentation au Foro Italico, à Rome. Les archives de tournée indiquent que cette étape fut annulée. Sa fiche a été conservée sur le site avec un statut explicite « concert annulé », sans programme exécuté. La coexistence de trois fiches italiennes portant des dates de juillet ne doit donc jamais conduire à annoncer trois concerts effectivement joués en 1992. On conserve deux spectacles et un événement de programmation, de nature documentaire différente.
Le contenu du programme de Brescia présente un intérêt plus rare encore : la fiche recense « Torna a Surriento » et une « Tarantella » entre « Yellow Submarine » et « Keep On Tryin’ ». Leur présence dans le relevé mérite une étude de répertoire italien, mais il faut résister à l’envie de déduire, à partir de ces deux titres, leur distribution instrumentale ou leur reproduction le lendemain. Les notices Torna a Surriento et Tarantella conservent les recherches propres aux œuvres ; la fiche de Brescia conserve leur place dans l’ordre du concert.
Fiches des concerts joués
22 juillet 1992 — Brescia, Teatro Tenda.
23 juillet 1992 — Marina di Pietrasanta, Teatro La Versiliana.
« Torna a Surriento » et « Tarantella » : une spécificité à documenter
La simple présence de deux références musicales italiennes au sein d’un programme dominé par le rock anglophone soulève une question musicologique : s’agit-il d’interprétations pleinement séparées, de brèves citations ou d’un interlude construit pour le public local ? Le relevé de Brescia attribue deux entrées successives aux titres, mais leur classement dans une set-list ne fournit pas, à lui seul, les renseignements qu’apporterait une bande sonore. Il faut notamment établir la durée, les musiciens mis en avant, l’instrumentation et la continuité ou non de l’accompagnement. L’encyclopédie doit donc préserver l’attestation du programme sans inventer une orchestration.
« Torna a Surriento » renvoie à une tradition napolitaine qui dépasse largement le rock, tandis que « tarantella » peut être l’appellation d’une famille de danses plutôt que l’identification sûre d’une composition unique. Cette différence de statut bibliographique est importante : un titre chanté identifiable et une désignation générique de danse ne se traitent pas automatiquement comme deux œuvres créditées de la même façon. Le classement dans le catalogue musical doit expliciter ce qui est connu du morceau et ce qui nécessite une source enregistrée ou une partition d’époque.
Une archive sonore datée pourrait permettre de préciser le rôle des musiciens et le caractère exceptionnel de la séquence. En son absence, l’enquête conserve le détail rare, explique pourquoi il est intéressant, et évite de l’étendre arbitrairement à d’autres villes italiennes. Cette prudence constitue un apport encyclopédique à part entière.
2011 : le retour, de l’Arena Civica de Milan à la Cavea de Rome
Le troisième juillet 2011, Ringo Starr et son onzième All-Starr Band jouent à l’Arena Civica de Milan ; le lendemain 4 juillet, le groupe se produit à Rome dans le cadre du festival Luglio suona bene, à la Cavea de l’Auditorium. Les deux notices rendent compte d’une formation réunissant Rick Derringer, Wally Palmar, Richard Page, Gary Wright, Edgar Winter et Gregg Bissonette autour de Ringo. Un récit publié dans la presse italienne immédiatement après le spectacle milanais souligne le principe collectif du concert : chacun des musiciens possède un répertoire connu et apporte à la soirée ses propres succès.
L’enjeu musical de ces deux dates est particulièrement net. Les années 1960 des Beatles rencontrent le rock guitaristique de « Rock and Roll, Hoochie Koo », les Romantics, « Kyrie » de Mr. Mister, la pop électronique de « Dream Weaver » et le rock instrumental de « Frankenstein ». Dans ce dispositif, Ringo n’est pas seulement la voix des refrains des Beatles : il est le chef d’orchestre qui assure le passage d’un univers à l’autre. La fiche de chaque concert conserve le programme tel qu’attribué à la soirée, tandis que les biographies des artistes permettent d’identifier les versions de référence et les auteurs.
L’itinéraire italien de 2011 intervient au sein d’une route européenne où figure également Paris le 26 juin. Ce contexte rend la comparaison franco-italienne particulièrement instructive : une chanson fréquente de la tournée ne devient pas automatiquement une performance identique à Paris, Milan et Rome. Les variations de durée, de présentation ou de rappel nécessitent des témoignages datés.
Fiches des concerts joués
3 juillet 2011 — Milan, Arena Civica.
4 juillet 2011 — Rome, Cavea de l’Auditorium.
Les annonces de 2011 : quand deux articles ne donnent pas le même ordre
La presse de juillet 2011 illustre une difficulté élémentaire de la recherche sur les tournées. Un article d’Il Tempo daté du 3 juillet évoque le concert milanais du jour et annonce Rome pour le lendemain ; il concorde avec les fiches conservées dans la concertographie. En revanche, une publication de Sky TG24 du 4 juillet présente la succession inverse, Rome le 3 et Milan le 4. Il serait imprudent de traiter ces deux textes comme des confirmations indépendantes et compatibles : ils se contredisent sur l’ordre des villes.
Pour établir la chronologie de travail, cette étude retient Milan le 3 juillet et Rome le 4 juillet, conformément aux notices documentaires existantes et au récit de presse milanais du 3 juillet. La divergence de l’autre publication demeure un exemple de la valeur inégale des textes promotionnels et des comptes rendus : un article préparé pour annoncer une tournée peut conserver une inversion de dates, tandis qu’un témoignage de concert effectivement publié le soir même possède une autre portée. L’historien doit signaler la contradiction plutôt que la faire disparaître en silence.
Cette méthode peut s’appliquer à l’ensemble du répertoire : une set-list copiée d’une autre ville est une hypothèse de programme, non une transcription établie de la soirée. Une annonce de concert, une photographie prise le jour même et un article relatant la performance ne répondent pas aux mêmes questions.
2018 : trois spectacles italiens après Monaco et l’anniversaire niçois
La tournée européenne de la treizième formation prévoit trois étapes italiennes au début de juillet 2018 : le 8 à la Piazza Napoleone de Lucques, le 9 à la Piazza degli Scacchi de Marostica et le 11 à la Cavea de l’Auditorium Parco della Musica de Rome. Ces dates figurent dans le calendrier officiel de Ringo Starr et ont également été rapportées par la presse italienne. Elles interviennent après une série passant par l’Espagne, le Luxembourg et Monaco. Cet itinéraire ne doit pas être raccourci au point de confondre le concert du 6 juillet à Monte-Carlo, principauté de Monaco, avec une représentation italienne.
Le 7 juillet 2018, Ringo fête ses soixante-dix-huit ans à Nice, en France, lors d’un rendez-vous lié à son message Peace and Love. La proximité de Nice et de la frontière italienne rend cette date importante pour la chronologie de la tournée, mais elle ne devient ni le premier concert italien ni une quatrième soirée de la séquence Lucques–Marostica–Rome. Les lieux, les pays et le statut de l’événement sont des attributs historiques distincts.
La formation réunie sur scène associe Steve Lukather, Colin Hay, Graham Gouldman, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette à Ringo. En 2018, le catalogue de 10cc porté par Gouldman introduit « I’m Not in Love » et « Dreadlock Holiday », celui de Toto permet « Rosanna » ou « Hold the Line », tandis que Colin Hay revisite les chansons de Men at Work. Il ne s’agit pas de concerts des groupes d’origine : les morceaux sont réinterprétés par la troupe du All-Starr Band, dans des arrangements et avec des accompagnateurs différents.
Fiches des concerts joués
8 juillet 2018 — Lucques, Piazza Napoleone.
9 juillet 2018 — Marostica, Piazza degli Scacchi.
11 juillet 2018 — Rome, Cavea de l’Auditorium Parco della Musica.
Lucques, Marostica, Rome : trois relevés, pas un concert unique
Les trois fiches italiennes de 2018 fournissent un exemple précieux de comparaison des relevés attribués à des spectacles très rapprochés. À Lucques, le programme reproduit dans la base compte vingt-trois entrées, à Marostica vingt et une, et à Rome vingt et une également ; les relevés comptent séparément le refrain final de « Give Peace a Chance » et regroupent le medley « Black Magic Woman / Gypsy Queen ». Ces conventions de décompte doivent accompagner les chiffres, faute de quoi le lecteur pourrait croire à des nombres d’œuvres intégrales directement comparables.
Le relevé du 8 juillet à Lucques comprend notamment « Anthem » et « Overkill » entre les grands standards de la tournée, alors que ces deux entrées ne figurent pas dans les listes reproduites pour Marostica et Rome. Cette différence ne démontre pas automatiquement qu’aucun fragment n’a été joué dans ces villes, mais elle interdit de recopier le programme de Lucques à l’identique dans les deux autres notices. La source collaborative utilisée pour ces listes est identifiée dans chaque fiche ; elle n’équivaut pas, à elle seule, à une captation officielle intégrale.
La place des références aux Beatles est elle-même essentielle. « Matchbox », « Boys », « Don’t Pass Me By », « Yellow Submarine », « I Wanna Be Your Man » ou « With a Little Help from My Friends » renvoient à des œuvres, des enregistrements et des rôles très différents de Ringo pendant les années 1960. Sur la scène italienne de 2018, ces titres coexistent avec la carrière solo de Starr et les succès des autres artistes. L’étude du final collectif explique pourquoi « Give Peace a Chance » ne doit pas être automatiquement traité comme un second morceau complet dans toutes les statistiques.
Presse italienne, témoignages et publications : les niveaux de preuve
La présence d’un concert dans le calendrier officiel constitue une preuve d’annonce et de programmation, non une garantie universelle de sa tenue : la date romaine annulée de 1992 rappelle précisément cette limite. À l’inverse, les comptes rendus de presse publiés après une soirée, les photographies prises sur place et les enregistrements datés permettent de documenter l’exécution. Pour 2011 et 2018, la confrontation du calendrier, des récits contemporains et des relevés musicaux constitue une méthode plus sûre qu’une compilation indifférenciée de dates trouvées sur Internet.
La relation entre plusieurs sources demande aussi de contrôler leur indépendance. Deux médias peuvent reproduire la même dépêche d’agence ou la même liste envoyée par une maison de production. Répéter un renseignement identique ne renforce pas son degré de certitude s’il provient d’une seule communication. Pour les programmes musicaux, il faut également distinguer ce qu’un spectateur a réellement entendu de ce qu’une set-list habituelle permet seulement de supposer.
Dans une encyclopédie, les notes internes servent donc à retrouver les documents primaires : le lecteur accède d’abord à une fiche de spectacle, puis à un catalogue de chansons et enfin à des études sur les formations ou les enregistrements. La présente synthèse explique ces liens sans imposer une liste moyenne aux sept soirées.
Des documents de salle à la mémoire musicale des villes
Brescia, Marina di Pietrasanta, Milan, Rome, Lucques et Marostica ne représentent pas un décor interchangeable. Le Teatro Tenda et La Versiliana de 1992 appartiennent à des traditions de spectacles estivaux différentes de l’Arena Civica de Milan ; la Cavea de Rome offre un autre environnement scénique, tandis que les places historiques de Lucques et de Marostica situent la musique dans l’espace urbain. Les notices des concerts sont nécessaires pour attribuer chaque programme à un lieu précis, au lieu de fabriquer un tableau de tournée sans contexte.
Cette géographie ouvre des pistes d’archives : affiches datées, annonces municipales et de festivals, billets, programmes imprimés, presse régionale, bandes radio, photographies et documents de production. Une photo légendée « Rome » ne peut pas, sans autre élément, être attribuée au concert de 2011 ou à celui de 2018 ; l’édition d’une captation en une année donnée ne prouve pas que toutes ses images ont été tournées la même année. Le guide d’identification des photographies et la vidéographie définissent les points de contrôle utiles.
La cohérence de l’encyclopédie repose enfin sur le maintien des URL existantes : toutes les fiches datées, y compris l’archive romaine du 24 juillet 1992, restent accessibles. Ce panorama géographique ajoute une lecture comparative sans déplacer ni fusionner les documents originaux, et les informations que de nouvelles archives permettraient de confirmer devront être reportées d’abord sur les notices précises.
Comparer les étapes italiennes aux autres parcours européens
Les saisons de 1992, 2011 et 2018 doivent être étudiées dans leur contexte respectif. Une ressemblance de répertoire ne signifie ni identité des musiciens ni stabilité des arrangements entre deux tournées distantes de plusieurs années. Pour suivre les déplacements transfrontaliers, le lecteur peut rapprocher cette enquête de l’atlas des concerts en Allemagne et de l’étude de l’Europe du Nord. Dans chaque cas, l’entrée de concert garde la priorité sur les récapitulatifs : elle seule peut porter une liste de chansons attribuée à une date, tandis que les études géographiques analysent des ensembles de lieux et de périodes.
Parcours de lecture : des trois périodes aux musiciens et aux œuvres
Pour explorer ces années sans perdre le fil, il est conseillé de commencer par la série de dates ci-dessus puis de rejoindre la concertographie générale pour replacer les étapes italiennes dans l’itinéraire international. Les formations par tournée expliquent les changements de personnel, tandis que le catalogue des œuvres restitue les auteurs et les interprètes originaux. À partir d’une fiche de concert, les liens du dossier permettent de parcourir ces trois niveaux sans quitter Yellow-Sub.net.
Les deux grandes synthèses géographiques déjà publiées, la France et l’Allemagne, mettent en lumière les mêmes différences entre annonces, concerts et répertoires, tout en conservant chacune un périmètre national propre.
Rome, 24 juillet 1992 : document d’annonce, pas une représentation
La fiche du Foro Italico du 24 juillet 1992 est volontairement conservée pour permettre l’étude des programmes initiaux, avec le statut de concert annulé. Elle ne compte pas parmi les sept représentations italiennes retenues dans cette étude. Aucune set-list exécutée n’est attribuée à cette date.
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