Paul McCartney, 84 ans, reconduit son appel à manger végétarien : une semaine sans viande pour la Semaine nationale végétarienne 2026
À 84 ans, Paul McCartney remet le couvert. Dans un entretien exclusif publié fin septembre par le Daily Express, l’ancien Beatle invite les Britanniques à passer une semaine entière sans viande, du jeudi 1er au mercredi 7 octobre 2026, à l’occasion de la Semaine nationale végétarienne organisée par la Vegetarian Society. L’appel n’a rien d’une surprise : McCartney est végétarien depuis le milieu des années 1970, parrain de cette association depuis 1995 et cofondateur de Meat Free Monday depuis 2009. Mais la reconduction de 2026 mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle tombe à un moment très particulier : l’Union européenne vient d’interdire trente et un noms de viande sur les emballages de produits végétaux, le Royaume-Uni n’a toujours pas appliqué la baisse de consommation de viande recommandée par sa propre stratégie alimentaire, et la plus vieille association végétarienne du monde fête, ce mercredi 30 septembre, les 179 ans de sa fondation. Voici ce que dit vraiment cet engagement, d’où il vient, ce qu’il change, et ce que la presse en a déformé.
En bref
- L’annonce : Paul McCartney appelle le public britannique à manger végétarien pendant une semaine, du 1er au 7 octobre 2026, pour la National Vegetarian Week de la Vegetarian Society, dont il est le parrain depuis 1995.
- Le message : trois arguments, dans cet ordre : la santé, les animaux, la planète ; et une idée-force, l’impact individuel de chaque assiette, chaque jour.
- Le thème 2026 : les haricots et les légumineuses, protéines bon marché et riches en fibres, d’où le calembour du Daily Express, Let It Be devenu Let it bean.
- Les autres soutiens : Joanna Lumley, Chris Packham, Heather Small, la cheffe Ali Honour et Mary McCartney, elle-même marraine de l’association.
- Le contexte : accord européen du 5 mars 2026 interdisant 31 dénominations carnées pour les produits végétaux, stratégie alimentaire nationale britannique de 2021 réclamant 30 % de viande en moins, plus de trois millions de végétariens et de végans estimés au Royaume-Uni.
- La continuité : Meat Free Monday demande un jour par semaine depuis 2009 ; la Semaine nationale en demande sept. C’est la même méthode du seuil d’entrée bas, étirée sur une durée plus longue.
- Six correctifs factuels rectifient les approximations reprises dans la presse : la date réelle de la Semaine végétarienne, l’année de sa naissance, le décor exact du fameux repas d’agneau, l’origine de l’idée du lundi sans viande, la portée de la stratégie Dimbleby et la datation de la vidéo Glass Walls.
Sommaire
Une semaine plutôt qu’un jour : ce que Paul McCartney a vraiment dit
L’exclusivité du Daily Express
La une est de celles que les rédactions britanniques affectionnent : une photographie de Paul McCartney sur scène, sa basse Höfner en forme de violon à la main, et, en surimpression, une phrase en énormes caractères qui résume son propos : manger plus végétarien, parce que c’est meilleur pour la planète. La légende de la photo tente un calembour sur Let It Be, transformé en Let it bean, clin d’œil au thème de l’édition 2026. En dessous, un titre plus sobre présente la légende des Beatles comme le chef de file d’une brochette de célébrités qui plaident pour qu’on laisse tomber la viande. L’article, marqué du bandeau exclusive, est signé Steph Spyro, rédactrice en chef environnement du quotidien. Il a été repris dès le lundi 28 septembre 2026 par plusieurs agrégateurs d’information, puis relayé par la Vegetarian Society elle-même sur son site.
Le cœur du texte tient en une déclaration de McCartney, courte et construite comme un argumentaire. Il s’y dit profondément convaincu que chacun peut avoir un impact individuel, chaque jour, par le choix de ce qu’il mange. Puis il déroule les trois bénéfices d’une alimentation davantage tournée vers le végétal : meilleure pour notre propre santé, plus bienveillante envers les animaux, et surtout, insiste-t-il, “much better for the planet”, bien meilleure pour la planète. C’est cette dernière proposition que le journal a choisie pour sa une. La déclaration n’a d’ailleurs pas été improvisée pour l’occasion : c’est mot pour mot la citation qui figure depuis plusieurs semaines sur la page officielle de la Semaine nationale végétarienne, sous une photographie de Paul signée de sa fille Mary.
Le quotidien rappelle ensuite deux éléments de biographie : McCartney est végétarien depuis 1975, et il a lancé en 2009 avec ses filles Mary et Stella la campagne Meat Free Monday, qui invite à se passer de viande au moins un jour par semaine pour aider les animaux, les humains et la Terre. Il raconte aussi, en une phrase, l’épisode fondateur : le couple McCartney aurait renoncé à la viande en voyant des moutons devant la fenêtre de sa ferme pendant un repas qui comprenait de l’agneau. On verra plus bas que ce résumé, repris partout, mérite d’être précisé.
Trois arguments, et un ordre qui a changé
L’ordre des arguments n’est pas un détail. Pendant les vingt premières années de son engagement, du milieu des années 1970 au milieu des années 1990, le discours de McCartney était d’abord éthique et animalier. Il l’a répété dans d’innombrables entretiens : lui et Linda ont arrêté la viande parce qu’ils aimaient les animaux, et non pour leur santé. À partir de 2009, avec Meat Free Monday, l’argument climatique passe au premier plan, résumé par une formule anglaise qui rime, “less meat = less heat” : moins de viande, moins de chaleur. En 2026, la santé ouvre la liste, les animaux la complètent et la planète la conclut, en position d’insistance.
Ce triptyque santé, animaux, planète est exactement celui qu’utilisent aujourd’hui les organisations de santé publique et les associations environnementales pour toucher des publics qui ne se sentent pas concernés par la cause animale. Placer la santé en tête, c’est s’adresser d’abord à l’intérêt personnel du lecteur ; finir sur la planète, c’est lui offrir une raison collective de persévérer quand l’intérêt personnel s’émousse. On peut y voir une évolution tactique, fruit de cinquante ans d’expérience militante. On peut aussi y voir l’effet de l’âge : un homme de 84 ans qui enchaîne encore des concerts de près de trois heures devant des stades pleins est, en lui-même, un argument de santé que peu de militants peuvent brandir.
Une idée-force : l’impact individuel
La première phrase de McCartney mérite qu’on s’y arrête plus longuement que les trois arguments qui suivent. Elle affirme que l’impact individuel existe, qu’il est quotidien et qu’il passe par l’assiette. Dans le débat climatique contemporain, cette position n’est pas neutre. Une partie des militants écologistes considère que l’insistance sur les gestes individuels détourne l’attention des responsabilités des États et des grandes entreprises. McCartney prend le parti inverse, avec constance depuis 2009 : il ne nie pas le rôle des gouvernements, il leur a écrit à plusieurs reprises, mais il refuse que le citoyen attende les lois pour agir.
C’est la différence entre sa méthode et celle d’une partie du mouvement climat. Là où d’autres réclament des interdictions, McCartney propose des essais. Là où d’autres dénoncent, il invite à cuisiner. La méthode a ses limites, et on les examinera plus loin ; elle a aussi une vertu que ses adversaires lui reconnaissent rarement : elle ne demande à personne de se sentir coupable pour commencer.
Pourquoi une semaine, et pourquoi en octobre
La demande de 2026 marque une gradation par rapport à ce que McCartney réclame habituellement. Meat Free Monday, la campagne qu’il a lancée avec ses filles, demande un jour sans viande par semaine. La Semaine nationale végétarienne en demande sept d’affilée. La différence n’est pas seulement arithmétique : une semaine suffit pour changer ses habitudes de courses, découvrir une dizaine de recettes et constater que le repas sans viande n’est ni plus cher ni plus compliqué à préparer. C’est précisément la logique de l’événement, qui ne réclame aucune conversion définitive mais propose un essai grandeur nature.
Le calendrier, lui, a changé récemment. Pendant trois décennies, la National Vegetarian Week s’est tenue au mois de mai. Depuis 2024, la Vegetarian Society l’a déplacée du 1er au 7 octobre, pour la faire coïncider avec la Journée mondiale du végétarisme, célébrée chaque 1er octobre depuis 1977 à l’initiative de la North American Vegetarian Society, puis reprise par l’Union végétarienne internationale. La semaine enjambe aussi le 4 octobre, Journée mondiale des animaux, fixée au jour de la fête de François d’Assise, patron des animaux dans la tradition catholique. Pour une association qui veut réunir l’argument animal et l’argument alimentaire, la fenêtre est idéale. Elle a aussi un avantage pratique : la rentrée est le moment de l’année où l’on prend volontiers de nouvelles résolutions, bien plus que la fin du printemps.
Correctif factuel n° 1 — La Semaine nationale végétarienne n’a plus lieu en mai
Plusieurs calendriers en ligne de journées thématiques annoncent encore la National Vegetarian Week 2026 du 18 au 24 mai, selon la règle ancienne de la semaine commençant le troisième lundi de mai. C’est faux depuis 2024 : la Vegetarian Society a annoncé publiquement, dès janvier 2024, que l’événement se tiendrait désormais du 1er au 7 octobre, pour s’aligner sur la Journée mondiale du végétarisme. Les éditions 2024, 2025 et 2026 se sont toutes tenues, ou se tiennent, à ces dates. Les calendriers qui mentionnent le mois de mai reproduisent une règle abandonnée. Le Daily Express, qui écrit que la semaine commence un jeudi, a raison : le 1er octobre 2026 tombe bien un jeudi.
La Vegetarian Society, 179 ans ce 30 septembre : l’institution derrière l’appel
Ramsgate, 1847 : la naissance d’un mot
Pour comprendre la portée de l’engagement de McCartney, il faut savoir à qui il prête son nom. La Vegetarian Society n’est pas une association parmi d’autres. Fondée le 30 septembre 1847 à Northwood Villa, à Ramsgate, dans le Kent, elle est considérée comme la plus ancienne organisation végétarienne du monde. Elle a, ce mercredi, exactement 179 ans. Ses fondateurs venaient de plusieurs courants de la réforme sociale victorienne, parmi lesquels une Église chrétienne biblique de Salford, près de Manchester, qui prônait l’abstinence de viande et d’alcool, et les membres d’une communauté éducative, l’Alcott House, installée près de Londres. C’est dans ce milieu que le mot même de végétarien s’impose en anglais, par un vote unanime des fondateurs, avant de passer dans les autres langues européennes.
L’histoire de l’association est celle d’une lente sortie de la marge. Longtemps associée à la tempérance, à l’hygiénisme et à une certaine austérité, elle traverse deux guerres mondiales et une longue période de rationnement avant de se réinventer, dans la seconde moitié du XXe siècle, en organisation de conseil et de certification. En 1969, elle lance son label Vegetarian Society Approved, apposé sur les produits garantis sans chair animale ; un label végan suit en 2017. En 1982, elle ouvre une école de cuisine, la Cordon Vert Cookery School. Aujourd’hui, c’est une association caritative enregistrée qui fait campagne auprès des pouvoirs publics, des écoles et des entreprises, et dont la Semaine nationale est l’événement annuel phare.
Le détail du 30 septembre n’est pas anecdotique. L’entretien de McCartney paraît donc à la veille de la Semaine nationale, le jour même de l’anniversaire de l’association et quarante-huit heures avant la Journée mondiale du végétarisme. Le calendrier a été construit avec soin : chaque date renforce la suivante, et le nom de McCartney les relie toutes dans la presse.
1995 : Paul et Linda deviennent parrains
Le lien entre les McCartney et la Vegetarian Society date de 1995. Cette année-là, l’association produit un documentaire intitulé Devour the Earth, consacré à l’impact environnemental de l’élevage, et c’est Paul McCartney qui en assure la narration. La même année, Paul et Linda deviennent officiellement parrains, patrons en anglais, de l’association. Il faut mesurer la date : en 1995, l’argument écologique contre la viande n’a presque aucune audience dans les médias grand public. Le film anticipe de plus de dix ans le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture de 2006, Livestock’s Long Shadow, qui fera entrer l’élevage dans le débat climatique mondial en lui attribuant une part majeure des émissions de gaz à effet de serre.
1995 est aussi l’année où Linda apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle mourra le 17 avril 1998, dans le ranch familial de Tanque Verde, près de Tucson, en Arizona. Le parrainage de la Vegetarian Society fait donc partie des derniers engagements publics du couple, et c’est l’un de ceux que Paul n’a jamais lâchés. Leurs filles Stella et Mary sont devenues à leur tour marraines de l’association. Le site a raconté le parcours de Linda McCartney, photographe, musicienne, entrepreneuse et militante, dont les 85 ans ont été célébrés le 24 septembre dernier ; on ne peut pas comprendre l’appel de 2026 sans garder en tête que Paul le formule aussi en son nom.
La Semaine nationale : un format né au début des années 1990
La National Vegetarian Week est née au tout début des années 1990. D’abord conçue comme une journée, elle s’est étendue à une semaine entière et s’est tenue presque chaque année depuis. Son principe n’a jamais varié : inviter ceux qui mangent de la viande à essayer autre chose, sans les culpabiliser. Ce qui a changé, ce sont l’échelle et les outils. L’association propose désormais une inscription en ligne, qui déclenche l’envoi d’un livret numérique gratuit de recettes. En 2025, selon la Vegetarian Society, l’édition a rassemblé plus de 20 000 inscrits, avec un livret de 48 pages et un message vidéo de Mary McCartney appelant à s’inscrire.
L’édition 2026 reprend cette mécanique et l’enrichit d’un tirage au sort : les participants inscrits peuvent gagner des lots offerts par les partenaires. Le sponsor principal est Suma, une coopérative de distribution alimentaire du Yorkshire spécialisée dans les produits végétariens, biologiques et équitables, détenue par ses salariés et fonctionnant sans hiérarchie classique depuis sa création dans les années 1970. L’association, qui prône une alimentation plus juste, s’adosse ainsi à un partenaire dont le modèle économique va dans le même sens.
Correctif factuel n° 2 — 1991 ou 1992 : deux dates pour une même naissance
Les sources ne s’accordent pas sur l’année de la première Semaine nationale végétarienne. La presse spécialisée et plusieurs calendriers retiennent 1992, date que reprend aussi la Vegetarian Society dans ses communiqués récents, en évoquant plus de trente ans d’existence. D’autres synthèses historiques sur l’association datent la première édition de 1991, en précisant qu’elle ne durait alors qu’une journée. Les deux versions deviennent compatibles si l’on distingue la première journée d’action de la première semaine proprement dite. Il est plus prudent d’écrire que l’événement est né au début des années 1990 que d’affirmer une date unique.
Le thème 2026 : les haricots, ou l’art de parler au porte-monnaie
Haricots, légumineuses, céréales : la protéine des pauvres devenue argument moderne
Chaque édition de la Semaine nationale choisit un angle. Celui de 2026 est l’un des plus terre à terre de l’histoire de l’événement : les haricots, et plus largement les légumineuses, les céréales complètes, les noix et les graines. La Vegetarian Society les présente comme des géants nutritionnels bon marché, véritables concentrés de protéines et de fibres, et bons pour la planète. Le livret numérique gratuit, élaboré avec des chefs et des auteurs culinaires, propose des recettes rapides de semaine comme des plats de fête, toutes végétariennes ou végétales.
Le choix est habile. Au Royaume-Uni, la crise du coût de la vie qui a suivi 2022 a rendu les arguments budgétaires plus audibles que les arguments moraux. Les haricots, les pois chiches et les lentilles comptent parmi les sources de protéines les moins chères au kilo. En les plaçant au centre, l’association répond d’avance à l’objection la plus fréquente contre l’alimentation végétarienne, celle de son coût supposé, alimentée par le prix élevé de certains substituts industriels de viande. Elle rappelle aussi une évidence historique : pendant des siècles, les légumineuses ont été la protéine des classes populaires européennes, bien avant de devenir un produit de niche vendu en bocal dans les épiceries fines.
Il y a là une inflexion stratégique par rapport à la décennie précédente. Entre 2015 et 2022, le discours végétarien britannique s’est largement appuyé sur l’essor des alternatives industrielles : burgers végétaux, saucisses sans viande, nuggets de soja. Ce marché a connu une croissance spectaculaire, puis un tassement, voire un recul, quand l’inflation a frappé les ménages. En revenant aux haricots, l’association revient à la cuisine de base, celle qu’on fait soi-même avec des produits bruts. C’est aussi, sans le dire, un retour aux livres de cuisine de Linda McCartney, qui dès 1989 misaient sur des recettes familiales simples plutôt que sur des produits transformés.
Let it bean : quand la presse populaire joue avec les Beatles
Le calembour choisi par le Daily Express pour légender sa photographie n’est pas qu’un trait d’esprit de secrétaire de rédaction. Il dit quelque chose du statut de McCartney dans la presse britannique : son nom est devenu une clé d’accès au lecteur, capable de faire passer en une un sujet de politique alimentaire qui, sans lui, aurait fini en page intérieure. La Vegetarian Society le sait, et c’est la raison pour laquelle elle place son parrain en tête de sa communication, avant les chefs et les autres personnalités.
Il y a d’ailleurs, dans l’histoire des Beatles, un précédent savoureux au thème des haricots. En février 1968, quand les quatre musiciens partent pour l’ashram du Maharishi Mahesh Yogi à Rishikesh, dans le nord de l’Inde, où l’on ne sert qu’une nourriture végétarienne épicée, Ringo Starr emporte dans ses bagages une valise de conserves de haricots à la sauce tomate. Son estomac, fragilisé par les longues hospitalisations de son enfance, supporte mal les épices. Le site a raconté les huit semaines de Rishikesh et l’enfance hospitalière de Ringo Starr. Cinquante-huit ans plus tard, les haricots sont passés du statut de bouée de sauvetage d’un Beatle égaré en Inde à celui de thème officiel d’une campagne soutenue par un autre Beatle. L’histoire a de l’humour.
Rishikesh, d’ailleurs, est aussi le premier contact prolongé de Paul McCartney avec une alimentation entièrement végétarienne. Pendant plusieurs semaines, il mange sans viande, sans alcool, dans un cadre où l’abstinence est une discipline spirituelle. Il ne devient pas végétarien pour autant : il faudra attendre la ferme écossaise, sept ans plus tard. Mais l’expérience montre que l’idée ne lui était pas étrangère avant la fameuse scène du gigot d’agneau.
Ce que propose concrètement la semaine
Le dispositif est volontairement simple. On s’inscrit sur le site de la Vegetarian Society, on reçoit le livret numérique de recettes, on participe au tirage au sort, et l’on essaie pendant sept jours de cuisiner sans viande ni poisson. L’association complète ce kit par une rubrique d’astuces pour débutants et par sa collection de recettes en ligne. Les entreprises, restaurants, cantines, universités et collectivités sont invités à proposer des menus ou des offres spéciales, relayés sur les réseaux sociaux de l’association.
Louise Goodwin, responsable des campagnes de l’association, résume l’objectif dans l’article du Daily Express : partager gratuitement recettes et conseils de cuisine pour donner à chacun l’envie d’essayer des plats sans viande savoureux. Le vocabulaire est celui de l’invitation, pas de l’injonction. C’est la ligne de l’association depuis trente ans, et c’est aussi celle de McCartney depuis qu’il a lancé Meat Free Monday. Pour qui voudrait aller plus loin que le livret gratuit, le livre de famille publié en 2021, Linda McCartney’s Family Kitchen, reste la référence de la maison McCartney : plus de quatre-vingt-dix recettes de Linda revues en version entièrement végétale par Paul, Mary et Stella.
Les voix de la campagne : Lumley, Packham, Small, Mary McCartney
Joanna Lumley et Chris Packham : l’argument de l’impuissance
Aux côtés de McCartney, le Daily Express cite deux personnalités britanniques très populaires. L’actrice Joanna Lumley, révélée par Chapeau melon et bottes de cuir puis consacrée par la série comique Absolutely Fabulous, végétarienne de longue date, faisait déjà partie des premiers soutiens de Meat Free Monday en 2009. Le présentateur Chris Packham, naturaliste et figure de la télévision animalière britannique, livre de son côté la déclaration la plus construite de la campagne. Il part d’un constat psychologique : aider l’environnement peut sembler écrasant. Puis il retourne ce découragement en affirmant que chacun peut faire une différence, et que c’est facile. Réduire ou supprimer la viande, explique-t-il, fait baisser notre empreinte carbone, au bénéfice de la planète et de tous ses occupants.
L’argument de Packham est intéressant parce qu’il répond à ce que les psychologues du climat appellent l’éco-anxiété et le sentiment d’impuissance. Face à un problème global, l’individu se sent inutile et finit par ne rien faire. La campagne lui propose un geste à portée de main, mesurable et quotidien. C’est, dans une autre langue, exactement ce que dit McCartney avec sa formule de l’impact individuel quotidien. Les deux déclarations se répondent : l’une nomme le problème psychologique, l’autre propose la solution pratique.
Heather Small, trente ans de végétarisme
La page officielle de la Semaine nationale ajoute d’autres voix. La chanteuse Heather Small, voix du groupe M People dans les années 1990, rappelle qu’elle vit en végétarienne depuis plus de trente ans et que cela lui a réussi, pour sa santé, pour la planète et pour les animaux ; elle invite chacun à essayer quelques repas végétariens ou végans et à sentir la différence. Le détail a une résonance particulière pour les lecteurs de ce site : Heather Small figurait à l’affiche du Concert for Linda, organisé au Royal Albert Hall le 10 avril 1999 par Chrissie Hynde et la scénariste Carla Lane en hommage à Linda McCartney. Vingt-sept ans plus tard, elle se retrouve sur la même page que Paul et Mary pour défendre la cause de Linda.
La cheffe et autrice Ali Honour, figure de la cuisine végétale britannique, complète la liste avec une formule qui déplace le débat : le monde n’a pas besoin de plus de nourriture, mais d’une meilleure nourriture, qui nourrisse les corps, soutienne les agriculteurs et respecte la planète. La mention des agriculteurs n’est pas fortuite. Elle anticipe l’objection la plus sensible dans les campagnes britanniques, celle d’un végétarisme urbain qui mépriserait le monde paysan.
Mary McCartney, la relève
La voix la plus importante de la campagne, après celle de Paul, est celle de Mary McCartney. Photographe, réalisatrice, autrice de plusieurs livres de cuisine végétarienne et animatrice de l’émission Mary McCartney Serves It Up, nommée aux Daytime Emmy Awards en 2022, elle est marraine de la Vegetarian Society et ambassadrice mondiale de Meat Free Monday. Sur la page de la Semaine nationale, elle explique que chacun a ses propres raisons d’être végétarien et que, pour elle, s’il fallait n’en retenir qu’une, ce serait les animaux.
La phrase est fidèle à l’héritage de Linda. Là où son père insiste désormais sur la santé et le climat, Mary revient à la motivation d’origine, celle de la ferme écossaise des années 1970. C’est aussi elle qui signe la photographie de Paul utilisée par l’association : la campagne 2026 est, jusque dans son iconographie, une affaire de famille. Le site a consacré deux portraits à Mary McCartney et ses collaborations avec son père, et à son œuvre entre image, cuisine et héritage Beatles.
On aurait tort de voir dans cette présence un simple relais filial. Depuis une quinzaine d’années, c’est Mary qui porte l’essentiel du travail concret de la cause familiale : les livres de recettes, les démonstrations culinaires, les vidéos d’appel à l’inscription, les tournages. Paul prête son nom et sa voix ; Mary fait la cuisine, au sens propre. La répartition rappelle celle du couple des années 1990, où Paul portait la notoriété et Linda, l’entreprise.
Cinquante ans de constance : la généalogie d’un engagement reconduit
High Park, milieu des années 1970 : la scène fondatrice
Toute la presse a repris, à l’occasion de l’appel de 2026, le récit fondateur du végétarisme de McCartney. Il mérite d’être raconté avec précision, parce que les résumés l’ont appauvri. La scène se passe à High Park, la ferme isolée que Paul a achetée en 1966 sur la presqu’île du Kintyre, dans l’ouest de l’Écosse, et où le couple a trouvé refuge après la séparation des Beatles. C’est un dimanche. La famille déjeune. Au menu, un gigot d’agneau. Par la fenêtre de la cuisine, de jeunes agneaux gambadent dans le pré.
McCartney l’a raconté à de nombreuses reprises, avec des mots presque identiques d’une décennie à l’autre. Dans un entretien publié sur son site officiel, il explique que ce sont les agneaux qui ont tout déclenché : le couple les avait vus jouer joyeusement dans les champs pendant le premier mois de leur vie, puis a pris conscience que ce qu’il mangeait était un gigot d’agneau, et a fait le lien. Dans un autre texte, publié en 2022 dans un magazine britannique, il précise que Linda et sa famille avaient toujours mangé de la viande, que lui-même avait été élevé à la cuisine anglaise la plus traditionnelle, et que les enfants, encore très jeunes, ont été réunis pour qu’on leur explique la décision. Mary se souvient que ses parents leur ont dit qu’ils ne voulaient plus de souffrance dans leur assiette, et que cela s’est fait sans drame.
Le site a consacré au fil de l’engagement de McCartney un dossier documenté de cinquante ans d’engagements animaliers, humanitaires et philanthropiques, qui revient en détail sur cette scène, sur le récit parallèle de la pêche dans un loch écossais et sur la datation d’usage de 1975. On se contentera ici d’en retenir ce qui éclaire l’appel de 2026 : dès l’origine, le végétarisme de McCartney est une décision familiale, domestique, prise à table, et non une adhésion à une doctrine. C’est la même logique qu’il défend cinquante ans plus tard, quand il demande aux Britanniques d’essayer une semaine à la maison.
Correctif factuel n° 3 — Des agneaux, en Écosse, et pas seulement des moutons devant la fenêtre
Le résumé repris par le Daily Express et ses relais évoque des moutons aperçus devant la fenêtre de la ferme pendant un repas qui comprenait de l’agneau, parfois sans préciser le lieu. Dans les récits que McCartney a lui-même donnés, il s’agit bien de jeunes agneaux, dans leur premier mois, en train de jouer dans le pré ; la scène se passe lors d’un déjeuner dominical dans la ferme écossaise du Kintyre ; et le plat est un gigot. La nuance a son importance : tout le sens de l’anecdote repose sur la coïncidence entre l’animal vivant et l’animal servi, l’agneau dans le pré et l’agneau dans l’assiette. Parler de moutons en général efface la seule chose que l’histoire veut dire. Quant à la date de 1975, elle est une datation d’usage, reconstruite après coup par le couple, et non un fait d’archive.
Linda, de la cuisine à l’usine
Si Paul a donné sa voix à la cause, c’est Linda qui l’a rendue praticable. Dans le Royaume-Uni des années 1970 et 1980, le végétarien ordinaire ne trouve presque rien en rayon. Linda cuisine, met au point des recettes familiales, les teste sur ses enfants et ses invités, puis les publie. En 1989 paraît Linda McCartney’s Home Cooking, écrit avec la collaboration de l’auteur Peter Cox. En 1991, elle lance sa propre gamme de plats préparés surgelés, Linda McCartney Foods, qui propose des équivalents végétaux des plats que les enfants britanniques réclament : saucisses, tourtes, burgers. La marque, fabriquée dans une usine de Fakenham, dans le Norfolk, a ensuite changé plusieurs fois de propriétaire : rachetée par Heinz fin 1999, elle appartient depuis 2006 au groupe américain Hain Celestial, qui l’exploite sous licence du nom.
Ce détour par l’entreprise n’est pas une digression. Il explique la manière dont McCartney aborde la Semaine nationale en 2026 : pour lui, le végétarisme n’a jamais été une ascèse mais une question de disponibilité. On n’arrête pas la viande par la seule force de conviction ; on l’arrête quand il existe une alternative simple, bon marché et bonne. Linda l’avait compris en 1991 avec ses saucisses surgelées. La Vegetarian Society le reformule en 2026 avec ses haricots.
2009 : Meat Free Monday, un jour par semaine
Le 15 juin 2009, à Londres, Paul, Mary et Stella McCartney lancent la campagne Meat Free Monday. Le principe est d’une simplicité désarmante : se passer de viande un jour par semaine, le lundi. Le lancement réunit une série de personnalités, parmi lesquelles Yoko Ono, venue soutenir l’initiative. L’argumentaire est d’emblée climatique, et McCartney le résume par une image qu’il reprendra souvent : si chaque habitant de Grande-Bretagne se passait de viande une journée, l’effet sur l’empreinte carbone du pays serait supérieur à celui de toutes les voitures retirées de la circulation pendant une journée entière.
Il a aussi trouvé une comparaison familière pour rendre l’idée désirable : beaucoup de gens vont à la salle de sport le lundi après un week-end chargé, a-t-il écrit ; le lundi sans viande, c’est un peu la même chose, avec l’avantage d’aider la planète. La campagne s’est ensuite déclinée en un livre de cuisine, The Meat Free Monday Cookbook, paru en mars 2012 avec une préface signée des trois McCartney et un menu pour chacune des cinquante-deux semaines de l’année, puis en un site de recettes, un programme pour les écoles et une chanson écrite par Paul pour la cause, que le site a analysée dans son article sur la chanson Meat Free Monday et sur sa fiche de référence.
Correctif factuel n° 4 — McCartney n’a pas inventé le lundi sans viande
On présente souvent Meat Free Monday comme une idée originale des McCartney. Elle ne l’est pas, et ils ne l’ont jamais prétendu. Le lundi sans viande a une longue histoire aux États-Unis : pendant la Première Guerre mondiale, l’administration américaine encourageait déjà des jours sans viande pour économiser les ressources, et l’idée est revenue pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2003, le publicitaire Sid Lerner relance la formule sous le nom de Meatless Monday, en partenariat avec l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg de Baltimore. C’est ce modèle américain qui a inspiré la campagne britannique de 2009 ; l’université Johns Hopkins le rappelle d’ailleurs dans sa propre chronologie. L’apport des McCartney est ailleurs : ils ont donné à l’idée une notoriété mondiale, un argumentaire climatique et une déclinaison européenne, jusqu’au Parlement européen dès décembre 2009.
2017 : One Day a Week, le film
Huit ans après le lancement, Meat Free Monday produit un court métrage qui reste le document le plus accessible pour comprendre la pensée de McCartney sur le sujet. Intitulé One Day a Week, clin d’œil transparent à Eight Days a Week, il est mis en ligne le 8 novembre 2017, pendant la conférence climatique de Bonn, la COP23. Il dure environ cinq minutes. Il est réalisé en collaboration avec le photographe et cinéaste français Yann Arthus-Bertrand, dont on reconnaît les vues aériennes spectaculaires, et largement financé par la fondation de Michael Bloomberg. Paul en assure la narration ; Mary et Stella y apparaissent, ainsi que les acteurs Woody Harrelson et Emma Stone, qui égrènent à la fin des chiffres sur l’impact de l’élevage.
Le texte de la narration contient déjà, en germe, l’appel de 2026. McCartney y explique qu’il existe une manière simple mais significative de protéger la planète et tous ses habitants, et qu’elle commence par un seul jour par semaine. Un jour sans produits animaux, dit-il, peut avoir un impact énorme pour préserver l’équilibre délicat qui nous fait tous vivre. Remplacez un jour par une semaine, et vous avez la déclaration du Daily Express.
Le film a une autre particularité, qui intéressera les amateurs de la musique de McCartney : sa bande-son puise dans Standing Stone, le poème symphonique qu’il a publié en 1997, et elle fait entendre une chanson alors inédite intitulée Botswana. Le site a raconté l’histoire de cette œuvre orchestrale, née sur un ordinateur et créée au Royal Albert Hall, dans son article pour les 29 ans de Standing Stone. Voici le film :
Glass Walls : la phrase la plus citée
Il faut enfin mentionner la formule qui résume à elle seule le militantisme animalier de la famille : si les abattoirs avaient des murs de verre, tout le monde serait végétarien. Elle a donné son titre à Glass Walls, une vidéo de PETA narrée par Paul McCartney, qui montre sans fard l’élevage intensif, le transport d’animaux vivants et la pêche industrielle. La phrase est attribuée tantôt à Paul, tantôt à Linda ; elle appartient en réalité au couple, et aucune première occurrence datée n’a été établie de façon indiscutable.
Le contraste avec la campagne de 2026 est frappant. Glass Walls choque délibérément ; la Semaine nationale végétarienne rassure délibérément. L’une montre ce qu’on ne veut pas voir ; l’autre montre des plats de haricots appétissants. McCartney a toujours joué sur les deux registres, selon le partenaire : la confrontation avec PETA, l’invitation avec la Vegetarian Society et Meat Free Monday. En 2026, à 84 ans, c’est clairement le second registre qui domine.
Correctif factuel n° 5 — Glass Walls : fin 2009 ou 2010 selon les sources
La datation de la vidéo Glass Walls varie selon les sources, et il faut le dire clairement plutôt que de choisir au hasard. Le site britannique de PETA la présente comme une nouvelle vidéo dans un article daté du 30 novembre 2009, et PETA a célébré en juin 2019 ses dix ans en citant un message de McCartney selon lequel elle avait été diffusée pour la première fois exactement une décennie plus tôt. Le site officiel de McCartney, de son côté, la relaie dans une actualité datée du 4 août 2010, date que retiennent plusieurs chronologies. Les deux dates correspondent vraisemblablement à deux moments différents : la diffusion initiale par PETA, puis la mise en avant sur le site de l’artiste. Formulation prudente : vidéo diffusée par PETA à partir de 2009, reprise sur le site officiel de McCartney en 2010.
La Vegetarian Society, fil rouge de la reconduction
Ce que révèle cette généalogie, c’est une remarquable fidélité institutionnelle. McCartney n’a pas multiplié les parrainages au gré des modes. Il est parrain de la Vegetarian Society depuis trente et un ans, cofondateur de Meat Free Monday depuis dix-sept ans, partenaire de PETA depuis plus de trois décennies. Chaque année ou presque, il prête sa voix à la Semaine nationale : en 2023, l’association annonçait déjà fièrement que son parrain soutenait l’événement et partageait sur son site ses réflexions sur l’avenir de la planète, avec une photographie signée Mary ; en 2025, c’est Mary qui enregistrait le message vidéo d’appel aux inscriptions. En 2026, c’est Paul qui reprend la parole, et dans un quotidien populaire à fort tirage.
Voilà ce qu’il faut entendre par reconduction. Il ne s’agit pas d’une conversion tardive ni d’un coup médiatique isolé, mais du renouvellement annuel d’un engagement pris en 1995, au moment où Linda découvrait sa maladie, et que la famille entretient depuis comme on entretient une promesse.
La musique d’un végétarien : ce que les disques disaient avant les campagnes
Ram, Red Rose Speedway : la tendresse pastorale
Bien avant les communiqués et les campagnes, la conviction de McCartney s’entendait dans ses disques. Ram, publié en mai 1971 sous le nom de Paul and Linda McCartney, est un album de ferme, écrit en grande partie dans le Kintyre, et McCartney a expliqué qu’il était très influencé par les expériences du couple à la campagne, avec les animaux et la nature. Il raconte avoir ramené à la maison un agneau abandonné dans un champ en plein hiver, qui allait mourir de froid, et l’avoir sauvé. La pochette montre d’ailleurs Paul tenant un bélier par les cornes. Le disque est disponible dans son édition spéciale double CD ; le site a exploré plusieurs de ses titres, de Dear Boy à Eat at Home.
Deux ans plus tard, Red Rose Speedway contient Little Lamb Dragonfly, une chanson en trois sections dont le premier mouvement s’adresse à un petit agneau avec une tendresse désolée. Une lecture, que McCartney n’a jamais tout à fait confirmée, y voit le souvenir de la mort d’un agneau à la ferme ; une autre, plus romanesque, y lit l’annonce du végétarisme à venir. Les deux lectures ont un point commun : elles situent l’origine de la conviction dans le quotidien d’une ferme écossaise, deux ou trois ans avant la date officielle de 1975. Même le très moqué single Mary Had a Little Lamb, publié par Wings en mai 1972, relève de cet imaginaire pastoral qui accompagne la naissance de la famille McCartney.
Looking for Changes, Despite Repeated Warnings : la chanson-outil
À partir des années 1990, la conviction devient explicite. En 1993, sur Off the Ground, McCartney publie Looking for Changes, une charge directe contre l’expérimentation animale, que PETA transformera en clip animé en 2019. En 2018, sur Egypt Station, Despite Repeated Warnings raconte en plusieurs mouvements l’histoire d’un capitaine qui refuse d’écouter les alertes et mène son navire droit sur l’obstacle, allégorie transparente du déni climatique que le site a décortiquée dans son analyse de la chanson.
Ces chansons ne sont pas des chefs-d’œuvre de subtilité, et elles n’ont pas vocation à l’être. Elles appartiennent à une catégorie que McCartney a toujours assumée : la chanson-outil, écrite pour porter un message et le faire entendre à un public qui n’ouvrirait jamais un rapport scientifique. L’appel de 2026 en est la version sans musique.
2026 : The Boys of Dungeon Lane, et la mémoire de l’après-guerre
Il y a enfin une coïncidence de calendrier qui éclaire l’entretien de septembre. Quatre mois plus tôt, le 29 mai 2026, McCartney a publié The Boys of Dungeon Lane, un album de quatorze chansons coproduit avec Andrew Watt, entièrement tourné vers son enfance à Speke, dans le Liverpool de l’après-guerre, et vers la résilience de ses parents. Le site lui a consacré un article de sortie, et il figure dans notre discographie solo complète.
Le rapprochement n’est pas gratuit. L’enfance que raconte le disque est celle du rationnement, qui ne prend fin pour la viande au Royaume-Uni qu’en juillet 1954, quand Paul a douze ans. C’est l’époque où la viande était rare, précieuse, désirée, et où les repas familiaux de la classe ouvrière de Liverpool tournaient autour des œufs, des frites et des conserves, comme le site l’a raconté dans son article sur l’egg and chips de McCartney. Le garçon qui a grandi en rêvant de viande est devenu l’homme qui demande aux autres d’en manger moins. Il y a dans cette trajectoire quelque chose de plus intéressant qu’un simple choix de consommateur aisé : la conviction d’un homme qui sait ce que signifie ne pas avoir le choix, et qui mesure à quel point l’abondance d’aujourd’hui est une exception historique.
Pourquoi 2026 n’est pas une année comme les autres
La stratégie Dimbleby, cinq ans après
Le Daily Express rappelle dans son article un document que la politique britannique a largement oublié : la National Food Strategy, la stratégie alimentaire nationale indépendante confiée au restaurateur et entrepreneur Henry Dimbleby, cofondateur de la chaîne Leon, dont la seconde partie a été publiée en juillet 2021. Ce rapport, commandé par le gouvernement, estimait qu’une réduction de 30 % de la consommation de viande était nécessaire pour que le Royaume-Uni tienne ses engagements en matière de climat et de biodiversité. Il proposait un ensemble de mesures, dont une taxe sur le sucre et le sel dans les aliments transformés et un soutien à la production de fruits, de légumes et de protéines alternatives.
La réponse gouvernementale, publiée en juin 2022, a retenu très peu de ces propositions, et l’objectif de baisse de la consommation de viande n’a jamais été repris comme politique officielle. Henry Dimbleby a d’ailleurs quitté en 2023 son rôle de conseiller alimentaire du gouvernement en critiquant ouvertement l’inaction de l’exécutif. En rappelant ce chiffre de 30 %, le Daily Express et la Vegetarian Society rappellent en creux que l’effort demandé aux citoyens se substitue, faute de mieux, à une politique publique qui n’est jamais venue. C’est exactement le terrain sur lequel McCartney s’est toujours placé : l’impact individuel quand l’impact collectif tarde.
Correctif factuel n° 6 — Ce que la stratégie Dimbleby recommandait vraiment
Deux approximations circulent autour de ce rapport. La première est orthographique : plusieurs reprises en ligne de l’article du Daily Express ont écorché le nom de son auteur. Il s’agit de Henry Dimbleby, fils du journaliste David Dimbleby. La seconde est plus substantielle : la National Food Strategy ne recommandait pas de devenir végétarien, ni d’abandonner l’élevage. Elle fixait un objectif de réduction d’environ 30 % de la consommation de viande sur une décennie, en assortissant cet objectif d’un soutien aux agriculteurs et d’une réorganisation des usages des terres. Présenter ce rapport comme un plaidoyer pour le végétarisme revient à lui prêter une radicalité qu’il n’avait pas. Et il faut ajouter qu’il s’agit d’une stratégie indépendante, remise au gouvernement, et non d’une politique adoptée par lui.
Trois millions de végétariens et de végans
Le quotidien avance un autre chiffre : on estime à plus de trois millions le nombre de végétariens et de végans au Royaume-Uni. Le chiffre est une estimation, et il faut le présenter comme tel : selon les sondages, la part de végétariens et de végans dans la population britannique oscille entre environ 4 et 7 %, et la notion même de végétarien varie d’une enquête à l’autre, certains répondants se déclarant végétariens tout en mangeant du poisson. Ce qui est plus stable, c’est la tendance de fond : la catégorie des flexitariens, ceux qui réduisent volontairement leur consommation de viande sans y renoncer, est aujourd’hui bien plus nombreuse que celle des végétariens stricts. C’est précisément à eux que s’adressent Meat Free Monday et la Semaine nationale.
Cette réalité statistique éclaire la stratégie de McCartney. Il ne cherche pas à faire passer trois millions de végétariens à six millions. Il cherche à faire passer des dizaines de millions de mangeurs de viande d’une consommation quotidienne à une consommation moins fréquente. L’impact climatique d’une baisse modérée chez le plus grand nombre est supérieur à celui d’une conversion totale d’une petite minorité : c’est un raisonnement que les spécialistes de santé publique appliquent depuis longtemps au tabac et à l’alcool, et que McCartney applique à la viande depuis 2009.
Bruxelles, mars 2026 : la bataille des mots
Le troisième élément de contexte est européen, et il concerne directement la marque qui porte le nom de Linda. Le 8 octobre 2025, le Parlement européen a voté, par 355 voix contre 247, un amendement porté par l’eurodéputée française Céline Imart, du groupe du Parti populaire européen, qui réservait aux produits d’origine animale des termes comme steak, escalope, saucisse ou burger. La proposition devait ensuite être négociée avec les États membres et la Commission, qui avait elle-même proposé en juillet 2025 une liste de vingt-neuf dénominations à protéger.
C’est dans ce contexte que Paul McCartney et sa famille ont cosigné, début décembre 2025, une lettre adressée à la Commission européenne avec un groupe transpartisan de députés britanniques, parmi lesquels l’ancien chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn et l’ancienne coprésidente du Parti vert Sian Berry. Le texte soulignait que, même hors de l’Union européenne, le Royaume-Uni restait étroitement lié aux marchés, aux entreprises et aux débats réglementaires du continent, et appelait l’exécutif européen à ne pas adopter ces restrictions, en raison de leur impact potentiel à l’échelle mondiale. La Vegetarian Society, qui certifie les produits Linda McCartney Foods, avait de son côté rappelé que les consommateurs comprenaient parfaitement ces termes, employés pour des produits végétaux depuis des décennies.
Les négociations de décembre 2025 ont échoué, et le dossier est passé à la présidence chypriote de l’Union. Le 5 mars 2026, un accord de trilogue entre le Parlement, le Conseil et la Commission a finalement tranché : trente et une dénominations sont désormais interdites pour les produits végétaux, essentiellement des noms d’espèces animales et de morceaux de viande, comme bœuf, poulet, porc, bacon, blanc, cuisse ou pilon, auxquels s’est ajouté le mot steak. En revanche, les termes de format les plus courants, burger, saucisse et nuggets, restent autorisés à condition que le produit soit clairement étiqueté comme végétal. Céline Imart a salué un succès incontestable pour les éleveurs ; les associations et les industriels du végétal ont dénoncé une mesure inutile et coûteuse, qui imposera de rebaptiser de nombreux produits.
Pour McCartney, le bilan est donc mitigé. Le veggie burger est sauvé, la saucisse végétarienne aussi ; mais une partie du vocabulaire qui permettait de décrire les alternatives végétales disparaît des emballages européens. L’appel de 2026 à essayer une semaine végétarienne s’inscrit ainsi dans une période où la bataille ne se joue plus seulement dans les assiettes, mais aussi sur les étiquettes. Le site a déjà évoqué le rapport de McCartney à la politique britannique, qu’il pratique en citoyen plus qu’en militant de parti.
Une continuité avec la COP30 et la lettre de 2025
Enfin, l’entretien de septembre 2026 prolonge une série d’interventions récentes. En novembre 2025, dans une lettre écrite pour PETA au président de la COP30 de Belém, McCartney a demandé que le menu du sommet climatique soit entièrement végétarien, avec une comparaison qui a fait le tour de la presse internationale : servir de la viande lors d’un sommet sur le climat reviendrait à distribuer des cigarettes lors d’une conférence sur la prévention du cancer. Le site a détaillé cet épisode dans son dossier sur les engagements de McCartney. Il avait déjà, en 2021, écrit au président argentin Alberto Fernández pour l’inviter à rejoindre la campagne du lundi sans viande, comme le site l’avait relaté dans un article d’époque.
La différence de ton entre ces interventions est instructive. Aux chefs d’État et aux organisateurs de sommets, McCartney parle avec vigueur, voire avec provocation. Au public britannique, dans le Daily Express, il parle avec douceur. C’est une règle simple de communication militante : on bouscule les décideurs, on invite les citoyens.
Les limites et les objections : ce qu’il faut aussi dire
Végétarien, pas végan
Un dossier honnête doit poser les objections que l’appel de McCartney suscite, et elles ne manquent pas. La première concerne sa propre position. McCartney est végétarien, pas végan, même si son vocabulaire s’est rapproché du registre végétal au fil des années, et même si les recettes de Linda McCartney’s Family Kitchen sont entièrement végétales. Une partie du mouvement animaliste lui reproche de ne pas aller jusqu’au bout de sa logique en continuant à consommer des produits laitiers et des œufs. Il a répondu à plusieurs reprises en substance qu’il avait fait son chemin, que chacun faisait le sien, et que Linda, si elle était encore là, adorerait la révolution végétale d’aujourd’hui.
Cette position intermédiaire est cohérente avec sa méthode. Un homme qui demande aux autres de faire un pas ne peut pas exiger d’eux qu’ils en fassent dix. En restant végétarien plutôt que végan, McCartney reste aussi plus proche du public qu’il cherche à convaincre.
Le militantisme d’un milliardaire
La deuxième objection est sociale. Il est facile, disent ses détracteurs, pour un homme dont la fortune se compte en centaines de millions de livres de recommander un changement d’alimentation à des ménages qui peinent à boucler leurs fins de mois. L’objection a du poids, et la Vegetarian Society l’a manifestement anticipée en choisissant pour 2026 le thème des haricots, c’est-à-dire l’une des protéines les moins chères qui soient. L’appel de McCartney ne demande pas d’acheter des produits de luxe ; il demande de cuisiner des lentilles. On peut juger la démarche paternaliste ; on ne peut pas lui reprocher d’ignorer la question du coût.
L’empreinte des tournées
La troisième objection est la plus souvent formulée : un artiste qui fait campagne pour le climat tout en produisant des tournées mondiales de stades, avec leur fret, leurs déplacements et ceux de leur public, s’expose à une contradiction évidente. McCartney a répondu en partie par des mesures concrètes, notamment en imposant depuis longtemps des repas sans viande dans les loges et la restauration de ses équipes, mais l’ordre de grandeur reste défavorable, et il serait malhonnête de ne pas l’écrire. Le dossier du site sur ses engagements consacre à ce point une analyse détaillée.
Les éleveurs et le monde rural
La quatrième objection vient des campagnes. Le monde agricole britannique, déjà fragilisé par la sortie de l’Union européenne et la refonte des subventions, voit d’un mauvais œil les appels répétés à réduire la consommation de viande. McCartney, propriétaire de fermes en Écosse et dans le Sussex depuis plus de cinquante ans, n’est pas étranger à ce monde : sa ferme écossaise a précisément été transformée en lieu où les moutons meurent de vieillesse, sans abattage. Mais il n’est pas éleveur, et sa voix pèse d’un autre poids que celle d’un exploitant qui vit de ses bêtes. La déclaration d’Ali Honour, qui insiste sur le soutien aux agriculteurs, montre que la campagne 2026 a conscience de cette fracture, même si elle ne la résout pas.
La famille McCartney, entreprise de conviction
Stella, l’éthique animale dans la mode
La campagne de 2026 est aussi l’occasion de rappeler que l’engagement de McCartney est devenu une entreprise familiale au sens large. Stella McCartney a bâti depuis 2001 une maison de mode de luxe qui refuse le cuir, la fourrure et les matières animales, et elle est coresponsable de Meat Free Monday depuis 2009. Le site lui a consacré un portrait pour ses 55 ans. James McCartney, musicien, végétarien comme ses sœurs, a quant à lui accompagné à la guitare la dernière séance d’enregistrement de sa mère, en mars 1998, comme le rappelle notre portrait de James McCartney. Pour une vue d’ensemble, on se reportera à notre dossier sur les enfants de Paul McCartney.
Linda, présente sans être là
Surtout, la figure de Linda plane sur toute l’opération. C’est sa marque qui sera concernée par les nouvelles règles européennes d’étiquetage ; c’est son livre de recettes, revu par ses enfants, qui sert de référence ; c’est son amie Heather Small qui prend la parole à côté de son mari ; c’est sa fille Mary qui signe la photographie. Pour qui veut remonter à la source, la biographie narrative Il y a 28 ans disparaissait Linda McCartney et la fiche de référence consacrée à Linda restent les meilleures portes d’entrée ; son album posthume, Wide Prairie, contient d’ailleurs plusieurs chansons écrites pour la cause animale, et le beau livre Linda McCartney: Life in Photographs montre à quel point les animaux de la ferme occupaient son regard de photographe.
Barry Miles, dans Many Years From Now, la biographie à la première personne publiée en 1997, laisse McCartney raconter longuement les années du Kintyre et la vie avec Linda. On y comprend que le végétarisme du couple n’a jamais été séparable de leur manière de vivre : une vie de ferme, loin de Londres, entourée d’animaux, où la décision de ne plus manger de viande s’est imposée comme une évidence plus que comme un sacrifice. L’appel de 2026 transmet cette évidence à un public qui, lui, vit en ville.
Ce que l’appel de 2026 change, et ce qu’il ne change pas
Un effet de visibilité mesurable
Il serait naïf de croire qu’un entretien dans le Daily Express convertira des millions de Britanniques. Il serait tout aussi naïf de croire qu’il ne sert à rien. L’effet recherché par la Vegetarian Society est mesurable : le nombre d’inscriptions à la Semaine nationale. En 2025, elle en revendiquait plus de 20 000. Chaque inscription représente une personne qui recevra le livret, essaiera quelques recettes, et pour une partie d’entre elles, modifiera durablement ses habitudes.
L’expérience de Meat Free Monday donne une idée de l’efficacité de ce type de dispositif. Une étude menée par la Brighton and Sussex Medical School à l’occasion des cinq ans de la campagne avait conclu qu’une proportion importante des participants ayant maintenu la pratique pendant plusieurs années avaient fini par abandonner complètement la viande. La méthode fonctionne comme une porte d’entrée : on ne convertit pas par l’argument, on convertit par l’habitude. C’est exactement ce que vise une semaine d’essai.
Un message qui ne change pas depuis cinquante ans
Ce que l’appel de 2026 ne change pas, c’est le fond du message. Depuis le déjeuner dominical de High Park, McCartney répète la même chose : le choix de ce que l’on mange est un acte, et cet acte a des conséquences pour les animaux, pour notre santé et pour la planète. L’ordre des arguments a varié, les partenaires se sont multipliés, la durée demandée est passée d’un jour à une semaine ; la conviction, elle, est restée intacte. Le site a relevé la même constance dans son engagement contre la chasse aux trophées.
À 84 ans, McCartney pourrait se contenter de ses chansons. Il continue de prêter son nom à une association de 179 ans pour inviter ses compatriotes à manger des haricots pendant une semaine. On peut sourire de la modestie de la demande. On peut aussi y voir la marque d’un homme qui, depuis 1975, a compris qu’on change le monde moins par les grands discours que par les petites habitudes, répétées assez longtemps pour devenir des évidences.
Guide pratique : comment participer à la Semaine nationale végétarienne
Depuis le Royaume-Uni
L’inscription se fait gratuitement sur le site de la Vegetarian Society, vegsoc.org, dans la rubrique consacrée à la National Vegetarian Week. Elle donne accès au livret numérique de recettes et au tirage au sort des lots. Les participants sont invités à partager leurs plats sur les réseaux sociaux avec le mot-clé de l’événement.
Depuis la France et l’espace francophone
Rien n’empêche un lecteur francophone de relever le défi. Le livret est en anglais, mais les recettes à base de haricots, de lentilles et de pois chiches sont universelles. Pour un équivalent en français, les recettes de la famille McCartney existent en plusieurs langues, et la campagne Meat Free Monday dispose d’un site riche en recettes. L’idée est simple : du jeudi 1er au mercredi 7 octobre, préparer ses repas sans viande ni poisson, en misant sur les légumineuses.
Cinq idées pour tenir la semaine
- Remplacer la viande hachée par des lentilles dans les plats familiers : sauce bolognaise, hachis parmentier, chili.
- Préparer un grand plat de haricots en début de semaine et le décliner en plusieurs repas.
- Associer légumineuses et céréales complètes pour un apport en protéines complet.
- Garder en réserve quelques conserves de haricots et de pois chiches, prêtes en quelques minutes.
- Choisir chaque jour une recette nouvelle plutôt que de chercher à reproduire exactement un plat de viande.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 30 septembre 1847 | Fondation de la Vegetarian Society à Northwood Villa, Ramsgate (Kent) |
| 18 juin 1942 | Naissance de James Paul McCartney à Liverpool |
| Juillet 1954 | Fin du rationnement de la viande au Royaume-Uni ; Paul a douze ans |
| 1966 | Achat de la ferme de High Park, dans le Kintyre (Écosse) |
| Février-avril 1968 | Séjour des Beatles à Rishikesh, régime végétarien de l’ashram ; Ringo emporte ses haricots en conserve |
| 17 mai 1971 | Sortie de Ram, album de ferme crédité à Paul and Linda McCartney |
| 30 avril 1973 | Red Rose Speedway, avec Little Lamb Dragonfly |
| Vers 1975 | Paul et Linda deviennent végétariens après un déjeuner dominical d’agneau à High Park |
| 1er octobre 1977 | Première Journée mondiale du végétarisme, à l’initiative de la North American Vegetarian Society |
| 1989 | Linda McCartney’s Home Cooking, premier livre de cuisine de Linda |
| 1991 | Lancement de Linda McCartney Foods |
| 1991-1992 | Première journée puis première Semaine nationale végétarienne |
| 1er février 1993 | Off the Ground, avec Looking for Changes contre l’expérimentation animale |
| 1995 | Paul narre Devour the Earth ; Paul et Linda deviennent parrains de la Vegetarian Society |
| 17 avril 1998 | Mort de Linda McCartney près de Tucson (Arizona) |
| 10 avril 1999 | Concert for Linda au Royal Albert Hall, avec notamment Heather Small |
| Fin 1999 | Rachat de Linda McCartney Foods par Heinz |
| 2003 | Sid Lerner et l’université Johns Hopkins lancent Meatless Monday aux États-Unis |
| Juin 2006 | Hain Celestial rachète l’activité Linda McCartney Foods |
| 15 juin 2009 | Lancement de Meat Free Monday par Paul, Mary et Stella McCartney |
| 2009-2010 | Diffusion de la vidéo Glass Walls narrée pour PETA |
| Mars 2012 | The Meat Free Monday Cookbook |
| 8 novembre 2017 | Court métrage One Day a Week, avec Yann Arthus-Bertrand, pendant la COP23 |
| 24 juin 2021 | Linda McCartney’s Family Kitchen, plus de 90 recettes végétales |
| Juillet 2021 | National Food Strategy de Henry Dimbleby : objectif de 30 % de viande en moins |
| 2023 | McCartney soutient publiquement la Semaine nationale végétarienne |
| Octobre 2024 | La Semaine nationale passe en octobre, alignée sur la Journée mondiale du végétarisme |
| 1er-7 octobre 2025 | Édition 2025 : plus de 20 000 inscrits, message vidéo de Mary McCartney |
| 8 octobre 2025 | Le Parlement européen vote, par 355 voix contre 247, la restriction des dénominations carnées |
| 10 novembre 2025 | Lettre de McCartney au président de la COP30 pour un menu végétarien |
| Début décembre 2025 | Lettre de la famille McCartney et de députés britanniques à la Commission européenne |
| 5 mars 2026 | Accord de trilogue européen : 31 dénominations interdites, burger et saucisse préservés |
| 29 mai 2026 | Sortie de The Boys of Dungeon Lane |
| 18 juin 2026 | Paul McCartney fête ses 84 ans |
| 28 septembre 2026 | Reprise de l’exclusivité du Daily Express : McCartney appelle à une semaine végétarienne |
| 30 septembre 2026 | 179e anniversaire de la Vegetarian Society |
| 1er-7 octobre 2026 | Semaine nationale végétarienne 2026, thème des haricots et des légumineuses |
Questions fréquentes
Qu’a demandé Paul McCartney en septembre 2026 ?
Il a invité le public britannique à manger végétarien pendant une semaine, du 1er au 7 octobre 2026, à l’occasion de la National Vegetarian Week organisée par la Vegetarian Society, en mettant en avant trois bénéfices : la santé, les animaux et la planète.
Depuis quand Paul McCartney est-il végétarien ?
Depuis le milieu des années 1970, la date de 1975 étant la plus souvent retenue. Le déclic est un déjeuner dominical d’agneau dans sa ferme écossaise du Kintyre, pendant lequel le couple voit de jeunes agneaux jouer dans le pré.
Paul McCartney est-il végan ?
Non. Il est végétarien. Son discours s’est rapproché du registre végétal et les recettes familiales publiées en 2021 sont entièrement végétales, mais il n’a jamais revendiqué le véganisme pour lui-même.
Quel est le lien entre McCartney et la Vegetarian Society ?
Paul et Linda McCartney en sont devenus les parrains en 1995, l’année où Paul a narré le documentaire Devour the Earth produit par l’association. Mary et Stella sont aujourd’hui marraines à leur tour.
Quand a lieu la Semaine nationale végétarienne ?
Depuis 2024, du 1er au 7 octobre, pour coïncider avec la Journée mondiale du végétarisme du 1er octobre. Auparavant, elle se tenait en mai.
Quel est le thème de l’édition 2026 ?
Les haricots et plus largement les légumineuses, les céréales complètes, les noix et les graines, présentés comme des sources de protéines et de fibres bon marché et bonnes pour la planète.
Qui soutient la campagne avec McCartney ?
Joanna Lumley et Chris Packham, cités par le Daily Express, ainsi que la chanteuse Heather Small, la cheffe Ali Honour et Mary McCartney, présentés sur la page officielle de l’événement.
Quelle est la différence avec Meat Free Monday ?
Meat Free Monday, lancé en 2009 par Paul, Mary et Stella McCartney, invite à se passer de viande un jour par semaine, toute l’année. La Semaine nationale propose d’essayer sept jours consécutifs, une fois par an.
McCartney a-t-il inventé le lundi sans viande ?
Non. Le concept de Meatless Monday a été relancé en 2003 aux États-Unis par Sid Lerner et l’université Johns Hopkins, sur la base de pratiques de rationnement des deux guerres mondiales. Meat Free Monday s’en est inspiré.
Que dit la stratégie alimentaire citée par le Daily Express ?
La National Food Strategy indépendante de Henry Dimbleby, publiée en 2021, estimait nécessaire une baisse d’environ 30 % de la consommation de viande pour tenir les engagements climatiques et environnementaux du Royaume-Uni. Le gouvernement n’en a pas fait une politique officielle.
Qu’est-ce que l’Union européenne a interdit en mars 2026 ?
Un accord de trilogue du 5 mars 2026 interdit trente et une dénominations carnées pour les produits végétaux, comme bœuf, poulet, bacon ou steak. Les termes burger, saucisse et nuggets restent autorisés si le produit est clairement étiqueté comme végétal.
Quelle vidéo regarder pour comprendre l’engagement de McCartney ?
Le court métrage One Day a Week, publié en novembre 2017, narré par Paul avec Mary, Stella, Emma Stone et Woody Harrelson, réalisé en collaboration avec Yann Arthus-Bertrand. Il dure environ cinq minutes.
Glossaire
Flexitarien : personne qui réduit volontairement sa consommation de viande sans y renoncer totalement.
Légumineuses : famille de plantes dont on consomme les graines, comme les haricots, lentilles, pois chiches et pois cassés, riches en protéines et en fibres.
Meat Free Monday : campagne britannique lancée en 2009 par Paul, Mary et Stella McCartney, invitant à se passer de viande le lundi.
Meatless Monday : campagne américaine relancée en 2003 par Sid Lerner et l’université Johns Hopkins, modèle de Meat Free Monday.
National Food Strategy : stratégie alimentaire indépendante remise au gouvernement britannique en 2021 par Henry Dimbleby.
National Vegetarian Week : semaine annuelle de promotion de l’alimentation végétarienne organisée par la Vegetarian Society, désormais du 1er au 7 octobre.
Patron : au Royaume-Uni, personnalité qui parraine publiquement une association caritative.
Trilogue : négociation entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne pour aboutir à un texte commun.
Vegetarian Society : association britannique fondée en 1847 à Ramsgate, la plus ancienne organisation végétarienne du monde.
Végan : personne qui exclut de son alimentation, et souvent de sa consommation, tous les produits d’origine animale, y compris les œufs et les produits laitiers.
Sources et références
Sources primaires : Daily Express, entretien exclusif de Paul McCartney par Steph Spyro, fin septembre 2026, repris le 28 septembre 2026 ; Vegetarian Society, page officielle de la National Vegetarian Week 2026 et article Paul McCartney Invites You to Give National Vegetarian Week a Go ; Vegetarian Society, communiqués sur les éditions 2024 et 2025 ; paulmccartney.com, entretien sur la vie à la ferme en Écosse et actualité If slaughterhouses had glass walls ; Meat Free Monday, textes de Paul McCartney et présentation du film One Day a Week (8 novembre 2017).
Contexte politique : National Food Strategy, partie 2, juillet 2021 ; Parlement européen, vote du 8 octobre 2025 ; lettre de la famille McCartney et de députés britanniques à la Commission européenne, décembre 2025 ; accord de trilogue du 5 mars 2026, couverture de Just Food, Green Queen, ProVeg et European Alliance for Plant-based Foods ; Euronews.
Histoire : Johns Hopkins Center for a Livable Future, histoire de Meatless Monday ; PETA et PETA UK, pages Glass Walls ; Wikipédia en anglais, articles Vegetarian Society, Linda McCartney Foods, Little Lamb Dragonfly et Meatless Monday ; The Beatles Story, The Meat Free McCartneys.
Ouvrages : Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now (1997) ; Mark Lewisohn, The Complete Beatles Chronicle ; Peter Doggett, You Never Give Me Your Money ; Linda, Paul, Mary et Stella McCartney, Linda McCartney’s Family Kitchen (2021) ; Meat Free Monday Campaign, The Meat Free Monday Cookbook (2012) ; Linda McCartney, Life in Photographs (Taschen, 2011).
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