Ringo Starr au-delà des Beatles : cinéma promotionnel, 1970

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Live from Montreux (1992–1993) : Ringo Starr et Zak Starkey face aux caméras du festival

Un concert du 13 juillet 1992, deux générations de batteurs et une édition sonore plus courte que le film.

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Le 13 juillet 1992, Ringo Starr conduit son deuxième All-Starr Band au Montreux Jazz Festival, en Suisse. À ses côtés figurent Joe Walsh, Nils Lofgren, Dave Edmunds, Todd Rundgren, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Timmy Cappello et Zak Starkey. La soirée est filmée et donnera lieu à plusieurs éditions vidéo, tandis qu’un album intitulé Volume 2: Live from Montreux paraît en 1993. L’intérêt n’est pas seulement discographique : pour la première fois dans cette série de captations, les images montrent côte à côte Ringo et son fils à la batterie, au milieu d’un programme qui traverse plusieurs générations du rock.

Sommaire de cette étude (6 sections)
  1. Le festival comme lieu de conservation
  2. Une deuxième formation très différente de celle de 1989
  3. Ringo et Zak : la parenté mise à l’épreuve de la musique
  4. Les chansons nouvelles de Time Takes Time
  5. Le film ne se réduit pas aux quinze pistes du CD
  6. Une deuxième étape dans l’autonomie de Ringo

Le festival comme lieu de conservation

Montreux a construit sa réputation sur une ouverture à des musiques bien plus larges que le jazz et sur l’importance accordée à la captation des concerts. Pour Ringo, apparaître sur cette scène n’a donc rien d’une anomalie : sa revue réunit précisément du rock, de la soul, de la pop et des traditions plus anciennes. Le festival donne aussi un cadre visuel particulier à une formation née d’une tournée. Les images et le son peuvent être revus après la disparition de certains participants, alors que les articles de presse ne gardent souvent qu’une description abrégée de la soirée.

Il faut cependant résister à la tentation de présenter toute bande marquée « Montreux 1993 » comme un spectacle de 1993. Cette année-là renvoie à la publication de l’album, non à la prestation. Le repère documentaire de départ reste le 13 juillet 1992.

Une deuxième formation très différente de celle de 1989

Joe Walsh et Nils Lofgren assurent une continuité avec la première équipe, mais plusieurs voix renouvellent le programme. Dave Edmunds représente le rock and roll britannique et américain ; Todd Rundgren apporte sa pop inventive ; Burton Cummings fait revivre The Guess Who. Timothy B. Schmit, lié à Poco et aux Eagles, donne d’autres couleurs vocales, tandis que Timmy Cappello apporte le saxophone. Le film permet de voir comment cette collection de carrières se transforme en un ensemble scénique crédible.

Ce fonctionnement explique pourquoi il serait erroné de qualifier le concert d’album solo de Ringo illustré en images. Bang the Drum All Day appartient à Rundgren, Girls Talk au répertoire d’Edmunds et American Woman est associé à Cummings. Ringo est l’hôte, non l’auteur de toutes les pièces jouées.

Ringo et Zak : la parenté mise à l’épreuve de la musique

La présence de Zak Starkey constitue l’un des éléments les plus singuliers du film. Père et fils partagent les fonctions rythmiques au sein d’un même groupe ; le plus jeune n’est pas simplement présenté comme un parent venu saluer le public. Les morceaux passent d’un rock nerveux à des ballades, du répertoire des Beatles aux succès des invités. Leur cohérence demande une écoute mutuelle et une répartition souple de la batterie.

Les caméras offrent des indices sur les gestes, les entrées et les changements de place, mais elles privilégient tour à tour le chanteur et le public. Il serait donc risqué d’inventer un partage exact des frappes à partir de quelques plans isolés. L’importance historique de Montreux tient précisément à la possibilité d’observer cette relation professionnelle sans la réduire à une anecdote familiale.

Les chansons nouvelles de Time Takes Time

Ringo n’arrive pas à Montreux avec un répertoire exclusivement nostalgique. Son album studio Time Takes Time vient de paraître en 1992 et plusieurs chansons contemporaines de ce disque entrent dans le spectacle, notamment Don’t Go Where the Road Don’t Go et Weight of the World. Elles prennent ici une texture différente, avec plusieurs guitaristes et une section rythmique étoffée. La vidéo documente donc la manière dont un album de studio se transforme en matériau de scène.

En parallèle, Yellow Submarine, Boys et With a Little Help from My Friends assurent un lien immédiatement reconnaissable avec les Beatles. C’est l’équilibre recherché : rappeler la mémoire du groupe sans la laisser absorber les autres morceaux. Pour l’archiviste, cette coexistence justifie de cataloguer chaque interprétation avec son chanteur principal et sa date réelle.

Le film ne se réduit pas aux quinze pistes du CD

Le disque Live from Montreux publié par Rykodisc en 1993 présente une sélection condensée. Le programme filmé associé au festival comporte davantage de numéros et de transitions, parmi lesquels certaines éditions montrent des chansons absentes du CD standard. Une liste de disque copiée dans la description d’une vidéo produit donc immédiatement une filmographie inexacte. À l’inverse, la présence d’un titre dans une VHS ne prouve pas qu’il figurait dans toutes les éditions audio.

Les collectionneurs devront encore relever pays, distributeur, ordre des chansons et durée de chaque tirage vidéo. Cette prudence n’empêche pas d’apprécier la soirée ; elle permet de savoir quel document on regarde. Montreux résume une règle essentielle : les mêmes musiciens peuvent laisser plusieurs œuvres éditoriales à partir d’un seul concert.

Une deuxième étape dans l’autonomie de Ringo

En 1989, le film du Greek Theatre montrait la naissance du concept. Montreux, trois ans plus tard, en démontre la capacité de renouvellement. Ringo demeure au centre par la présentation et les chansons qu’il chante, mais le montage donne une existence aux autres musiciens et montre une vraie continuité malgré la rotation des vedettes. La présence de Zak accentue aussi une dimension de transmission, sans faire perdre au groupe sa fonction première de revue musicale.

L’intérêt visuel de Live from Montreux réside finalement moins dans une prétendue virtuosité démonstrative que dans la mise en scène de l’écoute. Cette captation est une archive d’organisation collective autant qu’un concert de rock.

Sources et vérifications

Note de méthode : les dates de représentation, de captation, de première diffusion et d’édition commerciale sont distinguées. Les crédits et variantes incertains ne sont pas présentés comme établis.