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Paul McCartney et la chasse aux trophées : pourquoi le lion Cecil mobilise encore le monde onze ans après sa mort

Par Yellow-Sub
Paul McCartney et la chasse aux trophées : pourquoi le lion Cecil mobilise encore le monde onze ans après sa mort

Paul McCartney figure parmi les plus de 500 premiers signataires d’une déclaration internationale demandant l’abolition de la chasse aux trophées. Lancée le 1er juillet 2026, onze ans jour pour jour après la mort du lion Cecil au Zimbabwe, l’initiative associe l’ancien Beatle à Jane Goodall, à des scientifiques, à des représentants de communautés africaines et à des personnalités venues de plusieurs continents. Derrière cette alliance, une interrogation autrement plus vaste que la seule mort d’un animal célèbre : peut-on encore prétendre protéger la faune sauvage en autorisant des visiteurs à payer pour tuer ses représentants les plus recherchés ? [1] [2] [3]

Sur la liste officielle, son nom apparaît simplement : « Sir Paul McCartney ». Aucun long manifeste personnel, aucun couplet inédit, aucune formule choc attribuée au musicien pour l’occasion. Cette sobriété documentaire a son importance. McCartney a apposé son nom à un texte collectif ; il ne faut ni lui inventer un discours spécifique sur les lions, ni présenter cette prise de position comme une campagne qu’il aurait lui-même créée. Mais sa signature n’a rien d’anecdotique. Elle s’inscrit dans une histoire publique de défense des animaux qui remonte à plusieurs décennies et donne à cette déclaration une résonance singulière auprès du public des Beatles. [2] [8] [9]

La Wildlife & Conservation Foundation et sa Campaign to Ban Trophy Hunting veulent porter leur appel devant les gouvernements et les Nations unies. Leur objectif dépasse l’interdiction ponctuelle d’une espèce ou le refus de quelques permis d’importation : ils réclament la disparition de la chasse pratiquée pour obtenir un trophée et, à terme, un cadre international capable d’en empêcher la poursuite. L’ambition est immense. Le texte signé est un engagement politique et moral, pas une décision de l’ONU ni une loi déjà entrée en vigueur. Pour comprendre ce que la présence de McCartney change réellement, il faut donc suivre le fil de l’annonce, de l’histoire de Cecil, de la biologie des lions et de l’économie des espaces où ils vivent. [1] [2] [3]

Une déclaration née le 1er juillet 2026, revenue dans l’actualité en septembre

L’annonce a été rendue publique le 1er juillet 2026. La date correspond à l’anniversaire de la blessure mortelle infligée à Cecil en 2015, aux abords du parc national de Hwange. L’article anglophone relayé le 27 septembre par Beatles Radio et repris par inkl a remis cette initiative en circulation près de trois mois plus tard. Il s’agit donc de l’écho récent d’une mobilisation lancée durant l’été, et non d’une nouvelle déclaration créée le 27 septembre. Cette distinction chronologique évite d’attribuer à McCartney une intervention publique dont aucune trace n’est fournie par les documents consultés. [1] [3] [4]

La déclaration publiée par les organisateurs comprend un texte de principe et une longue liste de personnes et d’organisations. Elle affirme que tuer des animaux sauvages pour le prestige ou le divertissement traduit une relation dégradée avec la nature. Elle insiste sur la sensibilité des animaux, sur la perturbation possible des structures sociales et sur le choix fréquent de grands individus adultes. Elle propose de substituer à cette pratique des investissements dans la protection des habitats, la restauration écologique et des activités économiques conduites avec les communautés. Ce sont les arguments de ses auteurs, exposés comme tels. Le document ne constitue pas, à lui seul, une expertise scientifique démontrant que toute chasse aux trophées produit partout le même résultat. [2]

Autre précision nécessaire : le texte même de la déclaration appelle les individus, les États et les institutions internationales à agir, mais n’énumère pas dans ses premiers paragraphes un calendrier juridiquement détaillé d’interdictions douanières. La demande de prohiber la pratique et les échanges de trophées est explicitée dans la communication de la campagne et dans les prises de parole qui l’accompagnent. Confondre ces niveaux reviendrait à transformer un appel en traité déjà négocié. Le texte appelle à ouvrir une bataille de normes ; il n’en est pas l’aboutissement. [1] [2] [3]

Pourquoi plus de 500 signatures comptent, sans faire une politique publique

Les organisateurs annoncent plus de 500 signataires fondateurs. La liste publiée permet de vérifier directement la présence de McCartney, de Jane Goodall, d’Ian Khama, d’Ernesto Zedillo et de nombreuses personnalités du spectacle ou de la conservation. Elle montre aussi des chercheurs, des défenseurs des animaux et des organisations de terrain. Elle ne signifie pas que 500 gouvernements se sont engagés. Une signature de célébrité porte une voix dans le débat ; elle ne crée ni permis refusé à la frontière, ni compensation versée à un éleveur, ni garde supplémentaire pour un parc national. [1] [2]

Cette différence n’enlève rien à l’effet possible d’une coalition. Une personne célèbre attire le regard sur une question habituellement enfermée dans les commissions techniques. Des chercheurs peuvent fournir des données, des juristes traduire l’exigence en règles, des habitants des territoires concernés dire ce qu’ils gagnent ou perdent effectivement. La valeur politique du rassemblement dépendra de cette articulation. Si l’affiche ne sert qu’à aligner des noms connus, elle s’épuisera avec l’actualité ; si elle ouvre un débat sur les financements et les pouvoirs locaux, elle peut changer les choix des États.

Jane Goodall, une présence décisive et posthume

Le rôle de Jane Goodall appelle une exactitude particulière. La primatologue britannique est morte le 1er octobre 2025. Elle n’a donc pas pris la parole au lancement de juillet 2026. Le Jane Goodall Institute explique que l’initiative a grandi à partir d’une rencontre organisée en 2025 à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Cecil et que Goodall a travaillé avec Eduardo Gonçalves à la rédaction de la déclaration. L’institut a ensuite soutenu publiquement le projet et la poursuite de ce travail. Son nom dans le document reflète cet engagement antérieur ; il ne s’agit pas d’une adhésion posthume supposée. [2] [5]

Lors de cette rencontre, Goodall avait demandé comment une telle pratique avait pu continuer si longtemps et l’avait jugée « moralement inadmissible » — traduction de son qualificatif unconscionable. La force de cette intervention tient à son parcours : elle avait passé sa vie à étudier des animaux comme des individus dotés de relations sociales, et à associer leur protection au sort des populations humaines. Son argument contre la chasse aux trophées ne se réduit pas à l’idée que certains animaux seraient photogéniques. Il interroge le droit de tuer pour acquérir un objet de prestige. [1] [5]

Goodall ne parlait toutefois pas à la place de toutes les communautés africaines ni de tous les biologistes. Elle avançait un jugement éthique et une proposition politique appuyés par son expérience. Dans le même dossier, certains chercheurs décrivent des cas où des revenus de chasse ont financé des espaces naturels, tandis que d’autres documentent des prélèvements excessifs et des avantages locaux insuffisants. Reconnaître cette diversité des travaux n’oblige pas à abandonner une position abolitionniste. Cela oblige à dire avec précision ce que l’on condamne, ce que l’on sait et ce que l’on doit remplacer.

Cecil : l’animal réel derrière l’icône

Cecil n’était pas seulement « le lion de la photo ». L’équipe WildCRU de l’université d’Oxford l’étudiait depuis des années. Équipé d’un collier satellite dès 2008, il occupait avec un autre mâle, Jericho, un territoire lié au parc national de Hwange. Le 1er juillet 2015, le dentiste américain Walter Palmer, venu chasser au Zimbabwe, le blessa avec un arc à proximité du parc ; le lion mourut ensuite. Une recherche publiée dans les archives d’Oxford situe la blessure sur la ferme Antoinette, dans la Gwaai Conservancy, voisine de Hwange. Dire qu’il fut tué « dans le parc » effacerait une partie essentielle du problème : les lions traversent des limites administratives que les hommes ont tracées sur la carte. [4] [6]

L’affaire concentra plusieurs questions en une seule image : l’attrait international pour un trophée, le déplacement d’un prédateur entre zone protégée et territoire de chasse, la difficulté de contrôler les pratiques aux frontières des parcs et l’écart entre valeur scientifique d’un animal suivi et valeur marchande de sa dépouille. La question de la légalité précise des faits a donné lieu à des enquêtes et à des récits contradictoires ; l’existence d’un permis ou d’une concession ne suffirait de toute façon pas à trancher la question morale. Ce que Cecil a changé avec certitude, c’est l’ampleur du regard porté sur ces mécanismes. [4] [6]

Oxford indique que l’émotion suscitée par sa mort a permis de recueillir plus de 750 000 livres sterling pour son programme sur les lions. Cet argent a notamment soutenu l’étude des prédateurs et des projets de coexistence avec les habitants. Voilà une conséquence vérifiable de la mobilisation, au-delà du partage d’images indignées. L’université rapporte aussi une progression de la population de lions dans sa zone d’étude principale sur la période considérée ; ce résultat local ne doit pas être étendu mécaniquement à l’ensemble de l’Afrique. [4]

Une mort médiatisée ne résume pas la crise du lion

Le lion est devenu un symbole puissant précisément parce que chacun peut reconnaître son visage. Mais les menaces qui pèsent sur l’espèce ne se limitent pas aux safaris cynégétiques. Disparition et fragmentation des habitats, raréfaction des proies, pièges, conflits avec les éleveurs et mortalité en représailles sont des pressions majeures. Un mâle au collier GPS attire les caméras ; un berger qui perd ses bêtes, un garde sans moyens ou une savane transformée en terre agricole restent souvent hors champ. Oxford souligne le rôle décisif de la coexistence avec les populations vivant autour des zones protégées. [4]

La mort de Cecil doit donc servir de porte d’entrée, pas de substitut à l’enquête. Défendre les lions ne consiste pas uniquement à empêcher un chasseur étranger de repartir avec une crinière. Il faut sécuriser de grands espaces, préserver les proies et réduire les pertes de bétail. Les organisations qui demandent une interdiction gagneront en crédibilité en chiffrant et en finançant ces tâches très concrètes. Un lion vivant peut susciter l’admiration à Londres ou à Paris ; sa présence peut aussi imposer des coûts immédiats à une famille installée près de Hwange.

Paul McCartney : une signature cohérente avec cinquante ans de convictions

Pourquoi McCartney apparaît-il dans cette coalition ? La réponse la plus solide ne vient pas d’une phrase supposée sur Cecil, mais de ses engagements attestés. Paul et Linda McCartney ont adopté le végétarisme après une expérience sur leur ferme écossaise. Interrogé par son site officiel, le musicien a raconté qu’en regardant leurs agneaux vivre dans les champs, ils avaient pris conscience de la contradiction entre les élever et manger une épaule d’agneau. Cette scène, racontée rétrospectivement par Paul, éclaire l’origine de leur choix : l’animal cessait d’être une abstraction alimentaire pour devenir un être observé au quotidien. [8]

Il serait hasardeux d’en fixer ici, à partir de souvenirs variables, le jour ou même l’année précise. L’essentiel est ailleurs : Linda a durablement associé sa vie publique à la cuisine végétarienne, tandis que Paul a continué à défendre cette sensibilité. Avec leurs filles Mary et Stella, il a lancé Meat Free Monday en 2009. Cette campagne invite à adopter au moins une journée d’alimentation végétale par semaine et relie son message au climat, aux ressources et aux conditions faites aux animaux. Elle ne traite pas spécifiquement de la chasse aux lions. Elle montre cependant une méthode récurrente chez McCartney : utiliser sa notoriété pour rendre visible un comportement envers les animaux et inviter le public à le réexaminer. [9]

Dans un autre entretien officiel, il a expliqué que le troupeau de leur ferme n’était plus destiné à l’abattage. On peut adhérer ou non à son choix alimentaire ; on ne peut guère prétendre que sa présence aux côtés de militants contre la chasse aux trophées sortirait de nulle part. Ce qui commence, dans son récit, par le regard porté sur des agneaux conduit à une question plus générale : à quel moment cessons-nous de considérer un animal uniquement selon l’usage que nous voulons faire de lui ? [8]

Ni nouveau porte-parole, ni simple nom décoratif

La prudence journalistique demeure nécessaire. Le dossier de lancement cite plusieurs autres personnalités, mais ne fournit pas de déclaration personnelle de McCartney détaillant son avis sur les quotas de chasse africains, les règles CITES ou la répartition des recettes. On ne saurait lui prêter ces analyses. Sa signature vaut approbation d’un texte collectif, pas adoption documentée de chaque argument prononcé par chacun de ses cosignataires. La nuance protège autant le lecteur que le musicien. [1] [2]

Elle permet aussi de mesurer son rôle réel. Dans l’histoire des Beatles, McCartney est associé à une musique capable de traverser les générations ; dans ses engagements personnels, il a construit une continuité publique autour du bien-être animal. La coalition bénéficie de cette continuité. En retour, elle place le nom d’un musicien mondialement connu à côté de personnes dont la parole est moins audible mais dont l’expérience est irremplaçable : biologistes, habitants de territoires de conservation, spécialistes du droit et défenseurs de la faune. La célébrité ouvre une porte ; elle ne doit pas occuper toute la pièce.

De Liam Gallagher à Ian Khama : ce que révèle la liste des signataires

Parmi les soutiens figurent Annie Lennox, Bryan Adams, Liam Gallagher, Judi Dench, Emma Thompson, Hugh Laurie, Michael Caine, Pierce Brosnan, Mark Ruffalo et de nombreux autres artistes. L’ancien président mexicain Ernesto Zedillo et l’ancien président du Botswana Ian Khama apparaissent eux aussi sur la liste, de même que le dalaï-lama et Boniface Mpario, présenté comme un ancien maasaï de premier plan. Une telle variété rend le message visible dans des espaces culturels et politiques qui communiquent rarement entre eux. [1] [2]

Il faut néanmoins éviter un raccourci séduisant : l’appui d’un ancien chef d’État ne prouve pas l’adhésion actuelle de son pays. Le cas du Botswana le démontre. Ian Khama a gouverné au moment où une suspension de la chasse a été mise en place ; son successeur a annoncé en 2019 la levée de cette suspension. Son engagement personnel dans la déclaration de 2026 ne transforme donc pas le Botswana contemporain en État abolitionniste. L’évolution de cette politique reflète des tensions réelles autour des éléphants, des usages des terres et des avantages attendus par les communautés. [1] [12]

De même, la présence d’un représentant maasaï mérite d’être entendue sans faire de cet homme le porte-parole de tous les Maasaï ni de toute l’Afrique. Boniface Mpario demande notamment aux gouvernements occidentaux d’interdire l’importation de trophées. Sa voix contredit l’idée commode selon laquelle seuls des militants éloignés des animaux contesteraient la chasse. D’autres représentants et chercheurs africains défendent toutefois des modèles différents de gestion de la faune. Une véritable conversation internationale commence lorsqu’on laisse ces désaccords apparaître, au lieu de distribuer les rôles à distance. [1] [5]

Qu’appelle-t-on exactement « chasse aux trophées » ?

La chasse aux trophées vise, dans son acception courante, un animal recherché pour certaines caractéristiques — taille, cornes, défenses, crinière ou rareté — dont tout ou partie du corps sera conservé ou exposé. Le groupe de spécialistes de l’UICN consacré à l’utilisation durable souligne que cette catégorie peut parfois recouper la chasse destinée aussi à obtenir de la viande. Elle ne se confond cependant ni avec la subsistance, ni avec l’élimination urgente d’un animal dangereux, ni avec le braconnage. Les règles et les motivations varient selon les pays et les espèces. [7]

Un lion tué légalement dans une concession et un lion pris illégalement dans un piège ne relèvent pas du même régime juridique. Cela ne rend pas la première mort incontestable ; cela permet simplement de comprendre où agir. L’interdiction de la chasse commerciale vise l’autorisation de tuer. L’interdiction d’importer les trophées vise la demande provenant de l’étranger. La lutte contre le braconnage impose surveillance, justice et coopération locale. Quant aux conflits avec les grands prédateurs, ils demandent d’autres réponses encore : protection des troupeaux, accompagnement des éleveurs et interventions adaptées. Réduire tous ces phénomènes à un unique mot obscurcit les solutions.

Les organisateurs concentrent leur campagne sur une asymétrie frappante : une personne peut traverser le monde pour obtenir un trophée, tandis que les habitants du territoire doivent composer chaque jour avec la présence d’animaux potentiellement dangereux. Cette asymétrie n’établit pas automatiquement que toutes les recettes sont détournées, mais elle justifie une exigence de transparence. Qui délivre les permis ? Quelle part du prix arrive réellement au village ? Combien coûte la surveillance ? Qui décide de l’avenir de la concession ? Tant que ces réponses manquent, invoquer « la conservation » ne suffit pas à légitimer un tir.

Ce que la biologie des lions dit des mâles prélevés

Un lion adulte n’est pas une pièce interchangeable dans un effectif. Chez cette espèce sociale, les mâles peuvent contrôler un groupe de femelles et protéger les jeunes. La disparition d’un mâle dominant peut ouvrir une compétition pour sa place ; un nouveau venu peut tuer des lionceaux qui ne sont pas les siens. C’est pourquoi l’impact d’une chasse ne se mesure pas uniquement au nombre de corps prélevés. L’âge, la situation du groupe, la densité locale et les déplacements entre parc et concession comptent aussi. [10] [11]

Une étude publiée en 2004 par Karyl Whitman, Anthony Starfield, Henley Quadling et Craig Packer proposait, à partir d’un modèle fondé sur des données tanzaniennes, de limiter les prélèvements aux mâles au-delà d’un âge minimal. Dans les conditions simulées, cette règle pouvait rendre la chasse démographiquement soutenable. Il s’agit d’un résultat conditionnel issu d’un modèle, non d’un blanc-seing accordé à toutes les concessions. Pour vérifier l’âge d’un lion vivant à distance, faire respecter une limite, suivre les populations et adapter les quotas, il faut des moyens dont les gestionnaires ne disposent pas toujours. [10]

Une autre étude, publiée en 2016 et fondée sur des données de la vallée de la Luangwa en Zambie, aboutit à une mise en garde plus sévère pour des populations moins favorisées : plusieurs scénarios de chasse continue entraînaient un déclin sur vingt-cinq ans. Les auteurs recommandaient des quotas particulièrement prudents, des mâles d’au moins sept ans et des périodes de reconstitution. Les deux travaux ne s’annulent pas : ils montrent que la réponse dépend fortement des conditions initiales, du suivi et de la pression cumulée exercée sur les animaux. Une règle pensée pour une population robuste peut devenir dangereuse lorsqu’on l’applique mécaniquement à une population fragilisée. [11]

Le piège du mot « durable »

Qualifier une pratique de « durable » suppose de pouvoir démontrer qu’elle ne compromet pas la population à long terme et que les bénéfices annoncés existent réellement. Ce mot ne devrait pas être imprimé sur une brochure avant l’inventaire des lions, mais résulter de cet inventaire, du contrôle des tirs et de la publication des comptes. Le groupe de spécialistes de l’UICN reconnaît explicitement des exemples de faiblesse de gouvernance, de corruption, de quotas excessifs, de prélèvements illégaux et de surveillance insuffisante. Ces failles ne sont pas des détails administratifs : elles conditionnent la survie des animaux que l’on prétend gérer. [7]

Pour les abolitionnistes, même une chasse numériquement compatible avec la survie d’une population reste moralement inacceptable si le seul objectif du client est un trophée. C’est une position cohérente, distincte de l’affirmation scientifique selon laquelle chaque tir provoquerait nécessairement un effondrement. La force de leur argument est justement de ne pas avoir besoin d’une catastrophe démontrée dans chaque concession pour poser la question du droit de tuer par prestige. L’exigence de recherche demeure indispensable pour décider comment protéger les animaux une fois la pratique interdite.

Les chiffres de la campagne : ce qu’ils montrent et ce qu’ils ne démontrent pas

La communication de la coalition avance qu’environ 20 000 lions vivent encore à l’état sauvage et que 10 000 autres ont été tués pour des trophées depuis Cecil. Ce dernier nombre provient des travaux et communications de la Campaign to Ban Trophy Hunting : dès 2025, elle parlait de quelque 10 000 trophées de lion rapportés après 2015. Il serait trompeur de le présenter comme le résultat d’un recensement mondial indépendant de toutes les morts de lions. Il faut également éviter un calcul frappant mais faux : 10 000 trophées recensés sur une décennie ne signifient pas que la moitié d’une population actuelle de 20 000 lions a disparu sous les balles. Les flux et les stocks portent sur des périodes différentes, les populations se reproduisent et les catégories statistiques peuvent inclure des situations distinctes. [1] [5] [13]

Une publication de la fondation datée du 15 mai 2026 évoque plus de 23 000 trophées provenant de plus de cent espèces inscrites à la CITES échangés en 2024. Ce total concerne un périmètre particulier : le commerce international enregistré de certaines espèces, selon les définitions et les déclarations utilisées dans son rapport. Il n’équivaut ni au nombre de tous les animaux chassés dans le monde, ni au nombre de lions, ni à la totalité des animaux morts illégalement. Les déclarations de l’importateur et de l’exportateur peuvent diverger. [14] [15]

Le guide officiel d’utilisation de la base CITES rappelle un point décisif : un « trophée » enregistré peut désigner un animal entier dans une catégorie commerciale, tandis qu’une partie isolée du corps relève d’une autre unité. Additionner sans précaution trophées, dents, peaux ou kilogrammes peut fabriquer artificiellement un total d’animaux. Une réexportation ou un décalage entre déclarations nationales complique encore l’interprétation. La base documente des mouvements commerciaux déclarés, pas la totalité des morts ni les transactions clandestines. C’est précisément parce que le sujet est grave que les chiffres méritent d’être présentés avec leur méthode. [15]

Les 73 % souvent cités ne signifient pas « 73 % des animaux ont disparu »

La coalition reprend aussi le chiffre de 73 % associé au Living Planet Report 2024. Le WWF parle d’une baisse moyenne de la taille des populations de vertébrés suivies entre 1970 et 2020, calculée à partir de milliers de séries temporelles. Il ne dit pas qu’un inventaire de tous les animaux de la planète aurait trouvé 73 % d’individus en moins. Il ne mesure pas davantage la seule part imputable à la chasse aux trophées. L’indicateur reste alarmant, mais sa signification précise est celle d’une moyenne de tendances observées dans les populations étudiées. [16]

Il y a là une discipline utile pour tous les camps. Les défenseurs de la chasse ne peuvent effacer les dommages documentés en exhibant une concession bien gérée ; les opposants ne devraient pas transformer chaque statistique de biodiversité en preuve directe contre la chasse. Les causes du déclin de la faune s’additionnent, se renforcent et diffèrent selon les régions. Une politique sérieuse doit pouvoir attribuer des effets à la pression effectivement étudiée, puis contrôler le résultat d’un changement de règle.

Pourquoi la CITES n’a pas déjà interdit la chasse aux trophées

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, connue sous l’acronyme CITES, régule les déplacements internationaux de spécimens d’espèces inscrites à ses annexes. Son architecture repose notamment sur des permis, des catégories de protection et des conditions à satisfaire pour autoriser certains échanges. Elle ne signifie pas que tout commerce est interdit dès lors qu’une espèce est protégée. Surtout, régler le passage d’un trophée à une frontière n’est pas identique à interdire l’acte de chasse dans le pays où l’animal a été tué. [15] [17]

L’Union européenne applique la CITES au moyen de ses règlements sur le commerce des espèces sauvages. La Commission européenne rappelle que des règles encadrent l’importation, l’exportation et la réexportation, avec des restrictions qui dépendent de l’espèce et des décisions applicables. Un permis n’est donc pas une preuve que l’animal a été tué sans conséquence écologique ; c’est une autorisation délivrée dans un cadre donné. Inversement, refuser l’importation peut diminuer l’attrait d’un voyage pour celui qui veut ramener une dépouille, sans suffire automatiquement à protéger le territoire de chasse si celui-ci change simplement de clientèle ou d’usage. [17]

Pour les signataires, la règle actuelle légitime encore la circulation d’animaux morts que l’on souhaiterait voir vivants. Leur demande agit sur deux leviers : les États d’origine, compétents pour autoriser ou proscrire la chasse sur leur territoire, et les États de destination, capables de refuser l’entrée des trophées. Porter cette question devant l’ONU ajouterait une ambition de coordination internationale. Mais une pétition adressée aux Nations unies n’est pas une résolution adoptée, encore moins un traité ratifié. À la date de cet article, l’initiative demeure un appel porté par la société civile. [1] [2] [3]

Ce que pourrait changer une interdiction de l’importation

La plupart des touristes chasseurs doivent retourner dans leur pays après le safari. Pour ceux qui veulent exposer cornes, peau ou tête, la possibilité d’emporter le trophée compte dans la décision de payer. Fermer ce débouché peut donc peser sur la demande. L’effet exact dépend toutefois de la destination, de l’espèce, du type de client, de l’application des contrôles et de l’existence éventuelle d’autres marchés. Une interdiction affichée mais mal surveillée risquerait de déplacer les itinéraires sans résoudre la question sur le terrain.

C’est pourquoi la traçabilité doit accompagner la règle. Si l’on entend supprimer le commerce, il faut savoir ce qui est enregistré, par qui, sous quelle catégorie et avec quel contrôle aux frontières. Les données CITES peuvent aider à suivre les échanges déclarés, tout en laissant hors de leur champ une partie des activités domestiques et clandestines. La réforme internationale réclamée par la coalition serait jugée à l’aune de ces mécanismes concrets, pas seulement de la formulation d’un principe. [15]

L’argument économique : l’argent d’une chasse peut-il protéger un habitat ?

Les partisans d’une chasse strictement encadrée soutiennent qu’elle peut donner une valeur économique à de vastes espaces peu accessibles au tourisme photographique, payer des gardes, maintenir des habitats et procurer des revenus à des communautés. Une étude consacrée à la Tanzanie a ainsi examiné la place du lion dans la viabilité financière de certaines zones de chasse. Supprimer les recettes sans financement de remplacement pourrait, dans certains cas, rendre ces espaces plus vulnérables à la conversion agricole ou à d’autres usages. Cet argument mérite d’être entendu parce qu’un lion ne se conserve pas dans un slogan : il lui faut des proies, de la place et une protection suivie. [18]

Mais la possibilité d’une recette n’est pas la preuve de son utilité sociale ou écologique. Combien reste-t-il après les frais des opérateurs ? Quelle somme finance réellement la surveillance ? Qu’en reçoit le ménage qui perd une vache ? Le bénéfice est-il stable lorsque les voyageurs disparaissent, comme pendant une crise sanitaire, ou lorsque la ressource animale baisse ? Les modèles changent d’un pays à l’autre et parfois d’une concession à sa voisine. Le groupe de spécialistes de l’UICN reconnaît des cas de mauvaise gestion et de contrôle faible. Les études sur les prélèvements de lions montrent qu’un revenu ne neutralise pas automatiquement un risque démographique. [7] [11]

La comparaison avec les safaris photographiques est elle aussi moins simple que les affiches de campagne. Dans les lieux accessibles, proches d’infrastructures et riches en animaux visibles, observer et photographier peut employer davantage de personnes et produire des recettes répétées sans tuer les vedettes du paysage. Dans une zone éloignée, dépourvue de routes et fréquentée par peu de visiteurs, reproduire immédiatement ce modèle peut s’avérer impossible. Le vrai choix politique porte alors sur les investissements nécessaires pour rendre une alternative viable, plutôt que sur l’hypothèse selon laquelle un touriste muni d’un appareil photo remplacera spontanément un touriste muni d’un fusil.

Remplacer une recette exige un budget, pas un vœu

Une interdiction responsable devrait identifier les concessions concernées, le nombre de travailleurs employés, les sommes effectivement perçues par les communautés et les fonctions payées grâce aux permis. Elle devrait ensuite prévoir la transition : contrats de gardes, financement public et privé de la protection, tourisme là où il est réaliste, restauration d’habitats, soutien aux activités locales et compensation adaptée aux dégâts causés par la faune. Ce travail n’absout pas la chasse ; il prend au sérieux les personnes auxquelles on demande de vivre avec des lions.

L’expérience de WildCRU après la mort de Cecil fournit une piste de méthode plutôt qu’une recette universelle. Son programme associe suivi scientifique, enclos destinés à mieux protéger les troupeaux et formation de gardiens locaux. Oxford dénombre, pour la période 2015-2020 présentée sur son site, plus de cinquante enclos construits et soixante-sept « Community Lion Guardians » formés. Ces chiffres sont propres à un projet et ne constituent pas un bilan mondial. Ils montrent néanmoins à quoi peut ressembler une conservation lorsqu’elle paie aussi pour réduire les conflits quotidiens. [4]

Qui supporte le coût réel de la présence des lions ?

Au loin, le lion est un symbole. Près d’un village, il peut être un prédateur capable de prendre une chèvre, une vache ou un âne dont dépend un revenu familial. Un projet d’abolition qui ignorerait cette différence de point de vue risquerait de demander aux riverains une générosité qu’il ne demande jamais aux admirateurs urbains du même animal. La coexistence se construit avec des troupeaux mieux protégés, des alertes, des interventions locales, des débouchés économiques et une répartition crédible des bénéfices. Sans ces outils, des animaux peuvent mourir en représailles même après la fermeture d’une concession de chasse. [4]

Qui décide, au fond, de ce que vaut un lion vivant ? La réponse ne peut appartenir exclusivement au voyageur payeur, au ministère de la capitale, à une organisation occidentale ou à une star. Les habitants doivent pouvoir peser sur l’usage des terres, contrôler les comptes annoncés en leur nom et bénéficier des emplois ou des revenus produits. Le soutien de Boniface Mpario à la déclaration est significatif ; il rappelle que des voix africaines contestent frontalement la légitimité des trophées. Mais écouter ces voix exige également de reconnaître celles qui discutent des revenus perdus et des dégâts non indemnisés. [1] [5]

Les exemples nationaux ont leur intérêt à condition de ne pas les transformer en expériences de laboratoire. Une évolution favorable des lions dans un parc kenyan ne démontre pas, à elle seule, l’effet exclusif de l’interdiction de la chasse : budgets, surveillance, disponibilité des proies, pression foncière et programmes de coexistence jouent également. À l’inverse, le maintien d’une population dans une concession ouverte à la chasse ne prouve pas que les tirs en sont la cause bénéfique. Pour comparer honnêtement, il faut des séries de données, des territoires comparables et une analyse des usages alternatifs des terres.

La dimension coloniale : une accusation historique à examiner précisément

Le texte de la déclaration relie la chasse aux trophées à un passé colonial. L’idée vise une histoire documentée de safaris réservés à des visiteurs aisés, de territoires appropriés et d’animaux transformés en symboles de domination. Aujourd’hui encore, le fait qu’un client venu d’ailleurs puisse acheter le droit de tuer une bête admirée par le monde, tandis que des voisins supportent les risques de sa présence, nourrit une critique légitime des rapports de pouvoir. [2]

Le passé ne règle pourtant pas toutes les situations présentes. Certains dispositifs sont négociés avec des communautés locales ; d’autres concentrent les gains entre des intermédiaires et les autorités. L’origine historique d’une pratique ne suffit pas, à elle seule, à décrire la distribution actuelle des droits dans chaque pays. C’est pourquoi la question décisive reste vérifiable : qui détient la terre, qui signe les contrats, qui reçoit l’argent, qui contrôle le prélèvement et qui peut dire non ? Si ces réponses révèlent l’exclusion des habitants, l’argument de la conservation devient d’autant plus fragile.

Ce débat demande aussi de résister à deux simplifications symétriques. Aucune personnalité européenne ne devrait décider seule de l’avenir d’un espace africain depuis une estrade. Aucun opérateur de safari ne devrait pouvoir invoquer abstraitement « les communautés » sans produire de comptes et de consentements vérifiables. La déclaration a une chance de peser si elle lie son exigence éthique à une exigence de justice territoriale. La protection des lions et les droits des personnes qui partagent leur habitat doivent avancer ensemble.

Quelles espèces sont concernées au-delà du lion ?

Cecil a donné un visage à la cause, mais la campagne ne demande pas seulement de protéger les lions. Ses documents mentionnent les ours, les singes, les éléphants, les girafes, les hippopotames et les léopards ; ils attirent aussi l’attention sur des espèces fortement menacées, comme le rhinocéros noir. La diversité des animaux visés complique inévitablement l’élaboration d’une politique mondiale unique : les dynamiques biologiques, les habitats, les régimes de protection et les formes de chasse ne sont pas identiques. [1] [5]

Il faut également distinguer animal sauvage et animal élevé en captivité pour une activité commerciale. En Afrique du Sud, les autorités ont engagé des démarches visant à mettre fin à l’élevage de lions captifs associé à certaines pratiques de chasse et d’exploitation. Ce sujet ne doit pas être confondu avec le prélèvement d’un lion sauvage vivant dans un paysage partagé avec des populations humaines. Les critiques éthiques peuvent converger ; les réponses administratives et écologiques, elles, diffèrent. [19]

Une déclaration abolitionniste choisit de réunir ces pratiques sous un principe commun : aucun animal ne devrait être tué pour fabriquer un trophée. Pour rendre ce principe applicable, les États devront toutefois préciser les définitions, les exemptions éventuelles, la transition des activités existantes et les moyens d’inspection. C’est souvent à ce niveau, moins spectaculaire que la photographie d’un lion, qu’une promesse internationale gagne ou perd sa portée.

Pourquoi Paul McCartney s’adresse aussi au public des Beatles

Dans une carrière qui a commencé bien avant que la biodiversité devienne un thème quotidien de l’actualité, McCartney a progressivement ajouté à son œuvre musicale une parole régulière sur les animaux et l’alimentation. Cette continuité ne permet pas de relire chaque chanson comme un manifeste écologique. Elle montre qu’un artiste peut faire évoluer l’usage de sa notoriété sans que sa musique se réduise à ses campagnes. Ses auditeurs ne sont d’ailleurs pas tenus d’adopter toutes ses convictions pour s’intéresser aux faits qu’il aide à rendre visibles. [8] [9]

Le parallèle avec Goodall est instructif. L’une a consacré sa vie à observer les animaux et leurs relations ; l’autre raconte une expérience personnelle qui a modifié son comportement et utilise depuis sa visibilité pour toucher un public très large. Ils n’apportent pas la même forme d’autorité. La scientifique ne devient pas musicienne par une signature commune, et le musicien ne devient pas biologiste. Leur rencontre sur un texte collectif est précisément la mise en commun de moyens différents : connaissance, témoignage, influence et capacité de mobilisation. [2] [5] [8]

La présence de Liam Gallagher, d’Annie Lennox ou de Bryan Adams souligne aussi que le rock et la pop ne parlent pas ici d’une seule voix partisane ou générationnelle. Les noms célèbres ne constituent pas un argument scientifique, mais ils empêchent une question technique de rester confinée aux spécialistes. Pour Yellow-Sub, l’intérêt du sujet n’est pas de dresser un palmarès de vedettes compatissantes. Il est de suivre ce que la signature de l’un des Beatles rend audible, puis de demander si cette attention se traduit en décisions vérifiables.

La coalition peut-elle réellement obtenir une interdiction mondiale ?

Une abolition internationale demanderait des accords entre pays où la chasse est pratiquée, pays d’où viennent les clients et États où les trophées entrent. Ces gouvernements n’ont pas les mêmes priorités. Certains cherchent des recettes pour gérer de vastes territoires ; d’autres répondent à des électeurs hostiles aux trophées ; tous doivent tenir compte des règles commerciales et de la souveraineté sur leur faune. Les Nations unies peuvent accueillir des discussions, porter des résolutions ou soutenir des instruments internationaux, mais aucune pétition ne les oblige à créer immédiatement une convention. [1] [3] [17]

À court terme, la campagne pourrait viser des réformes plus limitées : durcir les conditions d’importation, rendre publiques les données, améliorer le contrôle des quotas, financer les alternatives et faire entendre les communautés dans les décisions. À plus long terme, elle cherche une norme générale selon laquelle la recherche d’un trophée ne saurait justifier la mort d’un animal sauvage. Le passage entre ces deux échelles représente le cœur politique du projet. Une proclamation sans transition laisserait des vides ; une succession indéfinie de petites améliorations pourrait repousser l’objectif d’abolition sans jamais l’atteindre.

La question n’est donc pas de savoir si McCartney, à lui seul, peut faire voter les États. Il ne le peut pas. Elle est de savoir si l’attention qu’il contribue à créer peut soutenir dans la durée des décisions coûteuses, parfois contestées, sur les permis, les budgets et l’usage des terres. L’histoire de Cecil montre qu’un choc médiatique peut produire des dons et du travail scientifique. Elle ne garantit pas qu’un souvenir collectif deviendra une loi mondiale. [4]

Ce que l’on sait, ce qui reste à établir

On sait que Paul McCartney figure dans la déclaration officielle publiée le 1er juillet 2026. On sait que Jane Goodall a participé à son élaboration avant sa mort, que son institut la soutient et que la coalition réclame la fin de la chasse aux trophées. On sait aussi que Cecil, suivi par l’université d’Oxford, a été blessé le 1er juillet 2015 près du parc de Hwange et que sa mort a changé l’audience internationale de cette question. Ces faits reposent sur la déclaration, les documents des organisateurs, ceux de l’institut et les travaux d’Oxford. [1] [2] [4] [5] [6]

On ne dispose pas, dans les sources examinées, d’une déclaration personnelle de McCartney expliquant quelle loi il soutient dans chaque pays. On ne peut pas vérifier à partir d’un total global avancé par une campagne combien de lions sauvages ont été tués, année par année, dans chaque concession, ni quelle part de toutes les recettes a atteint chaque communauté. Les données commerciales internationales renseignent une partie de la circulation des trophées ; elles ne remplacent pas le travail écologique et économique local. Dire « nous ne savons pas » sur ces points n’affaiblit pas l’appel. Cela précise le travail nécessaire pour le traduire en politique publique. [1] [2] [15]

Le débat pose enfin une question que les seuls modèles de population ne peuvent résoudre. Même si une autorité prouvait qu’un nombre très limité de tirs n’entraîne pas, dans un territoire donné, la disparition des lions, serait-il juste d’organiser ces morts pour le plaisir d’un client ? La déclaration répond non. D’autres jugent que les effets sur les habitants et les habitats doivent primer. Cette divergence éthique est réelle. Elle mérite une discussion franche, adossée à des chiffres exacts et attentive aux personnes qui vivent avec la faune.

Onze ans après Cecil, la mesure des actes

La photographie d’un lion mort peut provoquer l’indignation ; un nom comme celui de McCartney peut la porter très loin. Onze ans après Cecil, la valeur de cette émotion se mesure pourtant ailleurs : dans les lions encore présents, dans la sécurité des troupeaux, dans les territoires qui restent sauvages et dans les revenus qui arrivent effectivement aux habitants. C’est là que l’appel du 1er juillet 2026 devra faire ses preuves. [4]

Paul McCartney n’a pas transformé la chasse aux trophées par une chanson ni par une formule attribuée après coup. Il a signé une déclaration claire, issue d’un travail mené avec Jane Goodall et relayée par une coalition internationale. Sa signature met au service de cette cause une célébrité construite sur plus de soixante ans de musique et sur des décennies d’engagement pour les animaux. Le geste est documenté ; ses conséquences restent à écrire. [1] [2] [5] [8]

Si les gouvernements choisissent d’aller vers l’abolition, leur responsabilité ne s’arrêtera pas au refus d’un trophée à l’aéroport. Ils devront donner aux communautés les moyens de protéger, et parfois de supporter, les animaux que le reste du monde souhaite voir survivre. C’est à cette condition que le nom de Cecil cessera d’être seulement le rappel d’une mort et deviendra, enfin, l’histoire d’une protection qui tient sur le terrain.

Sources et références

[1] Wildlife & Conservation Foundation / Campaign to Ban Trophy Hunting, communiqué de lancement de la coalition, 1er juillet 2026. Source primaire pour l’annonce, la date, les soutiens cités et les déclarations des organisateurs. [2] Campaign to Ban Trophy Hunting, Declaration on the Abolition of Trophy Hunting, texte et liste des signataires, 1er juillet 2026. La signature « Sir Paul McCartney » figure dans le document. [3] Campaign to Ban Trophy Hunting, présentation officielle de la déclaration, 1er juillet 2026. [4] University of Oxford / WildCRU, « Cecil the lion’s legacy: five years on », 21 décembre 2020. [5] Jane Goodall Institute Global, « JGI joins a historic global coalition to abolish trophy hunting », 2026. [6] WildCRU / University of Oxford, « Cecil: A moment or a movement? Analysis of media coverage of the death of a lion », étude et chronologie. [7] IUCN Sustainable Use and Livelihoods Specialist Group, « Informing Decisions on Trophy Hunting », note de synthèse, édition 2016 mise à jour en 2019. [8] PaulMcCartney.com, « Life on the Farm in Scotland », entretien avec Paul McCartney, 29 novembre 2021. [9] Meat Free Monday, « About » : histoire et objectifs de la campagne lancée en 2009. [10] Karyl Whitman, Anthony M. Starfield, Henley S. Quadling et Craig Packer, « Sustainable trophy hunting of African lions », Nature, 2004, notice PubMed. [11] « Assessing the sustainability of African lion trophy hunting, with recommendations for policy », Ecological Applications, 2016, résumé et référence PubMed. [12] Botswana Daily News, annonce gouvernementale de la levée de la suspension de la chasse, 23 mai 2019. [13] Campaign to Ban Trophy Hunting, « Ten Years After Cecil the Lion: Trophy Hunters Have Killed 10,000 More », 16 mai 2025. Chiffre attribué à l’organisation. [14] Campaign to Ban Trophy Hunting, annonce de son rapport annuel sur les trophées, 15 mai 2026. Périmètre et total présentés par l’organisation. [15] CITES / UNEP-WCMC, A guide to using the CITES Trade Database. Guide méthodologique sur les unités, les déclarations et les limites des données commerciales. [16] WWF, communiqué sur le Living Planet Report 2024 et la baisse moyenne de 73 % des populations suivies. [17] Commission européenne, « Wildlife trade » : cadre CITES et règlements européens sur le commerce des espèces. [18] « The Significance of African Lions for the Financial Viability of Trophy Hunting and the Maintenance of Wild Land », étude scientifique, 2012. [19] Gouvernement sud-africain, département des Forêts, de la Pêche et de l’Environnement, « Minister Dr Dion George moves to ban captive lion breeding facilities », 15 juillet 2025.

 

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