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Standing Stone a 29 ans : l’histoire du poème symphonique de Paul McCartney, de l’ordinateur au Royal Albert Hall

Par Clive Helday
Standing Stone de Paul McCartney : l'histoire du poème symphonique (1997)

En bref

  • Standing Stone, poème symphonique en quatre mouvements de Paul McCartney, est sorti le 29 septembre 1997 au Royaume-Uni chez EMI Classics, quatre jours après les États-Unis (25 septembre). Il a vingt-neuf ans aujourd’hui.
  • C’est une commande de Richard Lyttelton, président d’EMI Classics, pour le centenaire d’EMI. McCartney y a travaillé environ quatre ans, à partir d’un long poème de sa main sur un homme celte face au mystère de l’existence.
  • Pour la première fois, il compose avec un ordinateur : un logiciel de séquence, Cubase, qui transforme en partition ce qu’il joue au clavier. Quatre musiciens l’accompagnent : Steve Lodder, David Matthews, John Harle et Richard Rodney Bennett.
  • Enregistré à Abbey Road du 30 avril au 2 mai 1997 par le London Symphony Orchestra (80 musiciens) et le London Symphony Chorus (120 choristes) sous la direction de Lawrence Foster, le disque dure 74 minutes 46.
  • Créé au Royal Albert Hall le 14 octobre 1997, repris à Carnegie Hall le 19 novembre, il se hisse à la première place des classements classiques. C’est la dernière grande œuvre de McCartney parue du vivant de Linda, qui signe la photographie de pochette.

Il y a vingt-neuf ans, jour pour jour, un disque de Paul McCartney arrivait chez les disquaires britanniques sans une seule guitare électrique, sans une seule chanson de trois minutes, et sans que son auteur y chante une note. Sur la pochette, une photographie de Linda. Dans le livret, un long poème. Dans les haut-parleurs, quatre-vingts musiciens du London Symphony Orchestra et cent vingt choristes.

Standing Stone est sans doute le disque de McCartney que le public connaît le moins. Il n’a produit aucun tube, il ne figure dans aucune compilation, il n’est presque jamais joué en concert. Et pourtant, c’est l’une des entreprises les plus longues et les plus risquées de sa carrière : quatre années de travail, une méthode de composition entièrement nouvelle pour lui, une équipe de compositeurs chevronnés, une création devant 5 000 personnes au Royal Albert Hall, une autre à Carnegie Hall, et une critique qui l’attendait au tournant.

Ce disque raconte aussi une année entière de la vie de McCartney, 1997, qui fut peut-être la plus chargée et la plus fragile de toutes : l’anoblissement en mars, le retour au rock avec Flaming Pie en mai, Standing Stone à l’automne, et, en toile de fond, la maladie de Linda, qui mourra au printemps suivant.

Voici l’histoire complète de ce poème symphonique : sa commande, son poème, sa fabrication, ses musiciens, sa création, sa réception, et ce qu’il en reste.

Une commande pour les cent ans d’EMI

Richard Lyttelton et le centenaire

Tout commence par une commande. Au début des années 1990, Richard Lyttelton, alors président d’EMI Classics, demande à Paul McCartney d’écrire une œuvre orchestrale pour célébrer le centenaire de la maison de disques. La date de référence retenue est la fondation de la Gramophone Company, l’ancêtre d’EMI, à la fin des années 1890 : EMI proprement dit ne naîtra qu’en 1931, de la fusion de la Gramophone Company et de la Columbia Graphophone Company, mais la multinationale fait remonter sa lignée à 1897.

Le choix de McCartney n’a rien d’étonnant. Il est, depuis 1962, l’un des artistes les plus rentables de l’histoire de la maison, qui l’a signé avec les Beatles sur son label Parlophone et qui publie encore ses disques solo. Il vient surtout de prouver, quelques années plus tôt, qu’il était capable de mener à bien une œuvre de grande forme : le Liverpool Oratorio, paru en 1991 chez EMI Classics, s’est vendu au-delà des attentes et s’est classé en tête des ventes classiques.

La commande est donc à la fois un hommage et un pari commercial. McCartney, lui, y voit d’abord un défi.

Quatre ans de travail

Ce que personne n’avait prévu, c’est la durée. McCartney va consacrer environ quatre années à Standing Stone. Il a raconté, au moment de la sortie, que le projet avait d’abord avancé lentement, par intermittence, avant de s’intensifier nettement dans les deux dernières années.

Les dates documentées donnent une idée de ce rythme. Les premières maquettes datent du 18 mai 1994. En septembre de la même année, deux cassettes de compilation réunissent déjà des versions provisoires des deux premiers mouvements. Début 1995, un logiciel de séquence est installé dans son studio personnel du Sussex. Et c’est seulement au printemps 1997 que l’œuvre est enregistrée.

Au bout du compte, l’œuvre durera près de soixante-quinze minutes. C’est plus long que la plupart des symphonies du répertoire, et plus long que n’importe quel album que McCartney avait publié jusque-là.

1997, l’année de tous les fronts

Pour comprendre la place de Standing Stone, il faut la replacer dans l’année où elle paraît.

Le 11 mars 1997, Paul McCartney est fait chevalier par la reine Elizabeth II à Buckingham Palace. Il devient Sir Paul. Le 5 mai, il publie Flaming Pie, son premier album de chansons depuis quatre ans, enregistré en grande partie avec Jeff Lynne et avec la participation de Ringo Starr et de Steve Miller. Le disque se classe à la deuxième place au Royaume-Uni et aux États-Unis. Entre les deux, à la fin d’avril, il est à Abbey Road avec le London Symphony Orchestra pour enregistrer Standing Stone.

Il y a là un choix délibéré. McCartney a expliqué qu’il tenait à publier la même année un disque de rock et une œuvre orchestrale, précisément pour montrer que l’un n’était pas l’abandon de l’autre. Il ne voulait pas qu’on puisse dire qu’il avait tourné le dos à la musique qui l’avait fait connaître. Nous avons raconté l’atelier de Flaming Pie et le rôle de Jeff Lynne dans notre article sur McCartney et ELO.

En toile de fond, il y a Linda. Diagnostiquée d’un cancer du sein à la fin de 1995, elle suit un traitement lourd. Son apparition au Royal Albert Hall, le soir de la création de Standing Stone, sera l’une de ses dernières grandes sorties publiques.

D’où venait McCartney : trente ans d’approche de l’orchestre

1966 : The Family Way

Standing Stone n’est pas sorti de nulle part. La relation de McCartney avec l’écriture orchestrale remonte aux années Beatles.

En 1966, il signe la musique du film The Family Way, réalisé par Roy Boulting. C’est sa première partition de film. Le procédé est déjà celui qu’il suivra toute sa vie : il fournit les thèmes, et George Martin les développe et les orchestre. La bande originale lui vaut un Ivor Novello Award l’année suivante. Nous avons consacré une fiche à The Family Way.

Il y a ensuite, dans le catalogue des Beatles, toutes ces chansons où McCartney pense en arrangeur : le quatuor à cordes de Yesterday, l’octuor d’Eleanor Rigby, la trompette piccolo de Penny Lane, l’orchestre de A Day in the Life. Il n’écrit pas les partitions, mais il sait exactement ce qu’il veut entendre et il le chante ou le joue à ceux qui les écrivent. C’est George Martin qui a le plus souvent traduit ses idées sur le papier. Nous lui avons rendu hommage dans notre portrait de George Martin.

1991 : le Liverpool Oratorio

La première grande œuvre classique de McCartney est le Liverpool Oratorio, écrit avec le compositeur et chef d’orchestre américain Carl Davis pour le cent cinquantième anniversaire du Royal Liverpool Philharmonic. Il est créé le 28 juin 1991 dans la cathédrale anglicane de Liverpool, sous la direction de Carl Davis, avec Kiri Te Kanawa, Sally Burgess, Jerry Hadley et Willard White en solistes. Le disque paraît en octobre 1991 et prend la tête des ventes classiques.

L’œuvre est autobiographique : elle suit un personnage nommé Shanty, né à Liverpool pendant la guerre, jusqu’à l’âge adulte. Elle est aussi un apprentissage. McCartney ne lit pas la musique. Avec Carl Davis, il procède en duo : il chante ou joue des idées au piano, Davis les note, les développe, les orchestre. Le résultat est une œuvre à deux signatures.

C’est précisément ce que McCartney voudra dépasser avec Standing Stone. Il ne s’agit plus d’être co-auteur, mais d’être l’auteur, avec des assistants. Nous avons détaillé la collaboration avec Carl Davis dans notre dossier sur les collaborations de Paul McCartney.

1995 : A Leaf, la répétition générale

Entre les deux grandes œuvres s’intercale une pièce courte mais décisive : A Leaf, une pièce pour piano seul, créée en 1995 par la jeune pianiste russe Anya Alexeyev lors d’un concert au palais Saint James, à Londres, en présence du prince Charles. Elle appartient à la même période que les premiers essais de McCartney avec l’outil informatique qu’il vient d’adopter. Elle sera plus tard orchestrée et enregistrée par le London Symphony Orchestra pour l’album Working Classical, en 1999.

A Leaf est en quelque sorte la répétition générale de Standing Stone : même démarche, même ambition d’écrire soi-même, note par note.

Correctif factuel n° 1 — Standing Stone n’est pas la première œuvre classique de McCartney

On lit régulièrement que Standing Stone est “la première œuvre classique” de Paul McCartney, ou “sa première symphonie”. Les deux formules sont inexactes. La première grande œuvre de concert de McCartney est le Liverpool Oratorio de 1991, écrit avec Carl Davis. Avant cela, il y avait eu la musique du film The Family Way en 1966, orchestrée par George Martin, et entre les deux œuvres majeures, la pièce pour piano A Leaf, créée en 1995. Ce que Standing Stone inaugure réellement, c’est autre chose : c’est la première œuvre de grande forme que McCartney écrit seul comme auteur principal, sans co-compositeur crédité, et la première qu’il compose à l’aide d’un ordinateur. C’est aussi, par sa durée et ses effectifs, la plus ambitieuse de ses œuvres orchestrales.

Le poème : un homme celte face au mystère

Vingt pages pour tenir le cap

Avant d’écrire une seule note, McCartney écrit un poème. C’est la décision fondatrice de l’œuvre.

Il a expliqué qu’une pièce de soixante-quinze minutes sans paroles chantées de bout en bout risquait de partir dans toutes les directions. Il lui fallait une trame, une histoire, quelque chose qui lui dise, à chaque moment, où il en était. Il écrit donc un long poème narratif, d’une vingtaine de pages dans sa première version, qui sert de scénario à la musique. Chaque mouvement correspond à une étape du récit, et les titres des mouvements sont des vers du poème.

Le texte raconte la manière dont un homme celte aurait pu s’interroger sur l’origine de la vie et le mystère de l’existence. Il suit, à grands traits, la naissance du monde et des premières formes de vie, puis un personnage humain qui s’éveille, part en mer, se perd, trouve un refuge, affronte des épreuves, et finit par célébrer l’amour et la communauté retrouvée.

Tom Pickard, le poète au téléphone

McCartney n’a pas voulu publier son poème sans l’avis d’un professionnel. Il s’est adressé à Tom Pickard, poète né à Newcastle en 1946, figure de la poésie britannique d’avant-garde des années 1960 et proche de Basil Bunting. Les deux hommes ont travaillé à distance, par téléphone et par fax, pour resserrer et élaguer le texte.

La version finale du poème est reproduite dans le livret de quarante-huit pages qui accompagne le disque. Le chœur intervient à plusieurs moments de l’œuvre, mais l’essentiel de la narration reste instrumental. Le texte sert de guide d’écoute au lecteur, comme il a servi de guide d’écriture au compositeur.

Les pierres levées

Le titre renvoie aux mégalithes, ces pierres dressées par les populations préhistoriques d’Europe de l’Ouest, que l’on trouve en grand nombre en Écosse, au pays de Galles, en Irlande, en Cornouailles et en Bretagne, où les alignements de Carnac en sont l’exemple le plus célèbre en France.

McCartney connaît ces paysages. Depuis 1966, il possède une ferme dans la péninsule de Kintyre, en Écosse, où il a passé de longues périodes avec sa famille dans les années 1970. La région est parsemée de pierres levées. Il a raconté avoir été fasciné par ces blocs, par le mystère de leur fonction et par l’idée des hommes qui les avaient dressés sans laisser d’écrits.

Allen Ginsberg et le choix du titre

Le titre définitif, Standing Stone, a été choisi après une conversation avec Allen Ginsberg. Le poète de la Beat Generation et McCartney se connaissaient depuis les années 1960 et s’étaient retrouvés en 1995 sur la scène du Royal Albert Hall, où McCartney l’avait accompagné pour une lecture de The Ballad of the Skeletons. McCartney lui a soumis la question du titre, et c’est à l’issue de cet échange qu’il a retenu la forme au singulier.

Ginsberg ne verra pas le disque : il meurt à New York le 5 avril 1997, quelques semaines avant l’enregistrement. Nous avons évoqué ses liens avec les Beatles dans notre récit du concert de Bob Dylan au Royal Albert Hall en 1965.

Liverpool, l’Irlande et les Celtes

Le choix d’un sujet celte n’est pas seulement esthétique. McCartney, comme une grande partie des habitants de Liverpool, a des ancêtres irlandais. Sa mère, Mary Mohin, était d’ascendance irlandaise, tout comme une partie de la famille de son père.

En préparant l’œuvre, il s’est documenté sur l’histoire des peuples celtes. Il a relevé, non sans humour, un point commun inattendu entre ces lointains ancêtres et lui-même : les Celtes ne notaient rien par écrit, leur savoir se transmettait oralement. Lui non plus ne savait pas écrire la musique. Standing Stone est ainsi, d’une certaine manière, l’œuvre d’un musicien de tradition orale qui cherche à laisser une trace écrite.

Composer sans lire la musique : l’ordinateur change tout

Le problème de McCartney

Paul McCartney n’a jamais appris à lire ni à écrire la musique. Il l’a répété toute sa carrière, parfois avec fierté, parfois avec une pointe de regret. Pour les Beatles, ce n’était pas un obstacle : un groupe de rock se transmet ses chansons à l’oreille, en les jouant. Pour un orchestre symphonique de quatre-vingts musiciens, c’est une impossibilité. Chaque musicien a besoin d’une partie écrite, note par note, avec ses nuances et ses indications.

Sur le Liverpool Oratorio, le problème avait été résolu par Carl Davis, qui notait et développait ce que McCartney lui jouait. Mais cette méthode avait un prix : le résultat était une œuvre partagée, et McCartney dépendait entièrement de son partenaire pour savoir ce que ses idées devenaient une fois sur le papier.

Hog Hill Mill, 1995 : l’arrivée de Cubase

La solution est arrivée par la technologie. Au début de 1995, McCartney fait installer dans son studio personnel de Hog Hill Mill, dans le Sussex, un ordinateur Apple Macintosh équipé de Cubase, le logiciel de séquence musicale de la société allemande Steinberg.

Le principe est simple, et à l’époque il est encore neuf pour beaucoup de musiciens. On joue au clavier, le logiciel enregistre chaque note, sa durée, son intensité, et peut ensuite afficher le résultat sous forme de partition. On peut isoler une voix, l’attribuer à un instrument, l’écouter avec des sons d’orchestre simulés, la corriger, la déplacer, la superposer à d’autres. Pour un musicien qui ne sait pas écrire mais qui sait jouer, c’est une libération.

Selon la documentation réunie sur la genèse de l’œuvre, la première pièce que McCartney compose avec Cubase date du 3 mars 1995 et porte le titre de travail Inebriation. À partir de là, il n’a plus besoin d’un intermédiaire pour fixer ses idées : il les fixe lui-même.

Ce que l’outil permet, et ce qu’il ne permet pas

McCartney a raconté qu’il avait passé du temps avec des techniciens pour apprendre à maîtriser le logiciel, et qu’il avait pris un vrai plaisir à cette découverte. L’ordinateur lui permettait d’orchestrer directement, de choisir quel instrument jouerait quelle ligne, et d’entendre immédiatement le résultat.

Mais un logiciel de séquence ne fait pas une partition d’orchestre. Il produit une notation brute, parfois fautive, qui ignore une grande partie de ce que savent les orchestrateurs : les tessitures réelles de chaque instrument, les doublures qui sonnent et celles qui s’annulent, les respirations des vents, les coups d’archet des cordes, l’équilibre entre les pupitres. C’est pourquoi McCartney s’est entouré d’une équipe.

L’équipe : quatre musiciens autour d’un compositeur

Steve Lodder, le transcripteur

Le premier maillon de la chaîne est Steve Lodder, claviériste britannique issu du jazz, habitué des studios et des formations de la scène jazz londonienne. Son rôle a consisté à transcrire en notation les maquettes de McCartney au piano, en particulier celles qui précédaient l’arrivée de Cubase ou qui n’avaient pas été jouées dans le logiciel. Il a été, dans les premières étapes, le traducteur entre le jeu de McCartney et la page.

David Matthews, le premier jet

David Matthews, compositeur britannique né en 1943, auteur d’une importante série de symphonies et de quatuors à cordes, a travaillé sur la première version manuscrite de l’œuvre. McCartney a dit avoir été impressionné par son sens instinctif de l’orchestre et par son imagination. Matthews a contribué à donner à l’ensemble une première forme orchestrale cohérente, que les étapes suivantes allaient affiner.

John Harle, l’architecte

John Harle, saxophoniste et compositeur britannique né en 1956, connu pour sa carrière de soliste classique et ses collaborations avec des compositeurs contemporains, a joué un rôle plus structurel. Il a aidé McCartney à organiser la forme d’ensemble de l’œuvre et à développer ses motifs, c’est-à-dire à faire revenir, transformer et relier les idées musicales d’un mouvement à l’autre. Il s’est aussi occupé de la notation de deux sections particulières : Lost at Sea et Trance.

Richard Rodney Bennett, le superviseur

Le dernier mot est revenu à Sir Richard Rodney Bennett, compositeur britannique né en 1936 et mort en 2012, auteur de musiques de films célèbres comme Le Crime de l’Orient-Express ou Quatre mariages et un enterrement, mais aussi d’opéras, de concertos et de symphonies. Bennett a supervisé l’orchestration et la mise en forme définitive de la partition, en apportant ses remarques éditoriales. C’est lui qui, en dernière instance, a garanti que ce qui figurait sur les pupitres du London Symphony Orchestra était jouable et sonnait.

Bennett sera anobli l’année suivante, en 1998. Sa participation à un projet de McCartney avait, dans le petit monde de la musique classique britannique, valeur de caution.

Lawrence Foster, le chef

Le chef choisi pour l’enregistrement et la création est l’Américain Lawrence Foster, né en 1941 à Los Angeles. Chef à la carrière internationale, il avait dirigé de nombreux orchestres européens et américains. Il accompagnera Standing Stone du studio jusqu’à Carnegie Hall, et retrouvera McCartney pour Working Classical en 1999.

John Fraser et John Kurlander, l’équipe de studio

À la production, John Fraser, producteur d’EMI Classics qui avait déjà travaillé sur le Liverpool Oratorio et qui suivra McCartney jusqu’à Ecce Cor Meum. Nous avons évoqué son rôle dans notre article sur les producteurs de Paul McCartney.

À la prise de son, John Kurlander, ingénieur d’Abbey Road entré aux studios à la fin des années 1960 comme assistant, et qui avait participé aux séances d’Abbey Road des Beatles. C’est lui qui, selon la légende maison, avait sauvé de la poubelle le fragment de Her Majesty en 1969, en le recollant en fin de bande. Près de trente ans plus tard, il enregistre l’œuvre orchestrale de McCartney dans le même bâtiment.

Correctif factuel n° 2 — Ni “écrit seul”, ni “écrit par d’autres”

Deux récits opposés circulent sur la paternité de Standing Stone, et tous deux sont faux. Le premier, entretenu par une partie de la presse populaire en 1997, présente McCartney comme ayant écrit seul une symphonie de soixante-quinze minutes. Le second, répandu chez certains critiques, laisse entendre que l’œuvre aurait en réalité été écrite par ses orchestrateurs. La réalité documentée se situe entre les deux. Les idées musicales, les thèmes, la structure narrative et une grande partie des choix d’instrumentation sont de McCartney, fixés par lui au clavier et dans Cubase. Quatre musiciens professionnels ont ensuite transcrit, mis en forme, développé et vérifié ce matériau, chacun à une étape précise. C’est une pratique très ancienne : de nombreux compositeurs de musique de film et de comédie musicale travaillent de cette façon. Le disque est crédité à McCartney seul comme compositeur, et c’est conforme à cette répartition des rôles.

Abbey Road, printemps 1997 : l’enregistrement

Les maquettes de mars

Avant la grande séance, une première étape a lieu les 3 et 4 mars 1997 : des séances de maquette, destinées à entendre des portions de la partition jouées par de vrais musiciens et à corriger ce qui devait l’être. C’est là que l’on vérifie qu’une idée qui sonnait bien avec les sons synthétiques d’un ordinateur tient encore quand elle passe dans les mains d’un violoniste ou d’un corniste.

30 avril – 2 mai 1997 : le Studio One

L’enregistrement proprement dit se déroule sur trois jours, du 30 avril au 2 mai 1997, dans le Studio One d’Abbey Road. C’est la plus grande salle des studios, celle où l’on enregistre les orchestres symphoniques et les musiques de films, et celle où les Beatles avaient joué All You Need Is Love devant les caméras du monde entier en juin 1967.

Les effectifs sont considérables : le London Symphony Orchestra au complet, soit environ quatre-vingts musiciens, sous la conduite de sa violon solo Janice Graham, et le London Symphony Chorus, cent vingt choristes préparés par Stephen Westrop. Au pupitre, Lawrence Foster.

Trois jours pour soixante-quinze minutes de musique, c’est un rythme serré mais habituel pour un orchestre de ce niveau, rompu aux séances de studio et aux enregistrements de musiques de films.

Le mixage à la maison

Une fois les bandes enregistrées, McCartney les emporte chez lui. Le mixage et le montage sont réalisés à Hog Hill Mill, son studio du Sussex, là même où il avait composé l’œuvre à l’ordinateur. La boucle est bouclée : l’œuvre est née dans son studio, elle y revient pour être finalisée.

Un documentaire en coulisses

Les séances ont été filmées pour un documentaire, diffusé ensuite à la télévision, qui montre McCartney en studio avec l’orchestre et ses collaborateurs. Ce film, ainsi que la captation du concert de création, a plus tard été publié en DVD. On peut aujourd’hui le trouver sous le titre Paul McCartney’s Standing Stone en DVD.

Correctif factuel n° 3 — Les dates d’enregistrement

Certaines sources indiquent que Standing Stone a été enregistré “de mars à juillet 1997”. La formule mélange plusieurs étapes. Les registres publiés distinguent des séances de maquette les 3 et 4 mars 1997, puis l’enregistrement principal avec le London Symphony Orchestra et son chœur du 30 avril au 2 mai 1997, au Studio One d’Abbey Road. Le travail de mixage et de montage, mené ensuite à Hog Hill Mill, a pu s’étendre sur les semaines suivantes. Mais l’orchestre n’a pas passé cinq mois en studio : l’œuvre a été gravée en trois jours.

Écoute guidée : les quatre mouvements

Une architecture en dix-neuf sections

Standing Stone se compose de quatre mouvements, eux-mêmes divisés en sections qui correspondent aux dix-neuf plages du disque. Chaque mouvement porte pour titre un vers du poème, et chaque section une indication de caractère, souvent en italien selon l’usage classique, parfois en anglais, ce qui dit bien le double héritage de l’œuvre.

Plage Titre Indication Durée
I. After Heavy Light Years
1 Fire/Rain Allegro energico 4:30
2 Cell Growth Semplice 8:30
3 “Human” Theme Maestoso 3:36
II. He Awoke Startled
4 Meditation Contemplativo 3:57
5 Crystal Ship Con moto scherzando 2:02
6 Sea Voyage Pulsating, with cool jazz feel 3:39
7 Lost at Sea Sognando 4:37
8 Release Allegro con spirito 1:54
III. Subtle Colours Merged Soft Contours
9 Safe Haven/Standing Stone Pastorale con moto 4:11
10 Peaceful Moment Andante tranquillo 2:09
11 Messenger Energico 3:35
12 Lament Lamentoso 2:26
13 Trance Misterioso 5:32
14 Eclipse Eroico 4:57
IV. Strings Pluck, Horns Blow, Drums Beat
15 Glory Tales Trionfale 2:40
16 Fugal Celebration L’istesso tempo. Fresco 4:25
17 Rustic Dance Rustico 2:00
18 Love Duet Andante intimo 3:43
19 Celebration Andante 6:15

Durée totale : 74 minutes 46 secondes.

Premier mouvement : After Heavy Light Years

Le premier mouvement est une genèse. Son titre, qui joue sur l’expression des années-lumière, évoque l’immensité du temps cosmique qui précède l’apparition de la vie. Les trois sections suivent le récit du poème : les éléments d’abord, le feu et la pluie, dans un Allegro energico qui ouvre l’œuvre avec toute la puissance de l’orchestre ; puis la naissance de la vie, Cell Growth, la plus longue section de l’œuvre avec huit minutes et demie, marquée Semplice, où la musique semble se construire par accumulation progressive, comme une cellule qui se divise ; enfin l’apparition de l’homme, le “Human” Theme, marqué Maestoso.

C’est ici que McCartney expose son grand thème humain, celui qui reviendra sous diverses formes au fil de l’œuvre. Pour l’auditeur qui vient de la pop, c’est le premier point d’accroche : une mélodie ample, reconnaissable, qui a la clarté d’une chanson.

Deuxième mouvement : He Awoke Startled

Le deuxième mouvement suit le personnage humain qui s’éveille et part à l’aventure. Il commence par une méditation, Contemplativo, puis s’anime avec Crystal Ship, un scherzando qui évoque le départ d’un navire.

Suit la section la plus surprenante de l’œuvre : Sea Voyage, dont l’indication n’est pas en italien mais en anglais, et qui demande une pulsation avec une sensation de jazz cool. C’est l’endroit où McCartney laisse le plus clairement entrer son autre culture, celle des musiques populaires américaines, dans une partition de tradition classique.

Vient ensuite Lost at Sea, marquée Sognando, en rêvant, l’une des deux sections dont John Harle a assuré la notation. Le voyageur est perdu, et la musique se fait flottante. Le mouvement se referme sur Release, un Allegro con spirito bref et libérateur.

Troisième mouvement : Subtle Colours Merged Soft Contours

C’est le mouvement le plus long et le plus varié, avec six sections. Il s’ouvre sur Safe Haven/Standing Stone, une pastorale : le voyageur a trouvé un refuge, un lieu où se dresse la pierre levée qui donne son titre à l’œuvre. Suit un moment de paix, Andante tranquillo.

Puis le récit se tend. Messenger, Energico, annonce une menace. Lament, Lamentoso, pleure une perte. Trance, Misterioso, l’autre section notée par John Harle, plonge dans un état de conscience modifié, peut-être rituel. Et Eclipse, Eroico, figure l’affrontement et la victoire, avec ce que le mot suppose d’obscurcissement du soleil, phénomène qui terrifiait les peuples anciens.

C’est dans ce mouvement que l’on entend le mieux l’ambition de McCartney d’écrire une musique à programme, qui raconte une histoire par les seuls moyens de l’orchestre.

Quatrième mouvement : Strings Pluck, Horns Blow, Drums Beat

Le titre du dernier mouvement est presque une indication d’orchestration : les cordes pincent, les cors sonnent, les tambours battent. C’est la fête finale. Après Glory Tales, Trionfale, qui célèbre les exploits accomplis, vient Fugal Celebration, une section en style fugué, à la même vitesse que la précédente, L’istesso tempo.

Le choix d’une fugue n’est pas anodin. C’est la forme savante par excellence, celle de Bach, celle que les critiques attendent d’un compositeur pour le prendre au sérieux. McCartney s’y essaie, avec l’aide de ses collaborateurs, comme pour montrer qu’il connaît les règles du jeu.

Suivent une danse rustique, un duo d’amour, Andante intimo, et enfin Celebration, la conclusion de six minutes, où le chœur et l’orchestre se réunissent autour d’une mélodie que McCartney jouait depuis des années au piano. Nous y reviendrons.

La pochette : une photographie de Linda

Une image de 1969-1970

La pochette de Standing Stone reproduit une photographie de Linda McCartney, prise à la fin de 1969 ou au début de 1970. C’est la période qui suit immédiatement la fin des Beatles, quand Paul, Linda et leurs enfants se retirent dans leur ferme écossaise, loin de Londres et des procès d’Apple.

Selon la documentation discographique, cette image avait d’abord été envisagée pour la pochette ouvrante de l’un des premiers albums solo de Paul, au début des années 1970, avant d’être laissée de côté. Plus de vingt-cinq ans plus tard, elle trouve sa place sur le disque orchestral de son mari. Le choix relie l’œuvre de 1997 au moment le plus fragile et le plus intime de la vie du couple : les mois où McCartney, déprimé par la séparation du groupe, se reconstruisait avec Linda.

Le dernier disque de McCartney de son vivant

Standing Stone est la dernière grande œuvre de Paul McCartney publiée du vivant de Linda. Elle meurt le 17 avril 1998, des suites de son cancer du sein, à l’âge de cinquante-six ans. La photographie de pochette prend, avec le recul, une valeur de signature.

Nous avons consacré à Linda un portrait complet, qui s’attache à son œuvre de photographe au-delà de sa vie avec Paul : Linda McCartney aurait eu 85 ans.

La sortie : septembre 1997

25 septembre aux États-Unis, 29 septembre au Royaume-Uni

Standing Stone paraît le 25 septembre 1997 aux États-Unis et le lundi 29 septembre 1997 au Royaume-Uni, chez EMI Classics. Le disque compact est accompagné d’un livret de quarante-huit pages qui contient le poème de McCartney, un essai du critique musical Andrew Stewart sur la genèse de l’œuvre, et deux tableaux de McCartney lui-même, qui pratique la peinture depuis le début des années 1980.

Une édition vinyle limitée à 2 500 exemplaires est également pressée. Elle est aujourd’hui recherchée par les collectionneurs. Une édition en coffret cassette a aussi existé.

Le disque reste disponible en CD : Paul McCartney’s Standing Stone, London Symphony Orchestra, Lawrence Foster (EMI Classics).

Correctif factuel n° 4 — Quelle date d’anniversaire ?

On trouve plusieurs dates de sortie pour Standing Stone, dont le 23 septembre 1997, parfois reprise dans des éphémérides. Les références discographiques s’accordent sur deux dates : le 25 septembre 1997 aux États-Unis et le 29 septembre 1997 au Royaume-Uni, pays d’origine du disque et de sa maison de disques. C’est cette dernière date qui fait foi pour l’anniversaire, et c’est elle que retient la discographie officielle de McCartney. Le disque a donc eu vingt-neuf ans le 29 septembre 2026. Quant à la création publique de l’œuvre, elle est postérieure : le 14 octobre 1997, au Royal Albert Hall.

Les classements : un triomphe classique, une discrétion pop

Le disque se classe à la première place des ventes classiques, notamment aux États-Unis. C’est un succès remarquable pour une œuvre contemporaine de soixante-quinze minutes, qui n’a d’équivalent que dans quelques cas exceptionnels.

Mais il faut mesurer ce succès à la bonne échelle. Aux États-Unis, dans le classement général des albums, toutes musiques confondues, Standing Stone n’apparaît qu’une seule semaine, à la cent quatre-vingt-quatorzième place. Le marché classique est un marché de niche : on peut y être numéro un avec des ventes qui, en pop, passeraient inaperçues.

Correctif factuel n° 5 — “Numéro un des ventes”, oui, mais de quelles ventes ?

Les présentations promotionnelles de Standing Stone et plusieurs biographies retiennent que le disque a été “numéro un des ventes”. C’est exact pour les classements classiques, et c’est une vraie performance. Mais la formule, sortie de son contexte, suggère un succès comparable à celui des albums pop de McCartney, ce qui n’est pas le cas. Dans le Billboard 200 américain, le disque n’a fait qu’une apparition d’une semaine, à la 194e place. À titre de comparaison, Flaming Pie, sorti quatre mois plus tôt la même année, avait atteint la deuxième place de ce même classement. La formulation juste : Standing Stone a dominé le marché classique, sans percer sur le marché général.

14 octobre 1997 : la création au Royal Albert Hall

Une salle comble

La création publique a lieu le mardi 14 octobre 1997, au Royal Albert Hall de Londres. La salle, qui compte environ 5 300 places, est pleine. Le public est un mélange inhabituel d’abonnés des concerts classiques et d’admirateurs des Beatles venus entendre leur idole dans un registre inconnu.

Sur scène, le London Symphony Orchestra et son chœur, sous la direction de Lawrence Foster. McCartney ne joue pas : il est dans la salle, en compositeur.

Une première partie de musique de chambre

La soirée ne se limite pas à Standing Stone. Elle s’ouvre sur des pièces de musique de chambre de McCartney, interprétées notamment par le Brodsky Quartet, quatuor à cordes britannique connu pour ses collaborations avec des musiciens pop comme Elvis Costello, et par le Michael Thompson Horn Quartet, quatuor de cors. Plusieurs de ces pièces courtes réapparaîtront deux ans plus tard sur l’album Working Classical.

Le lien avec Elvis Costello n’est pas fortuit : Costello avait coécrit avec McCartney à la fin des années 1980 plusieurs chansons de Flowers in the Dirt, et il avait enregistré en 1993 avec le Brodsky Quartet l’album The Juliet Letters.

Linda dans la salle

Linda McCartney assiste à la création. Pour beaucoup, c’est une surprise : depuis l’annonce de sa maladie, ses apparitions publiques sont devenues rares. Sa présence au côté de Paul, ce soir-là, sera l’une de ses dernières grandes apparitions.

L’ovation

À la fin de l’œuvre, la salle se lève. McCartney est rappelé à six reprises sur la scène. Une partie du public scande son prénom, dans une atmosphère qui rappelle davantage un concert rock qu’une création classique. Des milliers de confettis imprimés tombent du plafond de la salle.

Pour McCartney, qui redoutait la réaction des critiques, l’accueil du public est une consécration. Avant le concert, il avait confié avoir aimé chaque étape de ce long travail d’écriture.

La captation

Le concert a été filmé et diffusé à la télévision britannique sur Channel 5. La captation a ensuite été publiée en vidéo, puis en DVD, avec le documentaire tourné pendant les séances d’Abbey Road.

Le Royal Albert Hall est un lieu chargé pour McCartney. Il y avait rencontré Jane Asher en avril 1963, lors d’un concert des Beatles, et il y avait assisté au concert de Bob Dylan en mai 1965. Nous avons raconté cette dernière soirée dans notre enquête sur le 9 mai 1965. Pour d’autres dates marquantes de la vie des Beatles un 14 octobre, voir notre éphéméride.

19 novembre 1997 : Carnegie Hall

La création américaine

Cinq semaines plus tard, Standing Stone traverse l’Atlantique. La création américaine a lieu le mercredi 19 novembre 1997 à Carnegie Hall, à New York. L’œuvre est jouée cette fois par l’Orchestra of St. Luke’s, formation new-yorkaise réputée, et par le chœur des New York Choral Artists, toujours sous la direction de Lawrence Foster.

Le concert est retransmis en direct par la radio publique américaine NPR, et diffusé en même temps sur internet, sur le site de NPR et sur un site dédié à l’œuvre. En 1997, une diffusion simultanée en ligne d’un concert classique est encore une rareté.

Ce que McCartney disait alors

Dans les entretiens accordés autour de ce concert, McCartney expliquait qu’il pensait avoir un rôle à jouer dans la musique classique de son temps, justement parce qu’il s’était toujours intéressé à la mélodie. Il disait avoir trouvé la musique classique moderne de sa jeunesse trop cérébrale, et se sentir plus proche de Mozart, de Beethoven ou de Monteverdi, des compositeurs qui, selon lui, n’avaient jamais eu peur de la mélodie.

Cette déclaration résume à la fois l’ambition et la vulnérabilité de Standing Stone. McCartney ne cherche pas à rivaliser avec l’avant-garde. Il cherche à écrire de la musique d’orchestre accessible, mélodique, narrative. C’est précisément ce que lui reprocheront ses détracteurs.

Voir aussi notre éphéméride du 19 novembre.

La critique : procès et plaidoiries

Une réception partagée

Comme pour le Liverpool Oratorio six ans plus tôt, la critique musicale se divise. Le public a fait un triomphe à l’œuvre, les classements l’ont placée en tête, mais une partie des critiques classiques est sévère.

Le réquisitoire

Le reproche principal est formulé avec netteté par le critique américain Walter Simmons, spécialiste de la musique orchestrale du XXe siècle. Il reconnaît à McCartney une approche respectueuse de la tradition classique et un vrai pouvoir de séduction populaire. Mais il juge l’œuvre simpliste, statique, répétitive et trop étirée, dépourvue des structures formelles et du travail contrapuntique qui distinguent les grandes partitions.

Pour mesurer ce qui manque, il convoque Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, Stravinsky et Richard Strauss, non parce que Standing Stone leur ressemblerait, mais parce qu’ils ont su donner à la musique à programme une profondeur que McCartney n’atteint pas. Il compare le thème final de Celebration à une grande chanson de comédie musicale de Broadway, très inférieure selon lui à des chansons des Beatles comme Julia ou She’s Leaving Home. Et il conclut que l’œuvre ferait une excellente bande originale de film d’animation.

La pointe est cruelle, mais elle contient un compliment involontaire : c’est reconnaître à la musique un pouvoir d’évocation narrative.

La défense

Les défenseurs de l’œuvre ont fait valoir plusieurs arguments. D’abord, Standing Stone ne prétend pas être une œuvre d’avant-garde : c’est une musique à programme, qui raconte une histoire, dans la tradition du poème symphonique romantique. La juger à l’aune de Stravinsky, c’est lui reprocher de ne pas être ce qu’elle ne veut pas être.

Ensuite, l’œuvre a atteint un public que la musique contemporaine ne touche pratiquement jamais. Des milliers d’auditeurs qui n’étaient jamais entrés dans une salle de concert classique ont écouté, grâce à McCartney, soixante-quinze minutes de musique pour orchestre et chœur.

Enfin, la collaboration avec des musiciens comme Richard Rodney Bennett et David Matthews, qui n’avaient aucune raison de prêter leur nom à une entreprise médiocre, dit quelque chose du sérieux du projet.

Le soupçon de départ

Il faut aussi rappeler le contexte. Depuis le Liverpool Oratorio, une partie de la critique classique britannique regardait les incursions de McCartney dans son domaine avec méfiance, voire hostilité : on le soupçonnait d’utiliser sa célébrité pour obtenir des commandes, des orchestres et des salles que des compositeurs de métier attendent toute leur vie. Ce soupçon pesait sur Standing Stone avant même qu’on l’ait entendu. McCartney le savait, et il a dit avoir redouté ce jugement.

Correctif factuel n° 6 — Symphonie ou poème symphonique ?

La presse de 1997, surtout américaine, a souvent présenté Standing Stone comme “la symphonie de Paul McCartney”, et l’expression est restée. Elle est commode, mais inexacte. Une symphonie, au sens classique, est une œuvre pour orchestre en plusieurs mouvements organisés selon des formes musicales établies, sans programme narratif obligatoire. Standing Stone est généralement défini, y compris dans la discographie de référence de McCartney, comme un poème symphonique : une œuvre orchestrale qui suit un argument extra-musical, ici le poème de McCartney. La distinction n’est pas un détail de spécialiste. Elle explique pourquoi l’œuvre avance par épisodes, pourquoi ses sections portent des titres descriptifs, et pourquoi la juger comme une symphonie de forme sonate conduit à des reproches qui manquent leur cible.

Avril 1998 : une œuvre rattrapée par le deuil

Six mois après la création

Le 17 avril 1998, six mois après la création de Standing Stone au Royal Albert Hall, Linda McCartney meurt en Amérique, entourée de sa famille. Elle avait cinquante-six ans. Le couple était marié depuis le 12 mars 1969 et, selon Paul, ils n’avaient passé qu’une dizaine de nuits séparés en presque trente ans.

Dans la mémoire collective, Standing Stone s’est peu à peu chargé de ce deuil. La photographie de Linda sur la pochette, sa présence à la création, la date de sortie si proche de sa mort, la dimension spirituelle du poème, la Celebration finale : tout invite à lire l’œuvre comme un adieu.

Correctif factuel n° 7 — Standing Stone n’a pas été écrit en hommage à Linda

Il arrive que Standing Stone soit présenté comme une œuvre composée pour Linda, voire comme un requiem anticipé. La chronologie ne le permet pas. Les premières maquettes datent de mai 1994 et la commande d’EMI est antérieure. Le cancer de Linda n’est diagnostiqué qu’à la fin de 1995, alors que le travail est engagé depuis plus d’un an, et le sujet de l’œuvre, fixé par le poème, est l’homme celte face au mystère de l’existence, pas la maladie ni la perte. Il est parfaitement légitime d’entendre aujourd’hui l’œuvre à la lumière de ce qui a suivi, et McCartney lui-même a lié ces années à Linda. Mais Standing Stone n’est pas une pièce de circonstance funèbre. C’est plutôt l’album de musique de chambre et d’orchestre Working Classical, en 1999, qui fait entendre la présence de Linda : il contient des arrangements pour quatuor de chansons que McCartney avait écrites pour elle, comme My Love ou The Lovely Linda.

Le rôle de la musique dans le deuil

McCartney a raconté que la musique avait été, dans les mois qui ont suivi, une manière de continuer. Il publie en 1999 Run Devil Run, un album de reprises de rock’n’roll des années 1950 enregistré en quelques jours, avec David Gilmour à la guitare : un retour aux racines, à la musique qu’il jouait adolescent, avant Linda, avant les Beatles. Et la même année, Working Classical. Les deux disques paraissent à quelques semaines d’écart, comme les deux faces d’un même travail.

Celebration : la berceuse de la famille

Une mélodie plus ancienne que l’œuvre

La dernière section de Standing Stone, Celebration, repose sur une mélodie que McCartney jouait depuis des années au piano, bien avant la commande d’EMI. Il a expliqué que ses enfants avaient grandi avec cet air, qu’il faisait en quelque sorte partie de la famille. Ses proches le connaissaient longtemps avant qu’il ne trouve sa place à la fin de l’œuvre.

C’est un procédé que McCartney connaît bien. Yesterday est née d’une mélodie entendue en rêve et fredonnée pendant des semaines sous le titre provisoire de Scrambled Eggs. When I’m Sixty-Four avait été écrite par un adolescent de seize ans et publiée à vingt-quatre. McCartney garde longtemps ses mélodies en réserve, et leur trouve un jour une place.

Une vie propre

Celebration a eu une existence au-delà de l’œuvre. Elle a été publiée à part en single promotionnel en 1997, et une version pour chœur a été éditée en partition par Faber Music, ce qui lui a permis d’entrer au répertoire de chorales amateurs. McCartney l’a aussi jouée à de nombreuses reprises seul au piano, dans les balances de ses tournées, comme un air familier. Et elle a été reprise en concert en 2006, à Carnegie Hall et au Royal Albert Hall, dans les programmes de création d’Ecce Cor Meum.

C’est la seule partie de Standing Stone qui ait véritablement échappé à l’œuvre pour vivre sa vie. Ce n’est sans doute pas un hasard : c’est aussi celle qui ressemble le plus à une chanson.

Après Standing Stone : la suite de l’œuvre classique

1999 : Working Classical

Deux ans après Standing Stone, McCartney publie Working Classical, en novembre 1999. C’est un recueil plus modeste et plus intime : des pièces orchestrales jouées par le London Symphony Orchestra sous la direction de Lawrence Foster, dont A Leaf et Spiral, une troisième pièce orchestrale, Tuesday, dirigée par Andrea Quinn, et des arrangements pour quatuor à cordes de chansons de McCartney joués par le Loma Mar Quartet : Maybe I’m Amazed, My Love, Calico Skies, The Lovely Linda, Junk, Warm and Beautiful. Le disque est produit par John Fraser. Working Classical sur Amazon.

2006 : Ecce Cor Meum

La quatrième grande œuvre classique de McCartney, Ecce Cor Meum, est un oratorio en quatre mouvements, né d’une commande du Magdalen College d’Oxford pour sa nouvelle salle de concert. McCartney y travaille pendant plusieurs années, et la mort de Linda en interrompt un temps l’écriture. L’œuvre est créée au Royal Albert Hall le 3 novembre 2006, et l’album, paru en septembre 2006, reçoit l’année suivante le prix de l’album de l’année aux Classical Brit Awards.

2011 : Ocean’s Kingdom

En 2011, McCartney écrit sa première musique de ballet, Ocean’s Kingdom, commande du New York City Ballet, chorégraphiée par Peter Martins et créée à New York en septembre 2011. L’enregistrement est confié au London Classical Orchestra.

Au total, en vingt ans, McCartney aura ainsi publié cinq disques de musique classique. Nous les situons dans l’ensemble de sa carrière dans notre discographie solo album par album.

Le Liverpool Oratorio, point de départ

Pour qui veut suivre ce parcours dans l’ordre, le Liverpool Oratorio de 1991 reste le point de départ indispensable, et la comparaison avec Standing Stone est instructive : on y entend un McCartney encore guidé par Carl Davis, là où Standing Stone fait entendre un compositeur qui a pris les commandes. Liverpool Oratorio sur Amazon.

Les rockeurs face à l’orchestre : où situer Standing Stone ?

Une tentation ancienne

McCartney n’est pas le premier musicien issu du rock à s’essayer à la grande forme orchestrale, et la comparaison aide à mesurer ce que Standing Stone a de singulier.

Le 24 septembre 1969, dans ce même Royal Albert Hall, Jon Lord, claviériste de Deep Purple, faisait créer son Concerto for Group and Orchestra, avec le Royal Philharmonic Orchestra dirigé par Malcolm Arnold. L’idée était de faire dialoguer un groupe de rock et un orchestre symphonique, les deux restant distincts sur scène.

En janvier 1983, Frank Zappa enregistrait ses propres partitions orchestrales avec le London Symphony Orchestra, sous la direction du jeune Kent Nagano. Zappa, lui, lisait et écrivait parfaitement la musique, et revendiquait une filiation avec Edgard Varèse et l’avant-garde du XXe siècle.

En 1993, Elvis Costello publiait avec le Brodsky Quartet The Juliet Letters, un cycle de chansons pour voix et quatuor à cordes, sur des lettres adressées à Juliette de Vérone.

La voie propre de McCartney

Face à ces exemples, Standing Stone occupe une position particulière. Ce n’est pas une rencontre entre un groupe et un orchestre, comme chez Jon Lord : il n’y a ni guitare électrique, ni batterie rock, ni McCartney sur scène. Ce n’est pas non plus une œuvre d’avant-garde, comme chez Zappa : McCartney revendique au contraire la mélodie, la tonalité, le récit. Et ce n’est pas un cycle de chansons, comme chez Costello : la voix humaine n’y chante que par le chœur, et l’essentiel est instrumental.

C’est une tentative d’entrer dans la tradition du poème symphonique romantique, celle de Liszt, de Smetana ou de Sibelius, avec les moyens d’un musicien de tradition orale équipé d’un ordinateur. C’est ce qui fait à la fois sa limite, aux yeux des critiques classiques, et son originalité.

Un modèle pour la suite

Le modèle de Standing Stone — un musicien populaire qui compose, des orchestrateurs de métier qui mettent en forme, un grand orchestre qui enregistre — est devenu depuis courant. Des musiciens venus du rock ou de la pop écrivent aujourd’hui régulièrement pour l’orchestre, pour le cinéma ou pour le concert, avec des équipes comparables. McCartney a été, dans les années 1990, l’un des premiers à faire de cette méthode une démarche assumée et publique, en créditant ses collaborateurs dans le livret plutôt qu’en les cachant.

Ce qu’il reste de Standing Stone en 2026

Une œuvre rarement jouée

Vingt-neuf ans après sa sortie, Standing Stone n’est pas entré au répertoire des orchestres. Après les créations de Londres et de New York, les exécutions intégrales sont restées rares. L’œuvre demande des effectifs considérables, un grand orchestre et un grand chœur, pour soixante-quinze minutes de musique, et les programmateurs classiques hésitent à la programmer en dehors d’un événement lié au nom de son auteur.

C’est le sort de beaucoup d’œuvres de commande, et même de nombreuses œuvres de compositeurs de métier : combien de créations des années 1990 sont encore jouées aujourd’hui ?

Un document sur McCartney

Ce qui reste, en revanche, c’est un document exceptionnel sur Paul McCartney lui-même. Standing Stone montre un musicien de cinquante ans, au sommet de sa gloire, qui choisit de se remettre en situation d’apprenti : apprendre un logiciel, écrire un long poème, soumettre son texte à un poète, confier sa partition à des orchestrateurs exigeants, affronter une critique qu’il sait hostile.

C’est le même homme qui, à dix-sept ans, apprenait les accords de Buddy Holly dans le salon de Forthlin Road, et qui, à quatre-vingts ans passés, continue d’enregistrer. Nous avons tenté de cerner cette curiosité insatiable dans nos vingt faits méconnus sur Paul McCartney et dans notre portrait de Paul McCartney, ciment musical des Beatles.

Une œuvre à redécouvrir

Pour qui n’a jamais écouté Standing Stone, l’anniversaire est une bonne occasion. On peut commencer par la fin : Celebration, six minutes, la mélodie familiale, le chœur et l’orchestre réunis. Puis remonter au “Human” Theme du premier mouvement, et à Sea Voyage, où le jazz s’invite dans l’orchestre. Et, une fois ces repères posés, écouter l’œuvre entière, le poème du livret sous les yeux, comme McCartney l’a conçue : une histoire racontée par un orchestre.

Chronologie

Date Événement
1966 Musique du film The Family Way, orchestrée par George Martin.
28 juin 1991 Création du Liverpool Oratorio, écrit avec Carl Davis, à la cathédrale anglicane de Liverpool.
Début des années 1990 Richard Lyttelton, président d’EMI Classics, commande une œuvre orchestrale pour le centenaire d’EMI.
18 mai 1994 Premières maquettes de Standing Stone.
Septembre 1994 Deux cassettes de compilation réunissent les versions provisoires des deux premiers mouvements.
Début 1995 Installation de Cubase sur un Macintosh à Hog Hill Mill.
3 mars 1995 Première pièce composée avec Cubase, sous le titre de travail Inebriation.
1995 Création de la pièce pour piano A Leaf par Anya Alexeyev au palais Saint James.
Fin 1995 Diagnostic du cancer du sein de Linda McCartney.
3-4 mars 1997 Séances de maquette à Abbey Road.
11 mars 1997 Paul McCartney est fait chevalier à Buckingham Palace.
5 avril 1997 Mort d’Allen Ginsberg, consulté par McCartney pour le titre de l’œuvre.
30 avril – 2 mai 1997 Enregistrement au Studio One d’Abbey Road : London Symphony Orchestra et Chorus, direction Lawrence Foster.
5 mai 1997 Sortie de Flaming Pie.
25 septembre 1997 Sortie américaine de Standing Stone.
29 septembre 1997 Sortie britannique de Standing Stone chez EMI Classics.
14 octobre 1997 Création au Royal Albert Hall, diffusée sur Channel 5. Linda est dans la salle.
19 novembre 1997 Création américaine à Carnegie Hall, Orchestra of St. Luke’s et New York Choral Artists, retransmise par NPR.
17 avril 1998 Mort de Linda McCartney.
Novembre 1999 Sortie de Working Classical.
3 novembre 2006 Création d’Ecce Cor Meum au Royal Albert Hall.
Septembre 2011 Création du ballet Ocean’s Kingdom par le New York City Ballet.
29 septembre 2026 Vingt-neuvième anniversaire de la sortie britannique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Standing Stone ?

Un poème symphonique pour orchestre et chœur de Paul McCartney, en quatre mouvements et dix-neuf sections, d’une durée de 74 minutes 46. Il a été enregistré par le London Symphony Orchestra et le London Symphony Chorus sous la direction de Lawrence Foster, et publié chez EMI Classics en septembre 1997.

Quand Standing Stone est-il sorti ?

Le 25 septembre 1997 aux États-Unis et le 29 septembre 1997 au Royaume-Uni. Sa création publique a eu lieu le 14 octobre 1997 au Royal Albert Hall.

Pourquoi McCartney a-t-il écrit Standing Stone ?

C’est une commande de Richard Lyttelton, président d’EMI Classics, pour célébrer le centenaire de la maison de disques. McCartney y voyait l’occasion d’écrire une grande œuvre orchestrale en tant qu’auteur principal, après le Liverpool Oratorio coécrit avec Carl Davis.

De quoi parle l’œuvre ?

Elle suit un long poème écrit par McCartney, qui décrit la manière dont un homme celte aurait pu s’interroger sur l’origine de la vie et le mystère de l’existence : la naissance du monde, l’éveil de l’homme, un voyage en mer, un refuge, des épreuves, puis la célébration de l’amour et de la communauté.

McCartney sait-il lire la musique ?

Non. Pour Standing Stone, il a composé au clavier à l’aide du logiciel Cubase sur un Macintosh, qui transformait son jeu en notation. Quatre musiciens l’ont ensuite aidé à transcrire, structurer et orchestrer la partition : Steve Lodder, David Matthews, John Harle et Richard Rodney Bennett.

Est-ce une symphonie ?

Pas au sens strict. C’est un poème symphonique, c’est-à-dire une œuvre orchestrale qui suit un argument narratif. La presse l’a souvent appelée “la symphonie de McCartney”, mais l’expression est un raccourci.

Est-ce la première œuvre classique de McCartney ?

Non. Il y avait eu la musique du film The Family Way en 1966 et surtout le Liverpool Oratorio en 1991. Standing Stone est en revanche sa première grande œuvre de concert écrite comme auteur principal et la première composée avec un ordinateur.

Qui a joué lors de la création ?

Au Royal Albert Hall, le 14 octobre 1997, le London Symphony Orchestra et son chœur sous la direction de Lawrence Foster, avec en première partie des pièces de chambre de McCartney jouées notamment par le Brodsky Quartet et le Michael Thompson Horn Quartet. À Carnegie Hall, le 19 novembre 1997, l’Orchestra of St. Luke’s et les New York Choral Artists, toujours sous la direction de Foster.

Le disque a-t-il été un succès ?

Il s’est classé en tête des ventes classiques, notamment aux États-Unis. Dans le classement général américain, toutes musiques confondues, il n’est apparu qu’une semaine, à la 194e place.

Qui a pris la photo de la pochette ?

Linda McCartney, à la fin de 1969 ou au début de 1970. Standing Stone est la dernière grande œuvre de McCartney publiée de son vivant : elle est morte le 17 avril 1998.

Standing Stone a-t-il été écrit pour Linda ?

Non. Les premières maquettes datent de mai 1994, avant le diagnostic de son cancer à la fin de 1995. L’œuvre a été lue après coup à la lumière de sa mort, mais son sujet est l’homme celte face au mystère de l’existence.

Où voir l’œuvre ?

Le concert de création et le documentaire tourné pendant les séances ont été publiés en vidéo puis en DVD. Le disque reste disponible en CD chez EMI Classics.

Glossaire

Terme Définition
Poème symphonique Œuvre orchestrale en un ou plusieurs mouvements qui suit un argument extra-musical : un texte, un tableau, une histoire. Genre inventé au XIXe siècle par Franz Liszt.
Musique à programme Musique instrumentale qui cherche à raconter ou à évoquer quelque chose de précis, par opposition à la musique dite pure.
Orchestration Art de répartir une musique entre les instruments d’un orchestre : quel instrument joue quelle ligne, à quelle hauteur, avec quelles doublures.
Séquenceur Logiciel qui enregistre les notes jouées sur un clavier électronique, permet de les modifier et de les afficher sous forme de partition. Cubase, de la société Steinberg, en est un exemple.
Fugue Forme musicale savante où un thème est exposé successivement par plusieurs voix qui s’imitent et se superposent. Bach en est le grand maître.
Scherzando Indication italienne signifiant “en badinant”, d’un caractère léger et enjoué.
Maestoso Indication italienne signifiant “majestueux”.
Sognando Indication italienne signifiant “en rêvant”.
Pierre levée Monolithe dressé par les populations préhistoriques d’Europe de l’Ouest, aussi appelé menhir. En anglais, standing stone.
Hog Hill Mill Studio personnel de Paul McCartney, installé dans un ancien moulin du Sussex, près de Rye.

Sources et bibliographie

Sources documentaires

  • The Paul McCartney Project — fiches de l’album Standing Stone, de la chanson Celebration, du concert de création du 14 octobre 1997 et de l’entretien promotionnel de 1997.
  • The Beatles Bible — fiche de l’album Standing Stone : chronologie de composition, rôle de chaque collaborateur.
  • Wikipédia (version anglaise) — Standing Stone (album) : liste des plages, crédits, dates de sortie, classements.
  • UPI Archives, 19 novembre 1997 — création américaine à Carnegie Hall.
  • Classic FM — présentation de Standing Stone.
  • Walter Simmons, critique de Standing Stone.
  • Livret du disque EMI Classics (1997) : poème de Paul McCartney, essai d’Andrew Stewart.

Les disques cités

À lire aussi sur Yellow-Sub

Article publié pour le vingt-neuvième anniversaire de la sortie britannique de Standing Stone, le 29 septembre 1997. Toute correction documentée est bienvenue.

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