YELLOW-SUB.NET / RINGO ARTISTE / CONCERTS FILMÉS ET ARCHIVES VIDÉO · NOTICE 219
Nippon Budokan (1995) : la télévision japonaise filme Ringo Starr et son troisième All-Starr Band
Une diffusion NHK, un disque de 1997 et le duo de batteries Ringo–Zak : trois archives à ne pas mélanger.
Les 26 et 27 juin 1995, le troisième All-Starr Band de Ringo Starr se produit au Nippon Budokan, à Tokyo. La seconde soirée, le 27 juin, est filmée pour la télévision japonaise ; les archives de tournée situent une diffusion NHK le 23 août 1995. Deux années plus tard, un album tiré de ce concert, Ringo Starr and His Third All-Starr Band Volume 1, paraît en 1997. La chronologie est instructive : une prestation, son film télévisuel et un disque commercial possèdent trois dates et trois fonctions. Pour un public francophone, le Budokan évoque immédiatement les Beatles en 1966 ; ici, il accueille pourtant un projet entièrement distinct, construit autour des amis de Ringo.
Sommaire de cette étude (5 sections)
Le Budokan, un lieu chargé de mémoire Beatles
Les Beatles avaient joué au Budokan en juin et juillet 1966, dans un contexte de première arrivée du groupe au Japon. Le retour de Ringo en 1995 ne constitue pas un concert commémoratif de cette époque. Il conduit une formation de stars venues de groupes différents, chacune portant son propre répertoire. Le nom de la salle crée néanmoins un puissant effet de résonance pour les admirateurs. La télévision japonaise peut montrer l’ancien Beatle au même endroit, près de trente années plus tard, sans prétendre reconstituer le spectacle original.
Il faut séparer les deux représentations de juin 1995. Les relevés de tournée mentionnent le 26 et le 27 ; le film identifié par NHK se rattache au second soir. Une jaquette portant simplement « Tokyo 1995 » ne dit pas si son programme provient du direct, d’un montage TV ou d’une autre source.
John Entwistle, Billy Preston et un casting sans frontières
Le groupe rassemble John Entwistle, bassiste des Who, Billy Preston, Randy Bachman, Mark Farner, Felix Cavaliere, Mark Rivera et Zak Starkey. Entwistle peut y chanter Boris the Spider ; Bachman apporte You Ain’t Seen Nothing Yet, Farner The Loco-Motion, Preston Nothing from Nothing et Cavaliere les Rascals. La diffusion télévisée fait ainsi cohabiter plusieurs morceaux devenus des références du rock et de la soul.
Cette pluralité donne au film son intérêt propre. Le spectateur ne regarde pas un simple artiste entouré de musiciens de session. À chaque changement de chanteur, l’orchestre se réorganise autour d’une personnalité différente, tandis que Ringo demeure le trait d’union. Les fiches de chansons doivent conserver l’attribution de chacun, même si l’affiche du programme porte d’abord le nom de l’ancien Beatle.
Deux Starkey aux batteries
Zak Starkey joue dans le groupe à la batterie, aux côtés de son père. Cette rencontre est visible et audible dans une formation capable de passer du rhythm and blues à un rock plus lourd. Le lien familial est évident, mais il ne suffit pas à décrire le résultat musical. Zak est un professionnel sollicité pour soutenir les morceaux, et le rôle de Ringo varie lorsqu’il quitte son kit pour chanter au premier plan. Les images peuvent éclairer leurs interactions ; elles ne rendent pas inutile l’examen des crédits.
Le troisième All-Starr Band offre aussi un témoignage sur une période de Ringo relativement discrète en matière d’albums studio. Les musiciens invités et leurs chansons constituent l’actualité du concert. La caméra fixe cette activité scénique qui pourrait paraître secondaire dans une chronologie bâtie uniquement autour des disques sous son nom.
Du programme NHK au CD de 1997
La captation télévisée est rattachée au 27 juin 1995. La discographie répertorie le CD Volume 1 comme une édition Blockbuster de 1997, avec une douzaine de titres et une durée inférieure à une heure. Un montage de télévision et un album sonore ne possèdent ni les mêmes contraintes ni nécessairement le même programme. Présenter le disque comme le « concert complet » au Budokan serait donc trompeur.
De même, une copie d’émission proposée plus tard en ligne ou en DVD-R ne doit pas être élevée au rang d’édition officielle. Il faut établir la chaîne documentaire : radiodiffuseur NHK, date de programmation, format enregistré, éventuellement diffuseur étranger, puis supports de collection identifiés. Cette méthode évite de fabriquer des « rééditions » qui ne sont en réalité que des transferts privés.
Un portrait de Ringo comme passeur
Le film de Tokyo présente un Ringo parfaitement conscient de la mémoire attachée à son nom, mais moins enfermé dans cette mémoire qu’on pourrait le croire. Boys, Yellow Submarine et les succès solo rappellent les Beatles et les années 1970 ; les morceaux d’Entwistle, de Preston ou de Bachman élargissent l’horizon. Le concept All-Starr transforme la nostalgie en une circulation de répertoires, et la télévision conserve la répartition concrète de cette parole musicale.
Le Budokan de 1995 montre donc deux histoires emboîtées : celle d’un lieu lié aux Beatles et celle d’une formation qui appartient entièrement au parcours de Ringo après la séparation. Les confondre appauvrirait les deux.
Sources et vérifications
- Yellow-Sub.net, filmographie : Budokan, captation NHK du 27 juin 1995
- Archives japonaises du passage de Ringo en 1995, note sur l’enregistrement pour NHK
- Inventaire historique de la tournée 1995 et de la diffusion du 23 août
Note de méthode : les dates de représentation, de captation, de première diffusion et d’édition commerciale sont distinguées. Les crédits et variantes incertains ne sont pas présentés comme établis.
RINGO AU-DELÀ DES BEATLES
Notice 219 / 335
Une diffusion NHK, un disque de 1997 et le duo de batteries Ringo–Zak : trois archives à ne pas mélanger.












