Paul McCartney et les Wings : dossier encyclopédique

ENCYCLOPÉDIE WINGS · Né en 1952 · Wings 1978–1981

Laurence Juber : biographie, chansons, disques et histoire avec Wings

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Guitare solo, acoustique, arrangements, composition et travail de studio. Biographie détaillée retraçant les origines, l’apprentissage musical, les albums, les concerts, les compositions et les collaborations de Laurence Juber, dans Wings comme après le groupe.

Wings et Paul McCartney — photographie d'archive, illustration 30 du dossier encyclopédique

Laurence Juber rejoint les Wings au moment d’une nouvelle formation à la fin des années 1970. Son activité de guitariste de studio, son intérêt pour les arrangements et son expérience musicale influencent son jeu dans le groupe. Les bandes de Back to the Egg et les concerts britanniques de 1979 témoignent de son rôle, qu’il faut distinguer de sa carrière instrumentale ultérieure.

Retrouver le jeu de Laurence Juber, chanson par chanson

Les études récentes analysent les contributions instrumentales du guitariste pendant Back to the Egg : le slide acoustique et les guitares électriques d’After the Ball, la guitare Ovation à capteur stéréo de Winter Rose et la partie de basse jouée sur Love Awake. Ces trois fiches établissent, à partir des crédits et des témoignages, que Juber ne se limite pas à un rôle de guitariste soliste interchangeable.

Londres : une enfance à l’écoute des Beatles

Laurence Ivor Juber naît le 12 novembre 1952 dans l’est de Londres. Comme beaucoup de musiciens de sa génération, il découvre la guitare pendant l’explosion de la pop britannique et s’intéresse très tôt aux Beatles. Sa formation ne se limite pourtant pas à reproduire les mélodies entendues à la radio : il apprend à lire la musique et s’intéresse aux arrangements.

Juber pratique la guitare classique, le jazz et différentes formes de musique instrumentale. Ces apprentissages contribuent à sa précision technique et à son aisance dans la lecture des partitions. Au moment où les groupes de rock mettent en avant leurs solistes, il suit une voie plus proche de celle du musicien de studio, capable de jouer dans une grande diversité de styles.

Goldsmiths, National Youth Jazz Orchestra et premières séances

Le jeune guitariste poursuit sa formation au Goldsmiths College et travaille également avec des ensembles comme le National Youth Jazz Orchestra. Cette expérience lui donne une connaissance des harmonies et des grandes formations plus large que celle d’un guitariste autodidacte.

Les studios londoniens des années 1970 lui offrent progressivement des occasions professionnelles. Dans un orchestre de télévision ou une séance d’album, il doit être capable de comprendre vite un arrangement et de proposer une partie musicalement efficace. Cette habitude de l’adaptation fera de lui un candidat particulièrement intéressant pour le dernier Wings.

La rencontre avec Denny Laine à la télévision

En 1977, Juber joue dans l’orchestre d’une émission de télévision à laquelle participe Denny Laine. L’ancien chanteur des Moody Blues vient interpréter Go Now. Le contact se prolonge et Juber est ensuite recommandé à l’entourage de McCartney, qui recherche un nouveau guitariste soliste après le départ de Jimmy McCulloch.

Les étapes de ce recrutement montrent le rôle essentiel de Denny Laine dans le fonctionnement du groupe. Ce dernier ne se contente pas de travailler à la demande de Paul : il propose des partenaires et contribue à la constitution de la dernière formation. Une biographie de Juber doit donc rendre visible cette relation avant même les premières prises de studio.

1978 : audition et entrée dans les Wings

Au printemps 1978, Laurence Juber auditionne au sein des Wings aux côtés du nouveau batteur Steve Holley. La rencontre avec Paul et Linda McCartney et Denny Laine conduit à son engagement. Le groupe redevient un quintette capable de préparer un nouvel album et de reprendre les tournées.

Juber abandonne une carrière de studio déjà bien engagée pour participer à une aventure collective dont la réputation est immense. Il ne cherche pas pour autant à jouer comme Jimmy McCulloch ou Henry McCullough. Sa formation technique le conduit à apporter une précision nouvelle, des choix de timbres et un sens de l’arrangement adaptés aux chansons que McCartney souhaite enregistrer.

Ranachan : un groupe qui apprend à travailler ensemble

Les nouvelles Wings répètent et enregistrent en Écosse pendant l’été 1978. Les séances se déroulent au studio installé près de la ferme de McCartney, dans une atmosphère de travail qui favorise les prises collectives. Juber participe à la recherche d’arrangements dans lesquels la guitare électrique et acoustique occupent différents rôles.

La musique de Back to the Egg cherche un son plus direct après London Town. Les morceaux Spin It On et Old Siam, Sir montrent la part rock de cette réorientation, tandis que des chansons plus mélodiques exigent de la retenue. Le guitariste doit donc changer de technique sans perdre l’unité de son jeu.

Le château de Lympne et les expériences acoustiques

À l’automne 1978, Wings travaille au château de Lympne, dans le Kent, avec un studio mobile. Les musiciens utilisent les différentes pièces de la demeure pour chercher des résonances : certaines guitares sont enregistrées dans les escaliers, tandis que la batterie de Steve Holley profite d’autres espaces plus réverbérants.

Juber a gardé de cette expérience le souvenir d’une liberté de production inhabituelle. Les lieux deviennent partie intégrante de la matière sonore, ce qui permet au groupe d’expérimenter sans répéter exactement les méthodes d’Abbey Road. Les arrangements ne dépendent donc pas seulement de l’instrument mais aussi de l’acoustique disponible.

Back to the Egg : diversité des guitares et coproduction

Back to the Egg, publié en 1979 et coproduit avec Chris Thomas, devient le seul album studio complet enregistré par cette dernière formation. Laurence Juber contribue aux guitares de Getting Closer, Spin It On, Arrow Through Me, Baby’s Request et de plusieurs autres morceaux, dont les genres et les structures diffèrent fortement.

Son jeu est un élément de la cohérence du disque : il peut accentuer les rythmes électriques les plus vigoureux ou poser une partie acoustique discrète au service des voix. L’album cherche parfois à dialoguer avec les tendances punk et new wave, sans cesser d’être une œuvre de McCartney ouverte aux ballades et aux arrangements complexes.

Rockestra : un guitariste parmi les invités

Les séances de Rockestra réunissent des musiciens de nombreuses formations célèbres. Laurence Juber participe à ce travail au sein de Wings et se trouve entouré de guitaristes et instrumentistes prestigieux. Le projet donnera naissance à un titre instrumental récompensé, mais il ne faut pas attribuer à Juber seul le résultat d’une rencontre conçue comme une performance collective.

Cette expérience illustre son aisance dans les grandes formations. Un musicien issu de la lecture musicale et des studios peut intégrer rapidement les arrangements d’un groupe élargi, même lorsque plusieurs guitaristes interviennent simultanément. Pour les crédits, chaque instrumentiste doit néanmoins être distingué des membres permanents de Wings.

Goodnight Tonight et les singles de la dernière période

Goodnight Tonight et Daytime Nighttime Suffering, publiés en 1979, montrent le travail du dernier groupe sur des chansons qui ne suivent pas toutes le rock frontal de Back to the Egg. Les timbres de guitare et les arrangements rythmiques illustrent l’ouverture de Wings aux couleurs de la fin des années 1970.

Ces singles sont particulièrement intéressants pour les collectionneurs en raison de leurs formats, de leurs montages et de leurs éditions internationales. Une biographie de Juber doit distinguer sa participation aux prises musicales de l’ensemble des versions publiées, certaines pouvant utiliser les mêmes masters dans des montages différents.

La tournée britannique de 1979 et les concerts annulés au Japon

Laurence Juber se produit avec Wings dans le British Tour de novembre et décembre 1979, avec Steve Holley à la batterie et une section de cuivres. Les chansons des Wings et des Beatles sont réarrangées pour cette nouvelle équipe, de Getting Closer à Band on the Run. Le concert de Glasgow du 17 décembre fournira la version live de Coming Up devenue particulièrement célèbre aux États-Unis.

Le projet de tournée japonaise en 1980 est interrompu après l’arrestation de Paul McCartney à Tokyo. Le groupe ne reprend pas les grands concerts prévus ; son existence s’achève progressivement en 1981. Cette chronologie doit être distinguée de celle de la parution de McCartney II et des projets studio entrepris dans les mêmes années.

Repère transversal : pour situer cette carrière parmi celles des neuf autres membres du groupe, consulter l’étude comparée « Après les Wings : les dix trajectoires, de 1973 à 2026 ».

Après Wings : l’art de la guitare fingerstyle

Installé ensuite aux États-Unis, Laurence Juber développe une carrière de guitariste acoustique solo. Ses arrangements fingerstyle mêlent mélodie, basse, harmonie et percussion sur un seul instrument. Il enregistre des albums personnels, travaille pour l’image et transforme des chansons connues en pièces instrumentales.

Son intérêt pour le répertoire des Beatles se manifeste dans des enregistrements d’arrangements pour guitare seule. Cette démarche forme un prolongement personnel de son expérience auprès de McCartney sans se confondre avec une tentative de faire revivre Wings. Sa carrière démontre que le musicien de studio de 1978 a construit une identité artistique durable.

Maisie : quand Laurence Juber apporte une composition personnelle aux Wings

La présence de Laurence Juber dans Wings ne se limite pas aux interventions de guitare écrites ou dirigées par McCartney. À l’été 1978, il propose « Maisie », une composition instrumentale née de son intérêt pour le jeu fingerstyle et les textures de guitare acoustique. Le morceau est élaboré dans l’environnement des premiers travaux du dernier quintette, avant de trouver sa place sur l’album personnel Standard Time de 1982.

Les crédits associés à l’enregistrement donnent à Paul McCartney la basse, Denny Laine l’harmonica et Steve Holley la batterie, tandis que Juber joue la guitare. On entend donc un matériau qui implique plusieurs membres des Wings mais dont l’auteur et l’artiste de publication restent Laurence Juber. La précision est importante : elle évite d’en faire une composition de McCartney ou une plage imaginaire du LP Back to the Egg.

Le dossier Maisie examine le transfert d’une idée née pendant la période Wings vers une discographie personnelle. La chanson illustre le caractère ouvert des sessions, dans lesquelles le groupe pouvait enregistrer une pièce sans la retenir pour l’album principal.

Same Time Next Year, To You et Arrow Through Me : trois usages de la guitare

L’un des premiers enregistrements de la formation Juber–Holley est « Same Time Next Year », composé pour un projet cinématographique et mis en chantier au studio RAK le 5 mai 1978. Il ne s’agit pas d’un titre de scène de Back to the Egg, mais d’une séance qui montre les nouveaux musiciens travaillant sur une pièce plus délicate que les grands morceaux électriques à venir. Son histoire complète éclaire la transition.

Sur « To You », Juber explore à l’inverse des timbres électriques transformés, notamment avec un dispositif d’effet dont les variations deviennent elles-mêmes une composante de l’arrangement. Cette manière d’utiliser la guitare ne doit pas être confondue avec son jeu acoustique sur « Maisie ». Quant à « Arrow Through Me », l’intérêt est aussi de relever les parties de guitare réellement présentes ou absentes du master : on ne doit pas créditer systématiquement Juber sur chaque plage uniquement parce qu’il est alors membre du groupe.

L’analyse séparée de To You et d’Arrow Through Me permet de mesurer cette variété. La biographie d’un instrumentiste devient ainsi un parcours à travers de véritables enregistrements, plutôt qu’un inventaire indistinct de ses albums.

Pourquoi Laurence Juber marque le dernier Wings

Juber est le troisième guitariste soliste durable du groupe après Henry McCullough et Jimmy McCulloch. Ses compétences de lecture, ses choix de timbres et ses arrangements le distinguent de ses prédécesseurs. Cette singularité contribue au caractère très différent de Back to the Egg par rapport à Red Rose Speedway ou Venus and Mars.

Étudier le dernier Wings sans lui reviendrait à ne regarder que la volonté de McCartney de renouveler son son. Juber et Holley jouent un rôle actif dans la transformation : la guitare et la batterie de 1978–1979 constituent une personnalité collective nouvelle, que les archives de studio et les bandes de tournée permettent de retrouver.

Les crédits d’instruments et la réalité des séances

L’effectif des Wings varie beaucoup d’une année à l’autre. Un album peut contenir des enregistrements réalisés avec plusieurs batteurs ou guitaristes, tandis qu’un single peut être publié après le départ du musicien ayant joué sur la bande. Pour comprendre une biographie instrumentale, il faut distinguer date d’enregistrement, date de mixage, première publication et réédition.

Les films promotionnels et photographies ne sont pas toujours contemporains des séances qui ont produit les disques qu’ils illustrent. La présence d’une personne sur une image de pochette ne constitue donc pas la preuve qu’elle a joué sur l’ensemble du contenu musical.

La scène comme lieu d’évolution des chansons

Les tournées des Wings imposent de réarranger des chansons conçues en studio par un effectif parfois très différent. Les solos, harmonies, changements d’instruments et durées varient selon la période. C’est particulièrement visible entre les concerts universitaires de 1972 et la grande production internationale de 1976.

Une même chanson peut devenir l’emblème de plusieurs formations successives, sans que la partie d’un musicien remplace totalement la version d’origine. Les notices de concerts et les fiches de chansons sont complémentaires pour suivre ces transformations.

Méthode discographique pour la collection

L’attribution d’un enregistrement live demande de distinguer les performances, les bandes sources, leurs copies et les montages réalisés pour le commerce. Les albums comme Wings Over America associent plusieurs soirées, et les éditions modernes d’archives peuvent mêler des prises restées longtemps inédites.

Les numéros de catalogue, pays, matrices et variantes physiques doivent être examinés à partir de supports vérifiables. Une édition publiée des décennies après la disparition d’un musicien ne témoigne évidemment pas d’une séance nouvelle.

L’identité collective des Wings

Paul McCartney demeure la principale force d’écriture et de production, mais l’histoire de Wings se construit aussi grâce à des chanteurs, batteurs, guitaristes et arrangeurs distincts. Le partage des voix sur Wings at the Speed of Sound révèle particulièrement bien cette ambition, malgré les tensions entre les membres.

Rendre justice à une personnalité musicale signifie la replacer parmi ses partenaires et décrire ce qui lui appartient réellement. Cette lecture permet d’éviter les deux simplifications habituelles : traiter Wings comme la totalité de la carrière de McCartney, ou considérer tous ses collaborateurs comme de simples exécutants sans identité propre.

Explorer les enregistrements et concerts

Discographie et pressages des Wings · Les chansons étudiées individuellement · Les concerts et les tournées · Les dix membres.

Laurence Juber : la dernière formation des Wings et l’art des arrangements

Laurence Juber appartient à la dernière grande formation des Wings, constituée avec Steve Holley en 1978. Son arrivée ne signifie pas que toutes les bandes finalement publiées sur London Town auraient été enregistrées avec lui : cet album rassemble des séances antérieures, notamment celles avec Jimmy McCulloch. Le meilleur point de départ pour étudier sa contribution collective est plutôt le travail entrepris autour de Back to the Egg et les concerts britanniques de 1979.

Sa réputation ultérieure de guitariste acoustique et d’arrangeur ne doit pas masquer son rôle électrique au sein d’un ensemble rock. L’étude de son instrument, de ses interventions en solo et de son dialogue avec Paul McCartney gagne à être menée à partir des bandes et des performances réellement datées. Le lecteur peut rapprocher cette biographie de Back to the Egg et de la dernière tournée.

Laurence Juber : un dernier Wings différent du quintette de 1976

L’arrivée de Laurence Juber en 1978 contribue à bâtir la dernière formation permanente des Wings, avec Steve Holley à la batterie. Son jeu de guitare appartient à l’univers plus contrasté de Back to the Egg, où coexistent rock nerveux, ballades, éléments de synthèse sonore et expérimentations collectives. La participation de Juber à Rockestra ne doit pas faire oublier que cet ensemble élargi est constitué pour des séances particulières.

Lors de la tournée britannique de 1979, Juber reprend également des chansons conçues pour les line-up précédents. Une captation de Band on the Run ou de Live and Let Die avec cette formation renseigne son interprétation scénique, pas le personnel de la bande de studio de 1973. La séparation des dates d’enregistrement et de concert permet de comprendre son rôle sans l’étendre artificiellement à l’ensemble de la décennie Wings.