Wings à Édimbourg en 1973 : bandeau des archives du groupe

WINGS · 1977–1990 · ENCYCLOPÉDIE DES CHANSONS

Same Time Next Year (1978) : première séance Juber-Holley, film refusé et single de 1990

« Same Time Next Year » est l’une des compositions de Paul McCartney destinées au cinéma qui n’atteignent pas immédiatement l’écran. Écrite pour le film américain Same Time, Next Year de Robert Mulligan avec Alan Alda et Ellen Burstyn, la chanson est enregistrée par les Wings mais n’est pas utilisée dans le montage commercial. Elle est publiée bien plus tard comme face B d’un single solo.

Un thème de film qui n’a pas accompagné le film

« Same Time Next Year » est l’une des compositions de Paul McCartney destinées au cinéma qui n’atteignent pas immédiatement l’écran. Écrite pour le film américain Same Time, Next Year de Robert Mulligan avec Alan Alda et Ellen Burstyn, la chanson est enregistrée par les Wings mais n’est pas utilisée dans le montage commercial. Elle est publiée bien plus tard comme face B d’un single solo.

Son histoire est d’autant plus importante qu’elle documente les débuts de la dernière formation des Wings : Laurence Juber et Steve Holley participent à une prise enregistrée en mai 1978, avant le grand cycle de Back to the Egg. L’œuvre possède donc une portée biographique dépassant le seul destin d’une commande cinématographique.

1977 : Walter Mirisch propose le sujet à McCartney

Le producteur Walter Mirisch contacte Paul McCartney afin de lui demander une chanson pour son adaptation de la pièce Same Time, Next Year. Le récit suit deux amants qui se retrouvent périodiquement, chaque année, malgré les années qui passent et les changements de leur vie. McCartney élabore une maquette dès 1977, alors que le film est encore en préparation.

Le concept offre au compositeur un terrain de prédilection : le passage du temps, la permanence des sentiments et la construction d’un refrain mémorable. Mais une chanson qui explique le principe du récit peut aussi révéler des éléments que le cinéaste préfère laisser découvrir au spectateur.

5 mai 1978 : le studio RAK de Londres

La séance du 5 mai 1978 aux studios RAK de Londres est identifiée comme la première enregistrée avec la nouvelle configuration Wings associant Laurence Juber à la guitare et Steve Holley à la batterie. McCartney joue du piano, Denny Laine de la basse, Juber de la guitare électrique et Holley de la batterie ; Linda intervient au tambourin.

La prise confirme la capacité du groupe à se reformer sans renoncer à la polyvalence instrumentale des McCartney et de Laine. Elle précède le gros des sessions de Back to the Egg et ne doit donc pas être présentée comme une chanson de 1979 enregistrée pour la tournée.

Les voix, les guitares et l’orchestre

Après la mise en place instrumentale, McCartney ajoute le chant principal et des guitares acoustiques, notamment avec Denny Laine, tandis que Linda rejoint les harmonies. Un overdub orchestral est entrepris le lendemain. Les travaux sur les cordes et les vents visent une couleur adaptée au cinéma plutôt qu’au rock de scène.

La présence d’un grand orchestre est un élément décisif du morceau, mais son attribution à une date de session doit rester liée aux relevés de production. En 1981, de nouvelles interventions sont également mentionnées dans certaines chronologies ; elles ne modifient pas le statut de la prise fondatrice du 5 mai 1978.

Pourquoi Robert Mulligan n’utilise pas la chanson

Le thème est écarté du film, apparemment parce que ses paroles dévoilent trop explicitement certains éléments de l’intrigue. Le choix répond à une logique de dramaturgie : la chanson a une fonction narrative, mais celle-ci ne correspond plus au besoin du réalisateur. Il serait injustifié d’en déduire que la composition avait été rejetée pour faiblesse musicale.

Les chansons commandées pour le cinéma connaissent souvent ce destin : elles existent sous forme enregistrée, parfois produite avec un orchestre, puis restent des années dans les réserves. L’épisode peut être comparé, avec prudence, aux projets de bandes originales non retenues de McCartney.

1990 : l’autre face de Put It There

« Same Time Next Year » est finalement publiée sur le single « Put It There » en 1990. Le décalage temporel est spectaculaire : la face principale appartient à la campagne de Flowers in the Dirt, tandis que la seconde provient de la vie des Wings plus de dix ans auparavant. Le même support réunit deux séquences distinctes de la carrière de McCartney.

Dans la base de collection, il faut renseigner l’année d’enregistrement 1978, la destination filmique de l’œuvre et l’année de sortie 1990. Les éditions de ce single peuvent différer selon le territoire et le format ; on ne suppose pas que chaque pressage possède exactement la même face B sans consulter son programme.

Comparer film, master, simple et anthologie

La pièce n’appartient ni à la bande originale du film Same Time, Next Year ni au LP de Back to the Egg. Son inclusion dans des rééditions et des anthologies de singles est une histoire éditoriale différente. Les archives de cinéma, les listes de séances et les catalogues de disques doivent donc être rapprochés sans être confondus.

La classification devrait être : œuvre écrite pour un film ; enregistrée par Wings ; non utilisée à l’écran ; première publication commerciale sur une face B de Paul McCartney. C’est précisément cette pluralité qui justifie une fiche individuelle.

Ce que révèle l’enregistrement sur Wings en 1978

L’intérêt majeur de « Same Time Next Year » est de témoigner de l’arrivée de Juber et Holley. La chanson n’est pas du hard rock, mais elle permet de saisir la précision et la capacité d’adaptation de cette nouvelle formation, qui abordera quelques semaines plus tard des titres beaucoup plus énergiques.

Pour approfondir le contexte, consulter Laurence Juber, Steve Holley et les séances du dernier album studio.