Ringo Starr acteur : les 4 films qui prouvent son talent, de A Hard Day’s Night à Lisztomania, et le guide de tous ses rôles
Le batteur le plus célèbre du monde a mené au cinéma une carrière bien plus fournie que celle de ses trois partenaires. De la promenade solitaire au bord de la Tamise dans A Hard Day’s Night au pape de Lisztomania, du nain déguisé en Frank Zappa de 200 Motels au barman désabusé de That’ll Be the Day, Ringo Starr a prouvé, devant les caméras de Richard Lester, Ken Russell ou Claude Whatham, qu’il avait un vrai talent de comédien. Voici les quatre films qui le démontrent le mieux, ce qu’en ont dit les réalisateurs, les scénaristes et les critiques, et le guide de tous ses autres rôles, des perles oubliées aux faux pas, de Candy à Caveman, le film où il a rencontré Barbara Bach.
L’essentiel en 30 secondes
- Les quatre films à voir : A Hard Day’s Night (1964), 200 Motels (1971), That’ll Be the Day (1973) et Lisztomania (1975).
- La scène qui a tout lancé : la promenade de Ringo au bord de la Tamise, à Kew, tournée le 9 avril 1964, au lendemain d’une nuit blanche.
- Son meilleur rôle selon la critique : Mike, le barman de That’ll Be the Day, un rôle si convaincant que le scénariste Ray Connolly lui a écrit une scène supplémentaire.
- Le film qui a changé sa vie : Caveman (1981), où il rencontre l’actrice Barbara Bach, qu’il épouse le 27 avril 1981.
- Au-delà du cinéma : réalisateur de Born to Boogie (1972), producteur de Son of Dracula (1974), narrateur de Thomas le petit train et Mr. Conductor dans Shining Time Station.
Sommaire
Ringo, le Beatle que la caméra aimait
Dès le premier film des Beatles, une évidence s’impose : de tous les membres du groupe, Ringo est celui que la caméra semble préférer. Son visage mélancolique, ses grands yeux, son humour pince-sans-rire et sa façon de jouer sans avoir l’air de jouer en font un acteur naturel.
“Un acteur absolument naturel”
Walter Shenson, le producteur de A Hard Day’s Night et de Help!, aurait qualifié Ringo d’acteur superbe, d’un naturel absolu. Richard Lester, le réalisateur des deux films, a nuancé ce jugement. En 2014, lors de la projection du film restauré pour son cinquantième anniversaire au BFI Southbank, à Londres, il a confié au magazine NME que George Harrison était, selon lui, l’acteur le plus efficace du groupe, parce qu’il tentait moins de choses mais tombait toujours juste, et que Paul McCartney, trop enthousiaste, en faisait parfois trop. Mais c’est bien à Ringo que Lester a confié les scènes les plus délicates, et c’est lui que le public a retenu.
Le seul Beatle à vouloir une carrière d’acteur
Tous les Beatles ont goûté au cinéma. John Lennon a joué le soldat Gripweed dans How I Won the War, de Richard Lester, en 1967. Paul McCartney a écrit et joué Give My Regards to Broad Street en 1984. George Harrison est devenu producteur avec sa société HandMade Films, qui a financé La Vie de Brian des Monty Python. Mais Ringo est le seul à avoir mené une véritable carrière d’acteur, avec une quinzaine de longs métrages de fiction entre 1964 et 1985, sans compter la télévision, l’animation et les documentaires. Nous avons recensé l’ensemble de ces rôles dans notre filmographie complète de Ringo Starr.
Inégal, mais rarement mauvais
Tous ses films ne se valent pas. Certains sont devenus des classiques, d’autres des curiosités, d’autres encore des échecs que même ses admirateurs les plus fidèles évitent. Mais un constat revient chez la plupart des critiques : même dans les films ratés, Ringo est rarement le problème. Il apporte souvent au contraire une forme de sincérité et de légèreté qui sauve les scènes où il apparaît.
Avant le cinéma : Ringo, showman de Rory Storm
Le talent de Ringo devant la caméra ne sort pas de nulle part. Avant d’être un Beatle, il a été, pendant plusieurs années, l’un des showmen les plus populaires de la scène de Liverpool.
Le batteur des Hurricanes
Né Richard Starkey le 7 juillet 1940 à Liverpool, Ringo rejoint en 1959 Rory Storm and the Hurricanes, l’un des groupes les plus en vue de la ville. C’est là qu’il adopte son nom de scène, inspiré des bagues qu’il porte aux doigts et du vocabulaire des westerns qu’il adore. Le groupe joue dans les clubs de Liverpool, à Hambourg et, l’été, dans les camps de vacances Butlin’s, où les musiciens doivent divertir les vacanciers pendant des semaines entières.
Starr Time
Au sein des Hurricanes, Ringo dispose de son propre moment au milieu du concert, baptisé Starr Time, pendant lequel il chante quelques chansons, généralement des titres de rock’n’roll et de country. Il y apprend à tenir une scène, à faire rire, à établir une complicité avec le public. Ce sens de la présence scénique, nourri par des centaines de concerts, se retrouvera intact devant les caméras de Richard Lester. Nous avons raconté cette période dans notre article sur les chansons où Ringo a pris le micro chez les Beatles.
Un enfant du cinéma
Ringo a aussi grandi devant les écrans. Enfant souvent malade, il passe de longs mois à l’hôpital, comme nous l’avons raconté dans Ringo Starr, l’enfant d’hôpital. Le cinéma, et en particulier les westerns américains, fait partie de ses passions d’enfance. Son nom de scène, Ringo, évoque d’ailleurs l’univers des cow-boys, et il cultivera toute sa vie un goût pour les films de genre, du western spaghetti de Blindman à la comédie préhistorique de Caveman.
Notre méthode : pourquoi ces quatre films
Pour retenir quatre films, nous avons privilégié les films où Ringo tient une vraie partition d’acteur, au-delà d’une simple apparition, et ceux où les témoignages des réalisateurs, des scénaristes et des critiques soulignent la qualité de son jeu. Le tableau ci-dessous situe ces quatre films dans l’ensemble de sa filmographie de fiction, avec notre avis.
| Année | Film | Rôle de Ringo | Notre avis |
|---|---|---|---|
| 1964 | A Hard Day’s Night | Lui-même | Incontournable |
| 1965 | Help! | Lui-même, au centre de l’intrigue | À voir |
| 1967 | Magical Mystery Tour | Lui-même | Curiosité |
| 1968 | Candy | Emmanuel, un jardinier | Curiosité |
| 1969 | The Magic Christian | Youngman Grand, aux côtés de Peter Sellers | À voir |
| 1971 | 200 Motels | Larry le nain, déguisé en Frank Zappa | Incontournable |
| 1971 | Blindman | Candy, un bandit mexicain | Curiosité |
| 1973 | That’ll Be the Day | Mike, barman de camp de vacances | Incontournable |
| 1974 | Son of Dracula | Merlin l’enchanteur | Pour les curieux |
| 1975 | Lisztomania | Le pape | Incontournable |
| 1978 | Sextette | Laslo Karolny, un réalisateur | Pour les curieux |
| 1981 | Caveman | Atouk, l’homme des cavernes | À voir |
| 1984 | Give My Regards to Broad Street | Lui-même | Pour les fans |
| 1985 | Water | Apparition | Pour les fans |
Film n° 1 : A Hard Day’s Night (1964), la naissance d’un acteur
Le premier film des Beatles est aussi celui où Ringo révèle, presque par accident, son talent de comédien.
Un film sur les Beatles, écrit pour les Beatles
A Hard Day’s Night, sorti en France sous le titre Quatre garçons dans le vent, est présenté en avant-première le 6 juillet 1964 au London Pavilion, à Londres. Réalisé par l’Américain Richard Lester sur un scénario du Gallois Alun Owen, qui sera nommé à l’Oscar du meilleur scénario original, il raconte une journée et demie de la vie du groupe, entre trains, hôtels, studios de télévision et fans en furie. Tourné en noir et blanc au printemps 1964, il impose un ton ironique et un montage vif qui ont fait date. Nous avons analysé sa modernité dans notre article A Hard Day’s Night : quand les Beatles ont appris au cinéma à courir plus vite que la modernité.
Le grand-père de Paul et le “défilé” de Ringo
Le scénario donne à Ringo une intrigue à part. Le grand-père de Paul, interprété par Wilfrid Brambell, vedette de la série Steptoe and Son, s’emploie à semer la discorde dans le groupe. Il persuade Ringo qu’il est le mal-aimé des quatre, celui que les autres méprisent, et le pousse à partir seul “vivre sa vie” au lieu de lire des livres. Ringo quitte donc les autres juste avant l’émission de télévision qui doit conclure le film, déambule seul dans Londres, se fait arrêter par la police, et provoque une course-poursuite pour le retrouver à temps.
9 avril 1964 : la promenade au bord de la Tamise
La séquence la plus célèbre de cette escapade a été tournée le jeudi 9 avril 1964 sur le chemin de halage de la Tamise, à Kew, dans le Surrey. Ringo est seul sur le plateau ce jour-là. Selon son propre récit, rapporté dans l’Anthology, il arrive directement d’une boîte de nuit et souffre d’une sérieuse gueule de bois. Richard Lester essaie plusieurs approches, notamment de lui faire réciter des dialogues avec un jeune garçon. Ringo finit par lui proposer de simplement marcher et de le filmer. C’est ce que fait Lester. Le résultat est une séquence muette, mélancolique, où Ringo, en imperméable, traîne les pieds le long de la rivière, photographie des objets abandonnés et croise un enfant qui fait l’école buissonnière. Ringo a raconté qu’il n’avait pas eu à jouer l’air abattu : il se sentait réellement aussi mal qu’il en avait l’air.
Le pneu et l’enfant
Une anecdote illustre la part de hasard de ce tournage. Dans une scène, Ringo devait trébucher sur un pneu qui roule sur le quai. Le pneu refusait de rouler correctement, et la scène a nécessité de nombreuses prises. C’est finalement le jeune acteur David Janson, qui joue le garçon, qui a réussi à le faire rouler parfaitement du premier coup.
Un triomphe critique
La séquence de la Tamise, accompagnée d’une version instrumentale de This Boy arrangée par George Martin et rebaptisée Ringo’s Theme, est saluée par la critique comme l’un des sommets du film. Elle révèle chez Ringo une qualité rare : la capacité à exprimer une émotion sans un mot, par sa seule présence. C’est elle qui convainc plusieurs producteurs de lui proposer des rôles après la fin des Beatles. Nous avons consacré une fiche au rôle de Ringo dans le film : A Hard Day’s Night (1964) : Ringo Starr dans Quatre garçons dans le vent.
Help! : la bague de Ringo au cœur de l’intrigue
Le succès de Ringo dans A Hard Day’s Night explique en partie le scénario de Help!, sorti en 1965 et réalisé lui aussi par Richard Lester. Toute l’intrigue tourne autour d’une bague sacrificielle que Ringo porte au doigt et qu’il ne parvient pas à retirer, poursuivi par une secte qui veut l’offrir à sa déesse. Ringo devient ainsi, de fait, le personnage principal du deuxième film des Beatles. Nous l’avons raconté dans notre fiche Help! (1965) : Ringo Starr au centre du deuxième film des Beatles.
Film n° 2 : 200 Motels (1971), Ringo chez Frank Zappa
Le deuxième film de cette sélection est sans doute le plus étrange de toute la carrière de Ringo.
Un ovni cinématographique
200 Motels est une comédie musicale surréaliste écrite par Frank Zappa et coréalisée avec le documentariste britannique Tony Palmer. Le film suit, de façon très libre, la vie en tournée du groupe de Zappa, les Mothers of Invention, dans une ville imaginaire baptisée Centerville. Les scènes principales sont tournées en une semaine environ aux studios de Pinewood, près de Londres, au début de l’année 1971. 200 Motels est le premier long métrage tourné sur bande vidéo, puis transféré sur pellicule 35 mm, ce qui permet des effets visuels inédits. Il coûte environ 679 000 dollars et rapporte moins d’un million. Le film est présenté pour la première fois le 29 octobre 1971 à Hollywood.
Larry le nain, déguisé en Zappa
Ringo y joue Larry le nain, un personnage habillé et grimé en Frank Zappa, perruque, moustache et barbiche comprises, qui sert en quelque sorte de double du compositeur. Il partage l’affiche avec Keith Moon, le batteur des Who, en nonne, avec l’acteur Theodore Bikel, qui joue le maître de cérémonie, et avec le Royal Philharmonic Orchestra, filmé dans le rôle d’un orchestre perdu. Le casting réunit ainsi les deux batteurs les plus célèbres du rock britannique dans des rôles à contre-emploi.
“Il n’y avait pas de scénario, juste la partition”
Ringo a raconté la difficulté du tournage. Selon la biographie de Michael Seth Starr, Ringo: With a Little Help, il a expliqué que Zappa était arrivé avec une énorme partition musicale, mais sans véritable scénario, alors que lui-même ne savait pas lire la musique. Il a donc dû construire son personnage presque sans repères écrits, dans un univers où les dialogues naissaient au fil des répétitions. Le résultat est une performance d’autant plus remarquable qu’elle repose entièrement sur l’intuition de l’acteur.
Un film qui divise
Comme beaucoup de films de Ringo, 200 Motels reçoit des critiques partagées. Roger Ebert, le critique du Chicago Sun-Times, lui accorde trois étoiles sur quatre et le décrit comme une expérience joyeuse, fanatique et légèrement bizarre en vidéo couleur. D’autres le jugent incompréhensible. Le film est devenu, avec le temps, un objet culte pour les amateurs de Zappa et de cinéma expérimental. Nous lui avons consacré une fiche : 200 Motels (1971) : Ringo Starr dans l’univers extravagant de Frank Zappa, et une page à Frank Zappa.
Film n° 3 : That’ll Be the Day (1973), le meilleur rôle de Ringo
S’il ne fallait retenir qu’un seul rôle de Ringo, ce serait sans doute celui-ci. C’est en tout cas l’avis de la plupart des critiques et de ceux qui ont travaillé avec lui.
Un film sur l’Angleterre des années 1950
That’ll Be the Day est produit par David Puttnam et Sandy Lieberson, réalisé par Claude Whatham et écrit par le journaliste Ray Connolly, ami de Puttnam. Sorti au Royaume-Uni le 12 avril 1973, il raconte l’adolescence de Jim MacLaine, un jeune homme qui abandonne ses études à la fin des années 1950 pour travailler dans les fêtes foraines et les camps de vacances, avant de découvrir le rock’n’roll. Le rôle principal est confié au chanteur David Essex, qui débute au cinéma. Keith Moon y joue un batteur, et la vedette du rock britannique Billy Fury un chanteur de camp de vacances. Le film est l’un des plus grands succès du box-office britannique de 1973.
Un rôle taillé pour Ringo
Ringo y joue Mike, un barman de camp de vacances originaire de Liverpool, plus âgé et plus expérimenté que Jim, qui l’initie à la vie et aux filles. Le rôle lui va comme un gant : au début des années 1960, avant de rejoindre les Beatles, Ringo avait passé plusieurs saisons d’été à jouer avec Rory Storm and the Hurricanes dans les camps de vacances Butlin’s. Selon les souvenirs de Ray Connolly, c’est d’ailleurs en l’écoutant raconter ses étés chez Butlin’s, avec Neil Aspinall, que l’équipe a décidé de lui confier le rôle.
“Une révélation”
Le tournage confirme le choix. Ray Connolly a raconté que Ringo était arrivé sur le plateau dans sa propre tenue de Teddy Boy, et qu’il avait été une révélation : personne, dans l’équipe, ne se doutait qu’il savait aussi bien jouer. David Essex a lui aussi témoigné de sa surprise. Il savait que Ringo savait jouer, mais doutait qu’il soit à la hauteur d’un rôle dramatique, loin des comédies loufoques des Beatles. Il a vite découvert, a-t-il raconté, un acteur naturel et sincère, avec qui le principal problème était de ne pas éclater de rire entre les prises.
Une scène écrite pour lui pendant le week-end
La performance de Ringo convainc à ce point Ray Connolly qu’il lui écrit une scène supplémentaire pendant un week-end de tournage : une conversation dans une salle de billard, où Mike et Jim jouent au billard et où Mike évoque son passé. Connolly a expliqué que la scène avait été ajoutée après coup, uniquement parce que Ringo s’était montré si bon que toute l’équipe en avait été surprise. C’est l’un des moments les plus justes du film.
Le refus de Stardust
Le succès du film entraîne une suite, Stardust, sortie en 1974, qui suit Jim MacLaine dans son ascension de star du rock. Ringo refuse d’y participer. Selon Ray Connolly, il estimait qu’après avoir vécu lui-même la folie de la célébrité avec les Beatles, il n’avait aucune envie de la revivre à l’écran. Nous avons consacré une fiche au film : That’ll Be the Day (1973) : Ringo Starr, David Essex et les origines du rock britannique.
Film n° 4 : Lisztomania (1975), Ringo en pape
Le quatrième film de cette sélection est un délire baroque, où Ringo n’apparaît que quelques minutes, mais où sa présence est l’une des rares à faire l’unanimité.
Le Liszt rock’n’roll de Ken Russell
Lisztomania est réalisé par le Britannique Ken Russell, connu pour ses biographies flamboyantes de compositeurs et pour l’adaptation de l’opéra rock Tommy des Who, sortie la même année. Le film raconte la vie du compositeur Franz Liszt comme celle d’une rock star du XIXe siècle, assaillie par les admiratrices. Roger Daltrey, le chanteur des Who, y incarne Liszt, Paul Nicholas joue Richard Wagner, et le claviériste Rick Wakeman, du groupe Yes, signe les adaptations musicales et apparaît dans le rôle du dieu Thor.
Ringo, pape de Rome
Ringo y joue le pape, qui confie à Liszt la mission de combattre Wagner, transformé dans la fiction de Russell en une sorte de vampire. Son apparition, brève, est jouée avec une sobriété qui tranche avec les excès du reste du film. Elle est restée comme l’un des moments les plus commentés de Lisztomania.
“Un îlot de santé mentale relative”
La critique de Roger Ebert, publiée le 28 octobre 1975, résume bien l’effet de sa présence. Ebert, qui prévoit que la plupart des spectateurs détesteront le film, écrit que l’apparition de Ringo Starr en pape devient un îlot de santé mentale relative au milieu de la folie générale. Pour les amateurs des Beatles, Lisztomania mérite donc d’être vu, ne serait-ce que pour cette scène. Nous lui avons consacré une fiche : Lisztomania (1975) : Ringo Starr en pape dans le délire musical de Ken Russell.
Les autres rôles à (re)découvrir
Au-delà de ces quatre films, la filmographie de Ringo compte plusieurs rôles qui méritent le détour, ne serait-ce que pour ce qu’ils racontent de son époque.
Magical Mystery Tour (1967) : Ringo et tante Jessie
Dans Magical Mystery Tour, le téléfilm des Beatles diffusé par la BBC le 26 décembre 1967, Ringo voyage en autocar avec sa “tante Jessie”, interprétée par l’actrice Jessie Robins. Leurs disputes de famille, largement improvisées, comptent parmi les scènes les plus drôles d’un film par ailleurs décousu. Ringo y montre son aisance dans l’improvisation, une qualité qui faisait défaut à un projet tourné presque sans scénario. Notre fiche : Magical Mystery Tour (1967).
Candy (1968) : le premier rôle hors des Beatles
Avant même la séparation du groupe, Ringo accepte son premier rôle sans les autres Beatles dans Candy, une satire érotique et psychédélique réalisée par Christian Marquand d’après le roman de Terry Southern et Mason Hoffenberg. Il y joue Emmanuel, un jardinier mexicain, aux côtés de Marlon Brando, Richard Burton, James Coburn et Walter Matthau. Le film est éreinté par la critique, mais il marque le début de sa carrière d’acteur indépendant. Nous l’avons raconté dans notre fiche Candy (1968).
The Magic Christian (1969) : face à Peter Sellers
L’année suivante, Ringo partage l’affiche de The Magic Christian avec Peter Sellers, d’après un autre roman de Terry Southern. Il joue Youngman Grand, un jeune sans-abri adopté par un milliardaire excentrique qui s’amuse à prouver que tout s’achète. Le film, satire de l’argent-roi, accueille des apparitions de John Cleese, Graham Chapman, Raquel Welch et Christopher Lee. Sa chanson-phare, Come and Get It, écrite par Paul McCartney, est interprétée par Badfinger. Nous lui avons consacré une fiche : The Magic Christian (1969).
Blindman (1971) : le western spaghetti
En 1971, Ringo se glisse dans la peau d’un bandit mexicain, Candy, dans Blindman, un western spaghetti réalisé par Ferdinando Baldi, avec l’Américain Tony Anthony dans le rôle d’un pistolero aveugle. C’est l’un de ses rôles les plus inattendus, et l’un des seuls où il joue un personnage franchement antipathique. Notre fiche : Blindman (1971).
Son of Dracula (1974) : le film produit par Ringo
Son of Dracula, réalisé par Freddie Francis, est un projet personnel : Ringo le produit, sous la bannière d’Apple Films, et y joue Merlin l’enchanteur, aux côtés de son ami Harry Nilsson, qui incarne le comte Downe, fils de Dracula, rêvant de devenir mortel. Sorti en avril 1974 aux États-Unis et en mai au Royaume-Uni, le film est mal reçu et n’a jamais fait l’objet d’une édition vidéo officielle. Ringo a reconnu plus tard que personne n’en voulait au moment de le distribuer. Notre fiche : Son of Dracula (1974).
Sextette (1978) : le dernier film de Mae West
En 1978, Ringo apparaît dans Sextette, le dernier film de la légende hollywoodienne Mae West, alors âgée de plus de 80 ans, qui y joue une star de cinéma à son sixième mariage. Ringo incarne Laslo Karolny, un réalisateur hongrois, l’un de ses anciens maris. Le film est un échec, mais il réunit une distribution improbable, de Timothy Dalton à Alice Cooper. Notre fiche : Sextette (1978).
Caveman (1981) : le film d’une rencontre
Caveman, réalisé par Carl Gottlieb, coscénariste des Dents de la mer, est une comédie préhistorique presque entièrement dialoguée dans une langue inventée, dont certaines salles distribuaient un petit lexique aux spectateurs. Ringo y joue Atouk, un homme des cavernes chétif et maltraité qui finit par renverser le chef de sa tribu. Tourné au Mexique, dans l’État de Zacatecas et à Durango, le film sort aux États-Unis le 17 avril 1981 et rapporte environ 16 millions de dollars pour un budget de 6,5 millions, ce qui en fait l’un des plus grands succès commerciaux de Ringo hors des Beatles. La critique Pauline Kael y voit une farce funky et pleine d’entrain. Surtout, c’est sur ce tournage que Ringo rencontre l’actrice Barbara Bach, qui joue Lana. Ils se marient le 27 avril 1981, à Londres. Nous avons raconté leur histoire dans notre biographie de Barbara Bach et dans notre fiche Caveman (1981).
Give My Regards to Broad Street (1984) et Water (1985)
Les deux derniers longs métrages de fiction de Ringo sont des apparitions amicales. Dans Give My Regards to Broad Street, écrit par Paul McCartney, il joue son propre rôle aux côtés de son ancien partenaire. Le film est un échec critique, mais il offre de belles séquences musicales. Dans Water, une comédie produite par HandMade Films, la société de George Harrison, Ringo et Harrison apparaissent lors d’un concert satirique. Nos fiches : Give My Regards to Broad Street (1984) et Water (1985).
Ringo derrière la caméra, à la télévision et au micro
La carrière audiovisuelle de Ringo ne se limite pas aux rôles de cinéma.
Réalisateur de Born to Boogie (1972)
En 1972, Ringo passe derrière la caméra pour réaliser Born to Boogie, un film consacré à Marc Bolan et à son groupe T. Rex, mêlant images de concert au stade de Wembley, séquences oniriques et une séance d’enregistrement avec Elton John. C’est sa seule réalisation de long métrage. Notre fiche : Born to Boogie (1972).
Ringo (1978), le téléfilm
En 1978, la chaîne américaine NBC diffuse Ringo, un téléfilm musical inspiré du conte Le Prince et le Pauvre, où Ringo joue à la fois lui-même et son sosie, Ognir Rrats. Nous lui avons consacré une longue étude : Ringo (1978) : Ringo Starr et Ognir Rrats.
La voix de Thomas le petit train
Pour toute une génération d’enfants britanniques, Ringo n’est pas d’abord un Beatle, mais la voix de Thomas le petit train. De 1984 à 1986, il raconte les deux premières saisons de la série Thomas the Tank Engine & Friends. Aux États-Unis, il incarne ensuite Mr. Conductor dans Shining Time Station, à partir de 1989. Nos études : Thomas le petit train (1984–1986) et Shining Time Station (1989–1990).
Des Simpson aux Super Nanas
Ringo a aussi prêté sa voix à son propre personnage dans un épisode des Simpson, Le Pinceau qui tue, en 1991, et à Fibonacci Sequins dans Les Super Nanas en 2014. Nos fiches : Ringo Starr dans Les Simpson (1991) et Les Super Nanas (2014).
Ringo vu par la critique : un florilège
Les jugements des critiques sur les films de Ringo sont souvent sévères pour les films, mais plus indulgents pour l’acteur.
Roger Ebert, de 200 Motels à Caveman
Roger Ebert, le critique le plus influent des États-Unis, a suivi la carrière de Ringo pendant une décennie. Il accorde trois étoiles sur quatre à 200 Motels, qu’il décrit comme une expérience joyeuse et légèrement bizarre, puis salue la présence de Ringo dans Lisztomania, devenue selon lui un îlot de santé mentale relative. Il est beaucoup plus sévère avec Caveman, auquel il n’accorde qu’une étoile et demie sur quatre.
Pauline Kael et Janet Maslin sur Caveman
D’autres critiques ont été plus généreux avec Caveman. Pauline Kael, du New Yorker, y voit une farce funky et pleine d’entrain. Janet Maslin, du New York Times, reconnaît que le film est niais, mais aussi très divertissant. Ce partage d’opinions résume bien la place de Ringo au cinéma : un acteur qui fait sourire même ceux qui n’aiment pas ses films.
Le jugement du temps
Avec le recul, la critique a surtout retenu deux performances : la promenade de A Hard Day’s Night, régulièrement citée parmi les grands moments du cinéma musical britannique, et le barman de That’ll Be the Day, souvent présenté comme la meilleure interprétation d’un Beatle au cinéma. Le magazine Far Out a résumé ce consensus en 2024 : Ringo n’était peut-être pas le plus brillant des Beatles dans leurs films communs, mais, par l’étendue et la diversité de ses rôles, il a été le plus accompli des quatre comme acteur.
Précision : quatre idées reçues sur Ringo acteur
“Richard Lester tenait Ringo pour le meilleur acteur des Beatles.” Pas exactement. En 2014, Lester a déclaré que George Harrison était à ses yeux l’acteur le plus efficace du groupe. Il a en revanche confié à Ringo la séquence la plus délicate de A Hard Day’s Night, tournée seul au bord de la Tamise.
“Ringo joue Frank Zappa dans 200 Motels.” Il joue Larry le nain, un personnage habillé et grimé comme Zappa, qui lui sert de double. Zappa apparaît lui-même dans le film.
“C’est Ringo qui double son personnage dans Yellow Submarine.” Non : dans le dessin animé de 1968, la voix de Ringo est celle de l’acteur Paul Angelis. Les quatre Beatles n’apparaissent en chair et en os que dans la courte séquence finale.
“Son of Dracula est disponible en DVD.” Le film n’a jamais fait l’objet d’une édition vidéo officielle ; il circule surtout dans des copies non autorisées et lors de projections de minuit.
Pourquoi la carrière d’acteur de Ringo n’a pas décollé
Avec un tel talent naturel, pourquoi Ringo n’est-il pas devenu une vedette de cinéma ? Plusieurs raisons se dégagent.
Des scénarios souvent faibles
Hors des films des Beatles et de That’ll Be the Day, Ringo a rarement eu accès à de grands scénarios. Les années 1970 lui proposent surtout des comédies excentriques, des satires psychédéliques ou des films d’amis, souvent tournés dans la précipitation. Même lorsqu’il y brille, comme dans 200 Motels ou Lisztomania, le film lui-même divise.
L’image du Beatle drôle
Ringo a aussi été prisonnier de l’image construite par A Hard Day’s Night et Help! : celle du Beatle mélancolique et drôle, attachant mais un peu lunaire. Les producteurs lui ont surtout proposé des rôles comiques, alors que That’ll Be the Day montrait qu’il pouvait tenir un rôle dramatique. Son refus de jouer dans Stardust l’a sans doute privé d’une occasion de confirmer ce registre.
La musique avant tout
Enfin, Ringo n’a jamais renoncé à la musique. Dans les années 1970, il enchaîne les albums, dont Ringo, en 1973, qui réunit les quatre Beatles sur un même disque. Après Caveman, sa carrière d’acteur s’efface peu à peu au profit de la télévision et de la narration, puis, à partir de 1989, du Ringo Starr & His All-Starr Band, qui occupe l’essentiel de son temps jusqu’à aujourd’hui. Nous avons raconté ce parcours dans notre biographie complète de Ringo Starr.
Ce que révèle Ringo acteur
Au bout du compte, que nous disent ces films sur Ringo Starr ?
Le sens du rythme
Le jeu de Ringo repose sur un sens du rythme qui n’est pas sans rapport avec son jeu de batterie. Il sait attendre, laisser un silence, placer une réplique au bon moment. Comme derrière ses fûts, il ne cherche pas à se mettre en avant, mais à servir la scène. C’est sans doute ce qui explique que les réalisateurs aient si souvent salué son naturel.
La sincérité
Les témoignages de Ray Connolly et de David Essex convergent : ce qui frappe chez Ringo, c’est sa sincérité. Il ne joue pas un personnage de l’extérieur ; il y met une part de lui-même, de ses origines populaires de Liverpool, de son humour et de sa mélancolie. La promenade de la Tamise et le barman de That’ll Be the Day sont deux faces de ce même talent.
Un rôle que d’autres joueront
Ironie de l’histoire, Ringo lui-même deviendra bientôt un personnage de cinéma. Dans les quatre films consacrés aux Beatles par Sam Mendes, c’est l’acteur irlandais Barry Keoghan, nommé à l’Oscar pour Les Banshees d’Inisherin, qui doit l’incarner, aux côtés de Paul Mescal, Harris Dickinson et Joseph Quinn. Avant lui, d’autres comédiens se sont essayés au rôle dans des téléfilms et des fictions consacrés au groupe, sans jamais faire oublier l’original. Pour un acteur, le défi est de taille : reproduire à la fois l’humour, la douceur et la mélancolie qui faisaient le charme de Ringo à l’écran, et que la caméra de Richard Lester avait captés dès 1964.
Un acteur à redécouvrir
Plus de soixante ans après A Hard Day’s Night, la carrière d’acteur de Ringo reste largement méconnue du grand public. Les quatre films de cette sélection en offrent le meilleur aperçu. Avec l’arrivée annoncée en avril 2028 des quatre films de Sam Mendes, où Barry Keoghan incarnera Ringo, le moment est idéal pour redécouvrir le vrai Ringo à l’écran. Nous avons détaillé ce projet dans Films Beatles de Sam Mendes : les quatre longs métrages sortiront le même mois d’avril 2028.
Comment voir les films de Ringo aujourd’hui
La plupart des films de Ringo restent accessibles, mais dans des conditions très inégales selon les titres.
Les films des Beatles, restaurés
Les films des Beatles ont bénéficié de restaurations soignées. A Hard Day’s Night a été restauré pour son cinquantième anniversaire, en 2014, avec une projection au BFI Southbank de Londres et une édition en Blu-ray. Help! avait été restauré dès 2007, à l’occasion d’une réédition en DVD. Magical Mystery Tour a été restauré en 2012 et publié en DVD et en Blu-ray, de même que le dessin animé Yellow Submarine, où Ringo n’apparaît en chair et en os que dans la séquence finale. Enfin, le film Let It Be, où l’on voit Ringo en studio et sur le toit d’Apple en janvier 1969, a été restauré et mis en ligne sur Disney+ en mai 2024, dans le prolongement du documentaire The Beatles: Get Back de Peter Jackson.
Les films des années 1970, plus difficiles d’accès
Les films de la carrière solo de Ringo sont plus difficiles à trouver. That’ll Be the Day, The Magic Christian, 200 Motels, Lisztomania et Caveman ont été édités en DVD, parfois en Blu-ray, mais souvent dans des éditions étrangères ou épuisées. Blindman et Sextette circulent dans des éditions de qualité variable. Son of Dracula, enfin, n’a jamais connu d’édition vidéo officielle.
Les séries pour enfants
Les épisodes de Thomas le petit train racontés par Ringo restent régulièrement réédités au Royaume-Uni, et plusieurs épisodes de Shining Time Station ont été édités en vidéo aux États-Unis. Pour toute une génération née dans les années 1980, la voix de Ringo est d’abord celle d’un conteur, avant d’être celle d’un Beatle.
Où commencer
Pour découvrir l’acteur, l’ordre idéal suit cette sélection : A Hard Day’s Night pour la naissance d’un comédien, That’ll Be the Day pour son meilleur rôle dramatique, 200 Motels pour son audace, et Lisztomania pour le plaisir de le voir en pape. Ceux qui veulent aller plus loin poursuivront avec The Magic Christian et Caveman, deux comédies qui montrent son sens du burlesque, avant de s’aventurer, pour les plus curieux, du côté de Candy, Blindman ou Son of Dracula.
À voir
- A Hard Day’s Night, la bande-annonce de 1964.
- La promenade de Ringo au bord de la Tamise, sur Ringo’s Theme (This Boy).
- 200 Motels, la bande-annonce.
- That’ll Be the Day, la bande-annonce, avec David Essex et Ringo.
- Lisztomania, Ringo dans le rôle du pape.
- Caveman, la bande-annonce de 1981.
- Ringo, narrateur de Thomas le petit train.
Films et livres pour aller plus loin
- A Hard Day’s Night (Quatre garçons dans le vent), en Blu-ray.
- Help!, le deuxième film des Beatles.
- The Magic Christian, avec Peter Sellers.
- 200 Motels, le film de Frank Zappa.
- That’ll Be the Day, avec David Essex.
- Lisztomania, de Ken Russell.
- Caveman, avec Barbara Bach.
- Born to Boogie, réalisé par Ringo.
- Michael Seth Starr, Ringo: With a Little Help, la biographie.
- Livres sur Ringo Starr.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 9 avril 1964 | Tournage de la promenade de Ringo au bord de la Tamise, à Kew |
| 6 juillet 1964 | Avant-première de A Hard Day’s Night à Londres |
| 1965 | Help!, dont l’intrigue tourne autour de la bague de Ringo |
| 1968 | Candy, premier rôle de Ringo sans les Beatles |
| 1969 | The Magic Christian, avec Peter Sellers |
| 29 octobre 1971 | Première de 200 Motels à Hollywood |
| 1971 | Blindman, le western spaghetti |
| 1972 | Ringo réalise Born to Boogie |
| 12 avril 1973 | Sortie de That’ll Be the Day au Royaume-Uni |
| Avril 1974 | Son of Dracula, produit par Ringo |
| Octobre 1975 | Lisztomania ; critique de Roger Ebert le 28 octobre |
| 1978 | Sextette, avec Mae West, et le téléfilm Ringo sur NBC |
| 17 avril 1981 | Sortie de Caveman aux États-Unis |
| 27 avril 1981 | Mariage de Ringo et de Barbara Bach |
| 1984 | Give My Regards to Broad Street ; début de la narration de Thomas le petit train |
| 1985 | Water, dernier long métrage de fiction |
| 1989 | Mr. Conductor dans Shining Time Station |
| 1991 | Apparition vocale dans Les Simpson |
| Avril 2028 | Sortie prévue des films de Sam Mendes, avec Barry Keoghan dans le rôle de Ringo |
Questions fréquentes
Dans combien de films Ringo Starr a-t-il joué ?
Ringo Starr a joué dans une quinzaine de longs métrages de fiction entre 1964 et 1985, des films des Beatles à Water, sans compter les téléfilms, les séries, les doublages et les documentaires.
Quel est le meilleur rôle de Ringo Starr au cinéma ?
La plupart des critiques citent That’ll Be the Day (1973), où il joue Mike, un barman de camp de vacances. Le scénariste Ray Connolly a été si impressionné qu’il lui a écrit une scène supplémentaire pendant le tournage.
Quel rôle joue Ringo dans 200 Motels ?
Il joue Larry le nain, un personnage habillé et grimé comme Frank Zappa, qui lui sert de double.
Quel rôle Ringo joue-t-il dans Lisztomania ?
Ringo Starr y joue le pape. Roger Ebert a écrit que son apparition devenait un îlot de santé mentale relative au milieu de la folie du film.
Où Ringo Starr a-t-il rencontré Barbara Bach ?
Sur le tournage de Caveman, au Mexique, en 1980. Ils se sont mariés le 27 avril 1981 à Londres.
Ringo Starr a-t-il réalisé un film ?
Oui, Born to Boogie (1972), consacré à Marc Bolan et T. Rex. Il a aussi produit Son of Dracula (1974).
Sources
- Hard Day’s Night director Richard Lester says George was best Beatle actor, NME, juillet 2014.
- Filming: A Hard Day’s Night, 9 avril 1964, The Beatles Bible.
- A punch-up with Keith Moon, high jinks with Ringo, souvenirs de Ray Connolly, davidputtnam.com.
- That’ll Be the Day (film), Wikipedia.
- 200 Motels, Wikipedia.
- Lisztomania, critique de Roger Ebert, 28 octobre 1975.
- Caveman (film), Wikipedia.
- Son of Dracula (1974 film), Wikipedia.
- Ringo Starr: the best or worst actor in The Beatles?, Far Out Magazine, août 2024.
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