Mary McCartney, photographe, réalisatrice et fille de Paul et Linda McCartney

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Mary McCartney

Photographie, cinéma documentaire et livres : l’univers artistique de la fille de Paul et Linda McCartney.

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Mary McCartney, née Mary Anna McCartney le 28 août 1969 à Londres, est une photographe, réalisatrice de documentaires, autrice culinaire, animatrice de télévision et militante britannique. Fille aînée de Paul McCartney et de la photographe Linda McCartney, elle est le bébé blotti dans la veste de son père au dos de la pochette de McCartney (1970). Trente ans plus tard, elle est devenue l’une des portraitistes les plus identifiables de sa génération : auteure du portrait officiel d’Elizabeth II pour son record de règne en 2015, exposée au Victoria and Albert Museum et à la National Portrait Gallery, réalisatrice d’If These Walls Could Sing (2022), le premier long métrage documentaire consacré aux studios d’Abbey Road, cofondatrice de Meat Free Monday et présentatrice de l’émission culinaire Mary McCartney Serves It Up, nommée aux Daytime Emmy Awards. Cette page en est la fiche de référence : identité, famille, formation, catalogue complet des expositions, livres et films, engagements, vie privée, chronologie détaillée de 1969 à 2026 et questions fréquentes.

En bref

  • Nom complet : Mary Anna McCartney (Mary McCartney Donald pendant son premier mariage)
  • Naissance : 28 août 1969, 1 h 30 du matin, Avenue Clinic, St John’s Wood, Londres ; elle a 57 ans en 2026
  • Parents : Paul McCartney et Linda McCartney, née Eastman (1941-1998)
  • Fratrie : Heather (née en 1962, adoptée par Paul), Stella (1971), James (1977) ; demi-sœur Beatrice (2003)
  • Métiers : photographe, réalisatrice, autrice culinaire, présentatrice, militante pour l’alimentation végétale
  • Œuvre la plus vue : le portrait d’Elizabeth II à son bureau, juillet 2015
  • Film : If These Walls Could Sing (2022), sur les studios d’Abbey Road
  • Collections : V&A, National Portrait Gallery, Royal Academy, Fondation d’entreprise Hermès, Château La Coste
  • Engagement : cofondatrice de Meat Free Monday (2009) avec Paul et Stella
  • Famille : mariée à Simon Aboud depuis 2010 ; quatre fils
  • Actualité 2025-2026 : exposition Striking à Prague (2025), tirage Being Frida pour la Tate Modern (2026), court métrage Finding Faith pour le film de la tournée Faith de George Michael (novembre 2026)

Qui est Mary McCartney ? Fiche d’identité

Mary McCartney est souvent présentée d’un mot, la fille de Paul. La formule est exacte et insuffisante. Elle appartient à la très petite catégorie des enfants de musiciens célèbres dont l’œuvre peut être jugée sur pièces : des tirages entrés dans des collections publiques, des livres publiés par de grands éditeurs d’art, une commande royale, un film présenté au festival de Telluride. Voici les données essentielles, établies à partir de sa biographie officielle, des notices des institutions qui l’exposent, des archives de presse et de notre propre documentation.

Nom de naissance Mary Anna McCartney
Date et lieu de naissance 28 août 1969, Avenue Clinic, 12 Avenue Road, St John’s Wood, Londres
Origine du prénom Mary Patricia McCartney (née Mohin), mère de Paul, morte le 31 octobre 1956
Grands-parents Côté paternel : Jim et Mary McCartney (Liverpool) ; côté maternel : Lee Eastman, avocat new-yorkais, et Louise Lindner Eastman
Oncle Mike McCartney (Mike McGear), photographe et musicien du groupe Scaffold
Domaines Photographie de portrait et de reportage intime, documentaire, cuisine végétale, télévision
Débuts professionnels Début des années 1990, après un passage par la recherche iconographique
Première exposition personnelle Off Pointe, Royal Opera House, Londres, 2004
Appareil de prédilection Leica, en argentique comme en numérique ; le premier lui a été offert par Linda
Rôles institutionnels Ambassadrice mondiale de Meat Free Monday, consultante de Linda McCartney Foods, ambassadrice de Green Common (Asie), rédactrice contributrice du magazine Cultured
Conjoints Alistair Donald (1998-2007), Simon Aboud (depuis 2010)
Enfants Arthur (1999) et Elliot (2002), puis Sam et Sid
Résidence Londres, où elle a installé son studio dans l’ouest de la ville

Origines : une enfant de deux lignées

Le côté McCartney : Liverpool et la mémoire d’une mère disparue

Le prénom de Mary est une réparation. La mère de Paul, Mary Patricia McCartney, infirmière et sage-femme à Liverpool, meurt d’un cancer le 31 octobre 1956, quand son fils aîné a quatorze ans. Cette absence irrigue une partie de l’œuvre de Paul, jusqu’au rêve de 1968 qui lui inspire la “Mother Mary” de Let It Be, souvent prise à tort pour une allusion à la Vierge. Treize ans après la mort de sa mère, Paul redonne son prénom à la maison. Du côté paternel, Mary hérite aussi d’une famille ouvrière de Liverpool, d’un grand-père, Jim McCartney, pianiste amateur et chef d’un petit orchestre de jazz dans les années 1920, et d’un oncle, Mike McCartney, dont les photographies de la jeunesse des Beatles comptent parmi les plus précieuses de la période. Sur ce dernier, voir notre biographie complète de Mike McCartney.

Le côté Eastman : New York, le droit et l’art

Côté maternel, Mary descend d’une famille new-yorkaise aisée. Son grand-père, Lee Eastman, avocat spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle et collectionneur d’art, conseillait de grands peintres américains ; il deviendra, avec son fils John Eastman, le conseil juridique de Paul au moment de la séparation des Beatles et de l’affrontement avec Allen Klein. Sa grand-mère, Louise Lindner Eastman, meurt dans l’accident du vol American Airlines 1 en 1962. Linda grandit entre Scarsdale et Manhattan, apprend la photographie à Tucson, en Arizona, auprès de Hazel Larsen Archer, et devient à New York, au milieu des années 1960, l’une des photographes les plus en vue de la scène rock. Mary a souvent dit sentir un lien fort avec New York, ville de sa famille maternelle, et a parlé d’un retour à la maison lorsqu’elle y a présenté sa première exposition personnelle américaine en 2023.

Une fratrie de cinq enfants

Mary est la deuxième des quatre enfants élevés par Paul et Linda. Avant elle vient Heather, née le 31 décembre 1962 du premier mariage de Linda avec le géologue Joseph Melville See, puis adoptée par Paul ; après elle naissent Stella, le 13 septembre 1971, future créatrice de mode, et James, le 12 septembre 1977, auteur-compositeur et guitariste. Beatrice, sa demi-sœur, naît en 2003 du mariage de Paul avec Heather Mills. Mary est donc le premier enfant biologique de Paul McCartney. Pour une vue d’ensemble, voir notre dossier Les enfants de Paul McCartney : tout savoir sur ses cinq enfants.

1969 : naître au dernier été des Beatles

Une naissance au milieu de la fin

Mary naît le jeudi 28 août 1969 à 1 h 30 du matin, à l’Avenue Clinic, à quelques minutes à pied de la maison de Cavendish Avenue où vivent ses parents, et donc de l’immeuble des studios EMI d’Abbey Road. Elle pèse un peu moins de trois kilos. Paul assiste à l’accouchement, ce qui est encore peu courant à l’époque. Le calendrier est saisissant : le 20 août, les quatre Beatles se sont retrouvés une dernière fois ensemble en studio ; le 22 août, ils ont posé pour leur dernière séance photo commune, à Tittenhurst Park, la propriété de John Lennon, et Linda, enceinte de huit mois, faisait partie des photographes présents. Six jours plus tard naît Mary. Abbey Road sort le 26 septembre ; elle a un mois. Ce contexte est détaillé dans notre portrait Mary McCartney photographe : l’œuvre, la méthode et la vie de la fille aînée de Paul et Linda, ainsi que dans l’éphéméride Un 28 août dans la vie des Beatles.

Paul et Linda se sont mariés le 12 mars 1969 à la mairie de Marylebone, alors que Linda attendait déjà Mary. Paul l’a reconnu sans détour devant son biographe Barry Miles : l’enfant n’était pas planifié, et son arrivée a précipité la décision de se marier. La presse britannique, elle, annonçait au printemps une naissance pour la fin de l’année. Dès les premiers jours, l’image de l’enfant appartient à ses parents : la première photographie officielle de la famille est prise par Paul lui-même, au retardateur, et Linda fait savoir qu’elle réalisera seule les images de sa fille.

Le Picasso de la clinique

Pendant la semaine passée à la clinique, Paul fixe pendant des heures une reproduction du Vieux Guitariste aveugle de Picasso. Il raconte s’être demandé quel accord jouait le personnage, qui n’utilise que deux doigts, et s’être lancé le défi d’écrire une chanson jouable de la même façon. Enregistré en décembre 1969 sous le titre de travail Rupert, le morceau est resté inédit jusqu’en 2018, quand il est paru sous le nom de When the Wind Is Blowing dans la réédition de Wild Life. La naissance de Mary a donc laissé une trace musicale directe.

Le refuge d’un père en crise

La fin de 1969 et le début de 1970 sont la période la plus sombre de la vie de Paul : départ annoncé de John, conflit avec Klein, isolement, ce qu’il décrira plus tard comme une sorte de dépression (voir Paul McCartney raconte l’effondrement qui a suivi la fin des Beatles). Il a souvent placé Mary au centre de son récit de survie : le chaos extérieur repoussé sur le côté, la vie de père comme seule urgence. Dans un entretien croisé avec sa fille publié en 2021, il résume l’idée : l’arrivée de Mary lui a permis de regarder ce qui se passait avec les Beatles en se demandant si cela comptait vraiment.

Une enfance entre l’Écosse, les Wings et le Sussex

High Park et la pochette de McCartney

Les premiers mois de Mary se passent en partie à High Park, la ferme que Paul possède depuis 1966 près de Campbeltown, dans la péninsule de Kintyre. C’est là, à la fin de 1969, que Linda photographie Paul, mal rasé, tenant sa fille dans l’ouverture de sa veste en peau retournée. L’image paraît sur l’album McCartney, publié le 17 avril 1970, une semaine après l’annonce publique du départ de Paul : Paul McCartney, McCartney.

Correctif factuel : Mary est au dos de la pochette, pas en couverture

On lit très souvent que la photo de Paul tenant Mary “orne la pochette” de McCartney. La couverture du disque est en réalité une autre photographie de Linda : des cerises renversées autour d’un bol posé sur un muret, avec une flaque de jus rouge. Le portrait du père et de la fille figure au dos, au-dessus du nom McCartney. Comme le nom de l’artiste apparaît sur cette face, de nombreux acheteurs ont cru, et croient encore, qu’il s’agissait de la couverture ; certains disquaires exposent d’ailleurs le disque de ce côté.

Les tournées des Wings

Paul et Linda font un choix rare pour un couple aussi célèbre : emmener les enfants partout. Linda entre dans Wings comme claviériste et choriste en 1971 ; Heather, Mary et bientôt Stella suivent le groupe. En février 1972, Wings fait une tournée surprise des universités britanniques, puis, l’été suivant, part pour le Wings Over Europe Tour à bord d’un autobus à impériale peint de couleurs vives, avec une vingtaine de dates en France, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et en Scandinavie. Mary a trois ans. Les archives de Linda montrent les fillettes sur les banquettes, dans les coulisses, sur les épaules de leur père. La famille est encore du voyage pour la grande tournée mondiale de 1975-1976, dont le volet américain est raconté dans notre article sur Wings Over America et le concert de Fort Worth. Mary a dit plus tard qu’elle trouvait cette vie normale, et qu’elle n’avait compris que tardivement que toutes les familles ne vivaient pas un appareil photo à la main.

Mary Had a Little Lamb (1972)

Au printemps 1972, Wings publie un single qui porte le prénom de Mary : une adaptation de la comptine américaine Mary Had a Little Lamb, écrite en 1830 par Sarah Josepha Hale. Paul a expliqué l’avoir enregistrée parce que sa fille aimait entendre son prénom chanté ; les enfants McCartney auraient participé aux chœurs. Après l’interdiction par la BBC de Give Ireland Back to the Irish, le choix d’une comptine déconcerte jusqu’aux musiciens du groupe. La critique se moque, le public porte le disque à la 9e place au Royaume-Uni et à la 28e du Billboard Hot 100. Nous lui avons consacré une enquête complète, Mary Had a Little Lamb : l’histoire vraie du single le plus moqué de Paul McCartney, et une fiche avec traduction et histoire de la chanson. Voici l’un des films promotionnels tournés à l’époque :

Le choix du végétarisme

Au milieu des années 1970, à High Park, Paul et Linda renoncent à la viande. Le récit familial, répété dans de nombreux entretiens, tient en une image : un gigot dans l’assiette, des agneaux dans le pré derrière la fenêtre. Les quatre enfants sont dès lors élevés végétariens, à une époque où ce choix reste marginal en Grande-Bretagne. Mary a raconté que la décision n’a jamais été vécue comme une privation : à la maison, on parlait des saveurs, et trouver de bons plats sans viande devenait un problème amusant à résoudre. La cuisine, dit-elle, était le cœur de la maison. Cette enfance fonde l’essentiel de sa vie adulte de militante et d’autrice culinaire.

Le Sussex, l’école publique et Abbey Road comme terrain de jeu

À la fin des années 1970, la famille s’ancre dans l’East Sussex, près de Rye, où Paul fera construire son studio de Hog Hill Mill. Les enfants fréquentent l’école publique locale plutôt qu’un internat privé : bus scolaire, amis du village, normalité revendiquée. C’est aussi dans le Sussex, entourée de chevaux, que Mary développe un attachement qui nourrira son livre The White Horse, quarante ans plus tard. À Londres, la maison de Cavendish Avenue est à cinq minutes d’Abbey Road ; Mary dit que certains de ses plus anciens souvenirs viennent des studios, et sa photographie préférée de l’époque montre ses parents faisant traverser le passage piéton à leur poney Shetland, Jet, en 1977. Nous avons raconté cette scène dans Pourquoi Paul McCartney a-t-il amené un poney à Abbey Road ?

Devenir photographe : formation et débuts

La chambre noire de Soho

Mary McCartney date sa vocation d’un après-midi précis. Vers cinq ou six ans, Linda l’emmène dans sa petite chambre noire de Soho. Elle glisse une feuille vierge dans le bac de révélateur, l’agite doucement, et Mary voit apparaître une image en noir et blanc. C’est à ce moment, a-t-elle raconté à la National Portrait Gallery comme à la galerie Gagosian, qu’elle est tombée amoureuse de la photographie. De ce souvenir vient une conviction qu’elle n’a jamais abandonnée : la prise de vue n’est qu’une partie du travail, et l’édition, le choix et le tirage comptent autant.

La recherche iconographique, une école de l’œil

À la sortie de l’école, Mary ne se lance pas derrière l’appareil. Son premier emploi consiste à faire de la recherche iconographique pour une maison d’édition spécialisée dans les livres sur la musique. Elle rencontre des photographes, fouille leurs archives, examine des milliers de planches-contacts. Elle aimait la photographie, dit-elle, mais ne se croyait pas capable d’en faire. Ce passage par l’archive lui apprend à reconnaître une bonne image et à comprendre comment un photographe trie son propre travail.

Le Leica de Linda

Lorsqu’elle annonce à sa mère qu’elle veut photographier professionnellement, au début des années 1990, Linda lui donne l’un de ses Leica 35 mm. Mary raconte s’être d’abord battue avec les vitesses d’obturation et la cellule avant que l’appareil ne devienne son compagnon de tous les jours. Elle travaille toujours au Leica, en argentique et en numérique, principalement à la lumière disponible. Interrogée sur les leçons techniques de sa mère, elle répond qu’il y en a eu peu : elle a appris en la regardant travailler, et les deux femmes partageaient, dit-elle, le même œil.

Les influences revendiquées

Au-delà de Linda, Mary cite Edward Steichen, pour ses tirages et pour l’exposition The Family of Man qu’il organisa au MoMA en 1955 ; Jacques-Henri Lartigue, pour la légèreté avec laquelle il saisissait une époque ; Diane Arbus, pour sa manière d’explorer sa propre ville ; et Eve Arnold, de l’agence Magnum, rencontrée par hasard dans les années 1990 au musée de Bradford où Mary supervisait une exposition de sa mère. D’autres entretiens ajoutent Garry Winogrand, Richard Billingham et les peintres préraphaélites. La combinaison est cohérente : la vérité documentaire d’Arbus et d’Arnold, la grâce de Lartigue, l’exigence du tirage de Steichen.

1995 : les débuts de Stella, photographiés par Mary

Parmi ses premiers travaux visibles figurent les images de la soirée de lancement de la toute première collection de sa sœur Stella, en 1995, où défilent ses amies Kate Moss et Naomi Campbell. Les deux sœurs ne cesseront ensuite de se croiser professionnellement, Mary photographiant à plusieurs reprises pour la maison Stella McCartney. Sur la trajectoire de Stella, voir notre portrait Stella McCartney, l’héritière qui a passé trente ans à changer les règles du luxe.

1996 : Mum’s Side of the Bed

L’une des images les plus fortes de ses débuts est une nature morte domestique : Mum’s Side of the Bed, le côté du lit de sa mère, avec ses objets familiers. La photographie est devenue l’un des motifs récurrents de son œuvre, et la Tate l’a rapprochée en 2026 de My Bed de Tracey Emin et des lits de Frida Kahlo.

Correctif factuel : Mum’s Side of the Bed date de 1996

On rencontre souvent la date de 1998 pour cette image, ce qui en fait implicitement une photographie de deuil, prise après la mort de Linda. La Tate, dans la notice du tirage Being Frida édité pour l’exposition Frida: The Making of an Icon, la date de 1996, soit l’année qui suit le diagnostic du cancer de Linda et deux ans avant sa mort. La lecture de l’image en est modifiée : elle n’est pas un mémorial, mais le regard d’une fille sur l’intimité de sa mère encore vivante.

1998 : la mort de Linda

Linda McCartney meurt d’un cancer du sein le 17 avril 1998, à 56 ans, dans le ranch familial près de Tucson, en Arizona, la ville même où elle avait appris la photographie. Mary a 28 ans. Cinq mois plus tard, le 26 septembre 1998, elle épouse le réalisateur écossais Alistair Donald. À partir de cette date, elle devient, avec son père qui en détient les droits, l’une des principales gardiennes de l’archive photographique de sa mère. Pour la vie et l’œuvre de Linda, voir notre article Il y a 28 ans disparaissait Linda McCartney et Linda McCartney aurait eu 85 ans.

La méthode Mary McCartney

L’instant où la garde tombe

Toutes les institutions qui exposent Mary McCartney décrivent son travail de la même façon : elle cherche les rares moments d’intimité non surveillée, émotionnellement chargés, chez ses sujets. Les anglophones parlent d’unguarded moments, les instants où l’on baisse la garde. C’est l’inverse du portrait de célébrité traditionnel, où tout est contrôlé. Elle a décrit elle-même sa photographie comme légèrement voyeuse et légèrement personnelle, et résumé sa préférence par une formule : elle aime les instants saisis.

Can we have a moment ?

Sa devise personnelle tient en une question, Can we have a moment ?, que l’on pourrait traduire par “Prenons un instant”. C’est une invitation à s’arrêter pour apprécier la beauté d’un moment ordinaire. La formule a donné son titre à son exposition chez Sotheby’s en 2023 et résume son approche : la photographie comme ralentissement, comme attention portée à ce qui passe d’ordinaire inaperçu.

La conversation plutôt que la pose

Sa technique est d’abord relationnelle. Elle passe du temps avec ses sujets, parle, attend, laisse l’appareil devenir un objet familier. Le reportage de Rolling Stone sur sa séance de 2020 avec Paul McCartney et Taylor Swift en donne une image concrète : pas d’assistants ni de styliste, de la musique Motown dans les enceintes, Paul qui danse, et Mary qui le gronde pour qu’il reste immobile. Elle a appliqué la même règle aux entretiens de son film sur Abbey Road : des conversations détendues plutôt que des interviews formelles.

Argentique, numérique et lumière naturelle

Mary travaille surtout à la lumière disponible, sans flash, et alterne noir et blanc et couleur. Elle aime l’argentique parce qu’il n’y a, dit-elle, que soi et l’appareil, sans écran à consulter entre deux prises ; elle se sert du numérique dans les situations de faible lumière. Ce pragmatisme technique contraste avec la grande cohérence de son regard, que l’on retrouve aussi bien dans ses reportages en coulisses que dans le décor de son émission de cuisine, où elle revendique la même esthétique de lumière naturelle et d’objets personnels.

Catalogue des expositions de Mary McCartney

Le tableau ci-dessous recense les expositions personnelles et les principales expositions collectives de Mary McCartney, d’après sa biographie officielle et les archives des lieux concernés. Il constitue, à notre connaissance, l’inventaire le plus complet disponible en français.

Expositions personnelles

Année Titre Lieu
2004 Off Pointe Royal Opera House, Londres
2005 Off Pointe Julia Margaret Cameron Museum (Dimbola Lodge), île de Wight
2005 Collective Works Nunnington Hall, Yorkshire
2007 Off Pointe Crane Kalman Gallery, Londres
2007 Playing Dress Up Goss-Michael Foundation, Dallas
2008 British Style Observed Natural History Museum, Londres
2010-2012 From Where I Stand National Portrait Gallery et Michael Hoppen Gallery, Londres, puis itinérance
2013 Developing The Lowry, Salford ; Izzy Gallery, Toronto
2014 Monochrome & Colour De Pury, Londres
2017 Undone Izzy Gallery, Toronto
2018 Off Pointe Victoria and Albert Museum, Londres
2018 The White Horse Berggruen Gallery, San Francisco
2019 Off Pointe Somerset House, Londres (Photo London, Royal Photographic Society)
2019 The White Horse Collection Hermès
2019 Monochrome & Colour Musée de Wola, Varsovie
2022 Moment of Affection Château La Coste, Le Puy-Sainte-Réparade (Provence)
2023 Can We Have a Moment? Three Decades of Photographs in Britain Sotheby’s, Londres
2023-2024 Embrace A Hug From The Art World, New York
2025 Striking Galerie Rudolfinum, Prague (Designblok 2025)

Expositions collectives et en duo

Année Titre Lieu
2009 Gay Icons National Portrait Gallery, Londres
2015-2016 Linda McCartney and Mary McCartney: Mother Daughter Gagosian, Madison Avenue, New York
2018 Mother Daughter Fotografiska, Stockholm
2018 Collecting Photography: From Daguerreotype to Digital Victoria and Albert Museum, Londres
2019 From the Print Drawer La Nouvelle-Orléans
2021 Studio 7 by Cartier Saatchi Gallery, Londres
2022 Real Wild Palo Gallery, New York
2024 Double Exposure Claridge’s ArtSpace, Londres
2026 Édition limitée Being Frida pour Frida: The Making of an Icon Tate Modern, Londres

Les grandes séries, une par une

Off Pointe (2004) : le Royal Ballet après le rideau

Sa première grande série, Off Pointe: A Photographic Study of the Royal Ballet After Hours, est présentée à la Royal Opera House de Covent Garden en 2004. Mary y suit le corps de ballet du Royal Ballet pendant plusieurs mois, mais en s’interdisant la scène et les répétitions : loges, couloirs, escaliers de service, vestiaires, pieds abîmés plongés dans l’eau, fatigue à peine dissimulée, camaraderie. Le titre joue sur l’expression technique : ici, les pointes sont retirées. Le Victoria and Albert Museum a fait entrer quatorze tirages argentiques de la série dans ses collections. La série a été montrée de nouveau à Dimbola Lodge, à la Crane Kalman Gallery, au V&A en 2018, puis par la Royal Photographic Society à Photo London en 2019, quinze ans après sa création : c’est devenu le classique de son œuvre.

Collective Works (2005) et Playing Dress Up (2007)

Deux expositions moins connues jalonnent les années suivantes. Collective Works, en 2005, est présentée à Nunnington Hall, demeure du National Trust dans le Yorkshire. Playing Dress Up, en 2007, est accueillie par la Goss-Michael Foundation de Dallas, fondation d’art contemporain britannique créée par George Michael et son compagnon Kenny Goss. Le lien avec George Michael réapparaîtra presque vingt ans plus tard, avec le court métrage Finding Faith.

British Style Observed (2008)

En 2008, le Natural History Museum de Londres présente British Style Observed, une exposition de portraits construite autour de l’idée d’un style britannique, avec de nombreuses célébrités. La série confirme sa place dans le portrait de personnalités tout en restant fidèle à son principe : saisir les personnes plutôt que leur image publique.

From Where I Stand (2010) : le premier livre

Son premier livre, Mary McCartney: From Where I Stand, paraît chez Thames & Hudson en 2010, accompagné d’une exposition à la National Portrait Gallery et à la Michael Hoppen Gallery, qui circule ensuite jusqu’en 2012. Le titre est une profession de foi : voici ce que je vois, depuis l’endroit où je me tiens. Proches, coulisses, portraits d’artistes, scènes de rue : un point de vue plutôt qu’un grand récit. Le livre a été réédité en 2019 : Mary McCartney, From Where I Stand.

Developing (2013)

En 2013, Developing est présentée au Lowry de Salford, près de Manchester, et à l’Izzy Gallery de Toronto. Le titre joue sur le double sens du mot anglais, développer une pellicule et grandir, et rappelle le souvenir fondateur de la chambre noire de Soho.

Twelfth Night 15.12.13 (2016)

En décembre 2013, Mary passe une soirée dans les coulisses du Belasco Theatre, à Broadway, où la troupe du Shakespeare’s Globe joue La Nuit des rois dans une distribution entièrement masculine, selon l’usage élisabéthain. Mark Rylance y interprète Olivia. Mary photographie l’habillage, le maquillage, la transformation des comédiens en personnages, surtout en noir et blanc argentique. Le livre Twelfth Night 15.12.13 paraît chez HENI Publishing en 2016, avec une préface de Mark Rylance. La logique est celle d’Off Pointe : le spectacle vu depuis l’endroit où le public ne va jamais.

Monochrome & Colour (2014)

Publié par GOST Books en 2014 et réédité en 2016, Monochrome & Colour est son ouvrage le plus ambitieux : un volume épais qui rassemble deux décennies de photographies en alternant noir et blanc et couleur. Kate Moss, Morrissey, Beyoncé, Stella, Paul y côtoient des inconnus, des paysages, des animaux et des natures mortes. Time lui consacre un portfolio, le New York Times un portrait. Le livre donne lieu à des expositions chez De Pury à Londres et au musée de Wola à Varsovie : Mary McCartney, Monochrome & Colour. C’est en le découvrant que le galeriste Larry Gagosian a l’idée de l’exposition suivante.

Mother Daughter (2015) : le dialogue avec Linda

Du 20 novembre 2015 au 30 janvier 2016, la Gagosian Gallery de Madison Avenue présente Linda McCartney and Mary McCartney: Mother Daughter. L’idée vient de Larry Gagosian, qui avait vu à la fois Monochrome & Colour et la grande monographie de Linda publiée par Taschen. Mary en est la commissaire, avec son père. Le principe : accrocher côte à côte les photographies de la mère et de la fille. On y voit, du côté de Linda, le célèbre portrait de Jimi Hendrix en train de bâiller (1968) ou Paul tenant une rose à Marrakech ; du côté de Mary, des scènes domestiques. Mary a confié qu’elle avait toujours imaginé cette exposition, mais beaucoup plus tard dans sa carrière, parce qu’elle s’efforçait de séparer son travail et sa famille. L’exposition voyage ensuite à Fotografiska, à Stockholm, en 2018.

Undone (2017)

En 2017, l’Izzy Gallery de Toronto présente Undone. Le titre résume la série : ce qui est défait, détaché, relâché, au propre comme au figuré. C’est lors de la promotion de cette exposition, sur la radio canadienne CBC, qu’elle qualifie sa photographie de légèrement voyeuse et légèrement personnelle.

The White Horse (2018)

Paru chez Rizzoli en 2018, Mary McCartney: The White Horse est son livre le plus singulier : un seul sujet, un cheval blanc nommé Alejandro, photographié pendant un an dans la campagne anglaise. Le projet prolonge l’attachement aux chevaux né dans l’enfance et dialogue avec la passion de Linda, cavalière et photographe de chevaux. L’exposition est présentée à la Berggruen Gallery de San Francisco, puis l’œuvre entre dans la collection Hermès : Mary McCartney, The White Horse.

Paris Nude (2019)

Publié par HENI en 2019, Paris Nude est un travail sur le nu réalisé à Paris. Le sujet, inhabituel dans son œuvre, conserve sa méthode : lumière naturelle, intimité, refus du spectaculaire. Le magazine AnOther le place parmi les livres de photographie à acheter le mois de sa sortie.

La trilogie de l’instant (2022-2024)

Entre 2022 et 2024, Mary McCartney conçoit trois expositions qui puisent dans trente ans d’archives, réorganisées autour du lien et de l’affection. Moment of Affection ouvre en juin 2022 à la Bastide Gallery du Château La Coste, domaine viticole et centre d’art près d’Aix-en-Provence ; le titre, dit-elle, lui est venu pendant les confinements, quand le contact physique avait pris une charge inédite. Can We Have a Moment? Three Decades of Photographs in Britain ouvre le 9 mars 2023 dans la galerie de St George Street de Sotheby’s à Londres : plus de trente œuvres accrochées de manière non linéaire, dont Being Frida (2000), Blush (2001), Unzipping (2007) et Hello (2016). Enfin Embrace, du 16 novembre 2023 au 13 janvier 2024, est sa première exposition personnelle à New York, à la galerie A Hug From The Art World, dans le quartier de Chelsea. L’amie de longue date Georgina Cohen a été associée aux deux volets français et new-yorkais.

Correctif factuel : Embrace n’a pas été présentée chez Sotheby’s

On lit parfois que Mary McCartney a exposé en 2023 “chez Sotheby’s à Londres et à New York”. C’est une confusion entre deux volets distincts. Sotheby’s a accueilli Can We Have a Moment? à Londres, au printemps 2023. Embrace, à New York, a été présentée par la galerie A Hug From The Art World, de novembre 2023 à janvier 2024. De même, Moment of Affection n’est pas une exposition parisienne mais provençale.

Striking (2025) : première exposition à Prague

Du 8 octobre au 2 novembre 2025, Mary McCartney présente pour la première fois son travail au public tchèque, dans la loggia de la Galerie Rudolfinum, à Prague, dans le cadre du salon de design Designblok, dont le thème était le courage. Intitulée Striking et organisée par la commissaire Martina Lowe, qui travaille avec elle depuis longtemps, l’exposition réunit une sélection d’œuvres de trente ans de carrière autour de femmes fortes et du corps féminin, dans sa force physique comme émotionnelle. Certaines images sont anonymes, d’autres interpellent directement le spectateur. L’entrée était gratuite.

Being Frida (2000/2026) à la Tate Modern

En 2026, la Tate Modern édite un tirage limité de Being Frida, photographie prise en 2000 où l’artiste Tracey Emin incarne Frida Kahlo, allongée dans un lit. L’édition, de 250 exemplaires signés dont 100 réservés à la Tate, accompagne l’exposition Frida: The Making of an Icon, présentée du 25 juin 2026 au 3 janvier 2027. La notice rapproche le lit de Frida, contrainte à de longues périodes alitée, du My Bed d’Emin (1998) et de Mum’s Side of the Bed de Mary (1996) : trois lits, trois intimités. Le tirage en ligne a rapidement été épuisé.

Les thèmes récurrents de l’œuvre

Lue dans sa continuité, l’œuvre de Mary McCartney obéit à un petit nombre de motifs qui reviennent d’une série à l’autre, quels que soient le support, le commanditaire ou l’époque. Les identifier permet de comprendre pourquoi des images aussi différentes qu’une danseuse en chaussons, une reine à son bureau et un cheval blanc portent la même signature.

Les coulisses

Le premier motif est spatial. Mary McCartney photographie presque toujours l’envers du décor : les loges du Royal Ballet plutôt que la scène de Covent Garden, la salle d’habillage du Belasco Theatre plutôt que le plateau de Broadway, le bureau de travail de la reine plutôt que la salle du trône, la cuisine plutôt que la salle à manger. Même son film sur Abbey Road est conçu comme une visite de ce que le public ne voit jamais, puisque la plupart des visiteurs s’arrêtent au passage piéton. Cette prédilection a une origine biographique évidente : enfant, Mary a grandi dans les coulisses des concerts de Wings, dans les studios et dans les bus de tournée. Le lieu de l’intimité, pour elle, n’est pas la scène mais ce qui l’entoure.

Le lit

Le deuxième motif est un objet. Le lit apparaît dès 1996 avec Mum’s Side of the Bed, revient en 2000 avec Being Frida, où Tracey Emin incarne Frida Kahlo alitée, et traverse de nombreux portraits intimes. La Tate l’a souligné en 2026 en rapprochant ces images du My Bed d’Emin. Le lit est, chez Mary, le lieu de la vulnérabilité et de la mémoire : celui de la mère malade, celui de l’artiste immobilisée, celui où l’on se montre sans apprêt. C’est aussi le lieu par excellence de l’unguarded moment, l’instant où l’on baisse la garde.

Le costume et la métamorphose

Troisième motif : la transformation. Playing Dress Up (2007) porte le jeu du déguisement jusque dans son titre ; Twelfth Night 15.12.13 suit des comédiens masculins qui deviennent Olivia ou Viola ; Being Frida montre une artiste qui en devient une autre ; Off Pointe saisit des danseurs au moment où ils redeviennent eux-mêmes en retirant leurs pointes. Mary s’intéresse moins à l’identité figée qu’au passage d’un état à un autre, à la seconde où le personnage se fabrique ou se défait. Le titre Undone (2017) résume cette fascination.

Les chevaux

Quatrième motif, le plus personnel : le cheval. Il vient de l’enfance dans le Sussex et de Linda, cavalière passionnée et photographe de chevaux, dont l’un des timbres émis par l’USPS en 2026 reproduit justement une image équestre. The White Horse (2018), consacré pendant un an à un seul cheval blanc, est la forme la plus pure de ce motif, et son entrée dans la collection Hermès, maison née de la sellerie, n’a rien d’un hasard.

La table

Cinquième motif : la table, centre de la maison McCartney depuis les années 1970. Elle relie l’œuvre photographique aux livres de cuisine et à l’émission de télévision. Dans Feeding Creativity, chaque recette est un portrait ; dans Serves It Up, chaque plat est une conversation. Mary travaille d’ailleurs autour de la grande table ronde de sa mère, dans son studio londonien.

Les femmes fortes

Enfin, l’exposition Striking, à Prague en 2025, a explicitement regroupé ses images autour de femmes fortes et du corps féminin, dans sa force physique et émotionnelle. Rétrospectivement, le fil est visible dès le départ : les ballerines épuisées mais tenaces d’Off Pointe, la reine au travail à 89 ans, Tracey Emin en Frida Kahlo, et en filigrane la figure de Linda, photographe reconnue dans un milieu d’hommes avant de devenir l’épouse d’un Beatle.

Les commandes

Le portrait d’Elizabeth II (2015)

C’est son image la plus vue au monde. En juillet 2015, Mary McCartney photographie Elizabeth II, alors âgée de 89 ans, assise à son bureau dans la salle d’audience privée de Buckingham Palace, vêtue d’une robe à motif floral, en train de consulter les documents d’une de ses boîtes rouges officielles. La photographie est diffusée par le Palais le 8 septembre 2015 au soir, pour le 9 septembre, jour où la reine dépasse le record de règne de son arrière-arrière-grand-mère Victoria, soit 63 ans et 216 jours. Au lieu d’un portrait d’apparat, Mary montre la reine au travail, dans la routine qui a rendu le record possible. Elle déclare alors que, ayant grandi sous son règne, c’était un frisson de la rencontrer et un privilège de la photographier en cette occasion historique.

Correctif factuel : qui a eu l’idée du portrait de la reine ?

La plupart des résumés affirment que Buckingham Palace a “choisi” Mary McCartney, et certains situent la séance dans la White Drawing Room. Selon le Daily Telegraph du 9 septembre 2015, c’est la photographe elle-même qui a proposé l’idée au Palais, qui l’a acceptée. Les légendes diffusées par le Palais et reprises par les agences situent la séance dans la salle d’audience privée de la reine. Enfin, il s’agit d’un portrait officiel ponctuel : Mary McCartney n’a jamais été la “photographe officielle” de la famille royale. Sa biographie parle d’une invitation du Palais ; les deux versions coexistent, mais l’initiative de la photographe est la mieux documentée.

Presse et magazines

Parallèlement à son œuvre personnelle, Mary McCartney mène une carrière de photographe de commande pour National Geographic, le Vogue britannique, GQ, Harper’s Bazaar et Rolling Stone. Elle est rédactrice contributrice du magazine d’art et de culture Cultured. Le 6 octobre 2020, elle photographie à Londres Paul McCartney et Taylor Swift pour le numéro Musicians on Musicians de Rolling Stone, dont elle signe la couverture, publiée en novembre 2020 ; voir notre article Paul McCartney et Taylor Swift.

Marques et maisons

Elle a également travaillé pour Selfridges, De Beers, les Brit Awards, Adidas, le groupe hôtelier Mandarin Oriental et la maison de sa sœur. En 2021, elle participe à Studio 7 by Cartier à la Saatchi Gallery de Londres, avec des portraits d’ambassadeurs de la maison, dont l’actrice Vanessa Kirby et la boxeuse Ramla Ali, et la supervision d’un studio où de jeunes photographes réalisent des portraits du public.

Les collections publiques

La valeur d’une œuvre photographique se mesure aussi aux institutions qui l’acquièrent. Les tirages de Mary McCartney figurent dans les collections suivantes :

  • Victoria and Albert Museum, Londres : notamment quatorze tirages argentiques de la série Off Pointe ;
  • National Portrait Gallery, Londres : plusieurs portraits, et une page dans sa série Photographer in Focus ;
  • Royal Academy of Arts, Londres ;
  • Fondation d’entreprise Hermès, Paris ;
  • Château La Coste, Le Puy-Sainte-Réparade, près d’Aix-en-Provence.

Deux de ces collections sont françaises, ce qui fait de la France, avec le Royaume-Uni, le pays où l’œuvre de Mary McCartney est le mieux représentée dans des fonds institutionnels.

Bibliographie complète

Livres de photographie

Année Titre Éditeur
2010 (rééd. 2019) From Where I Stand Thames & Hudson
2014 (rééd. 2016) Monochrome & Colour GOST Books
2016 Twelfth Night 15.12.13 HENI Publishing, préface de Mark Rylance
2018 The White Horse Rizzoli
2019 Paris Nude HENI Publishing
2024 Portraits (zine) New Dimension

Livres de cuisine

Année Titre Éditeur et remarques
2011 The Meat Free Monday Cookbook Kyle Books ; préface de Paul, Stella et Mary
2012 Food: Vegetarian Home Cooking Chatto & Windus
2014 At My Table: Vegetarian Feasts for Family and Friends Chatto & Windus
2021 Linda McCartney’s Family Kitchen Voracious / Little, Brown ; avec Paul et Stella, plus de 90 recettes végétales
2023 Feeding Creativity: A Cookbook for Friends and Family Taschen ; 60 recettes créées pour des amis et des personnalités, chacune associée à un portrait

Correctif factuel : At My Table date de 2014

At My Table est souvent daté de 2015, année où la presse britannique en a beaucoup parlé lors de sa promotion. L’édition originale de Chatto & Windus est parue en 2014. Le décalage explique que les deux dates coexistent, y compris dans certaines notices biographiques qui donnent 2014 en bibliographie et 2015 dans le texte.

Cinéma et télévision

Wingspan (2001) : la fille interroge le père

Avant de réaliser, Mary McCartney a produit. Wingspan: An Intimate Portrait, documentaire de deux heures diffusé le 11 mai 2001 sur ABC aux États-Unis et le 20 mai 2001 sur Channel 4 au Royaume-Uni, est réalisé par son mari d’alors, Alistair Donald, et produit par Mary pour MPL. Le film repose sur un long entretien entre Paul et sa fille, qui retrace l’histoire de Wings à partir des archives familiales, trois ans après la mort de Linda, omniprésente à l’écran. Le critique du Los Angeles Times Robert Hilburn le juge aussi intime et accueillant que les chansons les plus mélodiques de McCartney. Le film s’accompagne de la compilation Wingspan: Hits and History et d’un livre paru en 2002. Pour sa place dans les films consacrés à Paul, voir notre vidéographie de Paul McCartney après les Beatles.

Correctif factuel : Mary n’a pas réalisé Wingspan

Wingspan est parfois présenté comme le premier film de Mary McCartney. Elle en est la productrice et l’interlocutrice principale de son père à l’écran ; la réalisation est d’Alistair Donald. Son premier long métrage comme réalisatrice est If These Walls Could Sing, en 2022. Le film de 2001 retrace par ailleurs Wings jusqu’à l’arrestation de Paul à Tokyo en janvier 1980 ; le groupe n’a été officiellement dissous qu’en avril 1981.

Mary McCartney Serves It Up (2021-2022)

En février 2021, Mary lance sur Discovery+, en partenariat avec Food Network, Mary McCartney Serves It Up, émission de cuisine végétale dont elle est productrice exécutive et présentatrice. Chaque épisode d’une demi-heure la montre dans sa cuisine londonienne, avec des amis. Une deuxième saison, consacrée aux fêtes, arrive en novembre 2021, avec notamment Paul, Stella, Oprah Winfrey et Reese Witherspoon ; une troisième suit en novembre 2022. L’émission est nommée en 2022 au 49e Daytime Emmy Award du meilleur programme culinaire. Paul y prépare un rôti végétarien et dévoile son cocktail personnel, le “Maccarita”. Mary raconte que l’idée de l’émission vient de son mari, Simon Aboud, et qu’elle a accepté sans hésiter, parce qu’elle avait, dit-elle, été élevée pour ça. Elle ne revendique aucune formation de chef : sa formation, c’est d’avoir grandi en regardant sa mère cuisiner.

If These Walls Could Sing (2022) : Abbey Road vu de l’intérieur

En janvier 2021, Mercury Studios annonce que Mary McCartney réalisera le premier long métrage documentaire consacré aux studios d’Abbey Road, ouverts par EMI en novembre 1931. Le projet lui a été proposé par le producteur John Battsek, oscarisé pour Un jour en septembre. Mary, qui avait passé une partie de son enfance dans le bâtiment, découvre l’ampleur d’une histoire qu’elle croyait connaître : Edward Elgar dirigeant ses œuvres dès 1931, Jacqueline du Pré, les musiques de John Williams pour Star Wars, Pink Floyd, Kate Bush, Oasis, et le rôle central des ingénieurs. Son père lui demande surtout de mettre en valeur les gens de l’ombre.

Le film, d’une durée d’1 h 26, réunit Paul McCartney et Ringo Starr, Elton John, Noel et Liam Gallagher, Giles Martin, John Williams, George Lucas, Nile Rodgers, Cliff Richard, Roger Waters et David Gilmour, Jimmy Page, Celeste, Sheku Kanneh-Mason, Kate Bush et Shirley Bassey, entre autres. Une scène a marqué les spectateurs : Paul évoque un appareil utilisé par les Beatles, se retourne et s’exclame qu’il est là, juste derrière lui. Mary a dit combien il avait été émouvant de s’asseoir avec son père dans ce décor. Le film est présenté le 3 septembre 2022 au festival de Telluride, puis à Abbey Road même le 12 décembre 2022, avant sa sortie sur Disney+ aux États-Unis le 16 décembre 2022 et dans le reste du monde le 6 janvier 2023. Il a été nommé aux Critics Choice Documentary Awards. Pour l’histoire du lieu, voir notre article Abbey Road Studios et les Beatles. Voici la bande-annonce :

Correctif factuel : Telluride 2022, pas 2023

La biographie officielle de Mary McCartney indique que le film a été présenté au festival de Telluride en 2023. C’est une coquille, contredite par la liste des événements de son propre site : la première mondiale a eu lieu le 3 septembre 2022, lors de la 49e édition du festival, au Sheridan Opera House. La sortie sur Disney+ a suivi en décembre 2022 et janvier 2023.

Finding Faith (2026) : George Michael à Bercy

Le prochain film de Mary McCartney a une résonance particulière pour le public français. Finding Faith est un court métrage original, composé d’images inédites, qui ouvre le film de concert George Michael: The Faith Tour, tourné au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Sa sortie générale est annoncée pour novembre 2026. Le lien entre Mary McCartney et l’univers de George Michael n’est pas nouveau : son exposition Playing Dress Up avait été accueillie en 2007 par la fondation créée par le chanteur et Kenny Goss à Dallas.

Cuisine, militantisme et Meat Free Monday

Meat Free Monday (2009)

En 2009, Mary cofonde avec Paul et Stella la campagne Meat Free Monday, qui invite chacun à se passer de viande au moins un jour par semaine, pour le climat, la santé et le bien-être animal. Le principe se veut simple et non culpabilisant : pas de conversion, un jour. Paul y a consacré une chanson, dont nous proposons la traduction et l’histoire. Mary en est aujourd’hui l’ambassadrice mondiale. Sur l’ensemble des engagements familiaux, voir notre dossier Paul McCartney, cinquante ans d’engagement et, pour l’actualité récente, l’appel de Paul pour la Semaine nationale végétarienne 2026.

Linda McCartney Foods et Green Common

Mary est consultante de Linda McCartney Foods, la marque de plats végétariens fondée par sa mère en 1991, qui reste l’une des plus connues du rayon au Royaume-Uni. Elle est aussi ambassadrice mondiale de Green Common, marque asiatique d’alimentation végétale issue du mouvement Green Monday ; en 2019, elle défend à Hong Kong la réduction de la consommation de viande auprès du public asiatique.

Le livre de cuisine comme livre de photographe

On présente souvent son versant culinaire comme une seconde carrière. C’est mal le lire. Ses livres de cuisine sont illustrés de ses propres photographies, ses émissions sont des conversations autour d’une table, et la table familiale est l’un des grands sujets de ses images. Feeding Creativity en est la synthèse : chaque recette est pensée pour une personne, et chaque personne est photographiée, de Gigi et Bella Hadid au groupe Haim. Le livre de cuisine devient une galerie de portraits.

Gardienne de l’œuvre de Linda McCartney

Depuis 1998, Mary est, avec son père et sa sœur Stella, l’une des principales artisanes de la mise en valeur de l’œuvre photographique de sa mère. Elle a été commissaire de Mother Daughter (2015), a participé à la grande rétrospective itinérante consacrée à Linda depuis 2013, passée par Vienne, Montpellier, Séoul, puis le Kelvingrove Art Gallery and Museum de Glasgow en 2019, première grande présentation au Royaume-Uni, où elle a pris la parole, et a cosigné avec Paul et Stella Linda McCartney’s Family Kitchen (2021). Le 25 septembre 2026, le service postal américain a dévoilé au Museum of Modern Art de New York une série de cinq timbres reproduisant des photographies de Linda, quatre natures mortes et un cheval ; voir notre article Linda McCartney honorée par l’USPS. Mary veille à ne pas exploiter ce patrimoine : ses propres expositions ne montrent qu’avec parcimonie les images de sa famille.

Mary McCartney et les disques de son père

Le compagnonnage professionnel entre Mary et Paul fait l’objet d’un dossier complet, Mary McCartney fête ses 57 ans : de la pochette de McCartney à celle de McCartney III. On en retiendra ici les jalons.

  • 1970, McCartney : le bébé dans la veste, au dos de la pochette, photographié par Linda.
  • 1972, Mary Had a Little Lamb : le single qui porte son prénom.
  • 2001, Wingspan : elle interroge son père sur l’histoire de Wings.
  • 2020, McCartney III : enregistré pendant le confinement que Paul passe dans le Sussex avec Mary, son mari et leurs enfants, l’album, publié le 18 décembre 2020, porte ses photographies : Paul McCartney, McCartney III.
  • 2020, Rolling Stone : la couverture Paul McCartney et Taylor Swift.
  • 2022, If These Walls Could Sing : Paul, témoin central du film sur Abbey Road.

Correctif factuel : la pochette de McCartney III n’est pas de Mary

On attribue souvent à Mary la couverture de McCartney III. La couverture et la typographie sont l’œuvre de l’artiste américain Ed Ruscha, auteur du motif du dé décliné en plusieurs couleurs selon les éditions. Mary est créditée pour le portrait de Paul inclus dans l’édition et pour l’essentiel des photographies intérieures. L’autre photographe crédité, Sonny McCartney, n’est pas le petit-fils de Paul, comme on le lit parfois, mais son neveu, fils de Mike McCartney. La trilogie se boucle néanmoins : les deux premiers albums éponymes portaient les images de Linda, le troisième porte celles de Mary.

Mary McCartney et la France

Pour un lecteur francophone, il est frappant de constater combien la France occupe une place discrète mais réelle dans le parcours de Mary McCartney, de son enfance à ses projets de 2026.

1972 : l’été des Wings en France

Le premier contact remonte à ses trois ans. La tournée Wings Over Europe démarre le 9 juillet 1972 au centre culturel de Châteauvallon, près de Toulon, et c’est donc sur les routes de Provence que l’autobus à impériale de Wings, avec Heather, Mary et Stella à bord, entame son périple européen. Les photographies de Linda prises pendant ces semaines font partie des images de famille les plus reproduites de l’époque Wings.

La Provence et Château La Coste

Un demi-siècle plus tard, la Provence est le cadre de sa grande rétrospective de 2022, Moment of Affection, à la Bastide Gallery du Château La Coste, au Puy-Sainte-Réparade, domaine viticole devenu centre d’art avec des pavillons signés Tadao Ando, Jean Nouvel ou Frank Gehry. L’exposition ouvre en juin, pendant la saison des Rencontres de la photographie d’Arles, et le domaine fait ensuite entrer des œuvres de Mary dans sa collection. Le hasard veut que la même région ait accueilli, en 2025, la première présentation française des photographies de son père, 1964: Eyes of the Storm, au musée Granet d’Aix-en-Provence.

Paris : Hermès, le nu et Bercy

Paris compte trois fois dans son œuvre. La Fondation d’entreprise Hermès conserve ses tirages, notamment de la série The White Horse. Le livre Paris Nude (2019) est un travail réalisé dans la capitale. Et son court métrage Finding Faith, attendu en novembre 2026, ouvre le film de concert George Michael: The Faith Tour, tourné au Palais Omnisports de Paris-Bercy, salle où Paul McCartney a lui-même joué à de nombreuses reprises.

L’œuvre de Linda à Montpellier

Enfin, la grande rétrospective itinérante consacrée à Linda McCartney, que Mary accompagne avec son père et sa sœur, a fait étape à Montpellier dans les années 2010, entre Vienne et Séoul, avant Glasgow. C’est l’une des rares occasions où le public français a pu voir réunies les photographies de la mère, dont la fille assure aujourd’hui la transmission.

Vie privée

Deux mariages, quatre fils

Mary McCartney épouse le réalisateur écossais Alistair Donald le 26 septembre 1998, cinq mois après la mort de sa mère. Le couple a deux fils, Arthur, né en 1999, et Elliot, né en 2002, et se sépare en 2007. En 2010, elle épouse discrètement le réalisateur, scénariste et producteur Simon Aboud, avec qui elle a deux autres fils, Sam et Sid. Elle est donc mère de quatre garçons et, comme sa mère, mène de front vie de famille et vie de photographe ; c’est d’ailleurs à l’exemple de Linda, mère de quatre enfants et photographe, qu’elle se réfère quand on lui demande comment concilier les deux.

Une discrétion choisie

Comme ses parents, elle protège ses enfants de la presse. Les tabloïds se sont intéressés à son fils aîné Arthur, diplômé de Yale en 2021, en raison de sa ressemblance avec son grand-père ; Mary ne commente pas. Elle vit à Londres, où elle a installé son studio dans un ancien immeuble de bureaux de l’ouest de la ville, autour d’une grande table ronde en bois qui appartenait à Linda. Parmi ses objets les plus précieux, elle cite des boucles d’oreilles Cartier héritées de sa mère.

Végétarisme et mode de vie

Élevée végétarienne depuis le milieu des années 1970, Mary l’est restée toute sa vie et cuisine essentiellement végétal. Elle défend une approche sans culpabilisation, fondée sur le plaisir de manger, héritée de la cuisine familiale de High Park et du Sussex.

Mary, Stella, James : trois façons d’être un enfant McCartney

Critère Mary Stella James
Naissance 28 août 1969 13 septembre 1971 12 septembre 1977
Domaine Photographie, documentaire, cuisine Mode Musique
Héritage dominant Linda (l’image) Linda (l’engagement animal) Paul (la musique)
Collaboration avec Paul Films, photographies de disques, télévision Militantisme, vêtements de scène Guitare sur Flaming Pie, coécriture sur Driving Rain, coproduction
Exposition médiatique Moyenne Très forte Faible

Mary est la seule de la fratrie à avoir fait, de manière répétée et sur plus de vingt ans, de son père un sujet direct de son travail, et la seule à porter, avec lui, la responsabilité de l’œuvre de leur mère. Pour les deux autres, voir notre portrait de Stella et la fiche de James McCartney.

Une lignée de photographes autour des Beatles

Autour des Beatles, la photographie n’a jamais été un simple outil de promotion. Linda a photographié les Rolling Stones, Jimi Hendrix et les Doors avant de devenir, en 1968, la première femme à signer une couverture de Rolling Stone. Mike McCartney a fixé la jeunesse du groupe à Liverpool. Paul lui-même a pris des centaines de clichés pendant la Beatlemania, publiés en 2023 sous le titre 1964: Eyes of the Storm, exposés à la National Portrait Gallery, puis au musée Granet d’Aix-en-Provence, comme nous l’avions raconté dans Paul McCartney photographe s’expose à Aix-en-Provence ; Mary a participé au guide audio de l’exposition londonienne. George Harrison, enfin, photographiait assidûment, comme le montre The Third Eye. Dans cette lignée, Mary est l’héritière la plus professionnelle : le père a photographié une tempête de l’intérieur, la fille photographie le calme.

Pourquoi l’œuvre de Mary McCartney compte

Une reconnaissance institutionnelle vérifiable

Le V&A, la National Portrait Gallery, la Royal Academy, la Fondation Hermès et le Château La Coste conservent ses œuvres. Aucune de ces institutions n’acquiert des tirages pour un nom de famille. La commande royale de 2015, la sélection à Telluride et les nominations aux Emmy et aux Critics Choice complètent un dossier que peu de photographes de sa génération peuvent présenter.

Une cohérence de regard sur trente ans

D’Off Pointe à Striking, du portrait de la reine au film sur Abbey Road, Mary McCartney applique la même règle : entrer dans les coulisses, attendre le moment où la garde tombe, préférer l’affection à la démonstration.

Un contrechamp à la mythologie des Beatles

L’histoire des Beatles a été largement photographiée par des hommes : Dezo Hoffmann, Robert Freeman, Iain Macmillan. Avec Linda puis Mary, une autre histoire s’est écrite, celle des cuisines, des bus de tournée, des enfants sur les épaules, des studios vus comme des maisons. Le film de Mary sur Abbey Road en est l’aboutissement : il raconte le temple des Beatles depuis le regard d’une enfant qui y jouait.

Une passeuse de mémoire

Mary McCartney est enfin, avec son père, l’une des gardiennes de l’œuvre de Linda. Commissaire de Mother Daughter, présente à Glasgow en 2019, coautrice de Linda McCartney’s Family Kitchen, elle transmet un patrimoine visuel qu’elle connaît mieux que personne, mais sans l’exploiter. Ce double rôle, artiste à part entière et dépositaire de l’œuvre d’une autre, est rare dans l’histoire de la photographie ; il l’est plus encore dans l’entourage des Beatles, où la gestion des archives est souvent affaire de juristes et de maisons de disques plutôt que d’artistes.

Une méthode qui a fait école en famille

On peut enfin mesurer son influence à l’intérieur même de la famille McCartney. C’est à elle que son père confie ses portraits de pochette, ses entretiens filmés et ses apparitions télévisées les plus personnelles ; c’est elle que les magazines sollicitent lorsqu’il faut obtenir de lui une image détendue. Sa méthode, faite de patience et de conversation, est devenue une manière familiale de se raconter. Le cercle s’est d’ailleurs élargi à la génération suivante : sur McCartney III, ses photographies voisinent avec celles de Sonny McCartney, fils de l’oncle Mike, preuve que la photographie reste, dans cette famille, une affaire transmise de génération en génération.

Mary McCartney en chiffres

Indicateur Valeur
Années de carrière photographique Plus de trente, depuis le début des années 1990
Expositions personnelles recensées 19 présentations, de 2004 à 2025
Livres de photographie 5 livres et 1 zine
Livres de cuisine 5, dont 2 écrits en famille
Collections publiques 5, dont 2 en France
Tirages d’Off Pointe au V&A 14
Films 1 documentaire produit (Wingspan), 1 long métrage réalisé (If These Walls Could Sing), 1 court métrage (Finding Faith)
Saisons de télévision 3 (Mary McCartney Serves It Up, 2021-2022)
Nominations Daytime Emmy Award (2022), Critics Choice Documentary Award
Âge d’Elizabeth II sur son portrait 89 ans
Enfants 4 fils

Ces chiffres disent l’essentiel : une production régulière plutôt que spectaculaire, étalée sur trois décennies, et une reconnaissance qui s’est construite exposition après exposition, bien avant les projets menés avec son père.

Par où commencer ? Guide de découverte en dix œuvres

Pour qui découvre Mary McCartney, voici un parcours en dix étapes, du plus accessible au plus personnel. Il permet de saisir en quelques heures l’étendue de son travail, de la photographie au cinéma et à la cuisine.

1. Le portrait d’Elizabeth II (2015)

L’image la plus vue, et la meilleure porte d’entrée : tout y est, la reine au travail plutôt qu’en majesté, la lumière naturelle, le geste quotidien saisi au lieu de la pose. On la trouve aisément en ligne et dans la presse de septembre 2015.

2. Off Pointe (2004)

La série fondatrice. Les danseurs du Royal Ballet après le rideau : c’est ici que se fixe la règle des coulisses. Plusieurs tirages sont visibles dans les collections en ligne du Victoria and Albert Museum.

3. Mum’s Side of the Bed (1996)

Une nature morte domestique, bouleversante quand on sait qu’elle a été prise après le diagnostic du cancer de Linda. C’est la clé de son rapport à l’intimité familiale : regarder sans exposer.

4. Being Frida (2000)

Tracey Emin en Frida Kahlo. L’image dialogue avec la précédente et montre la Mary portraitiste d’artistes, attentive aux jeux d’identité. La Tate en a fait en 2026 une édition limitée.

5. From Where I Stand (2010)

Le premier livre, pour une vue d’ensemble des quinze premières années : proches, artistes, rue, coulisses. Le titre donne la clé de lecture de tout le reste.

6. Monochrome & Colour (2014)

Le livre le plus complet, pour mesurer l’ampleur du travail sur vingt ans et l’alternance du noir et blanc et de la couleur. C’est le volume qui a convaincu Larry Gagosian d’organiser Mother Daughter.

7. Twelfth Night 15.12.13 (2016)

Pour les amateurs de théâtre : une soirée dans les coulisses de Broadway avec Mark Rylance. La démonstration la plus concentrée de sa méthode, en une seule nuit.

8. The White Horse (2018)

Le livre le plus intime et le plus surprenant : un an avec un cheval blanc. On y lit l’héritage de Linda et de l’enfance dans le Sussex, sans qu’aucune figure humaine ne soit nécessaire.

9. If These Walls Could Sing (2022)

Le film, sur Disney+. Pour le lecteur de yellow-sub.net, c’est le passage obligé : l’histoire d’Abbey Road racontée par une enfant qui y a grandi, avec Paul et Ringo en témoins.

10. Feeding Creativity (2023)

Pour finir à table : un livre de cuisine qui est aussi une galerie de portraits. C’est la synthèse de ses deux métiers et de l’héritage végétarien de la famille.

Chronologie détaillée de Mary McCartney (1969-2026)

Date Événement
12 mars 1969 Mariage de Paul McCartney et Linda Eastman à Marylebone ; Linda est enceinte de Mary
22 août 1969 Dernière séance photo des quatre Beatles à Tittenhurst Park ; Linda est parmi les photographes
28 août 1969 Naissance de Mary Anna McCartney à 1 h 30, Avenue Clinic, St John’s Wood
26 septembre 1969 Sortie d’Abbey Road au Royaume-Uni
Fin 1969 Linda photographie Paul et Mary dans sa veste, à High Park
17 avril 1970 Sortie de McCartney ; Mary au dos de la pochette
13 septembre 1971 Naissance de Stella
Printemps 1972 Single Mary Had a Little Lamb, n°9 au Royaume-Uni
Été 1972 Tournée Wings Over Europe ; les enfants voyagent dans le bus du groupe
Milieu des années 1970 La famille devient végétarienne
1975-1976 Tournée mondiale de Wings, famille du voyage
1977 Naissance de James ; Paul et Linda font traverser le passage d’Abbey Road au poney Jet
Fin des années 1970 Installation dans l’East Sussex, scolarité publique
Début des années 1990 Recherche iconographique, puis débuts professionnels avec un Leica offert par Linda
1995 Photographie le lancement de la première collection de Stella ; diagnostic du cancer de Linda
1996 Mum’s Side of the Bed
17 avril 1998 Mort de Linda McCartney près de Tucson
26 septembre 1998 Mariage avec Alistair Donald
1999 Naissance d’Arthur
2000 Being Frida, avec Tracey Emin
Mai 2001 Wingspan (ABC le 11, Channel 4 le 20), produit par Mary
2002 Naissance d’Elliot
2004 Off Pointe à la Royal Opera House
2005 Off Pointe à Dimbola Lodge ; Collective Works à Nunnington Hall
2007 Playing Dress Up à Dallas ; séparation d’avec Alistair Donald
2008 British Style Observed, Natural History Museum
2009 Lancement de Meat Free Monday ; Gay Icons à la National Portrait Gallery
2010 Livre et exposition From Where I Stand ; mariage avec Simon Aboud
2011 The Meat Free Monday Cookbook
2012 Food: Vegetarian Home Cooking
2013 Developing au Lowry et à Toronto ; coulisses de Twelfth Night à Broadway
2014 Monochrome & Colour ; At My Table
Juillet 2015 Portrait d’Elizabeth II à Buckingham Palace, diffusé le 8 septembre
20 novembre 2015 Ouverture de Mother Daughter chez Gagosian
2016 Twelfth Night 15.12.13
2017 Undone, Toronto
2018 The White Horse ; Mother Daughter à Stockholm ; Off Pointe au V&A
2019 Paris Nude ; Off Pointe à Photo London ; rétrospective Linda à Glasgow ; Hong Kong pour Green Common
6 octobre 2020 Séance Paul McCartney et Taylor Swift pour Rolling Stone
18 décembre 2020 Sortie de McCartney III, photographies de Mary
Janvier 2021 Annonce du documentaire sur Abbey Road
Février 2021 Saison 1 de Mary McCartney Serves It Up
2021 Linda McCartney’s Family Kitchen ; Studio 7 by Cartier ; saison 2 en novembre
Juin 2022 Moment of Affection, Château La Coste ; nomination aux Daytime Emmy Awards
3 septembre 2022 Première d’If These Walls Could Sing à Telluride
Novembre 2022 Saison 3 de Serves It Up
16 décembre 2022 Sortie du film sur Disney+ aux États-Unis (6 janvier 2023 ailleurs)
9 mars 2023 Ouverture de Can We Have a Moment? chez Sotheby’s, Londres
2023 Feeding Creativity (Taschen)
16 novembre 2023 Ouverture d’Embrace à New York, jusqu’au 13 janvier 2024
2024 Zine Portraits ; Double Exposure au Claridge’s ArtSpace
8 octobre – 2 novembre 2025 Striking, Galerie Rudolfinum, Prague
25 juin 2026 Ouverture de Frida: The Making of an Icon à la Tate Modern, avec l’édition Being Frida
28 août 2026 57e anniversaire
25 septembre 2026 Timbres USPS consacrés aux photographies de Linda, dévoilés au MoMA
Novembre 2026 Sortie annoncée de George Michael: The Faith Tour, ouvert par son court métrage Finding Faith

Glossaire

  • Argentique : photographie sur pellicule, développée chimiquement, par opposition au numérique.
  • Tirage argentique : épreuve obtenue en exposant un papier photosensible à travers le négatif, puis en le développant ; c’est le procédé qui a fasciné Mary enfant.
  • Lumière disponible : lumière naturelle ou existante sur les lieux, sans flash ni éclairage ajouté.
  • Unguarded moment : instant où le sujet baisse la garde et oublie l’appareil ; notion centrale de son œuvre.
  • Planche-contact : tirage de tous les négatifs d’une pellicule sur une seule feuille, base du travail d’édition.
  • Commissaire d’exposition : personne qui conçoit le propos et la sélection d’une exposition ; Mary l’a été pour Mother Daughter.
  • Édition limitée : tirage produit en nombre fixe d’exemplaires, signés et numérotés, comme Being Frida pour la Tate.
  • MPL Communications : société de Paul McCartney qui gère ses droits, ses archives et ses productions, dont Wingspan.
  • Meat Free Monday : campagne lancée en 2009 par Paul, Mary et Stella, invitant à ne pas manger de viande le lundi.
  • Boîte rouge : boîte de dépêches officielle dans laquelle la souveraine britannique reçoit chaque jour les documents de l’État ; motif central du portrait de 2015.

Questions fréquentes sur Mary McCartney

Qui est Mary McCartney ?

Mary McCartney est une photographe, réalisatrice, autrice culinaire et militante britannique, née le 28 août 1969 à Londres. Elle est la fille aînée de Paul McCartney et de la photographe Linda McCartney. Elle est connue pour ses portraits pris sur le vif, pour le portrait officiel d’Elizabeth II en 2015, pour son documentaire If These Walls Could Sing sur les studios d’Abbey Road et pour la campagne Meat Free Monday.

Quel âge a Mary McCartney ?

Née le 28 août 1969, elle a eu 57 ans le 28 août 2026.

Pourquoi s’appelle-t-elle Mary ?

Elle porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Mary Patricia McCartney, mère de Paul, morte en 1956 quand Paul avait quatorze ans, et à qui il a pensé en écrivant Let It Be.

Est-ce Mary McCartney sur la pochette de l’album McCartney ?

Oui, mais au dos et non en couverture : c’est elle, à quelques mois, dans la veste de son père, sur une photographie prise par Linda à High Park, en Écosse, à la fin de 1969. La couverture montre des cerises.

La chanson Mary Had a Little Lamb a-t-elle été écrite pour elle ?

Paul a enregistré cette adaptation d’une comptine américaine de 1830 parce que sa fille aimait entendre son prénom chanté. Le single de Wings, paru en 1972, a atteint la 9e place au Royaume-Uni.

Mary McCartney a-t-elle photographié la reine Elizabeth II ?

Oui. En juillet 2015, elle a photographié la reine à son bureau de Buckingham Palace, consultant une boîte rouge. L’image a été diffusée pour le 9 septembre 2015, jour où Elizabeth II est devenue le monarque britannique ayant régné le plus longtemps.

Quel appareil photo utilise Mary McCartney ?

Elle travaille au Leica, en argentique comme en numérique. Son premier Leica lui a été offert par sa mère quand elle a décidé de devenir photographe.

Où peut-on voir les photographies de Mary McCartney ?

Dans les collections du Victoria and Albert Museum, de la National Portrait Gallery et de la Royal Academy à Londres, de la Fondation d’entreprise Hermès à Paris et du Château La Coste en Provence, ainsi que dans ses livres et lors de ses expositions temporaires, comme Striking à Prague en 2025.

Qu’est-ce que le documentaire If These Walls Could Sing ?

C’est le premier long métrage réalisé par Mary McCartney, consacré aux quatre-vingt-dix ans des studios d’Abbey Road. Présenté au festival de Telluride le 3 septembre 2022, il est disponible sur Disney+ depuis décembre 2022 aux États-Unis et janvier 2023 ailleurs.

Mary McCartney a-t-elle réalisé Wingspan ?

Non. Elle a produit Wingspan (2001) et y interroge son père, mais le film a été réalisé par son premier mari, Alistair Donald.

Mary McCartney est-elle végétarienne ?

Oui, depuis l’enfance. Elle a cofondé Meat Free Monday en 2009, publié cinq livres de cuisine végétarienne ou végétale et présenté trois saisons de Mary McCartney Serves It Up.

Qu’est-ce que l’émission Mary McCartney Serves It Up ?

Une émission de cuisine végétale diffusée sur Discovery+ et Food Network de 2021 à 2022, en trois saisons, avec des invités comme Paul, Stella, Oprah Winfrey et Reese Witherspoon. Elle a été nommée aux Daytime Emmy Awards en 2022.

Qui a photographié la pochette de McCartney III ?

La couverture est d’Ed Ruscha. Mary a signé le portrait de Paul inclus dans l’édition et la plupart des photographies intérieures, aux côtés de Sonny McCartney, neveu de Paul.

Avec qui Mary McCartney est-elle mariée ?

Avec le réalisateur et scénariste Simon Aboud, depuis 2010. Elle a été mariée de 1998 à 2007 au réalisateur Alistair Donald. Elle a quatre fils : Arthur et Elliot, de son premier mariage, puis Sam et Sid.

Quelle est la différence entre Mary et Stella McCartney ?

Mary, l’aînée, est photographe, réalisatrice et autrice culinaire ; Stella, née en 1971, est créatrice de mode et dirige sa propre maison. Les deux sœurs ont cofondé Meat Free Monday avec leur père en 2009.

Quels sont les projets récents de Mary McCartney ?

En 2025, elle a présenté l’exposition Striking à Prague ; en 2026, la Tate Modern a édité son tirage Being Frida pour l’exposition consacrée à Frida Kahlo, et son court métrage Finding Faith ouvre le film de la tournée Faith de George Michael, tourné à Bercy, attendu en novembre 2026.

Combien d’enfants a Mary McCartney ?

Quatre fils : Arthur, né en 1999, et Elliot, né en 2002, de son mariage avec Alistair Donald ; puis Sam et Sid, de son mariage avec Simon Aboud.

Mary McCartney a-t-elle chanté sur des disques de son père ?

Selon les récits familiaux, les enfants McCartney ont participé aux chœurs de Mary Had a Little Lamb en 1972. Sa carrière ne s’est toutefois jamais orientée vers la musique : ses collaborations avec son père passent par l’image, le film et la cuisine.

Mary McCartney est-elle la photographe officielle de la famille royale ?

Non. Elle a réalisé un portrait officiel ponctuel d’Elizabeth II, en juillet 2015, pour le record de règne de la souveraine. Il ne s’agit pas d’une fonction permanente.

Quel est le premier livre de Mary McCartney ?

From Where I Stand, publié par Thames & Hudson en 2010 et réédité en 2019, accompagné d’une exposition à la National Portrait Gallery et à la Michael Hoppen Gallery de Londres.

Quel lien Mary McCartney a-t-elle avec Abbey Road ?

Elle est née à quelques rues des studios, qui se trouvaient à cinq minutes à pied de la maison familiale de Cavendish Avenue, et elle dit que certains de ses plus anciens souvenirs viennent de là. Elle a consacré aux studios son premier long métrage, If These Walls Could Sing, en 2022.

Quel est le lien entre Mary McCartney et George Michael ?

Son exposition Playing Dress Up a été accueillie en 2007 par la Goss-Michael Foundation, créée à Dallas par George Michael et Kenny Goss. En 2026, elle signe Finding Faith, court métrage d’images inédites qui ouvre le film de concert George Michael: The Faith Tour, tourné à Paris-Bercy.

Mary McCartney a-t-elle exposé en France ?

Oui, notamment au Château La Coste, en Provence, avec la rétrospective Moment of Affection en 2022. Ses œuvres figurent dans les collections du domaine et de la Fondation d’entreprise Hermès à Paris.

Mary McCartney a-t-elle suivi une école de photographie ?

Non. Elle n’a pas de formation académique en photographie. Elle s’est formée en regardant travailler sa mère, en découvrant enfant la chambre noire de Linda à Soho, puis en faisant de la recherche iconographique pour un éditeur de livres sur la musique, ce qui l’a amenée à examiner des milliers d’images d’autres photographes avant de se lancer, au début des années 1990, avec un Leica offert par Linda.

Que signifie la devise Can we have a moment ?

C’est une invitation à s’arrêter un instant pour apprécier la beauté d’un moment ordinaire. Mary McCartney l’emploie dans la vie comme dans son travail, et elle a donné son titre à son exposition chez Sotheby’s à Londres en 2023, Can We Have a Moment? Three Decades of Photographs in Britain.

Mary McCartney travaille-t-elle pour Linda McCartney Foods ?

Oui, elle en est consultante. La marque de plats végétariens a été fondée par sa mère en 1991 et reste l’une des plus connues de son rayon au Royaume-Uni. Mary est par ailleurs ambassadrice mondiale de Meat Free Monday et de la marque asiatique Green Common.

Quelle est l’exposition la plus importante de Mary McCartney ?

Par sa portée historique, Off Pointe (2004), série fondatrice dont quatorze tirages sont entrés au Victoria and Albert Museum et qui a été reprise à Photo London en 2019. Par son ampleur, Can We Have a Moment? chez Sotheby’s en 2023, présentée comme sa première grande rétrospective au Royaume-Uni. Par sa charge familiale, Mother Daughter chez Gagosian en 2015, qui a réuni pour la première fois ses images et celles de Linda.

Pour aller plus loin sur yellow-sub.net

Cette fiche rassemble les faits et le catalogue de l’œuvre. Pour un portrait narratif et une analyse de sa méthode, lire Mary McCartney photographe : l’œuvre, la méthode et la vie de la fille aînée de Paul et Linda McCartney ; pour sa relation de travail avec son père, Mary McCartney fête ses 57 ans : une vie de collaborations avec son père. Sur la famille : La famille de Paul McCartney et la chronologie de la vie personnelle de Paul McCartney. Sur les années Wings : Paul McCartney, les Wings et les débuts de la carrière solo.

Sources et vérifications

Biographie officielle de Mary McCartney (marymccartney.com, rubrique About) ; notices de la National Portrait Gallery et du Victoria and Albert Museum ; Galerie Rudolfinum et Designblok (exposition Striking, 2025) ; Tate Shop (édition Being Frida, 2026) ; Sotheby’s (catalogue de Can We Have a Moment?, 2023) ; Gagosian (Mother Daughter, 2015) ; Daily Telegraph, 9 septembre 2015 (portrait d’Elizabeth II) ; Rolling Stone, novembre 2020 (Paul McCartney et Taylor Swift) ; Los Angeles Times (Robert Hilburn, Wingspan, 2001) ; Mercury Studios et Disney+ (If These Walls Could Sing) ; Daytime Emmy Awards 2022 ; Wikipédia en anglais, notice Mary McCartney ; Barry Miles, Many Years From Now (1997) ; Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle ; nos articles 747276 et 790463.

Mary McCartney, photographe et fille aînée de Paul et Linda McCartney